Actuellement à la Fondation Cartier à Paris se tient l’exposition « Né dans la rue, Graffiti ». Afin de mieux comprendre les enjeux de cet art urbain, nous avons interrogé Leanne Sacramone, commissaire de cette exposition et historienne de l’art.

Avant toute chose, pourriez- vous définir le graffiti ?

Le graffiti, mot italien qui signifie « égratignure », existe en réalité depuis l’Antiquité. Mais c’est à New-York, au début des années 70, qu’est né ce phénomène mondial tel qu’on le connaît aujourd’hui. C’est un mouvement qui permet aux jeunes de s’exprimer grâce à des signatures (tags) : le principe est celui de la prolifération. Peu à peu, les signatures sont travaillées pour avoir du « style », pour être visibles dans la multitude. Les graffeurs investissent d’abord les murs, les lampadaires, puis les bus et le métro. A ce moment-là, il n’est plus question de cacher mais de montrer. Le métro est une sorte de toile qui bouge : il y a quatre millions de passagers par jour qui voient les œuvres. Il y a donc une idée de visibilité mais aussi une idée de frontières. Par exemple, il existe une différence entre le graffiti des gangs qui est utilisé pour marquer le territoire et celui des jeunes de New-York où l’idée est d’aller au-delà de son quartier, de justement dépasser son territoire. Le phénomène va bientôt déborder les frontières de classe et les frontières ethniques : toutes les communautés (latino-américaines, afro-américaines, etc.) vont être impliquées dans ce mouvement. J’appelle cela mouvement car, s’il n’y a pas de manifeste, il y a volonté de se rencontrer autour de quelque chose de commun.

Pourquoi avoir choisi le graffiti comme thématique ?

C’est le président qui détermine la programmation de la Fondation Cartier. Le graffiti a quarante ans, c’est donc le bon moment pour aborder ce sujet. Et puis, personne n’avait vraiment fait une exposition historique de cette nature. En général, ce sont plutôt des toiles.

Comment avez-vous sélectionné les artistes ?

L’idée, c’est le coup de cœur. Comme il y a une contrainte de place, il nous a fallu faire des choix. Nous avons privilégié une certaine diversité géographique, en essayant d’avoir des artistes des pôles importants comme l’Amérique du Sud par exemple.

Quid du caractère subversif du graffiti lorsqu’il est introduit dans les musées et les galeries ? Et quels rapports entretient-il avec l’art contemporain ?

L’histoire du graffiti est paradoxale. En effet, si le graffiti a commencé dans les rues, les jeunes ont voulu très tôt que leur travail soit reconnu en tant qu’œuvre artistique. En 1972, de jeunes graffeurs créèrent une coopérative ayant pour but de louer des ateliers, d’échanger des idées, d’organiser des expositions. Cette interaction avec le monde de l’art existe donc depuis le début de l’histoire du graffiti new-yorkais. La Fondation Cartier est loin d’être la première institution à exposer le graffiti en ses murs ! C’est un mouvement de jeunesse qui a maintenant un grand impact sur le monde du graphisme, de l’art contemporain ou de la mode.

Mais peut-on dire que le graffiti, perdant sa portée politique, perd son âme ?

Politique est un mot délicat : pour moi, le graffiti n’est pas politique ou idéologique parce qu’il n’y a pas ouvertement de message dans l’image.

Mais dans l’acte de le faire…

L’âme du graffiti n’est pas que dans la subversion. La volonté première des pionniers était de jouer et de s’amuser. Ces jeunes d’une quinzaine d’années, qui peignaient sur des trains par exemple, venaient des quartiers pauvres et jouaient dans la rue avec des objets quotidiens.
La subversion est un élément indéniable car le fait d’écrire sur un bien public est bien évidemment une provocation. Surtout de nos jours car depuis qu’il y a répression, il y a de plus en plus provocation. Mais la répression n’existait pas à l’origine.
Peut-être le graffiti perd t-il en partie son caractère subversif…mais je n’en suis même pas sûre : regardez ce qui se passe dans les toilettes (ndlr : les toilettes de la Fondation Cartier ont été recouvertes de tags par les visiteurs) ou devant la Fondation à l’extérieur (ndlr : la Fondation Cartier a volontairement laissé un mur vierge à l’entrée de l’exposition et de nombreux graffeurs viennent s’y exprimer). Et puis, il y a aussi quelque chose d’intéressant dans l’esthétique, l’échelle, les couleurs du graffiti.

Comment vous inscrivez-vous par rapport à l’exposition du Grand Palais sur le tag qui a eu lieu cet été ?

Le Grand Palais expose une collection. Notre but est de faire ressortir certains artistes intéressants. Nous avons voulu rester fidèles à l’esprit du graffiti, notamment en montrant les œuvres dans leur contexte urbain, à travers des photos ou en action grâce à des films. Nous avons respecté la grande échelle et l’aspect spontané et éphémère des œuvres.

Comment la France se positionne t-elle par rapport à cette création urbaine ?

La France a joué un rôle important dans l’histoire du graffiti car Paris a été une des premières villes à s’intéresser au phénomène new-yorkais et à réaliser des échanges. Les français apportent leur propre culture comme tout pays qui absorbe ce phénomène culturel. Par exemple au Brésil, les bombes étant très chères, les artistes graffent au rouleau. Le fait qu’il y a en Amérique Latine une grande tradition du muralisme figuratif va aussi entrer en jeu.

A Philadelphie, des commandes publiques transforment le caractère anxiogène du graffiti en médium communautaire. Serait-ce possible en France ?

Cela se fait déjà un peu en France, à Villiers-le-Bel par exemple, c’est un programme financé par l’Ambassade américaine.
Aux origines du graffiti, il n’y avait pas de loi en place. Puis les populations et les pouvoirs politiques ont commencé à vouloir lutter contre. Mais on aurait pu envisager de transformer cette énergie en quelque chose de constructif. Au début du mouvement, des éditoriaux du New-York Times disaient que c’était formidable. D’autres étaient indignés. Il y a eu tous les avis possibles avant qu’il n’y ait une guerre anti-graffiti.

C’est un art fondamentalement populaire, qui intrigue et que tout le monde peut voir dans la rue. C’est un sujet passionnant qui n’a pas été assez exploré. Nous sommes très contents de la mixité du public : il y a beaucoup de personnes âgées qui viennent voir l’exposition. Nous avons même une photo de deux bonnes sœurs dans l’exposition !

Né dans la rue, Graffiti
Fondation Cartier
261, bd Raspail, 75014 Paris
Métro : Raspail
Ouvert tous les jours, sauf le lundi, de 11h à 20h
Tarif réduit : 4.50 euros (étudiants, moins de 25 ans)

Crédits photo : Sao Paulo, Brésil, Photo par Vitche©Vitche

 Né dans la rue a débuté le 7 juillet dernier et connaît un succès tel que l’exposition est prolongée jusqu’au 10 janvier 2010. La preuve que le public a envie de découvrir cette culture urbaine qui envahit les murs de toutes les villes de la planète. Votre serviteur aussi s’était d’ailleurs laissé bercé par ces tags en tous genres, dès le démarrage de l’exposition. Mais l’esprit critique – et une certaine mauvaise foi peut-être – est revenu au galop : le graff n’a rien à faire au musée! Peut-être. Faut-il encore le vérifier.

 

Les taggers se font plaisir

Jeudi pluvieux sur la capitale. Il fait froid et l’ambiance est maussade sur le Boulevard Raspail. Quelques gouttes de pluie perlent. Rien de traumatisant mais le gris ne plaît guère à Paris. Visiblement moins dépendants de la météo, deux taggeurs sont au travail. 

La Fondation Cartier a eu cette excellente idée: laisser la devanture longue d’une trentaine de mètres comme espace d’expression à tous ceux qui veulent graffer. Les vrais taggeurs – pas les bobo qui trouvent cela classe bien au chaud dans une galerie – sont donc aussi conviés. Mais eux, qu’en pensent-ils ? 

Ogre, un Lyonnais qui vit depuis peu sur Paris, est plutôt content de l’idée: « C’est une bonne intention. Cela rend ses lettres de noblesse au graffiti. Ca prouve que le tag est un art et non juste une façon de dégrader. » Ca fait 15 ans qu’Ogre tague sur tout l’espace urbain que les villes lui offrent. Un vrai artiste de rue qui ne trouve pourtant rien à redire quant à la démarche de la Fondation Cartier: « Je trouve l’expo honnête. En laissant les graffers taguer directement sur certains murs, ils ont respecté l’âme du graffiti. » Il reconnaît cependant ne pas encore être entrer à l’intérieur mais se félicite d’avoir un endroit laissé libre pour créer. Le taggeur est donc content de trouver du graffiti dans un musée parisien. Son voisin de mur, un Américain, est du même avis. Dans un accent sentant bon la côte Ouest, il lance un « so cool« , suffisamment explicite. 

 

Des oeuvres commandées par la Fondation Cartier

A l’intérieur, les oeuvres commandées par la fondation Cartier sont exposées au premier étage. Une dizaine d’artistes a répondu à l’appel dont le plus célèbre d’entre eux: Jonone. L’un des précurseurs de la nouvelle vague du graff née dans les années 80. New-Yorkais – comme de nombreuses grandes personnalités du tag – il vit à Paris depuis plus de 20 ans. Pour l’exposition, il a vu les choses en grand, livrant une oeuvre toute en couleur qui n’a rien avoir avec un tag classique. Haute de presque 5 mètres, la toile ne peut être considérée seulement comme une oeuvre d’art. Du coup, son exposition paraît couler de source. Tout comme les autres tableaux de cette première salle, il sera néanmoins détruit à la fin de l’exposition. La visite continue au sous-sol dans une salle bien plus intéressante d’un point de vue historique. 

 

L’histoire est au sous-sol

La pièce est sombre mais une fresque qui prend tout le mur attire directement l’oeil. Des signes chinois, des dessins très pointilleux, un visage détaillé… le graffiti est travaillé. « Cette oeuvre a été faite sur papier (collé sur le mur donc) car l’auteur n’a pas pu se déplacer« , m’explique une hôtesse. « Par contre les deux autres murs ont été taggés directement par Partone et Sen. » De même, le travail, qui s’étend sur plusieurs mètres, semble titanesque pour mon oeil plutôt novice en la matière. 

La visite continue, le regard est happé par tous les objets exposés. Les différentes bombes de peinture, les « black books » – nom donné aux carnets de croquis – graphiquement impressionnants, beaucoup de photos… 

 

Le graffiti reconnu comme un art

Très large, la culture du graff est détaillée. Rien ne semble avoir été laissé de côté. Même si chaque cliché, chaque témoignage rappelle que le tag ne peut vivre que dans la rue, les spectateurs semblent plutôt heureux de trouver toutes ces informations dans un lieu aussi restreint. D’ailleurs, il y a du monde et le public est éclectique. Je m’approche donc de Prune et son amie Simone, deux dames d’une cinquantaine d’années. Pas vraiment le profil des fans de tag. Pourtant, c’est que du bonheur! « Je trouve important que cela soit reconnu comme un art« , commence Simone. Prune enchaîne: « Je n’ai pas un intérêt particulier pour le graffiti mais je trouve cette expo très intéressante. C’est une culture qu’il faut découvrir. » A découvrir oui, mais forcément dans un musée? « Oui. L’exposition raconte l’histoire du mouvement et surtout la démarche de ces artistes. C’est important pour apprécier« , explique Simone. C’est vrai. Les photos montrant les taggers se plier en quatre entre deux wagons de métro sont fortes et illustrent parfaitement la rage et la détermination qui font la force de cet art rebelle. 

 

Ne pas rater « Wild Style » !

Je passe ensuite à la dernière salle du sous-sol. Une projection attire l’attention d’une classe de lycée venue en sortie scolaire. Il s’agit d’un document phare de la culture du graffiti: « Wild style. » Réalisé en 1982 par Charlie Ahearn, il s’agit du premier documentaire sur la culture née dans la rue. Le graffiti bien sûr, mais aussi le break-dance, les prémices du hip-hop… Cette vitalité dévastatrice des jeunes à l’écran fait plaisir à voir. Le prof d’anglais de la classe en visite, est content: « C’est une bonne façon de faire entrer des jeunes dans un musée. Qu’on le veuille ou non, le graffiti fait de toute façon partie de la culture de chacun. » D’accord mais s’il est « né dans la rue« , c’est qu’il y a certainement une raison. Le professeur développe sa pensée: « C’est une culture urbaine et ça le restera. Le tag a d’ailleurs grandi grâce à ce côté interdit. Mais le faire connaître à un public plus large me paraît une excellente initiative. Beaucoup connaissent le mot « tag » mais très peu savent ce qu’il y a derrière. » D’ailleurs, les élèves semblent intéressés par la visite et remplissent avec rapidité le questionnaire donné par le professeur. 

 

En exposant le graffiti, ses oeuvres, ses grands noms, son histoire, son évolution et en laissant un espace de liberté aux taggers parisiens, la Fondation Cartier a donc contenté tout le monde. Né dans les rues New-Yorkaises il y a 40 ans, le graffiti est donc enfin entrer dans les moeurs. Mieux encore, il est aujourd’hui considéré comme un art à part entière. Sa place dans un musée ne peut donc plus être contestée.   

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Depuis le vendredi 16 octobre et jusqu’au dimanche 17 janvier 2010, la Cité de la musique rend hommage au plus grand jazzman de l’histoire: Miles Davis. Une exposition qui fait la part belle à sa musique de génie mais qui n’élude aucun détail d’un parcours aussi exceptionnel que sinueux.

La Cité de la musique n’a pas choisi de faire honneur à Miles Davis cette année par hasard. 2009 représente un double anniversaire pour le jazzman. Il y a cinquante ans, naissait ainsi le chef-d’œuvre Kind of Blue, toujours considéré comme le meilleur album de jazz de l’histoire. Dix ans auparavant, Miles Davis découvrait pour la première fois de sa vie Paris, lors du festival de Pleyel.
Avec le soutien du Miles Davis Properties et de nombreux objets envoyés par la famille, la Cité de la musique offre ainsi un panel très large de ce qu’ont été la vie, le parcours, la carrière et le destin de Miles Davis.

De son enfance à Saint-Louis, le spectateur découvre des photos de famille jaunies par le temps. Surtout, on peut déjà percevoir les prémices d’une personnalité contrariée. Enfant de la bourgeoisie, Miles est élevé dans un fort sentiment de fierté raciale, prônant l’intégration à la société blanche. Une éducation qui forge immédiatement son caractère qui refusera très tôt la condition des noirs aux Etats-Unis, durant les années 50.

Il débute à Harlem

Le parcours de l’exposition se poursuit avec ses débuts musicaux. Parti à New-York, il fera ses débuts dans les clubs d’Harlem. La rencontre avec Charlie Parker, la 52e Rue, la découverte du be-bop puis la création d’un style propre: le cool. Le jazzman cool Miles Davis naît ainsi lors de ces soirées mélodieuses que seule la ville qui ne dort jamais peut offrir… Le spectateur lui, découvre les prémices du génie autant avec les yeux que les oreilles. La Cité de la musique a ainsi pensé l’exposition. Tout au long du parcours, des « sourdines » – de petites salles isolées dont le nom donné fait référence aux sourdines qu’utilisait Miles pour obtenir ce son qui lui est propre – offrent une écoute très confortable des différents albums du jazzman. Une très bonne idée permettant de bien suivre l’évolution musicale de la star.

Mais « We want Miles » ne s’arrête pas aux mélodies du génie. Une personnalité très forte, une addiction à la drogue, de nombreuses conquêtes et un amour des jolies femmes toujours revendiqué… Miles Davis ne fut pas qu’un jazzman classe et propre sur lui. Les différentes salles s’enchaînent ainsi en accord avec les évolutions morales de Miles. Les années 50, la rédemption pour se sortir de la drogue, le succès du premier quintet et la réussite sociale, l’image beaucoup plus contrôlée sur les Unes des magazines, les années stars… Tout s’enchaîne avec toujours le même plaisir de découvrir des clichés exceptionnels, des anecdotes croustillantes et des sourdines toujours aussi agréables pour l’écoute. On comprend aussi son caractère et sa lutte contre la ségrégation par pochettes de cd interposées. La première avec une habituelle playmate blanche de l’époque qu’il refusera, préférant mettre en avant ses différentes maîtresses. De vraies beautés noires.

La dépression puis les 70’s!

L’expo fait ensuite la lumière sur sa dépression de quatre ans. Un couloir, des photos rougies où la solitude semble le peser, des lettres d’amis, Miles est au plus bas… Ce couloir de la déprime se termine sur une note bien plus délurée. Place aux années jazz-rock ! La rencontre avec Jimi Hendrix pour déclic, Miles Davis change, fait évoluer son œuvre au même rythme que l’ambiance des 70’s s’électrise. Couleurs flashy, dessins psychédéliques sur les pochettes d’albums – notamment l’étonnant Live/Evil – changement de style vestimentaire… Enivré par ce nouvel esprit rock, Miles Davis se lâche et c’est toute sa vie qui prend des couleurs. Et comme toujours, sa musique suit

En dernier hommage, l’ultime concert parisien de Miles Davis. A la Villette, quelques semaines avant son décès. Une salle retransmet le show dans une ambiance live, plutôt plaisante. Un dernier cadeau au spectateur qui ne peut ressortir de l’expo qu’avec une seule idée en tête : We want Miles !

Crédits photos: Caroline Hocquet

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Le Centre Georges Pompidou offre ses blanches cimaises à l’artiste aux toiles noires Pierre Soulages, intitulant sobrement l’exposition « Soulages » (car il n’est pas besoin d’en dire plus). Artiste français vivant le plus connu au monde, ce peintre est réputé pour ses tableaux monumentaux noirs mettant en exergue la lumière. Investissant depuis 60 ans le champ de l’abstraction, il souligne l’essence même de la peinture qui est matière réfléchissante de la lumière avant toute autre chose.

« C’est ce que je fais qui m’apprends ce que je cherche » (Pierre Soulages)

La lumière comme espace
Première période. 1940-1970. Des masses gigantesques, fauves et noires, s’affrontent. De ténébreuses coulées recouvrent des lumières rousses. De ce choc naissent des fulgurances lumineuses que révèle la densité d’un noir profond.
Cette période picturale de Pierre Soulages, assez méconnue du public, surprend par sa vivacité. Des tableaux monumentaux exposent une matière épaisse, toutes en lignes droites, qui fend l’espace en le structurant violemment en calligraphies aléatoires. Une impression de force primitive se dégage de ces toiles.
Sur les murs, un monde magmatique est en mouvement, un monde de brutalité chromatique. Il ne faut pas observer ces masses de trop près. Mieux vaut les laisser nous étreindre, nous environner de leur densité grondante.

La lumière comme choc
Deuxième période. L’outrenoir. Cette idée, définie par Pierre Soulages comme « au-delà du noir une lumière transmutée par le noir », fit florès. Toiles immenses qui n’ont de noir que le nom, ces peintures présentent en réalité une surface changeante. Striées, lacérées, rayées, toutes en aspérités, elles permettent à la lumière de venir heurter leur surface en variations lumineuses infinies. Mate, iridescente, scintillante, blanche, dorée, franche ou diffuse, la lumière miroite sur cette toile cicatricielle.

L’outrenoir : la radicalisation
L’outrenoir sacre la peinture comme ouverture. Jamais close sur elle-même, jamais pure et définitive, elle est toujours potentialité d’avènement de la lumière.
Une exposition « phare »…car il n’y est question que de lumière.

Soulages
Centre Georges Pompidou
Place Georges Pompidou
Métro : Hôtel de ville, Rambuteau
Ouvert tous les jours de 11h à 21h, sauf le mardi
Tarif : 8 à 9 euros selon les périodes (moins de 25 ans, étudiants des écoles d’art françaises, étudiants des écoles et conservatoires nationaux de théâtre, danse et musique français)

Crédits photo : Pierre Soulages
Goudron sur verre 45.5 x 76.5 cm,
1948
Collection particulière
Archives Pierre Soulages, Paris
(photo DR)
© Adagp, Paris 2009

Après les élections de la musique classique, de la musique de films et de  l’opéra, place aux élections du piano sur Radio Classique !  Le suspense se terminera  le 9 novembre prochain à la Salle Pleyel à Paris! Le principe reste le même : durant près de 10 semaines les auditeurs de Radio Classique votent pour leur titre préféré  parmi la cinquantaine de morceaux représentatifs du répertoire pour piano diffusés sur l’antenne.  La nouveauté cette année est la participation au vote de lycéens en classe de musique. 1000 d’entre eux seront d’ailleurs invités à l’émission-concert du 9 novembre pendant lequel sera révélé en direct le palmarès. Le grand vainqueur s’appellera Mozart, Chopin, Beethoven…ou Debussy et les œuvres lauréates seront interprétées par de grands pianistes invités. La pianiste Brigitte Engerer est la marraine de cet événement qui s’inscrit dans la démarche d’ouverture et  de convivialité de Radio Classique (plus d’un million d’auditeurs !) depuis déjà de nombreuses années.  Alors allez vite sur 101.1!  Pour écouter les 50 œuvres sélectionnées : www.radioclassique.fr, pour voter appeler  le 3223 et dire « Radio Classique »  (chaque vote donne accès à un tirage au sort pour gagner des voyages, des CD ou des DVD) .

Au Louvre sont actuellement exposés 85 chefs d’œuvre de la peinture vénitienne du XVIème siècle. L’angle problématique du commissariat d’exposition est original : analyser le principe d’émulation comme catalyseur créatif. Essentiellement centrée sur les trois maîtres de l’époque, Titien, Tintoret et Véronèse, cette exposition met en lumière les enjeux commerciaux et esthétiques de l’âge d’or vénitien. Passionnante, bien accrochée, présentant des pièces majeures, Rivalités à Venise est incontournable.

« Quand la nature crée un homme éminent en ce domaine, elle ne le crée généralement pas seul, mais lui suscite en même temps un rival, afin qu’ils puissent profiter mutuellement de leurs talents et de leur émulation. » (Giorgio Vasari)

Un contexte favorisant l’effervescence intellectuelle
Venise, XVIème siècle. Les commandes affluent de toutes parts : mécènes, église en pleine Contre-réforme , confréries (les scuole), la demande s’oriente alors naturellement vers des sujets mythologiques et religieux. Ainsi, une pléthore de Vénus au miroir côtoie de multiples Danaé fécondées par une pluie d’or (remerciement imagé des largesses des commanditaires) qui jouxte elles-mêmes plusieurs Tentations de Saint-Antoine.
Mais des maîtres de génie comme Titien, Tintoret ou Véronèse ne se laissent pas inhiber par des sujets et réussissent à se démarquer grâce à une ligne esthétique propre.

Particularités esthétiques
Les différentes déclinaisons d’un même thème deviennent passionnantes dès lors qu’on les met en regard. L’on peut alors comparer les différents styles esthétiques. Véronèse peint une chair torturée, noueuse et maîtrise le raccourci en mouvement avec maestria ; la magie chromatique du Titien confère à ses tableaux une langueur divine.
Une des salles les plus remarquables, Les nocturnes sacrés, présentent des tableaux à l’ambiance crépusculaire sur la vie christique mettant en exergue les différents traitements : théâtralité, figures exsangues et morbidité chez Véronèse, luminisme éclairant un monde qui s’éteint chez Bassano, réalisme de la souffrance chez Titien, idéalisme chez Tintoret.

Pièces majeures
A contrario de maintes expositions qui se servent de noms prestigieux pour allécher le chaland mais présentent des pièces mineures, Rivalités à Venise regorge d’œuvres maîtresses.
L’on peut y contempler par exemple l’un des plus beaux Tintoret Suzanne et les vieillards, tableau à forte charge érotique dans lequel Suzanne, un pied dans l’eau, son corps virginal reflété par les ondes, les cuisses légèrement entrouvertes, est épiée par des vieillards profitant de la luxuriance du jardin pour cacher leurs pulsions voyeuristes.

De tableaux plus sublimes les uns que les autres, les maîtres rivalisent de génie. Un enchantement pour le regard.

Rivalités à Venise
Musée du Louvre, Hall Napoléon
Métro Palais Royal/Musée du Louvre
Ouverture tous les jours, sauf le mardi.
De 9h à 18h et jusqu’à 20h le samedi
Tarif : 11 euros.

Crédits photos : Danaë, Titien, 1544 – 1546, 120 x 172 cm, Naples, Museo di Capodimonte, inv. Q134

Le prix Marcel Duchamp a pour objectif avoué de promouvoir la création française à l’international en élisant chaque année un artiste contemporain résidant en France. Le 24 octobre 2009, l’artiste Saâdane Afif a été distingué pour l’ensemble de son travail, devenant ainsi la figure de proue de la création contemporaine française.

Le prix Marcel Duchamp
Créé en 2000, le prix Marcel Duchamp récompense un artiste contemporain français. L’ADIAF, Association pour la Diffusion Internationale de l’Art Français, composée en majorité de collectionneurs, est chargée de décerner le prestigieux prix. Depuis sa création, les organisateurs ont choisi entre autres les artistes Thomas Hirschhorn, Dominique Gonzalez-Foerster, Claude Closky, Tatiana Trouvé et Laurent Grasso.

Saâdane Afif
Cette année l’ADIAF a élu Saâdane Afif, artiste protéiforme moins attaché à un médium que travaillant sur des problématiques récurrentes telles que les déplacements de sens, notamment dans l’espace d’exposition. Par exemple, pour l’exposition collective Notre Histoire au Palais de Tokyo en 2006, il installe un passage « tournant » entre deux salles d’exposition intitulé « Lost World » (photo).

Un temps de retard
Désirant, selon leurs propres dires, neutraliser « le lent effacement de l’art français sur la scène mondiale », l’ADIAF a réussi en quelques années à mettre en place une institution significative : le prix Marcel Duchamp.
L’on ne saurait que féliciter ce genre d’initiatives, privées d’ailleurs, face à la politique passéiste de nos dirigeants en matière de promotion de l’art contemporain français. Or, loin d’être la distraction byzantine de quelques mandarins, l’art contemporain est une véritable puissance économique, disposant d’un marché fort.
Alors que cela fait bien longtemps que nos voisins ont compris la nécessité de promouvoir leurs artistes contemporains (par exemple l’Angleterre s’est dotée depuis 1984 du Turner Prize, récompensant un artiste contemporain britannique chaque année), la France reste à la traîne. Seule initiative d’envergure de ces dernières années : la mise en place d’une triennale d’art contemporain par Dominique de Villepin nommée La Force de l’Art dont la première édition, très motivante, a été mise à mal par la frilosité du Ministère de la Culture lors de l’édition de 2009 qui n’a pas su attirer les foules.

Saâdane Afif expose actuellement à la Galerie Michel Rein
Vice de forme : In Search of Melodies
Galerie Michel Rein
42, rue de Turenne, 75003 Paris
Du mardi au samedi de 11h à 19h

Crédits photo : Saâdane Afif, Lost World, 2006
vue de l’exposition Notre Histoire, Palais de Tokyo, Paris, 2006
courtesy galerie Michel Rein, Paris.

Jusqu’au 29 octobre au Théâtre de la Ville, la compagnie Rosas de la célèbre chorégraphe flamande Anne Teresa de Keersmaeker, personnalité majeure de la danse contemporaine, joue Rosas danst Rosas, une œuvre forte à l’écriture obsessionnelle.

Rosas danst Rosas : quatre tableaux, quatre danseuses, quatre mouvements de base pour une pièce aux pulsions hypnotiques.

Au sol
Les danseuses sont au sol. Le silence et l’immobilité sont troublés à intervalles réguliers par une gestuelle spasmodique. Une phrase rythmique se répète: immobilité, spasme, inspiration déchirante, les corps roulent sur eux-mêmes, les femmes se relèvent sur les coudes et choient à nouveau au sol dans un bruit sourd. La fatigue lourde creuse leurs reins, l’effort leur arrache des cris au souffle court. A l’instar du flux et reflux marin, elles répètent les mêmes gestes, avec l’intensité variable des vagues furieuses ou des lacs alanguis, respirant profondément, souffrant, se tétanisant, recommençant.

Assises
Seconde partie : des percussions au rythme métronomique envahissent l’espace de sonorités métalliques. Sur cette musique d’usine, assises sur des chaises en bois, les quatre femmes réitèrent les mêmes gestes rapides et brusques : chevelure rejetée en arrière, jambes croisées, décroisées, main entre les cuisses jointes puis rapidement passée dans les cheveux, sur le sein et venant frapper le sol rageusement. Puis l’abattement. Gestes de féminité agressive, subie mais diantrement sensuelle. Chaque battement musical est un coup de fouet qui les ravive l’instant d’un geste mathématique, implacable. Cette gestuelle tonique, indéfiniment pareille, créé des lignes de force rigides, puissantes et enivrantes.

Debout
La troisième et dernière partie joue sur les gestes mécaniques tels que se déshabiller, se rhabiller. Harassées, haletantes, les danseuses s’arrêtent. Les lumières emplissent alors l’espace, laissant voir des traces noires au sol, celles indélébiles et géométriques , des corps forcenés.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=oQCTbCcSxis[/youtube]

Rosas Danst Rosas
Jusqu’au 29 octobre 2009
Théâtre de la Ville
2, place du Châtelet, 75004 Paris (Métro : Châtelet)
Tarif : 14 euros pour les moins de 30 ans

Aller au théâtre pour voir une pièce précise vous ennuie? Les spectacles d’impro sont faits pour vous!

 

Showtime où un grand brainstorming visant à « rationaliser » le spectacle comique pour le rendre « plus productif ». Jouant sur les codes de l’entreprise et son jargon, la bande des Blancs Manteaux se régalent dans une succession de scènes forcément inédites puisqu’improvisées sur l’instant. C’est le public qui lance le thème. N’importe quel mot faisant l’affaire, les comédiens doivent rivaliser d’imagination pour faire rire la salle. Et très souvent, ils y parviennent. Ils sont quatre « Thierry » drivés par un « Thierry » en chef qui chapeaute cette réunion dominicale. Comme il faut réduire les coûts, le show se fait sous compte-à-rebours. Une heure pile poil de spectacle. Du coup, aucun temps-mort n’est permis, aucune baisse de régime. Le spectacle se déroule en fait sous forme de petits exercices d’improvisations. Partant d’un mot lancé au hasard par un public souvent mis à contribution, les acteurs miment, rappent, changent d’origines ou d’accents du tac-o-tac, au gré du plaisir un brin sadique du « Thierry » en chef. Ca part un peu dans tous les sens mais les blagues tombent juste et les rires sont au rendez-vous. 

 Au final, un spectacle très drôle porté par une troupe survoltée qui ne peut réclamer qu’une scène un pue plus grande pour aller encore plus loin dans le délire. 

Savez-vous que vous pouvez aller assister gratuitement à des représentations à la Comédie Française ? Payer 3 euros une séance de cinéma, tous les jours, à toutes les séances au Gaumont Opéra ? Ou encore aller à l’opéra pour seulement 5 euros ?

Les bons plans cinéma

La place à 3.5 euros
Gaumont organise des ventes flash de places à 3.5 euros le mardi pour une séance le jour même, en réservant les billets en ligne.
La place à 3 euros
Au Gaumont Opéra, tous les jours, à toutes les séances, les personnes accompagnant un détenteur de la carte Le Pass bénéficient d’une place à 3 euros pour la même séance.
Cinéma illimité
Deux cartes permettent d’avoir accès illimité à certaines salles de cinéma :
Le Pass :
– coût : 19.80 par mois
– accès illimité à toutes les séances dans toutes les salles Gaumont et Pathé et certains cinémas indépendants
La Carte UGC :
– coût : 19.80 euros par mois
– accès illimité à toutes les séances dans toutes les salles UGC et MK2 et certains cinémas indépendants.
Liste des cinémas indépendants acceptant la carte Le Pass et la carte UGC.

Les bons plans théâtre

La Comédie Française
Le premier lundi du mois, les jeunes de moins de 28 ans peuvent assister gratuitement à un spectacle de salle Richelieu. Il faut pour cela se présenter au petit bureau une heure avant le début de la représentation (sous réserve des places disponibles).

Les Bons plans Opéra

L’Opéra Bastille
62 places debout à 5 euros sont proposées chaque soir à l’Opéra Bastille, vendues dès l’ouverture des portes (environ 1h30 avant la représentation). Ces places sont situées en fond de parterre.

Le Pass’Opéra/Comédie Française
Pour les moins de 28 ans, ce Pass permet de bénéficier de tarifs préférentiels dans les trois salles de l’Opéra National de Paris et les trois théâtres de la Comédie-Française (Opéra Bastille, Palais Garnier, Amphithéâtre Bastille ; Salle Richelieu, Théâtre du Vieux Colombier, Studio-Théâtre). Il coûte 30 euros. Voici la liste détaillée des tarifs préférentiels dont vous pourrez bénéficier avec cette carte :
– Prix des places à l’Opéra national de Paris : opéras : 20 euros, ballets: 10 euros, concerts 7 euros.
– Prix des places à la Comédie Française : 20 euros pour toute la saison artistique.

Crédit photo : The ghost cinema© phill.d

Vous vivez dans l’une des plus excitantes mégalopoles culturelles au monde. Profitez !
Depuis peu, tous les musées et monuments nationaux sont gratuits pour les ressortissants de l’Union Européenne de moins de 26 ans. Mais comment visiter les expositions temporaires à peu de frais ? La réponse : Le Pass.

Coupez les files d’attente avec superbe et la tête haute, agitez votre « Multipass » en vous prenant pour Milla Jovovich en toutes occasions, devenez incollable sur l’actualité de tel musée…tout cela pour une vingtaine d’euros par an environ.

Le Pass du Centre Georges Pompidou
22 euros pour les moins de 26 ans
-Accès gratuit, illimité et coupe-file aux collections permanentes et aux expositions temporaires
-Gratuité sur le cinéma (sauf festivals et soirées événementielles) dans la limite des places réservées aux adhérents. Un billet exonéré est à retirer aux caisses une heure avant le début de la séance.
-Réduction de 5% à la librairie Flammarion et à la boutique Printemps Design.

Le Pass du Palais de Tokyo
TokyoPass : 20 euros (moins de 26 ans)
-Accès gratuit, illimité et coupe-file
-Visite guidée à chaque nouvelle exposition
-Tarifs réduits sur les billets d’entrée de la Fondation Cartier, de La Maison Rouge, de la Maison européenne de la photographie, du Musée du Jeu de Paume, de la Cité de l’architecture et du patrimoine ainsi que du Centre national de la danse, de la Comédie-Française, du MC93, du théâtre national de Chaillot, etc.

Le Pass du Musée d’Orsay
MuséO : 15 euros (18 à 30 ans). 11 euros si adhérents Fnac, Isic
-Accès gratuit, illimité et coupe-file aux expositions permanentes et temporaires
-Invitation d’une personne de moins de 31 ans le jeudi en nocturne
-Accès libre aux conférences, colloques, cours d’histoire de l’art
-Journées d’accès gratuit aux expositions du musée d’Orsay aux Galeries du Grand Palais

Le Pass du Grand Palais
Sésame : 22 euros (moins de 25 ans) sinon 47 euros (septembre 2009 à juin 2010)
-Accès illimité et coupe-file aux expositions permanentes et temporaires des Galeries Nationales

Le Pass du Louvre
Carte Louvre Jeunes : 15 euros (moins de 26 ans). 30 euros (26-29 ans).
-Accès illimité et coupe-file aux expositions permanentes et temporaires
-Invitations aux spectacles

Le musée Jacquemart André présente la collection Brukenthal, une des collections les plus prestigieuses d’Europe centrale, étonnamment fournie en chefs d’œuvres de la peinture flamande. Au même moment à Paris, la Pinacothèque de Paris propose, en collaboration avec l’incontournable Rijks Museum d’Amsterdam, une exposition réunissant des tableaux de grands maîtres flamands.

Le musée Jacquemart André
Il est toujours délicat pour une institution muséale de présenter une collection car selon la politique d’achat du collectionneur, ladite collection est plus ou moins hétérogène. Certains commissaires d’exposition choisissent de l’exposer telle qu’elle, d’autres tentent de l’articuler autour d’un parcours didactique.
Le musée Jacquemart André est de ceux-là, faisant le pari audacieux de thématiser la collection Brukenthal. Ainsi diverses salles, de la nature morte aux sujets mythologiques en passant par les scènes de genre, offrent un panorama de la peinture flamande du XIVème au XVIIIème siècle.
Vous pouvez vous délecter d’œuvres aussi fameuses que L’homme au chaperon bleu de Jan Van Eyck, rester coi devant l’incroyable réalisme des natures mortes de Jan Davidsz de Heem, ou admirer les clairs-obscurs de la peinture religieuse de Jacob Jordaens.
Cependant, quelques incursions par d’autres contrées ponctuent délicieusement le parcours. Là, un Christ du Titien, portrait émouvant et lumineux contenant déjà les germes de la modernité, ici un Lorenzo Lotto montrant Saint-Jérôme repentant…

La Pinacothèque de Paris
Si vous êtes insatiable sur le sujet, l’exposition L’âge d’or hollandais à la Pinacothèque de Paris saura satisfaire votre légitime flamandophilie.
Plus discursive que l’exposition du musée Jacquemart André et logiquement centrée sur le XVIIème siècle, l’ensemble des pièces est de grande qualité, atteignant son apogée avec la monstration de tableaux de Rembrandt ou de Johannes Vermeer qui à eux seuls méritent le déplacement.
Pouvoir contempler les œuvres des plus grands maîtres flamands de l’âge d’or est un réel privilège. Les œuvres montrées à la Pinacothèque n’étaient pas destinées à être montrées ailleurs qu’au Rijks Museum. Une fois la rénovation de ce dernier terminée, elles ne quitteront d’ailleurs plus ce musée.
Pas d’hésitation possible donc !

Bruegel, Memling, Van Eyck… La collection Brukenthal
Musée Jacquemart André
Jusqu’au 11 janvier 2010
158 bd Haussmann, 75008 Paris
Tous les jours de 10h à 18h
Tarif plein : 10 euros. Tarif réduit : 7.5 euros (étudiants)

L’âge d’or hollandais, de Rembrandt à Vermeer
La Pinacothèque de Paris
Jusqu’au 7 février 2010
28, place de la Madeleine, 75008 Paris
Tous les jours de 10h30 à 18h
Tarif plein : 9 euros. Tarif réduit : 7 euros (étudiants)

Cocktails immatériels et technologies de pointe. Les toutes dernières tendances en matière de muséologie et de gastronomie vous sont révélées au Laboratoire en une visite stimulant les sens et l’intellect.

Au sein de ce lieu de métissage, où sciences et création artistique s’intriquent, deux expériences novatrices sont à découvrir.

L’une est éthérée, irréelle et propulse dans un monde encore à l’état d’ébauche. Nuages de Saveurs propose de déguster des cocktails immatériels. Une vasque de verre enferme une fumée blanche et vaporeuse que l’on vous sert dans un petit récipient contenant (tant bien que mal) l’étrange mixture évanescente. Muni d’une paille de verre qui reste ballante dans le verre l’on vous enjoint d’inhaler. De garder en bouche. Les subtils parfums à l’audace ténue titillent délicatement votre palais. Fumeux ? Non, délicieusement nouveau. Anis, gingembre, agrumes, tomate ou même…martini, trois liquides créés par le chef Thierry Marx et l’équipe du FoodLab sont à la disposition de vos papilles. Le Whaf, technologie développée par le Laboratoire, existe sous plusieurs formes. Vous pouvez donc whaffer dans la joie et l’apesanteur!

L’autre expérience, Cerveau collectif, moins inattendue mais correspondant à des attentes plus actuelles, présente la technologie Musetrek autour d’un parcours thématique sur l’acte de création lié à l’expérimentation scientifique. Musetrek est un nouveau système de visite de musée interactif : muni d’un iPhone, le visiteur choisira son parcours sur l’interface en fonction de ses affinités. Vidéos et textes le guideront ainsi mieux que les éternels audio guides formatés et impersonnels. Il est d’ailleurs possible d’alimenter soi-même la base de données deMusetrek. Les musées s’équipent peu à peu. Certains le sont déjà comme le Musée des Arts décoratifs ou la Cité des Sciences et de l’Industrie.

Innovations dans l’air du temps
Jusqu’au 4 janvier 2010
Le Laboratoire
4, rue du Bouloi, 75001 Paris
Tarif plein : 6 euros. Tarif Réduit : 4,5 euros (Etudiants)
Lundi, vendredi, samedi, dimanche de 12h à 19h.

Mise en scène de Philippe Calvario

Silvia et Dorante doivent bientôt se marier. Ils ne se sont jamais vus. Silvia se déguise en sa servante pour mater Dorante peinarde. Dorante fait pareil. Et c’est parti pour le jeu de l’amour et du hasard.
Pas folichon, hein ? Entre étudiants, on le sait tous : le théâtre classique, c’est pas franchement ce qui se fait de plus bandant en matière de sortie culturelle. Et avec Marivaux, on est en plein dedans. Les personnages et les situations sont codifiés selon les règles du genre en vigueur à l’époque où la pièce a été écrite, et les dialogues sont parfois durs à digérer pour les pauvres petits banlieusards que nous sommes.
Ceci dit, quitte à se taper du théâtre classique, autant aller voir « le jeu de l’amour et du hasard », surtout si c’est pour se trouver en face de la mise en scène de Philippe Calvario. Pourquoi ? Parce que ce type a tout l’air non seulement d’aimer le théâtre de Marivaux, mais en plus d’y voir une vraie dimension fun, qui ne saute pas forcément aux yeux à la lecture (chiante) du texte brut, et qu’il a l’art et la manière de faire ressortir ce côté fun, par des costumes loufoques et hauts en couleurs, une B.O. pop et une direction d’acteurs tendancieuse et sensuelle que n’aurait pas renié le marquis de Sade (vous voyez le tableau…).
Au final, on vole de surprise en surprise, et on parfois honte de rire devant une pièce de théâtre classique, mais en tout cas ça serait bouder son plaisir que dire qu’on passe un mauvais moment devant cette honorable tentative de modernisation subtile du « Jeu de l’amour et du hasard »…

Au théâtre 95, à Cergy-Pontoise, du 8 au 24 Octobre

Ce week-end, la nuit entre samedi et dimanche sera blanche ! Tant d’œuvres, tant d’artistes, tant de surprises à découvrir qu’il serait vraiment dommage d’aller se coucher.

Un terrain de foot particulier

Un terrain de foot tout cabossé, impraticable et pourtant avec des buts et quelques joueurs. C’est un peu l’idée de Priscilla Monge. L’artiste a créé une pelouse faite de bosses et de creux. Une partie de football qui devrait rester dans les mémoires.
Place de la Bataille-de-Stalingrad (19e). Métro Jaurès.

Du hip-hop dans le 19e

Le parvis de la mairie du 19e arrondissement accueille pour l’occasion, une troupe de danseurs freestyle hip-hop. Il s’agit des membres de l’association R.Style et Hip-Hop Citoyens. Le spectacle s’annonce forcément rythmé et survolté, riche en acrobaties et en figures inédites.
Place Armand-Carrel. Métro Laumière

Des yeux vous fixent

L’impression d’être épié vous atteindra forcément si vous faîtes le tour de l’Ile Saint-Louis, lors de la Nuit Blanche. Des portraits de 70 femmes seront affichés partout : ponts, bâtiments et quais. C’est le photographe JR qui rend ici un touchant hommage aux femmes, en prenant des regards africains, brésiliens, indiens et cambodgiens en clichés.
Ile Saint-Louis et mairie du 4e, 2 place Baudoyer. Métro Hôtel de ville.

En travaux depuis deux ans, le « squat artistique » du 59 rue de Rivoli a rouvert ses portes il y a quelques jours, devenant ainsi « l’aftersquat ». Un endroit situé au coeur de la capitale et pourtant vraiment à part. Visite guidée.

En pleine rue de Rivoli, les passants courent de magasins en magasins. L’activité la plus courante en ce lieu reste le shopping. Il faut même être attentif pour ne pas rater le numéro « 59 ». Bâtiment tout beau, tout neuf, l’immeuble accueille ses visiteurs dans un grand hall, une vraie galerie d’exposition. 

 

A l’entrée, un monsieur fait les présentations puis demande l’heure: 18h45. « Dépèchez-vous! Le concert termine à 19h! » Oui, le « 59 » rue de Rivoli est un lieu vivant mais surtout un endroit artistique. Il faut monter pour s’en apercevoir. Six étages et des dizaines d’univers différents. « Le squat permet cela, explique Marc un sculpteur, on peut travailler comme bon nous semble. Sans avoir de compte à rendre à personne. » Si tout l’immeuble a été parfaitement rénové, sentant peut-être encore un peu trop le neuf, c’est vrai que le squat respire lui, la liberté artistique. Peintures, sculptures, dessins, croquis…on trouve de tout. Dans un désordre un brin confus, les toiles trop nombreuses sont souvent empilées les unes sur les autres. Les murs étant déjà remplis d’oeuvres en tous genres. 

 

Le 59 est le fruit d’une association: « chez Robert électron libre », rebaptisée pour l’occasion « 59 Rivoli. » Le bâtiment rénové accueille donc en priorité les membres du collectif mais accepte aussi des artistes de passage. « Barroux » est de ceux-là. Il explique: « On a le droit à 3 mois renouvelables une fois. » Une chance pour ce peintre qu’il n’aurait laissé passer pour rien au monde: « Cela me permet de disposer d’un atelier exceptionnel dans un des plus beaux quartiers de Paris. En plus, il y a eu un peu de buzz donc il y a du passage. » 

Si bien sûr le « 59 » est avant tout un lieu de création, les artistes ne sont pas opposés du tout aux amateurs prêts à s’offrir une de leurs oeuvres. Pour cela, le mieux c’est d’être présent en permanence. Louise raconte: « On m’a dit que des personnes étaient intéressées par un de mes tableaux, mais j’étais absente. C’est dommage… » L’astuce la plus utilisée pour éviter ces occasions manquées est d’inscrire sur le mur son nom, son numéro et son mail. Une pratique que tout le monde a d’ailleurs adopté. 

 

La suite de la visite se poursuit dans les étages supérieurs. Toujours ce bazar ambiant mais dans un calme reposant. « Barroux » raconte: « C’est un bonheur de travailler ici. On a chacun une clé et on peut venir travailler quand bon nous semble, même en pleine nuit. »

L’ambiance est vraiment décontractée, tout le monde se salue, se connaît, échange et rigole de bon coeur. Arrivé au sixième et dernier atelier, c’est l’heure de l’apéro. Ils sont cinq à trinquer au cidre et à la bière. D’autres montent les rejoindre et un petit groupe se forme. 

 

Lieu d’art et d’artistes, le « 59 » tire certainement sa plus grande réussite de cette communauté qui cohabite avec harmonie. En plein coeur de Paris, l’art a vraiment trouvé sa place. 

 

Côté pratique: ouvert tous les jours sauf le lundi

Opéra de Gérard Pesson

Le compositeur, né en 1958, a été pensionnaire à la Villa Médicis et remporte en 1996 le Prix Prince Pierre de Monaco pour ses nombreuses compositions et musiques de scène. Son deuxième opéra « Pastorale »,  après « Forever Valley », a été créé en 2006. Le livret est inspiré de l'Astrée d'Honoré d'Urfé (1567-1625), une épopée galante qui conte les amours impossibles du berger Céladon et de la bergère Astrée dans la Gaule du IVème siècle.

Direction musicale Jean-Yves Ossonce

5 représentations du 18 au 24 juin

Théâtre du Châtelet

1 Place du Châtelet, Paris 1er

Loc  01 40 28 28 40

Sidi Larbi Cherkaoui et les Moines de Shaolin à Chaillot

Le jeune danseur et chorégraphe, Sidi Larbi Cherkaoui, né à Anvers en 1976 d'une mère flamande et d'un père marocain, a déjà un parcours impressionnant sur les plus grandes scènes. Celui qui dit être inspiré pour ce spectacle aussi bien par Bruce Lee et sa maîtrise du corps que par les Moines bouddhistes du Temple de Shaolin, n'a de cesse d'innover et de rechercher le rapprochement entre l'esprit et le corps.

Il a fait appel au sculpteur Antony Gormley pour la création plastique et la scénographie.

Du 25 au 27 juin à 20h30

Théâtre National de Chaillot

1 Place du Trocadéro, Paris 16ème

Loc 01 53 65 30 00

 

 

Le chef d'oeuvre de Bizet à l'affiche de l'Opéra Comique et dans 50 salles le 25 juin prochain!

C'est Bizet plus que Mérimée, dont il s'est inspiré, qui a réellement créé le mythe de Carmen – celui de la femme fatale qui séduit et provoque ses amants jusqu'à provoquer sa propre mort. C'est la première femme libre de la scène lyrique du XIXème siècle. Ce chef d'œuvre, joué aujourd'hui dans le monde entier n'a malheureusement pas connu de succès à sa création en 1875.

 

Direction musicale Sir John Eliot Gardiner, avec The Monteverdi Choir, la Maîtrise des Hauts-de-Seine et l'Orchestre Révolutionnaire et Romantique. Mise en scène Adrian Noble.

Le 25 juin prochain à 20h30, l'œuvre sera retransmise en direct par CielEcran dans une cinquantaine de salles en France et en Europe. Une excellente consolation pour ceux qui ne peuvent pas se rendre à l'Opéra Comique !

Liste des salles sur www.cielecran.fr

Du 15 au 30 juin

Opéra Comique

Loc 0825 01 01 23 ou www.opera-comique.com

Le Ministère de la Culture s'efforce de l'art. Résultat ? Une première édition, sous l'impulsion de Dominique de Villepin, foisonnante, motivante, de grande qualité. Cette année, l'ambition est de réunir des artistes de la scène émergente française de l'art contemporain sous la Nef du Grand Palais ainsi que des « invités » (Annette Messager, Orlan etc.) dans divers lieux de la capitale.
Qu'en est-il de la seconde édition dont on peut déjà dire, avant toute analyse, qu'elle est six  fois moins pléthorique que la première (plus de 200 artistes en 2006 contre 36 en 2009) ?

Pour l'événement, les trois commissaires déploient sous la Nef du Grand Palais une « Géologie Blanche », banquise de box blancs dont les parois sont repoussées, déformées par les œuvres et leurs volumes. Seul lien entre les œuvres dans une exposition athématique, ce « White Cube »  se fait écrin et laisse éclore quelques joyaux.
Il y a la bulle géante et organique à la surface-miroir de Bruno Peinado, qui se gonfle et se dégonfle lentement, timidement, sans plus de bruit qu'un souffle, dans une émouvante parade de séduction. (Cette œuvre intitulée Silence is sexy est d'autant plus à-propos qu'il n'y a pas foule sous la Grande Nef…)
Aux antipodes de la douceur touchante de cette forme ovoïde, le cube noir de Fabien Giraud et Raphaël Siboni, simulateur de vol devenu hystérique, hurle comme une bête enchaînée qui recèlerait un brûlant secret lui déchirant les entrailles. Approche plus intellectuelle, Julien Prévieux dessine d'hypothétiques organigrammes historiques, uchronies conçues à partir d'ouvrages aux théories obsolètes. Fayçal Baghriche, lui, anéantit les nationalismes en extrayant les étoiles des drapeaux et en les replaçant dans une constellation commune et sans frontières… Il y a aussi, littérale et efficace, l'installation apocalyptique de Deroubaix où des créatures monstrueuses, vertes, aux seins multiples, ailées et féroces côtoient dans un décor d'enfer des symboles de la société capitaliste. Quant à Wang Du, il compile des images de la Chine, les rassemble en un énorme kebab et invite les occidentaux à en couper un petit bout à l'aide de couteaux.
Et la Géologie Blanche qui nous laisse éblouis et errants dans son espace d'une blancheur virginale, désertique et déserté, éblouissant, silencieux. Exigeante mais élitiste et versant un tantinet dans le parisianisme (sur 36 artistes, 22 vivent et travaillent sur Paris), la deuxième édition ne semble pas remporter le franc succès de l'originale.
Cette triennale dont l'ambition première est d'enfin offrir à la France une vitrine ambitieuse sur son rayonnement culturel fait pâle figure. Si vous vouliez voir un panorama de la création contemporaine en France, vous risqueriez d'être déçu par la concision mandarinale des choix. Mais si vous vouliez redécouvrir des artistes de qualité au sein d'une scénographie pertinente, alors n'hésitez pas, faites l'effort de l'art.

La chute éternelle du soldat républicain de Capa qui n'en finit pas de mourir, la nonne dissidente qui ose échanger un baiser avec un prêtre apostat, la célèbre Barbie molestée, humiliée par un mixer géant…La BnF présente un florilège de photographies polémiques qui, du daguerréotype à la photographie contemporaine, dresse « une histoire juridique et éthique de la photographie » (sous-titre du catalogue de l'exposition).

En quatre-vingt clichés choisis, cette exposition entend offrir un panorama discursif d'une histoire des controverses photographiques soulevant nombre de problématiques cruciales sur des questions éthiques qui subsument le champ photographique pour investir les problématiques de l'image en général.
La violence d'une image sert-elle ou dessert-elle son propos ? Est-il nécessaire de voir une main déchiquetée, séparée du corps pour appréhender l'horreur du 11 septembre ? Quand quitte t-on la réalité documentaire pour le sensationnalisme ? Quel crédit accorder à la photographie depuis les retouches du stalinisme jusqu'aux corps déterrés de la fosse commune par des journalistes peu scrupuleux faisant passer les cadavres pour des victimes de la dictature de Ceaucescu ? Que penser de la neutralité du témoignage du journaliste qui n'intervient pas en cas de conflit ? Le tristement célèbre cliché de Kévin Carter, d'un enfant soudanais rampant vers un point d'approvisionnement alors qu'un vautour le regarde lui vaudra le prix Pulitzer 94. Mais Kevin Carter se suicidera deux mois après. De même peut-on, sous prétexte que c'est de l'art, photographier des enfants nus dans des positions suggestives ? Les faits doivent-ils s'effacer devant le symbole ? Ainsi peut-on considérer que la photographie de  l'enfant vietnamienne courant nue, brûlée par le napalm reste le symbole d'une guerre même si en l'occurrence les bombardements que fuit l'enfant ne sont pas le fait de l'armée américaine comme on tend à le penser immédiatement mais le fait des forces vietnamiennes.
Pas de parti-pris, pas de réponse moralisante mais une salve de questions essentielles servies par des clichés pertinents et soulevées avec justesse et ce qu'il faut de neutralité pour laisser ouvert le débat. Malheureusement, l'analyse tend à se perdre dans un  embrouillamini de problématiques qui auraient mérité d'être thématisées. En outre, n'établissant pas de clair distinguo entre photographie d'art et photographie documentaire, l'exposition prête à confusion car ces deux types d'image ne sauraient être analysées à l'aune des mêmes paramètres.
En tout cas passionnantes car résistant à une analyse simpliste, ces photographies qui font l'Histoire ou qui font des histoires méritent que l'on s'y arrête.

Eduardo de Filipo enfin à la Comédie Française!

L'auteur, né en 1900 à Naples et fils de l'acteur comique Eduardo Scarpetta, est l'acteur-auteur le plus célèbre de l'Italie de l'après-guerre. Il écrit La Grande Magie en 1948. L'histoire se déroule dans une station balnéaire où un magicien fait « disparaître » une femme, qui en profite pour s'enfuir avec son amant.
Et la magie opère réellement…un spectacle grandiose, raffiné,  intelligent, comme on n'en voit pas si souvent. C'est notre coup de cœur de l'année à la Comédie Française. Vous n'y « allez » pas, vous y courez et pour plusieurs raisons.
L'auteur mérite tout d'abord d'être plus connu en France, son texte est drôle et sous une apparente légèreté, plein de poésie et de profondeur. Il développe le thème de l'illusion, celle qui aide à supporter les difficultés de l'existence, à ne pas voir la réalité en face. Puis vient le jeu des acteurs, avec un éblouissant Denis Podalydès, à la fois drôlissime et émouvant dans le rôle du mari maladivement jaloux, et Hervé Pierre dans celui du magicien-illusionniste -manipulateur. La mise en scène de Dan Jemmet est inventive, colorée, gaie et subtile…une grande leçon de théâtre !

Un nouvel humoriste émerge dans le monde du one-man-show. Laurent
Lafitte a su progressivement faire grandir son spectacle pour arriver
dans la grande salle du Palais des Glaces et faire salle comble. C'est
justifié par un travail qui se démarque : une interprétation bien
sentie et efficace, des textes osés et un rythme de jeu effréné.

Laurent Lafitte parvient à surprendre le public en l'emmenant
là où il
ne s'y attend pas. Avec un humour un peu trash, comme dans le sketch où
son personnage se rend dans un back room. La situation est alors
tellement décalée sexuellement que l'on ne peut s'empêcher de rire.
L'humoriste surprend encore quand il joue une ancienne chanteuse qui a
côtoyé les rockers les plus mythiques et qui ne s'arrête jamais de
parler. Le début du spectacle en revanche, avec une grand-mère
égocentrique, est un peu moins original, mais l'agent artistique
débordé, le comique de stand up et le chorégraphe américain font leur
effet. L'humoriste ne s'assoit pas sur ses blagues et enchaîne les
vannes comme pour toujours continuer de surprendre. Il y parvient.

Chargés de « faire passer le train », un tueur et deux séducteurs se heurtent au duel ancestral qui oppose les deux clans les plus têtus de l'Ouest : Les Ruckstule contre les Keller.

CAFÉ DE LA GARE. 41, rue du Temple. Paris 4ème. Métro : Hôtel de ville ou Rambuteau.

Quatre commerciaux appartenant à une grande entreprise doivent perdre entre 4 et 5 kilos en une semaine, sinon ils seront victimes d'un « dégraissage » personnel et définitif.  

Ils s'enferment donc, pendant les vacances, dans les bureaux déserts et
entreprennent de ne plus manger avec une méthodologie toute
professionnelle.

Un royaume en Espagne… Rodrigue et Chimène sont amoureux et promis l'un à l'autre. Une querelle éclate entre leur père. Rodrigue venge le sien en tuant le père de Chimène.

Un « grand Roi », père, homme de pouvoir et justicier. Des pères, des
enfants. L'atteinte irréparable – car mortelle – faite aux uns, est
donnée en héritage aux autres. Dès lors, quel avenir ces derniers
peuvent-ils bâtir ? Une jeunesse qui doit payer le prix des erreurs de
ses aînés, essayer malgré tout, de vivre, de combattre et d'aimer… Le
Cid est une oeuvre sur la liberté.

Les Sea Girls sont quatre comédiennes-chanteuses, accompagnées d'un contre bassiste et d'un guitariste.

Elles chantent, dansent, portent bien la moustache, sont grandes et petites, blondes, brunes ou un peu rousses, elles aiment le fromage, les chansons tristes, les fleurs artificielles, les personnes d'un certain âge et faire pipi… sur le gazon.

Un musicien, persécuté par son agent, peine à livrer l'album de chansons qu'il s'est engagé à écrire pour une vedette de la variété.

C'est la page blanche. Ça ne paraît rien la page blanche et pourtant c'est radical. Elle remet tout en cause. Tout. Est-ce la panique pour autant ? Non ! Car ce qui différencie notre homme de la mouche qui se noie dans un bol de lait, c'est son humour. Du coup, pour espérer s'en sortir il va devoir se débattre un petit peu et c'est précisément là qu'il nous amuse.

Une jolie jeune femme nommée Prudence, prend la route des sommets de l'Himalaya pour rencontrer Priti, la petite fille népalaise qu'elle parraine. Prudence est drôle et fragile, maladroite et sensible. Ce trek sur le toit du monde va la transformer, lui ouvrir les yeux sur l'essentiel.

Ce spectacle est un vrai seul en scène qui fait la part belle au rire,
à l'émotion, à la réflexion. Le tout est interprété par la délicieuse
Christine Mathéo, comédienne, clown, chanteuse, claquettiste qui vous
prendra par la main pour faire ce beau voyage.

Géraldine Bariani, ex-cadre supérieur d'un grand groupe pétrolier, a fait son « coming out » environnemental.

Elle s'installe avec son mari dans un petit immeuble familial, «véritable insulte à l'environnement»,
pour le mettre aux normes ! Prudence Messonnier, propriétaire
désargentée, mais soumise à l'ISF, se convertit rapidement au
Développement Durable car, à la clé, il y a de nombreuses subventions !
Mais une opposition interne se met en place et Géraldine va vite se
rendre compte que dans « durable» il y a «dur !».

Au 4, rue du Bouloi bouillonne Le Laboratoire, un lieu de création novateur. En son sein, artistes et scientifiques travaillent ensemble. Dans ce laboratoire à l'imagination hybridée, Shilpa Gupta, artiste indienne de renom, et Mahzarin Banaji, psychologue de même nationalité enseignant à Harvard, dialoguent sur la part incontrôlée de nos préjugés. Plongée dans la boîte de Pandore des peurs inconscientes….

Au sous-sol de ce laboratoire en effervescence, les créatures angoissantes, nées de la réflexion de l'artiste et de la scientifique peuplent un espace froid, clos, gris. Une métaphore de la boîte noire de notre subconscient.

Ça et là grésillent quelques monstres de l'esprit. Un nuage noir immense, amas de centaines de têtes de microphones, chante à plusieurs voix Song of the Cloud, une mélopée en une langue inconnue, ode mélodieuse à l'amour. Parfois, le nuage se tait. Parfois, il hurle. Parfois, il murmure le bruit des trains qui partent, qui arrivent, qui font se croiser les foules. Plus loin, un panneau d'affichage d'aéroport renouvelle dans un bruit de lettres qui s'affolent, des messages étranges. « Am unable to control it ». Bruits de lettres. « 00 :00 no longer alive ». Bruits de lettres. « My memory excludes me ». Dans un autre coin de la salle, un homme chuchote « Sometimes, you call me indian, north indian, sri-lankan. Sometimes, you call me british… ». Contre un mur, d'inactifs sifflets menaçants se taisent…jusqu'à quand ?
Ce bestiaire de l'inconscient est une mise en espace poétique des processus implicites et refoulés qui nous gouvernent, lorsque nous sommes face à l'autre.
Les œuvres sont peu nombreuses, il est vrai, mais elles sont de qualité. Cet aspect minimaliste n'est pas rédhibitoire puisque le parcours ne se limite pas à l'exposition elle-même. En effet, Le Laboratoire porte bien son nom : il nous permet de découvrir les arcanes de la démarche créative. D'une part, des médiateurs sont présents, tout au long de la visite, pour répondre aux éventuelles questions. Et d'autre part, la médiathèque présente ouvrages, articles et entretiens, en rapport avec l'exposition, permettant d'étayer son propos et d'en comprendre plus précisément les enjeux. En outre, deux ordinateurs sont mis à disposition, si vous voulez vous livrer aux tests d'associations implicites, élaborés par l'université d'Harvard, qui tentent de déterminer la part de réflexes automatiques concernant le jugement que nous portons malgré nous sur certains groupes de personnes (homosexuels, noirs, blancs etc.).
Le Laboratoire, à expérimenter donc !

Gakona, titre énigmatique de la nouvelle exposition du Palais de Tokyo, c'est le trou du Sud de l'Alaska, petit village qui abrite la base scientifique HAARP, officiellement chargée par les autorités américaines d'étudier l'ionosphère et ses effets sur les télécommunications. Or, pour cela, le laboratoire modifie localement l'ionosphère en utilisant d'impressionnantes antennes dont les éventuelles capacités de captation et de manipulation sont autant de sujets de controverse. Présentation des propositions de quatre artistes, à la frontière entre le réel et le fantasme.

Laurent Grasso livre une interprétation littérale de la problématique, en reproduisant la fameuse forêt d'antennes du site. Cette gigantesque installation, glacée et géométrique, donne le ton.
Ceal Floyer et Roman Signer nous font pénétrer dans un lieu halluciné. Et pour cause, leurs installations font écho à nos peurs les plus primaires, dès lors qu'il s'agit de manipulations scientifiques. Ici, les tables dansent, les parapluies produisent des courants électromagnétiques assourdissants, les interrupteurs sont des leurres, les tondeuses à gazon bousculent des chaises impassibles et une mélodie syncopée résonne de temps à autre, une voix humaine ne chantant que certains mots de « Love me tender ».

Micol Assaël nous plonge dans un bain électrostatique, après nous avoir inondé de recommandations et d'interdits. Interdit aux femmes enceintes, aux porteurs de prothèses électroniques, aux enfants de moins de huit ans. Prière d'éteindre ses appareils électroniques et d'éviter de toucher le visage des autres visiteurs. Malgré tout, quelques kamikazes, jouant à pince-mi et pince-moi, sont dans un champ électrostatique et s'envoient du jus en riant. Un monsieur à la mise soignée, contrastant avec sa nouvelle coiffure tendance punk électrostatique, me soutient mordicus, tous cheveux dressés, que peu de gens savent, qu'en réalité, les champs électrostatiques n'ont aucun effet sur l'être humain.

De toute façon, ce sont les potentialités de l'électromagnétisme qui préoccupent les conspirationnistes et, notamment, Jeane Manning, auteur du livre Les anges ne jouent pas de cette HAARP, dont la thèse est que le gouvernement américain poursuit des recherches pour rendre ses communications inviolables, modifier le climat ou même manipuler le cerveau humain à distance…
En ce qui concerne l'exposition, si les œuvres, prises indépendemment, ne sont pas éloquentes, l'ensemble forme un laboratoire de l'inquiétante étrangeté, (peu) peuplé de créatures grotesques dans une atmosphère teintée d'absurde. Cependant, le vide apparent de l'exposition discrédite quelque peu le travail de ces quatre artistes. Heureusement, la programmation autour de l'évènement étoffe son propos : les jeudis de Gakona présentent table-ronde, projections et ateliers autour d'expérimentations faites à partir d'électricité. Une exposition un peu capillo-hérissée donc mais fort ludique.

L'impression tenace d'avoir déjà entendu toutes les élucubrations les plus folles, les sphingeries les plus intriquées, les hypothèses les plus fantaisistes, les divagations les plus tordues à propos du Louvre, s'efface humblement devant l'imagination fertile d'artistes que ne cesse d'entretenir avec brio l'aura mystérieuse de ce bâtiment admirable, qui abrite sous ses ailes de pierre les chefs d'œuvre de l'humanité. Tour d'horizon de deux expositions temporaires qui mettent à l'honneur la beauté du Louvre et sa formidable capacité à titiller l'imaginaire. 

Le Louvre, mécène légitimement narcissique, co-édite cinq auteurs du 9ème art : Hirohiko Araki, Yslaire, M.A Mathieu, Eric Liberge et Nicolas de Crécy, avec pour seul cahier des charges l'intégration du Louvre dans leur histoire.

L'exposition, dans une petite salle perdue, accueille les planches originales des bandes dessinées ainsi crées. Le trait fouillé et tendre de Nicolas de Crécy nous emmène jusque sous les glaces, où les trésors du Louvre attendent en vain des admirateurs. Un chien-cochon peu sagace agace les antiquités de ses questions ineptes et récolte de nombreuses réponses pleines d'humour. L'on apprend ainsi que les antiquités jalousent Malevitch, mais qu'elles prennent leur revanche ,car à force d'avoir été regardée, sa peinture est devenue « un carré blanc sur fond blanc » ! 

Eric Liberge libère les œuvres, usées par le regard de tant d'hommes, dans une atmosphère spectrale et poétique, où le son de la musique suspend le temps.

Les planches d'Yslaire bénéficient d'un mode d'exposition particulier, sur écran, où l'on peut contempler le processus de création par logiciel. Les couleurs rougissent et insufflent la vie dans les corps rebelles et adolescents que dessine le créateur de Sambre. L'auteur au romantisme exalté a demandé à Jean-Claude Carrière d'écrire le scénario du Ciel au-dessus du Louvre. La chimie ne peut être que bonne.
Pendant ce temps, Mona Lisa se meurt : son teint de marbre lisse est mis à mal par les coups de pinceaux amples et furieux de l'artiste contemporain Yan Pei-Ming. Cinq formats monumentaux figurent ses funérailles. Un autoportrait de Yan Pei-Ming et un portrait de son père moribond encadrent un triptique, représentant un paysage mortuaire. La Joconde est au centre de ce cycle de vie, des crânes aux yeux vides tournés vers elle. Yan Pei-Ming fait mourir l'immortelle, qui garde figé son sourire. Elle en a vu d'autres, elle qui n'a pas bronché sous les quolibets (moustaches duchampiennes, bariolage warholien et autres camouflets), restant toujours digne face à ses pastiches. Yan Pei-Ming, avec l'implacable maestria, dont il fait preuve, lorsqu'il s'agit de travailler des portraits géants en nuances subtiles de gris et de blanc, dépose un voile fantomatique, flou et halluciné sur Mona Lisa.  Elle n'eut pu espérer peintre plus inspiré pour lui offrir un digne linceul.

Un nouvel humoriste débarque dans le monde impitoyable du one man show : Vérino.

Après s'être fait remarqué dans divers festivals, Vérino s'installe
pour la première fois, pendant quelques mois, dans un théâtre reconnu.
Une heure durant, il enchaîne des tranches de vie sur le mode du stand
up. Sa spécialité, c'est de croquer des instants du quotidien en
mettant en avant des moments décalés que chacun peut rencontrer et dans
lesquels on peut se reconnaître. Comme lorsqu'il parle des gens qui
prennent le métro : du jeune qui rentre de fête au petit matin à
l'homme pressé qui travaille. Son autre spécialité, c'est son
interprétation cartoonesque qui fait appel à un jeu plus exagéré. Moins
convaincant et moins original. On retiendra alors son côté plus subtil
que l'on souhaite exploiter davantage. Vérino possède un vrai potentiel
pour se démarquer, s'il continue à utiliser son talent d'observation et
son goût pour l'interactivité avec le public.

Mardi 10 mars, 10h30. Devant le Grand Palais, s'agite un attroupement confus et chic composé de journalistes à la mise sophistiquée, de maigres mannequins vêtues d'un rien qui prennent la pose en pleine rue et de quidams éblouis. Les flashes aveuglent et de sobres parapluies griffés Chanel virevoltent, indolents compagnons au-dessus de la foule électrique. Est-ce cela, Le Grand Monde d'Andy Warhol ?

Hélas non. De toute évidence pas assez caféinée, je me rends compte que ce sont les prémisses du défilé Chanel auxquelles j'assiste et que le vernissage de l'exposition consacrée à Warhol est la semaine prochaine…
Une dizaine de cafés et de jours plus tard, ouvre Le Grand Monde de Warhol, rétrospective orchestrée par le commissaire d'exposition Alain Cueff dont le parti-pris est de n'exposer que les portraits. Portraits d'ailleurs trop souvent ramenés aux seules images de Marilyn et malheureusement souvent vus en reproduction par paresse intellectuelle : Warhol travaillant sur la série et la reproduction, pourquoi alors voir les originaux ?
Parce qu'à tergiverser sur le conceptuel, on en a oublié le plasticien. Plasticien de génie qui, s'il utilise la sérigraphie de manière mécanique, sait travailler ses toiles, manier les noirs profonds, les gris métalliques et les empâtements.
Parce qu'à gloser sur son prétendu cynisme facile, on en a oublié le coloriste qui exalte ses sujets, rehausse d'un bleu-vert dynamique une ombre sur un visage qui se donne, excite d'un coup de pinceau une sage chevelure, barre la paupière d'un large trait vert sans concession. On en a oublié l'artiste qui sait transformer les hommes en images éternelles.
Parce qu'à trop pérorer sur la superficialité de son travail, dont les couleurs acidulées ne sont que poudre de perlimpinpin et dissimulent des sujets bien plus noirs, on en a oublié que la beauté et la jeunesse des sujets ne sont représentées non pour les glorifier mais au contraire pour en stigmatiser la fugacité.
Et si, fasciné par la beauté formelle qui se dégage de ces tableaux on l'oublie tout de même, les morbides Skulls, crânes aux orbites vides qui comme tous les crânes affichent un sourire sardonique et ricanent d'outre-tombe sur le mont (Gol)gotha, sont là pour nous le rappeler.
Cette exposition est donc incontournable car loin de revenir sur un sujet galvaudé, elle en ouvre de nouvelles dimensions et permet de redécouvrir un artiste qui a souvent fait l'objet d'analyses restrictives. En outre, l'accrochage est particulièrement bien pensé et va à l'essentiel sans sacrifier à la profondeur d'analyse.
Rendons donc hommage à celui qui a su, techniquement et conceptuellement, révolutionner l'art du portrait : « Tous mes portraits doivent avoir le même format pour qu'ils tiennent tous ensemble et finissent par former un seul grand tableau intitulé Portrait de la société. Peut-être que le Metropolitan Museum voudra l'acquérir un jour ».

Le Grand Monde d'Andy Warhol – jusqu'au 13 juillet 2009

L'Opéra de Benjamin Britten produit par la ville de Viroflay !

 

Outre l'originalité et la beauté de l'œuvre du compositeur anglais créée en 1957, c'est surtout l'entreprise d'une ville, celle de Viroflay (78), qu'il faut féliciter et venir encourager massivement ! La ville produit entièrement l'œuvre en faisant appel à la fois à des musiciens et chanteurs professionnels, des amateurs de diverses chorales du département, des élèves du Conservatoire de Versailles et de Viroflay, ainsi que des enfants des écoles. Avec assiduité, passion et détermination, les quelques 300 personnes qui participent à ce beau projet répètent la mise en scène et les chœurs régulièrement depuis plus d'un an. Un spectacle fédérateur, accessible à tous et qui réserve de bonnes surprises ! Direction Musicale Jean-Marie Curti, mise en scène Anne-Marie Gros, scénographie Caroline Lowenbach. Les 20, 21,  26 et 27 mars à 21h (et à 14h30 le 21 mars) Eglise Notre-Dame du Chêne – 28 rue Rieussec, Viroflay Loc 01 39 07 11 89

Cet opéra méconnu de Wagner est créé pour la première fois en France.

Un événement donc, à saluer et à honorer…de votre présence ! C'est le 2e opéra de Wagner. Le compositeur s'est inspiré d'un conte de Carlo Gozzi, intitulé La femme Serpent, représenté à Venise en 1762. Une biche transformée en jolie Fée dont un prince tombera amoureux, des épreuves insurmontables, des apparitions, des malédictions…assez d'éléments et de matière pour nourrir le génie musical et la pensée mystique de Wagner. Avec les Musiciens et chanteurs du Louvre-Grenoble. Direction Musicale Marc Minkowski, mise en scène Emilio Sagi. Du 27 mars au 9 avril Théâtre du Châtelet – 1 Place du Châtelet, Paris 1er – Loc  01 40 28 28 40

 » Yes we can't  » :  la dernière création du grand chorégraphe américain.

William Forsythe à Chaillot, c'est l'événement à ne pas rater. D'un modernisme provocateur, celui qui fait converser les corps entre eux de manière innovante et toujours inattendue, nous présente ici sa dernière création au titre plein d'ironie, avec les 20 danseurs de sa Compagnie, la Forsythe Company. Du 26 au 28 mars à 20h30

Théâtre National de Chaillot – 1 Place du Trocadéro, Paris 16e – Loc 01 53 65 30 00

Le clarinettiste virtuose David Krakauer consacre tout un concert à la musique Klezmer à Pleyel.

Le chef de file de la musique Klezmer s'inspire de la mélodie populaire de l'Europe de l'Est et se promène entre le rock, le ryth'n blues, le funk, la musique classique et le jazz. Sur des rythmes mélancoliques ou joyeux, son ensemble Madness! nous offre un magnifique répertoire entre nouvelle vague et tradition. Programmation dans le cadre de la saison Les Grandes Voix-Les Grands Solistes – Dimanche 22 mars à 19h – Salle Pleyel – 252 rue du Faubourg-Saint-Honoré, Paris 8e

Loc. 01 42 56 13 13

 

Le Centre Pompidou met une dizaine de ses salles à nu pour la rétrospective Vides, rétrospective d'expositions ne  » montrant rigoureusement rien « , orchestrées par les grands noms de l'art conceptuel. Circulons, il n'y a rien à voir ?

Perché au-dessus des flots mouvants des foules incessantes des Halles, entre quatre cimaises vierges, l'état flottant du vide. Le regard vient cogner avec une violence assourdie sur les murs nus et, affolé, ne sait où s'accrocher. Des spectateurs étourdis et timorés déambulent timidement comme des pingouins gauches qui prendraient tout à coup conscience de l'immensité virginale et infinie de la banquise. Vide alors, l'exposition au Centre Pompidou ? Que nenni ! Chaque vide est différent. Il y a le vide primordial, celui d'Yves Klein, le vide radical du 28 avril 1958, qui tente une réflexion sur le monochrome. Il y a aussi le vide politique et militant de Maria Eichhorn qui, plutôt que d'exposer ses œuvres, consacre son budget à la rénovation de la Kunsthalle de Berne, laissant le musée vide. Il y a les vides qui ne le sont pas, qui sont des leurres, cachant le système d'écoute de Roman Ondak ou qui sont exposition de l'air conditionné.
Non seulement ces salles ne sont pas vides conceptuellement parlant, mais elles sont physiquement traversées et envahies par une pléthore de visages et de regards ahuris, déconcertés ou…vides, de réflexions avisées du type  » Faites gaffe, il y a quelqu'un en train de voler un tableau  » ou même  » Il faut de l'inspiration ! « . Peut-être faut-il, comme l'eut désiré Robert Barry, prendre le temps, hors de toute agitation, de toute image polluante, de réfléchir et d'échanger. C'est sans compter sur nos contemporains que le vide rend de toute évidence nerveux et/ou angoissés et exhorte à rire pour exorciser la peur d'être face à eux-mêmes. Notre génération qui sacrifie sa capacité imaginative et qui confond la présence avec la matière…
Et, rêvassant sur les escalators vertigineux du Centre Pompidou, je vis une jeune femme tenant tant bien que mal un cadre vide. Certainement une prise de vues en rapport avec l'exposition puisqu'elle était suivie d'un photographe. Mais rien que cette apparition…Le proverbe anglais ne nous dit-il pas avec justesse et poésie :  » Beauty lies in the eye of the beholder  » (La beauté est dans les yeux de celui qui regarde) ?

Vides, une rétrospective – Jusqu'au 23 mars 2009
Centre Pompidou (niveau 4) – Place Georges Pompidou, 75004 Paris Tous les jours sauf le mardi de 11h à 21h
Billet « Musée et expositions », tarif : 10 euros. Tarif réduit : 8 euros (moins de 25 ans, étudiants en art, théâtre, musique et danse.)

De Georges Feydeau

En ces temps de crise, le travail reste le maître mot. Le Crik, Club de réflexion et D'investigation clownesque, bien dans l'air du temps met toute sa clique au travail : sous la coupe d'une sorte de main invisible, les clowns se partagent les tâches, angoissent devant les dossiers, et subissent les humeurs de leurs collègues… Ça parle travail donc, ça décrypte les attitudes de chacun, mais aussi ça demande qu'on en rit…

Du 11 mars au 19 avril
Espace Daniel Sorano – 16 rue Charles Pathé
94 300 Vincennes
Loc : 01 43 74 73 74

De Michèle Albo. Spectacle adapté du récit de Violette Jacquet-Silberstein qui raconte l'histoire d'une jeune immigrée en France à la fin des années 30 et déportée à Auschwitz en 43.

C'est son talent de violoniste qui la sauvera en intégrant l'orchestre du Camp. Le metteur en scène raconte l' histoire de la déportation avec les mots mais aussi la musique, les images et a également recours aux marionnettes qui « montrent ce que ne peut montrer un comédien. »
Au Théâtre de l'Epée de Bois-Cartoucherie – Route du Champ de Manoeuvre, Paris 12e Loc 01 48 08 39 74

« J'ai vécu une enfance heureuse ». Voici les premiers mots de ce drôle d'autoportrait.

 

Drôle de mère, drôles de parents, drôle d'enfance « heureuse » décrite avec sobriété et concision, comme il convient à un rapport. Au rythme fluctuant de la mémoire, l'auteur puise dans ses souvenirs et tente de comprendre qui il est… Avec toujours en tête la même question : que retirer de ses expériences ?

Jusqu'au 21 mars au Théâtre Tristan Bernard – 64 rue du Rocher – Paris 8e Loc : 01 45 22 08 40

Sonia, en instance de divorce, recrute une prostituée: Nancy. 

Le contrat est simple: en échange d'une grosse somme d'argent, Nancy, baptisée alors Nathalie Ribout, doit séduire son ex-mari Jean-Luc, entretenir avec lui une relation d'un mois et tenir Sonia au courant de tous les détails. Mais la manipulation devient complexe lorsque la prostituée prend son rôle à coeur, le mari s'implique dans cette nouvelle relation et la femme se retrouve seule face à sa souffrance. Une pièce de Philippe Blasband. Théâtre Marigny Robert Hossein : Carré Marigny – Paris 8e  Loc 01 53 96 70 20

Rencontre avec D' de Kabal, metteur en scène du métissage.

D'de Kabal, vous vous considérez plus slameur, chanteur, comédien ou metteur en scène ?
Je pense que je suis une des multiples définitions de l'identité créole, à savoir que je suis un peu tout ça. Si on parle en terme de chronologie, je suis d'abord un rappeur, puis un comédien, puis un slameur puis un metteur en scène, si on parle en terme de ce qui m'habite aujourd'hui,  je suis tout ça en même temps. C'est hyper important et intéressant de se déplacer à chaque fois entre deux  rôles.

D'où vient le nom D' de Kabal ?
Kabal, c'est le nom de ma première famille artistique, celui de mon groupe de rap que j'ai co-fondé et qui a officié entre 1993 et 2000. Le D, c'était mon nom dans le groupe. Je m'appelle D, comme le dé à jouer avec les différentes facettes. Quand ce groupe s'est arrêté, pour moi, c'était important qu'il y ait une traçabilité dans mon parcours et « D de Kabal » me relie directement à cette aventure hip hop.

Comment est venue l'idée du spectacle « Femmes de Paroles » ?
Le projet est parti de moi mais c'est un spectacle où je n'ai rien écrit, je fais seulement la mise en scène. Il est écrit par des femmes qui sont d'abord auteurs. On m'a envoyé des textes, moi j'ai fait les choix d'organisation, selon les thèmes, j'ai fait tout ce montage et maintenant on est sur la mise en scène.

Il y a de la musique aussi…
C'est de la musique que l'on fait. Il n'y a pas de nom, on peut appeler cela du rap, je ne sais pas, c'est notre musique ! Il y a même un tango à un moment.


Comment arrivez-vous à marier tango et  hip-hop ?

C'est Franco Mannara, avec qui je bosse beaucoup, qui est une espèce de père Noël…Je lui ai demandé qu'il fasse une musique qui soit la rencontre entre le hip hop et le tango et c'est super !

Le contact avec le sol a l'air très important pour vous…
Oui, vous savez, c'est comme un match  de rugby où vraiment il y a de l'énergie dans le sol. Effectivement, c'est super important d'être ancré et avec ce contact sur le sol, on raconte plein de choses sans qu'un mot ne soit prononcé. Le bruit avec le sol, c'est du langage sans mots, j'aime le son des corps et des bruits de pas sur le sol parce que c'est de la musique sans forcément de notes.

Ces huit femmes, leur point commun c'est la révolte ?

Pas forcément, je pense que par les temps qui courent, mettre sept ou huit femmes sur un plateau, c'est une façon de se poser, de prendre position par rapport à la société telle qu'elle tourne et de leur donner la parole, à partir de textes qu'elles ont écrits. Moi je me suis vite rendu compte que je n'avais pas envie d'écrire pour ces femmes-là, puisque elles savaient le faire. Après, je vois comment je peux organiser ces paroles, je les mets en images avec ma musique.

De quel univers viennent-elles, elles sont slameuses principalement ?

Oui, elles sont sept à venir du slam et il y a une danseuse de tango. Mais elles sont en même temps comédiennes et chanteuses et on leur donne la parole à toutes !

 

Femmes de Paroles : slam, chanson, théâtre, danse / Mise en scène D'de Kabal assisté de Nicolas Fleury, vidéo Aalto, Musique Franco Mannara. Théâtre d'Ivry – Antoine Vitez // 1, rue Simon Dereure – Ivry (94) // Loc 01 46 70 21 55 – Tarif 19 euros, étudiants 12 euros

Lecture-spectacle mise en scène par François Duval. Après avoir créé Six personnages en quête d'auteur de Pirandello (2001), Rhinocéros de Ionesco (2004) et Homme pour homme de Brecht (2007) au théâtre de la Ville, Emmanuel Demarcy-Mota met en scène le dramaturge hongrois Ödön von Horváth.

L'histoire de Casimir et Caroline se déroule pendant une fête foraine. Tous deux s'aiment mais Casimir vient de perdre son travail et Caroline rêve d'une vie qu'il ne pourra probablement pas lui offrir… « On pourrait dire que l'histoire de Casimir et Caroline est ordinaire, mais il s'agit certainement d'un grand amour empêché, comme celui de Dante et Béarice, Rodrigue et Chimène, Roméo et Juliette… » souligne Emmanuel Demarcy-Mota .  
Au Théâtre de la ville  – 2 place du Châtelet – Paris 4e Loc : 01 42 74 22 77

Lecture-spectacle mise en scène par François Duval. Daniel Pennac monte sur scène et nous  conte l'étrange histoire de Bartleby le scribe écrite par Herman Melville : une nouvelle, qui le passionne depuis longtemps.

Bartleby est l'histoire d'un homme qui cesse de jouer le jeu des hommes et qui se retrouve confronté à un avoué de Wall Street qui cherche à tout prix, lui, à comprendre les autres. « Un face à face entre deux solitudes donc : Bartleby, l'homme qui ne veut plus jouer l'homme, et le narrateur, l'homme qui ne peut vivre sans comprendre les hommes. Le duel de nos tentations favorites en somme ».

Daniel Pennac à La Pépinière Théâtre – 7 rue Louis Le Grand – Paris 2e
Loc : 01 42 61 44 16

C'est une pièce courte mais forte que nous propose Nicolas Pomiès (à l'écriture et à la mise en scène). À l'époque de la Libération, l'atelier d'un perruquier : Antoine (Jean-Claude Aumont) s'est peu à peu transformé en salle des tondues.

Les femmes ayant « pactisé » avec l'ennemi y sont rasées et leurs cheveux récupérés pour créer des perruques. C'est le beau-fils Zéphirin (Charles Schneider) qui se charge de «rendre service à sa patrie» et s'arme chaque jour de sa tondeuse… Antoine, lui, est écoeuré par cette activité. Sa petite fille Alsace (Corélie König) attend de lui qu'il lui inculque son savoir ; en attendant, elle entasse les boîtes et les cheveux… Dehors la foule gronde, la peur s'infiltre partout. Le doute s'empare aussi de ce trio incertain. Un trio interprété admirablement par des acteurs touchants qui donnent toute sa profondeur à cette histoire. Jusqu'au 26 avril au Théâtre du Marais – 37 rue de la Volta – Paris 3e Loc : 06 61 77 52 01

Monnaie de Paris. Le décor est chic, empesé, séant. Jusqu'à ce que les trompettes malicieuses de David LaChapelle résonnent. Alors son humour glacé et son terrible sens de l'à propos envahissent le décorum ambiant d'images cataclysmiques. La bulle Hollywood éclate en orgies sirupeuses, dégoulinantes, éclaboussant les vedettes, entraînant dans sa chute aux abysses tous les symboles de notre société capitaliste à paillettes. Voilà le programme de la plus grande rétrospective jamais organisée en France du photographe cynique David LaChapelle. Etapes.

 » Écris donc ce que tu as vu, ce qui est, et ce qui doit arriver ensuite  » (Apocalypse chapitre 1, verset 19). Il semblerait que David LaChapelle, Cassandre glamour, suit cette injonction à la lettre, nous montrant avec force images décadentes l'état et la fin annoncée de notre monde déliquescent. Si cette fin du monde est larvée dans certaines photographies, des signes avant-coureurs trahissent comme cette discrète larme de diamant à l'œil de Naomi Campbell, superbe esclave ferrée au cou et aux poignets, attendant sur cette table virginale, ou ces crânes à peine perceptibles dans certains clichés. C'est clair : on va tous y passer. Les femmes nanties et les enfants pourris d'abord. Dans ce monde en perdition, Jésus a le téton percé et tente de ramener sur le droit chemin ses brebis égarées. Mais les brebis sont dévoyées et Jésus semble échouer. Pour le réconforter, une Marie-Madeleine en minijupe de cuir rouge lui lave sensuellement les pieds. Puis, les eaux antédiluviennes exondent de toutes parts et viennent baigner les cathédrales immenses où d'improbables ouailles se confessent d'urgence et les musées où la culture séculaire, ici un Courbet, là une statue antique, vit ses derniers instants de grâce. Le Déluge ensuite engloutit hommes, femmes, enfants, les noyant dans les mêmes eaux où surnagent les vestiges de nos sociétés impies : l'enseigne de Starbucks rejoint celle de Gucci dans le même tourbillon apocalyptique. Dans cet univers cataclysmique, des bimbos de luxe errent en tenues légères dans les décombres, entre les maisons explosées et les routes défoncées. Les toutes dernières œuvres du photographe ne se départent pas de cette atmosphère licencieuse. Ses photographies sculpturales sont d'autant plus obscènes qu'elles sont en trois dimensions et grandeur nature. L'on contemple alors fasciné une véritable scène de débauche mêlant sans pudeur signes religieux et symboles de dépravation : alors que des cochons dorés copulent complaisamment sur une montagne de pièces, des enfants montrent du doigt des images bibliques. Dans une flamboyance de kitsch pop et racé, David LaChapelle critique et s'amuse. Nous aussi.

Une pièce de Jean-Philippe Daguerre et Charlotte Matzneff.

Cette comédie originale et très enlevée nous présente deux jeunes femmes qui se sont rencontrées sur Internet et se donnant un soir rendez-vous,  chacune croyant que l'autre est un homme… ! normal quand on se présente comme Claude ou comme Sacha, les prénoms prêtent  à confusion. Une occasion de faire s'affronter deux personnalités complètement opposées, d'évoquer la solitude, la recherche du prince charmant, la dépression ou le désespoir avec humour -noir parfois-  et surtout de découvrir d'excellents acteurs impeccablement mis en scène par Jean-Philippe Daguerre. Charlotte Metzneff est drôlissime en ingénue naïve et spontanée, Séverine Delbosse dérange et surprend par son sarcasme troublant et Thierry Batteux déploie ses nombreux talents de chanteur-jongleur-comédien-magicien avec beaucoup de charme.  Une  belle réussite !
Théâtre du Petit Gymnase – 38 bd Bonne Nouvelle, Paris 10e – Loc 01 42 46 79 79

Cristina Hoyos, la grande dame du Flamenco, est enfin de retour à Paris. 

Avec  vingt six danseurs, musiciens et chanteurs, elle nous montre ce qu'il y a de plus flamboyant et de tragique dans cette superbe danse venue de l'Andalousie, en s'inspirant de poèmes de F. Garcia Lorca. Ce sont ses adieux à la scène qu'il ne faut donc pas manquer.

Jusqu'au 22 février aux Folies Bergères – 36 rue  Richer, Paris 9ème – Loc 08  92  68 16 50

Qu'accomplir avec une Ford, un appareil argentique qui a des ratés et un idéalisme coriace et contestataire qui vous colle aux basques ? Réponse : une série de clichés parmi les plus polémiques du 20ème siècle. Le jeu de Paume expose actuellement les photographies controversées du livre devenu mythique de Robert Franck : Les américains.

Ayant obtenu une bourse du Guggenheim, Robert Frank se paie un road trip de deux ans dans les Etats-Unis au milieu des années 50. De ce voyage dans les Amériques oubliées, aux antipodes du faste des paillettes hollywoodiennes, il ramènera des clichés hallucinés, faisant la part belle à une esthétique quasi expressionniste. Le Rêve Américain backstage, c'est une serveuse harassée au regard vidée par tant d'heures de labeur dans un fast-food quelconque, c'est ce cow-boy las et anachronique dans une rue de New York qui allume une énième cigarette, c'est cet homme noir à genoux qui cire des chaussures dans les toilettes publiques. Ces portraits sensibles, souvent flous et en contre-plongée car pris à la dérobée, racontent une histoire de l'Amérique moins glorieuse que ne l'eut voulu la bourgeoisie bien-pensante de l'époque. Scandale.
Moins litigieuse mais tout aussi percutante, une série de photographies de Paris prise au début des années 50 est également exposée.  De la capitale, Robert Frank a su capter la déchirante ambivalence, du cliché romantique du cycliste passant avec superbe devant la plus sombre et la plus incontournable des cathédrales parisiennes, aux photographies des caravanes grises et esseulées sur le bord d'une route en impasse.  
A l'étage, Sophie Ristelhueber arpente les déserts et les villes dévastées du Koweït ou de l'Irak et photographie les profondes traces laissées par les guerres terribles. L'on contemple ainsi les stigmates aléatoires que la mort dessine sur le sable, les panneaux criblés d'impacts de balles, les béances de béton fracassé des routes meurtries, les murs des immeubles devenus poreux. Cette artiste, jouant avec l'échelle de l'image, nous contraint à interroger les plis cicatriciels de la terre et les objets morts qui y gisent : cet objet là, est ce une cartouche ou un obus ?
En regard de ces photographies, deux formats géants, en noir et blanc, exhibent en gros plan les cicatrices de blessés de guerre. La douleur exonde de chaque incursion dans la chair victime.
Rien ne semblait rapprocher Robert Frank et Sophie Ristelhueber : ni l'époque, ni l'esthétique, ni l'approche photographique. Et pourtant, il s'agit bien du même sujet, déplacé, des laissés pour compte de l'histoire…

Robert Frank, un regard étranger et Sophie Ristelhueber – Jusqu'au 22 mars 2009 – Jeu de Paume 1, place de la Concorde, 75008 Paris (métro Concorde) Tarif : 7 euros. Tarif réduit : 4 euros.  Les « mardis jeunes » : entrée gratuite pour les étudiants et les moins de 26 ans le dernier mardi de chaque mois, de 17h à 21h

Prévert est un poète maudit. Maudit par quelques milliers de têtes de linottes écervelées qui ont bredouillé, ânonné, écorché sa prose légère durant d'interminables heures académiques de poésie scolaire et stérile. Il est grand temps de réviser nos classiques et notre jugement et en rang, comme les enfants pas sages que nous sommes devenus, faire la queue devant l'Hôtel de Ville afin de voir la rétrospective qui est consacrée à cet artiste majeur.

Infiniment plus qu'un poète d'école, Jacques Prévert est un artiste complet qui, de ses fameuses œuvres littéraires à ses collages méconnus, participa activement à l'effervescence culturelle parisienne, des années 30 aux années 70. Paris la belle, exposition gratuite à l'Hôtel de Ville revient sur les affinités du poète avec la capitale.  En se baladant nonchalamment dans l'univers de Jacques Prévert, nous retrouvons ses Paroles sublimes aux murs ou sur des bouts de papier, des photographies de sa jeunesse et de Saint-Germain des Prés, des extraits de films mémorables dont il a écrit les scénarios comme Quai des Brumes ou Les Enfants du Paradis. Il y a aussi des clichés du Groupe Octobre, troupe de théâtre engagée jouant dans la rue et les usines et pour laquelle Prévert pondit des pièces contestataires. Plus loin, des portraits photographiques pris par les plus grands, Brassaï, Doisneau, Ronis etc. nous montrent le poète toujours en vadrouille dans les rues parisiennes. Injustement ignorés, les collages de Jacques Prévert regorgent de fantaisie onirique directement inspirée de ses amitiés surréalistes (Breton, Ernst). Farfelues et corrosives, ces images osent montrer deux prêtres qui se câlinent en douce, un Christ crucifié sur les pales du Moulin Rouge, des gargouilles à tête de clown ou encore un poulet aussi géant que déplumé devant l'Arc de Triomphe, images où anticléricalisme et antinationalisme se côtoient allégrement.
On retrouve cet humour offensif et bienvenu dans les pages de son agenda, où il griffonne en guise de  planning  » Battre Janine. Fesser Michèle. Boire un verre. Faire autocritique.  » Mais, fil d'Ariane de ce fatras de génie, cette égérie superbe aux ruelles étroites montmartroises, cette icône glacée aux Champs-Élysées gigantesques, Paris la Belle lui offre le plus beau des écrins pour une faune à observer, à conter, à égratigner…avec tendresse et férocité.

Exposition Jacques Prévert, Paris la belle, Jusqu'au au 28 février 2009 à Hôtel de Ville, Salle St-Jean, 5 rue Lobau 75004 Paris. Entrée gratuite.

Opéra de Philip Glass d'après l'œuvre de Cocteau.

Le compositeur de musique classique contemporaine américain Philip Glass est né en 1937 à Baltimore et a créé en 1996 son opéra qui fait partie d'un triptyque d'après les oeuvres de Cocteau, avec Orphée et La Belle et La Bête. Pianos (trois pianos électroniques) et direction musicale Véronique Briel, Vincent Leterme et Stéphane Petitjean. Mise en scène Paul Delvaux. Athénée-Théâtre Louis-Jouvet – 17 rue Boudreau, Paris 9e – Loc. 01 53 05 19 19

« Amoureuse » La soprano à la voix cristalline et au tempérament explosif déploie
tous ses talents musicaux et ses dons de la comédie pour nous offrir
des pages pleines d'amour et de sensualité en compagnie de Haydn,
Mozart et Glück (Deutsche Grammophon).

 

Le ténor que Pavarotti a lancé adore l'opéra, son parcours est fabuleux… il a débuté dans des cabarets debout sur une table, et mène aujourd'hui une carrière internationale époustouflante.

Il adore tout autant son pays, ses origines siciliennes et chante pour le public parisien les plus belles chansons traditionnelles du sud de l'Italie, de Naples…

Le 18 février à 20h30 à l'Olympia – 28 bd des Capucines, Paris 9e – Loc. 08 92 68 33 68

Et pourtant c'est bien en chansons que la soprano Anne baquet nous
régale de sa voix tonique et sensuelle, avec des créations d'auteurs et
compositeurs comme François Morel, Juliette, René de Obaldia, Georges
Moustaki, Eric-Emmanuel Schmitt ou Claude Bolling qui ont accepté
d'écrire pour elle textes et musiques.

Ce qui ne l'empêche pas d'insérer une mélodie de Rachmaninov ou de Bernstein. Un mélange musical particulièrement original.
Théâtre le Ranelagh – 5 rue des Vignes, Paris 16e – Loc. 01 42 88 64 44

Opéra en 9 tableaux de Peter Eötvös.

Le compositeur contemporain hongrois Peter Eötvös s'est inspiré d'un journal écrit par une femme qui vécut au XIe siècle au Japon et qui raconte son voyage de Kyoto jusqu'à Sarashina, un endroit mystérieux… paysages, pèlerinages dans les temples, rêves, réflexions sur l'amour et la mort constituent les thèmes de l'œuvre. Avec l'Orchestre de l'Opéra national de Lyon. Direction musicale du compositeur (le 14) et de Alejo Perez.

Opéra comique – Place Boieldieu, Paris 2e   Les 14, 17 et 18 février à 20 h – Loc. 0825 01 01 23 – www.opera-comique.com

Petit-fils du célèbre clown Achille Zavatta, élevé en roulotte sur les routes de France et de Navarre, ce romano des temps modernes a été meneur de revue au Paradis Latin, clown au Cirque de Moscou et s'est produit en spectacle dans les rues de New York ou de Sydney.

Musicien, comédien, acrobate, jongleur, cet enfant de la balle vous livre avec humour sa vision satirique du milieu dans lequel il a grandi. Théâtre Trévise – 14, rue de Trévise, Paris 9e M° Grands boulevards – Loc. 01 45 23 35 45. Bénureau

Une pièce de Jean-Philippe Daguerre et Charlotte Matzneff.

Cette comédie originale et très enlevée nous présente deux jeunes femmes qui se sont rencontrées sur Internet et se donnant un soir rendez-vous,  chacune croyant que l'autre est un homme… ! normal quand on se présente comme Claude ou comme Sacha, les prénoms prêtent  à confusion. Une occasion de faire s'affronter deux personnalités complètement opposées, d'évoquer la solitude, la recherche du prince charmant, la dépression ou le désespoir avec humour -noir parfois-  et surtout de découvrir d'excellents acteurs impeccablement mis en scène par Jean-Philippe Daguerre. Charlotte Metzneff est drôlissime en ingénue naïve et spontanée, Séverine Delbosse dérange et surprend par son sarcasme troublant et Thierry Batteux déploie ses nombreux talents de chanteur-jongleur-comédien-magicien avec beaucoup de charme.  Une  belle réussite !

Jusqu'au 15 mars au Théâtre du Petit Gymnase – 33 boulevard Bonne Nouvelle, Paris 10e M° Bonne Nouvelle – Loc. 01 42 46 79 79 –

Créé sur la scène française en 1969, il y a tout juste 40 ans, avec Julien Clerc dans le rôle principal, Hair n'a jamais cessé de se jouer dans le monde entier. 

Interprété par une troupe de jeunes talents d'aujourd'hui, dans une
mise en scène, adaptation et chorégraphie nouvelles, il revient à
Paris, capitale de l'intégration, pour nous rappeler que la paix et la
tolérance ne sont pas des valeurs passées et que l'Histoire est un
éternel recommencement… Sur les tubes Let the sunshine in, Aquarius,
I got life, Hair, ce Musical-Rock célèbre la liberté, la sensualité, la
joie de vivre. Un grand spectacle moderne qui perpétue la fête et
condamne la guerre, les interdits, les abus de pouvoir et
l'intolérance. Il est temps d'être sérieux…

 

PLANETECAMPUS VOUS INVITE A VOIR HAIR : 10 PLACES POUR 2 PERSONNES A GAGNER CHAQUE JOUR

Valables jusqu'au 10/02/2009 (l'exception du mardi 27 janvier 2009 et dans la mesure des places disponibles)

 

Adressez-nous vos coordonnées à contact@planetecampus.com et nous vous indiquerons la marche à suivre.

 

Yann  Arthus-Bertrand « essaye de comprendre pourquoi on n'arrive pas à vivre ensemble ». Résultat de cette réflexion : pas moins de 20h de film…presque le temps d'une révolution terrestre. Ça tombe bien puisqu'il s'agit de faire le tour du monde.

Après La Terre vue du ciel, Yann Arthus-Bertrand et l'association GoodPlanet veulent voir l'humanité en face. Le topo : 40 questions identiques (« Quel est votre tout premier souvenir ? De quoi rêviez-vous quand vous étiez enfant ? ») sont posées à des hommes et des femmes de tous les pays, de toutes les origines et de toutes les confessions. Ces messages filmés sont actuellement exposés au Grand Palais. Si l'on dépose, sceptiques et prudents, un à un chacun de nos orteils sur le sol brut de la Nef, de peur de nous engluer dans une possible démagogie sirupeuse de ce « village global », il faut bien avouer qu'ensuite séduits, l'on sautille d'un pas rapide et sûr de projections en projections.
Des yourtes colorées s'organisant symboliquement autour d'un « arbre » composé de millier de visages, présentent ces films autour de thématiques telles que « Famille », « Sens de la vie après la mort », « Tensions », « Rêves d'enfant » etc.
Après quelques yourtes et maints témoignages, tristes ou drôles, toujours émouvants, il devient difficile de conserver un œil critique devant tant d'humanité se livrant sans pudeur. On trouve alors que la scénographie, même si elle est très illustrative, est accueillante et que le thé distribué par les médiateurs, même si il est trop chaud, tombe à pic.
De toute évidence familiale, cette exposition très accessible nous fait vraiment passer un bon moment. Des espaces de discussion sont aménagés entre les yourtes où l'on peut papoter entre amis ou se renseigner auprès de médiateurs et de membres d'ONG réputées.
Si vous êtes nombriliste ou atteint de dutronite aiguë, au bout de quelques témoignages, vous finirez par vous écrier « 6 milliards d'Autres, et moi, et moi, et moi ? ». Pas de panique : vous aussi, vous pourrez avoir votre quart d'heure  warholien et aller témoigner en répondant au questionnaire dans la yourte « Studio ».
Je ne saurais dire si en sortant de l'expo, on a réellement l'impression d'avoir fait avancer le Schmilblick en comprenant pourquoi le vivre-ensemble restait utopique, mais bon, on est content. Content d'avoir pu constater le sérieux et la sincérité du projet qui dans sa lignée universaliste transitera ensuite par le Mali et content d'avoir pu accéder à ces témoignages.
Donc misanthropes, ermites confirmés et agoraphobes hystériques s'abstenir. Je finirai sur cette perle de sagesse dénichée au fond d'une yourte : « J'aime l'humanité. Ce sont plus les êtres humains qui me posent problème. »

Quel rapport entre la Corée et Louis Vuitton ? On a envie de dire : le même qu'entre un poisson et une bicyclette. Et pourtant…

A l'espace culturel Louis Vuitton est actuellement exposée l'avant-garde de l'art contemporain coréen.

Aller à l'espace culturel Louis Vuitton c'est, comment dire, comme aller se faire fashioniser la capillarité chez Toni and Guy, il faut le faire au moins une fois.
Nous arrivons, vaguement coiffée et en baskets approximatives, dans un hall immense. La réceptionniste nous demande gentiment d'y patienter en attendant notre hôtesse. Lorsque celle-ci apparaît en pantalon tailleur chic, arborant un minuscule bip-bip ultratechnologique, elle nous invite non pas à prendre l'ascenseur mais à nous livrer à une expérience sensorielle. Plongés dans le noir absolu le temps de la montée, nous pénétrons enfin dans la galerie où un charmant monsieur nous débarrasse de nos manteaux et nous offre le catalogue de l'exposition en papier glacé, du genre de ceux qu'on zieute avec envie derrière une vitre en comptant vaguement et sans y croire les quelques pièces presque importunes de notre porte-monnaie. Et là, seuls au sein de cette galerie splendide, surplombant tout Paris et nous offrant un panorama de la Tour Eiffel jusqu'au Sacré-Cœur, nous contemplons hors du temps un pigeon qui volette indolemment dans le gris ouaté du ciel au-dessus de la capitale enfin silencieuse… Mais qu'est-ce qu'on fait là déjà ? Ah oui, l'exposition ! Eh bien l'exposition, elle est très bien ! Dix artistes évoquent les mutations économiques, culturelles et technologiques qui ont transformé la Corée en profondeur depuis les Jeux Olympiques de Séoul et l'élection d'un président au suffrage universel en 1988.
Au sein de l'exposition « Métamorphoses » on retrouve donc Hyungkoo Lee et ses squelettes dérangeants de personnages de cartoon et les mondes minuscules à débusquer à l'aide d'une loupe de Ham Jin. Il y a aussi l'humour étrange de Beom Kim qui nous apprend comment devenir un rocher, un léopard, un climatiseur en panne ou un arbre : « Développez votre corps en le musclant. Placez-vous au centre d'un terrain – dans un jardin, à la montagne ou dans des champs – avant tout dans un endroit ensoleillé. […] Puis ne pensez plus, ne parlez plus, fermez les yeux et ne bougez plus. Ne demandez à personne d'arroser vos pieds. Si quelqu'un le fait, soyez heureux mais ne cherchez pas à vous en souvenir. ». Pendant ce temps, les Translated Vases de Sookyung Yee, porcelaines monstrueuses, ont déjà bien entamé leur transformation…Extrêmement bien sélectionnés et inscrivant l'exposition dans une cohérence thématique et esthétique, ces dix artistes présentent chacun une vision sensible de la Corée moderne.

Après avoir officié au sein du duo « Commandeur et Goude » il y a
quelques années, Jérome Commandeur est désormais seul en scène dans un
one man show mis en scène par Dany Boon.

Le jeune humoriste parle de lui et interprète plusieurs personnages aux caractères bien marqués : une étudiante altermondialiste, une secrétaire du conseil régional, un routier… Pour rentrer dans leur peau, il prend diverses voix et intonations. Il s'aide aussi de quelques accessoires comme des lunettes. Il joue des hommes et des femmes de tous les jours en grossissant les traits et du coup, en manquant parfois de subtilité. C'est pourtant lorsqu'il met plus de nuance et de vérité dans son jeu que l'on décèle tout le potentiel comique. Le spectacle aurait mérité plus de moments comme ceux-là.

Naples. Deux hommes et une femme dans le tourbillon de la fête, de l'amitié et de la passion. Une sérénade, une trahison, un poignard : un caprice italien.

L'un des plus fameux textes d'Alfred de Musset.

Phil est un homme en détresse. Sa femme est partie. Il vient de perdre
son travail. Son appartement s'enfonce. Chaque matin, il se lève tôt
comme lorsqu'il travaillait encore. Ce jour-là, il se réveille à côté
d'une inconnue…

Page 157, polar absurde et irrésistiblement drôle, vous emmènera hors des sentiers battus afin de découvrir un monde peuplé de personnages loufoques.

Les Sea Girls sont quatre comédiennes-chanteuses accompagnées d'un contrebassiste et d'un guitariste.

Elles chantent, dansent, portent bien la moustache, sont grandes et petites, blondes, brunes ou un peu rousses, elles aiment le fromage, les chansons tristes, les fleurs artificielles, les personnes d'un certain âge et faire pipi… sur le gazon. Les chansons inédites, pour la plupart de Jean-Max Rivière, sont autant de tableaux aux titres évocateurs : Tout le monde pleurait, Faire pipi sur le gazon, Vieillard Palace, Paris est une porcherie

Cette fois, Mado décide de faire son vrai show…avec des imitations, de la musique et des costumes.

«Qué chance» elle a même trouvé un «reproducteur» comme elle dit. Elle
a tout préparé et pour ce faire, toute sa famille a mis la main à la
pâte : Albert, son fils, son beau-frère et les autres … mais seront-ils
à la hauteur pour le grand soir ? Vous le découvrirez en même temps
qu'elle !

La vie de couple de Stella et de Paul, vu par leur chien Loustic.

Intarissable, du haut de son regard loufoque, il raconte ce que sont
les humains. Et Dieu sait qu'il en a vu des choses en 16 ans de vie de
chien !… Loustic, épagneul beagle, attend sa maîtresse devant la
boulangerie. Électrisé par le monde des humains, il nous raconte tout
sur ses maîtres Paul et Stella, de leur joie de vivre aux plus sombres
aspects de leurs caractères de chien !

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