Manuel Valls : un vote de confiance pour une politique pas si neuve

« Trop de souffrances, pas assez d’espérance, telle est la situation de la France», c’est par ces mots que le nouveau premier ministre a introduit sa déclaration de politique générale, mardi 8 avril, à l’Assemblée nationale. Une introduction réussie pour le nouveau gouvernement « de combat » de Manuel Valls puisque les députés ont voté la confiance au gouvernement du premier ministre par 306 voix contre 239 (26 abstentions), donnant le « feu vert » à la mise en place de sa politique.

Sans surprise, le FN, l’UMP et l’UDI n’ont pas accordés leurs voix à l’ex ministre de l’intérieur et les députés du Front de gauche, qui s’étaient abstenus durant le discours de politique générale de Jean-Marc Ayrault, ont également voté contre son successeur.

Cependant, Manuel Valls peut être fier d’avoir réussi à rassembler autour de lui les socialistes ainsi que les écologistes, au départ récalcitrant à la mise en place de ce remaniement. Une centaine de députés socialistes avaient signé un « contrat de majorité » destiné à réclamer une réorientation politique jugée nécessaire. Et afin de calmer les septiques, le nouveau chef du gouvernement depuis une semaine, les avaient reçu à Matignon pour « construire un partenariat fructueux » avait déclaré Manuel Valls. Parmi eux, seulement onze députés se sont abstenus.

Quand aux écologistes, qui avaient fui le nouveau gouvernement de Valls dés sa nomination, le premier ministre a réussi le pari incroyable de convaincre plusieurs députés EELV de lui accorder leur confiance.

Une feuille de route innovante ?

Durant son allocution de présentation de sa politique, le nouveau dirigeant de Matignon a énoncé les grandes lignes de son gouvernement. Son discours, qui a duré 47 minutes (contre 1h34 pour le discours d’introduction de Jean-Marc Ayrault), fait échos aux grands problèmes fréquemment abordés par ces prédécesseurs : l’économie, la famille, l’écologie, l’éducation… Une question se pose alors, y’a t-il vraiment des idées « neuves » concernant la politique générale de ce nouveau gouvernement de « combat » ?

L’économie a tenu une place de premier plan dans l’allocution de Manuel Valls qui a confirmé la présentation d’un budget rectificatif 2014 au début de l’été afin de faire des économies supplémentaires. Le premier ministre a indiqué qu’il suivrait la ligne dictée par l’Elysée : une réduction des dépenses publiques de 50 milliards d’euros sur la période 2015-2017, un effort « qui sera partagé par tous », l’Etat, l’Assurance-maladie et les collectivités locales. 

Il a aussi annoncé une série d’allégements fiscaux pour les entreprises dans le cadre du « pacte de responsabilité » déjà abordé durant le précédent gouvernement. Au 1er janvier 2015, les cotisations patronales de l’Urssaf seront donc supprimées ainsi que les charges patronales des contrats payés au Smic.

Au 1er janvier 2016, un abaissement des cotisations famille de 1,8 point est prévu et le nouveau gouvernement « de combat » veut baisser le taux normal de l’impôt sur les sociétés d’ici à 2020. Et du côté des salariés, les personnes payées au Smic verront leurs cotisations baisser afin d’économiser « 500 euros par an de salaire net ».

Réclamant « l’apaisement sur les sujets de société », l’ex ministre de l’intérieur a évoqué les projets de lois à venir, de la réforme pénale à un texte de loi sur la famille ou encore « la politique d’immigration et d’asile ». Parallèlement, le premier ministre a pris soin de rassurer les écologistes en évoquant la transition énergétique qui sera « l’une de ses priorités ».

Enfin, Manuel Valls a abordé le sujet sensible de la « bonne réforme » scolaire. Le nouveau chef du gouvernement a promis que le « cadre réglementaire » serait « assoupli ». Il a également esquissé les contours d’un « big bang territorial » à « l’horizon 2021 » proposant de « réduire de moitié » le nombre de régions et de supprimer les départements.


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