Même mort, Michael Jackson reste le roi de la pop. Comme un dernier adieu, sa maison de disque sort aujourd’hui son tout dernier tube: This is it.

 

Michael Jackson ne pouvait partir comme ça. Un décès médicamenteux et un médecin aux intentions troubles ne pouvaient clôturer l’une des plus belles carrières du monde de la musique. The King of pop revient donc déjà sur le Net avec un nouveau tube au titre prémonitoire: « This is it. » Il s’agit de l’ultime chanson enregistrée par Michael Jackson qui offre ainsi à ses fans un tout dernier cadeau. Bien sûr, le côté très marketing de cette sortie, un peu plus de trois mois après le décès de la star, peut faire enrager. 

 

Déjà, « This is it » n’est pas vraiment un inédit puisqu’il aurait été composé il y a une quinzaine d’années par Michael Jackson et Paul Anka. Ensuite, la sortie du tube sur le site officiel du défunt est une belle bande-annonce du film portant le même titre. La chanson sera d’ailleurs jouée lors du générique de fin. « This is it » le film sort le 28 octobre prochain et ne devrait rester en salles que durant deux semaines. 

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Accompagnés d’une guitare sèche toute simple, les Wriggles pratiquent surtout l’humour et la comédie à plusieurs degrés. Plus enfants du théâtre que de la musique, ils utilisent les notes comme un point de départ à leurs nombreux délires inspirés de ce qu’ils voient autour d’eux.

(Petit encart explicatif : le rouge des Wriggles)

Leurs mots jouent assez bien avec les gammes du rire et ils se permettent de critiquer l’odeur du pipi du sans-abri, la paranoïa de la croyance dans le complot, ou de dépeindre les propos de leur grand-mère de façon impitoyable. Avec les thématiques abordées et leur traitement ironique, ils ne sont pas sûrs que cela réponde aux préoccupations de tous, mais ils prennent le risque. Mélanges de points de vue et de niveaux de compréhension, les pyjamas rouges surprennent…Le rouge leur est tombé dessus par inadvertance, couleur trouvée dans les magasins peu chers de Paris : une rencontre heureuse car comme eux, elle est dynamique, excentrique et aime la scène.

Le rouge leur est tombé dessus par inadvertance, couleur trouvée dans les magasins peu chers de Paris : comme eux, elle est dynamique, excentrique et aime la scène.

Durant  cet entretien, nous allons tester jusqu’à quel point le rouge du théâtre leur colle à la peau : puisqu’ils sont comédiens de formation, je prends les rôles de différentes personnes, toutes rencontrées dans leur univers réel ou dans leurs chansons. Je leur demande de parler à ces personnes. Franche partie de rires et de révélations !

‘Qu’auriez-vous à me dire si j’étais…

Votre grand-mère ?

Fredo : Je t’aime Mamie.

Christophe : Désolé, j’te rappelle quand je passe te voir.

Le clochard qui fait pipi dans la rue de Paris ?

C. : Ah ben faut pas faire ça ici monsieur ! Y a des toilettes publiques ! Ou faites ça chez vous, vous n’avez pas de maison ? Sinon allez chercher du travail, quand on veut on peut hein ? Allez remballez votre bazar

La contestataire alter-mondialiste ?

F. : N’ayez pas peur de la complexité !

C. : Vous êtes toujours là à tout dénigrer faut arrêter ! On va arrêter de vivre, de manger, d’utiliser nos voitures, on revient aux patates…

Stéphane : J’étais pas là à la dernière manif. Je faisais un concert pour José Bové !

Michel Drucker ?

S. : Oui, oui y a une belle cathédrale, oui ! Oui je suis un jeune provincial, et donc à Paris vous avez un hélicoptère ? Ben oui, on va plus vite que le TGV, oui et puis juste je peux en placer une oui ? Oui oui…(cafouillage) au revoir !

Moi : On se croisera peut-être quand je ferai du vélo à Saint-Cloud ?

S. : Déjà on se croisera pas pour faire du vélo, et on se croisera pas du tout. Non Michel, faut que tu me lâches !

Une journaliste en train de vous interviewer ?

C. : T’as une jolie voix et en plus tu es une journaliste qui fait des interviews pas conventionnelles du tout, c’est super parce qu’on est complètement largués ! Mais c’est très intéressant !

Le patron de la maison de disques ?

C. : On est peut-être arrivés un peu tôt ?

S. : Ou peut-être arrivés un peu tard ?

C. : On te souhaite un bon anniversaire. Cette histoire s’est mal goupillée, parce que les Wriggles 10 ans plus tôt sans le téléchargement, on aurait pu au moins vendre 50 000 albums !

Le patron de la maison de disques ?

On est peut-être arrivés un peu tôt ?

Ou peut-être arrivés un peu tard ?

Christian Lucas, votre metteur en scène ?

C. : Oh Christian mais tu t’es fait pousser la moustache ? On a 10 jours pour mettre en scène 37 chansons… Quoi qu’est-ce que tu dis ? Tu as oublié les andouillettes dans ton frigo ?

Moi : C’est quoi cette histoire d’andouillettes, un délire ?

C. : (Rires) Christian défend beaucoup les produits locaux.

Claudel ?

S. : J’ai bien aimé. J’ai essayé d’apprendre quelques lignes, mais ensuite j’ai vraiment bien dormi, et j’ai pas super bien –tégré.

C. : Ce qui est assez fabuleux chez toi, Paul, c’est entre les lignes, tout ce que tu dis dans ces blancs.

Celui qui vous a filmé pour le DVD dans votre maison de campagne ?

C. : T’es encore là ? T’as pas trouvé la gare ?

L’ingénieur du son du spectacle :

C. : Oh là là t’as rien trouvé ? (ils se marrent)

La petite fille qui surprend ses parents dans leur chambre ?

C. : Stéphane vas-y je sèche.

S. : Quand même c’est dégueulasse, je me vois pas derrière la petite là, et puis c’est un magazine d’étudiants faut montrer le bon exemple…

C. : Sinon tu peux lui dire ‘Ben reste pas là alors, rentre !’ (Ils se marrent encore)

La couturière qui coud vos pyjamas rouges ?

C. : Je sais pas ce que c’est, ce tissu que tu utilises, mais après 150 lavages, il continue à rétrécir. Plus ça va, moins je rentre dans mon pantalon.

F. : Moi ça me dérange pas d’être habillé en simplet, ça participe un peu à l’image du personnage…
C. : Aïe ! Non mais quand tu mets des aiguilles, fais attention !

L’humour rouge à la Wriggles a sévèrement déteint sur l’interview, mais Campus Mag n’a pas à en rougir.

pour plus d’infos sur les Wriggles cliquez ici

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Hier soir, la grande scène de l’Olympia accueillait Danakil, jeune groupe de reggae français. Pour son premier grand concert, l’escouade de Marly-le-Roi a offert un show à la joie contagieuse. 

 

« Générer de la joie avant que l’espoir ne meurt », la lyrique de la chanson phare « Marley » convient parfaitement à la soirée d’hier. Oui, la joie était palpable sur chaque centimètre carré de l’Olympia. Autant dans le public que sur la scène d’ailleurs. Balik, le chanteur, ne cessant de répéter l’importance de cette date incontournable pour son groupe de potes. Jouer à l’Olympia résonne en effet comme une première consécration pour ce groupe vieux d’une petite dizaine d’années. Et cette joie, ce bonheur d’être là pour partager un moment unique, Danakil a parfaitement su le communiquer. Si la salle n’était pas totalement pleine, elle était essentiellement composée d’inconditionnels. Peu de monde semblait être venu par hasard. D’où une cohésion qui opéra dès les premiers accords. La foule était présente pour voir Danakil entrer dans le monde des « grands », de ceux qui « font » l’Olympia. Une sorte de baptême du feu à la sauce roots-reggae. Alors à rendez-vous exceptionnel, concert exceptionnel. Une première partie des plus énergiques où la bande jamaïcaine de « Roots Underground » a mis un sacré bordel débutant la soirée tambour battant. Complètement survoltés, les Jamaïcains livrèrent mieux qu’une simple première partie. Ils n’ont pas chauffé la scène mais l’ont littéralement enflammée. A tel point que les 20 minutes d’entracte laissèrent planer un mini-doute. Danakil allait-il tenir ce rythme endiablé? Question futile balayée au bout de la première intro. 

 

Un public conquis

 

Fidèle à son style, faisant la part belle aux musiciens, le concert débute par une ode à la musique. Dans la plus pure tradition reggae, guitaristes et bassistes répondent aux cuivres et le public lui, se laisse entraîner dans un flow des plus roots aux senteurs de plantes médicinales. L’ambiance est chaude, la foule se resserre encore un peu devant la scène et l’Olympia, salle inaugurée en 1893, se laisse entraîner dans un tourbillon de couleurs « vert, jaune, rouge. » Le décor étant posé, le groupe ne lâche pas son emprise et s’en donne à choeur joie. « Le Champs des roses », « la Vie est longue », « Samouraïs », les titres se suivent toujours avec la même énergie débordante. Sur scène, le message délivré prend d’ailleurs encore plus d’épaisseur. Ces jeunes chantent, dansent, fument et foutent un gentil bordel, certes! Mais ils n’en oublient pas de défendre leurs valeurs de partage, de solidarité et proposent des solutions. Bien sûr, ce mardi soir n’était pas destiné au meeting politique, mais une foule de près de 2400 personnes qui se laisse transportée sur une mélodie prônant la cohésion mondiale, ne peut laisser indifférent en cette période bien trouble. Ces potes, qui se sont connus sur les bancs du lycée de Marly-le-roi, ont ainsi livré un joli message à une foule qui n’attendait que ça. Même à l’étage, le public assis, n’a pu retenir cette envie de partager sa joie. Nombreuses furent les personnes d’un certain âge prises en flagrant délit de « jeunisme », scandant les textes rageurs – qu’ils semblaient d’ailleurs connaître sur le bout des doigts – de ces fumeurs de verdure! 

 

En duo avec…son père!

 

La joie s’est donc propagée partout, enivrant chacune des âmes présentes dans cette salle historique de la musique hexagonale. Mais pour que la fête soit totale, Danakil ne pouvait livrer qu’un concert classique. Le groupe a donc pensé son show comme un cadeau. Pour le public d’abord lorsque Sebastian Sturm vint accompagner Balik pour un pur moment de bonheur. Le chanteur allemand, d’origine indonésienne, est ainsi venu poser son ton suave et son flow tout en nuance lors d’un joli clin d’oeil prouvant que l’Europe du reggae existe bel et bien. Dans un autre style, c’est General Levy est aussi venu filer un coup de pep’s. Survolté et virevoltant, le natif de Londres a, comme à son habitude, éclairer la fête sur un « Classical Option » aussi mouvementé qu’inoubliable. Puis Danakil n’a pas omis de se faire plaisir. Balik s’offrant un « kiff » en chantant en duo avec Michel…son père. Surprise générale dans le public lorsqu’un monsieur d’une cinquantaine d’années, sans dread ni style particulier, vint donner la réplique sur « Vieillards » qu’il a en fait lui-même écrit. Si le style du bonhomme tranchait forcément avec l’ambiance générale, la joie de ce duo familial transpirait trop pour ne pas emporter le public avec elle. Un autre petit plaisir de Balik, plus surprenant et peut-être moins réussi, fut une reprise inattendue d’Edith Piaf. La môme à la sauce reggae laissant une impression plus mitigée car tranchant un peu trop avec le style naturel du groupe. Seule mini fausse-note dans ce feu d’artifices vert-jaune-rouge. Le public, venu célébrer ce moment tant attendu par le groupe, repart donc avec la satisfaction d’avoir reçu ce qu’il était venu chercher: une ode au reggae, à la paix, à la cohésion mais surtout, du son varié et aussi enivrant que festif. Danakil quant à lui, peut continuer de célébrer Bob dans « Marley » car c’est un fait , ce groupe sait « générer de la joie… »

 

Ca fait du bien. C’est peut-être pas grand-chose, peut-être pas ce qu’on demande à de la musique non plus, mais Martin Jondo a ça pour lui : il apaise. Ses chansons oscillent toutes entre pop, folk et même vers un petit côté rock de temps à autre. Un son qui n’oublie pas non plus la culture reggae de son auteur. Un savoureux mélange, couvert par une voix toute aussi douce que la mélodie.
Son intonation rappelle forcément Patrice, star du mouvement reggae allemand dont Jondo fait lui aussi partie. Dans un style assez comparable à celui du compagnon d’Ayo, Jondo réussit tout de même à imposer son style en allant aussi voir du côté de Tracy Chapman ou même de Keziah Jones. A savoir, une guitare capable de transporter toute paire d’oreilles et des textes plus gais que mélancoliques.

Comme sa musique, Jondo est positif. De nombreuses références culturelles et surtout, une volonté de trouver du bon dans chacun. Ca transpire autant de ses textes que de sa musique. Un bonheur, ou en tout cas une vision du bonheur, rapidement contagieuse qui emporte tout et tout le monde dès les premiers accords. Martin Jondo n’en fait jamais trop, ne pousse pas les notes outre-mesure, ne tente pas d’effets outranciers. Sobre mais enivrant, l’album « Pure » respire l’humilité et un plaisir à la création non feint. Une ode à l’apaisement, à la joie. Quand la galette a fini de tourner, le sentiment général ne peut être que positif, apaisé. Ou la sensation d’un voyage, une petite parenthèse enchantée, touchant à sa fin et laissant place à une réalité paraissant d’un coup beaucoup plus douce. Ca fait du bien et c’est sûrement le principal…

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=7U_BO3PD_Jw[/youtube]


Infos :

« Pure » de Martin Jondo sera dans les bacs le 21 octobre 2009.

Jean-Christophe Le Saoût, plus connu sous le pseudonyme de Wax Tailor, est un artiste complet. Auteur, compositeur et producteur, ce passionné vient de sortir un excellent 3e album : In the mood for life. Complètement investi dans son art, il revient ici sur la création, entre labeur et petits instants de génie, de ce dernier opus. Mais Wax Tailor est avant tout un homme et un citoyen en colère. Derrière une musicalité douce et plutôt joyeuse, se cache un citoyen en colère. Musique, façon de travailler, rencontres ou simplement regard sur le monde, ce Parisien parle sas détour et se dévoile. Avec passion, forcément…

3 albums en 5 ans, tu n’aimes pas les vacances ?
(Sourire) Non, ça bosse. C’est l’envie de créer qui me pousse. Il y a un mélange de choses parce qu’il y a l’envie de créer, de romancer les choses, d’être sur scène puis il y a une dynamique aussi. J’ai vraiment envie d’avancer, montrer qu’on peut réussir à toucher plus que dans le ghetto qu’on voudrait mettre certaines musiques. Ca me pousse vraiment à remettre le couvert très vite. Ca fait partie de mon histoire tout ça.

Pour ce 3e album, tu as pris plus de temps pour le faire (près de deux ans)…
Il y a eut un an sur lequel j’étais en dilettante en fait. Puis, neuf mois à bloc. Je suis un laborieux en fait. Faire un album en trois semaines, je ne sais pas ce que ça veut dire. Je fais des choses, j’ai besoin d’y revenir, d’y réfléchir. Je travaille beaucoup en double lecture.

Je t’ai même entendu dire que ça a été très dur…
En effet, il a été assez dur l’album. Pas dans le sens de la page blanche mais j’avais des idées très arrêtées. Plus tu complexifies le niveau d’intervention, plus tu te retrouves face à des murs. J’avais des idées très précises avec qui je voulais travailler, de quoi je voulais parler, comment ça devait sonner etc… Donc forcément ça complexifie encore plus les choses. Puis la recherche sur les cordes a aussi été un très gros travail. Là aussi, je savais exactement ce que je voulais. Ca m’a pris beaucoup de temps.

Dans In the mood for life, il y a encore beaucoup de mélanges, du hip-hop bien sûr mais aussi des sons à l’ancienne façon cabaret des années 30…
Oui, il y a pas mal de choses. Je pense que c’est un album où j’ai vraiment essayé de me renouveler. J’avais vraiment envie d’essayer, de tenter des choses, d’innover…

« Moi depuis 2 ans et demi, je ne suis pas très heureux quand je me lève le matin »

In the mood for life (d’humeur à affronter la vie) n’était pas le titre de départ, pourquoi l’avoir choisi finalement ?
En fait, je suis assez obnubilé par l’idée d’avoir un titre avant de commencer. Quelque part, ça cadre les idées. Jusqu’ici, ça avait toujours marché. Et là j’étais parti sur une idée et je pense  simplement que je m’étais trompé de point de vue. L’idée c’est la même mais c’est le point de vue qui a changé. Je pense que c’est une réflexion de citoyen dans le contexte qu’on connaît. Moi depuis 2 ans et demi, je ne suis pas très heureux quand je me lève le matin. Je le vis assez mal. J’ai envie d’un après… j’espère toujours. Paradoxalement, on me dit que « In the mood for life », ça fait très positif, apaisé alors que moi je suis en colère !

Mais à l’écoute de l’album, on peut le comprendre, l’album est assez gai…
C’est vrai, cet album est plus lumineux, plus organique, plus énergique… Mais à mon avis, cette énergie là c’est ma façon de canaliser ma colère, parce que j’en ai. Mon premier réflexe en allumant une télé ou en lisant un journal, c’est pas un réflexe d’artiste mais de citoyen. J’essaye de revendiquer à ma façon. C’est aussi pour ça que j’ai créé mon label indépendant pour montrer à l’industrie du disque que je ne respecte pas les schémas qu’ils ont en tête. Et In the mood for life, c’est un cumul de tout ça.

Etre prêt à affronter la vie, c’est le message de l’album ?
C’est une prise de distance par rapport au combat pur et dur mais c’est être combatif face au quotidien. Le message c’est : être prêt à affronter la vie et arrêter de se dire qu’on ne peut rien changer. C’est surement de l’optimisme à outrance mais je préfère ça : l’utopie concrète. Parce qu’à un moment donné, on peut faire changer les choses. Si on regarde devant, on a envie de construire, si on regarde derrière on n’a pas le droit d’oublier. Là, je parle plus en tant que citoyen mais en tant qu’artiste je ne peux pas me sentir déconnecté de tout ce qui se passe en ce moment.

Au niveau de la création d’un titre, comment fonctionnez-vous ?
Il n’y a pas de règle absolue. En général, j’ai tendance à d’abord chercher les sons. Ce sont souvent les sons qui guident les mélodies. Après, j’ai besoin d’avoir une épine dorsale forte, un son où je me dis que ça peut durer. C’est du temps, je suis laborieux. J’ai besoin de temps, de recul. J’aime bien aussi revenir et injecter des trucs qui ont deux ou trois ans.

Vous faites beaucoup de featuring (sara genn, charlotte savary, mattic, dionne charles), comment se passe le travail avec les autres artistes ?
Il y a un peu deux familles pour les featurings. Avec Charlotte (Savary) par exemple, c’est familial. On se connaît depuis longtemps, on fait la route ensemble. En général, j’ai quand même souvent une idée assez précise de ce que je veux. Mais ça ne m’empêche pas d’évoluer au fur et à mesure d’un morceau.

Tu laisses quand même un peu de liberté à tes duettistes…
Bien sûr. Aujourd’hui je ne sais pas si on est plus créatif au moment où on capture un accident ou au moment où on compose une musique. Je crois que le principal c’est l’intention. L’intention et la façon dont on capture les choses sont primordiales.

Peux-tu raconter ta rencontre avec Charlie Winston ?
On a le même label, c’est comme ça qu’on s’est rencontré. C’est un mec bien, ça a collé très vite entre nous. Après pour être honnête, Charlie n’est pas un premier choix pour ce titre. J’avais un autre choix mais ça n’a pas pu se faire donc je galérais sur ce morceau. J’ai écouté une démo de Charlie et je me suis dis que c’était ça que je recherchais. Alors je l’ai appelé et je lui ai dis la vérité, que je galérais sur ce morceau. Il a réfléchit, m’a rappelé puis c’était parti.

Et au niveau du travail, comment cela s’est-il passé ?
Très bien. Il est arrivé en me disant « c’est ton album, dis moi ce que tu veux. » Lui allait plus vers un côté rappé et ça m’emmerdait un peu car ce n’était pas ce que je voulais. Donc on a tâtonné, on a réécrit… Sur la 3e partie du morceau, j’avais une écriture mélodique mais ça ne sonnait pas bien. On était en répétition, Charlie commence alors à se chauffer la voix et là il me sort exactement le son que je voulais. Là, le truc est capturé sur un accident et sur une intention.

Sur le titre Fireflies, Sara Genn fait ses premiers pas dans la chanson… comment l’as-tu rencontré ? Je travaillais avec un producteur aux Etats-Unis qui me proposait pas mal de trucs. C’est lui qui m’a parlé de Sara Genn. Au départ, j’étais un peu sceptique car c’était son agent. Quand il me fait écouter, j’avais donc l’oreille un peu distraite et là… (il laisse un blanc) wouah ! J’étais bluffé. Donc à l’automne dernier, je suis parti à New-York pour la rencontrer. J’ai passé toute une journée avec elle. Pas en mode travail mais juste à discuter, à échanger des choses, des idées. Puis on a fait la séance. Ca s’est fait de façon hyper-naturelle…

Elle t’a d’ailleurs demandé de réaliser son album…
Oui et ça me plairait assez mais c’est le timing qui me fait peur.

Tu pars bientôt en tournée ?
Je suis sur la route jusqu’à fin 2010 ! Là, je pars aux Etats-Unis avec une dizaine de dates. Après je vais tourner dans pas mal de pays. En France, en Suisse, en Allemagne, en Belgique…

Originaire de Miami, Beat Assaillant s’est vite aperçu que le marché hip-hop aux Etats-Unis était trop bouché. Parti à la découverte de la France, il est alors tombé sous le charme de l’Hexagone. Aussi, plusieurs rencontres ont participé a créé le groupe Beat Assaillant. Toujours dans un style inclassable – le flow hip-hop du chanteur porté par des rythmes jazzy où les nombreux cuivres s’en donnent à chœur joie – il vient raconter son histoire et présenter son nouvel album qui sort le 12 octobre : Rhyme Space Continuum.


Pourquoi es-tu venu en France ?
Au départ, il s’agissait juste d’un voyage. Ce n’était pas dans l’optique de travailler mais j’ai adoré Paris alors je suis resté plus que prévu. Puis, j’ai commencé à faire du son et tout s’est enchaîné rapidement.

Puis tu as rencontré Maxime Lebidois…
Oui, on s’est rencontrés dans une soirée et ça a collé tout de suite. On s’est immédiatement très bien entendus. On a donc voulu travailler ensemble. C’est comme ça que Beat Assaillant a vraiment débuté.

Maxime évolue dans un univers plutôt jazz alors que toi tu es très hip-hop, comment s’est passé le mix des genres ?
Le fait que l’on vienne tous deux d’univers très différents m’a tout de suite semblé être une chance. Deux mecs de deux mondes distincts qui se mettent ensemble dans le même projet, ça ne pouvait être qu’un truc nouveau. C’était vraiment un choix de ma part que de travailler avec quelqu’un d’un autre style que le mien. Après au niveau de la création, ça se fait naturellement. Chacun apportant son univers à l’autre. Je crois qu’on a une bonne façon de travailler ensemble.

Le style Beat Assaillant, c’est quand même du hip-hop ?
Yes, of course ! Mais je pense que nos deux premiers albums étaient déjà très différents l’un de l’autre. Ce dernier l’est tout autant. On essaye vraiment d’amener quelque chose de nouveau à chaque fois. Cet album va surement être une surprise pour les gens. J’espère que ce sera une bonne surprise !

Beat Assaillant c’est aussi de nombreux musiciens. Comment toute la troupe s’est-elle rencontrée ?
En fait, le « hard twelve band » s’est formé après la création de l’album « hard twelve. » Il s’agissait de créer un groupe pour défendre en live l’album qui venait de sortir. Après, la plupart des musiciens sont des potes de Max. Sinon pour quelques-uns, on a aussi procédé à des castings.

Vous avez enregistré votre 2e album de façon live avec toutes les rythmiques ensemble dans le studio. Est-ce pareil pour « Rhyme Space Continuum » ?
Non, ce n’est pas forcément comme ça qu’on a procédé pour le nouvel album. On a vraiment travaillé de façon différente. Il y a plus de sons électro, de sons studios dans « Rhyme Space Continuum. » On a encore fait quelques morceaux un peu live mais beaucoup moins que dans les précédents.

Que peux-tu dire sur le nouvel album ?
C’est vraiment mon meilleur album jusqu’à maintenant (sic). C’est le résultat de tout ce qu’on a appris, tout ce qu’on a vécu des deux albums précédents. Dans nos deux derniers opus, on tâtonnait encore au niveau du style exact qu’on voulait développer. Je pense que pour ce 3e album, c’est la première fois qu’on est vraiment sûr de nous au niveau du son.

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Beat Assaillant livre quel message dans ce nouvel album ?
Il n’y a pas un thème en particulier. Mais il faut écouter l’album. Le message est plus ou moins le même que d’habitude. Un message fédérateur que les gens puissent kiffer. Beat Assaillant, c’est fait pour faire la fête.

Vous partez bientôt en tournée ?
Oui, la tournée commence bientôt. On a deux dates à l’Elysée Montmartre et après on part sur la route.

Tu penses repartir aux Etats-Unis pour la musique un jour ?
Oui, j’espère que ce soit possible. Avec ce nouvel album, on va avoir la chance de faire des choses là-bas, normalement en 2010. Il faut voir comment ça se passe…

Depuis près de dix ans, Danakil écume les scènes de toute la France. Toujours avec la même énergie et un message engagé qui prône la solidarité et met à mal le système actuellement en place. Mardi 6 octobre, ce groupe de Franciliens se produira dans la grande salle de l’Olympia à Paris. Un début de reconnaissance pour cette bande de potes qui devient peu à peu un incontournable de la scène reggae française.
Planète Campus est ainis partie à leur rencontre. Pas encore assaillis par les interviews, ce sont Balik (le chanteur) et Das (le saxophoniste) qui nous ont accueillis. Les débuts, les inspirations, les projets, leur vision du globe… tout y passe. Et c’est tant mieux, ils avaient des choses à dire…

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Crédit photo:Photo Pierre-jean G. | www.pierre-jean.net

Membre du collectif Saïan Supa Crew, Féfé arrive avec son album solo après trois années hors des projecteurs. Un flow speed, de la bonne humeur, des textes personnels. Bref, du hip-hop décomplexé et surtout décontracté. Le 12 octobre dans les bacs.

« Pas le temps pour le dancefloor. » Les premiers mots de l’album sur la chanson titre « Jeune à la retraite » expliquent immédiatement l’ambiance dans laquelle se trouve Féfé aujourd’hui. Un rappeur qui a muri, qui a pris son temps mais qui a finalement accepté de voir filer ses belles années. Le « jeune à la retraite », c’est bel et bien lui. Sa musique a subi elle aussi cette maturité obligatoire pour tout trentenaire qui de plus, découvre la paternité. Toujours un flow rapide, façon Saïan, mais une musicalité plus douce, plus folk. Le beat-box a laissé sa place à la guitare pour des rythmes plus doux. La chanson Ride Home est notamment une jolie balade. En duo avec son pote allemand, Patrice, Féfé se la joue mélancolique. Sans se tromper par ailleurs, il garde sa pêche et ne part jamais dans le larmoyant. Le titre donne le sourire.

Mais n’allez surtout pas croire que le rappeur s’est complètement endormi, oubliant son message dans le confort de sa nouvelle vie un peu plus rangée. « Dans ma rue« , certainement le premier tube de l’album, en est la parfaite illustration. Une chanson fun qui bouge, un air entraînant que tout le monde va retenir. Un appel à la joie ? Non bien au contraire. Le rythme festif ne doit pas faire oublier d’écouter les paroles. Sur le coup, Féfé dénonce, appelle les jeunes à un retour à la réalité. La rue, si souvent glorifiée par les rappeurs d’aujourd’hui, est ici décrite comme ce qu’elle est : « une allée d’aléas, pas d’avenir… » Féfé n’a pas oublié d’où il vient. Il sait que la rue n’offre pas les meilleurs exemples à une jeunesse un peu perdue. Le néo-père de famille tente ainsi, avec son flow, de donner le change. Un message pas vraiment optimiste mais au moins réaliste.

Le reste de l’album est de la même veine. Féfé passe de l’intimiste « Etre père » au plus efficace « C’est comme ça » avec la même maîtrise et un sourire qui s’entend au fil des lyrics. La chanson « Pause » vaut aussi le détour. En colère, Féfé passe à la moulinette les travers racistes de plus en plus nombreux dans notre société. Un souffle de rage écrit après un voyage en taxi et le discours déconcertant d’un chauffeur.

Moins marqué hip-hop que certains pouvaient l’attendre, « Jeune à la retraite » est plus exhaustif et du coup plus rassembleur. Le chanteur s’adresse à un public élargi, oscillant entre plusieurs styles mais en restant toujours lui-même.

Jamais moralisateur, Féfé parvient à faire passer le message d’un artiste bien dans sa tête, bien dans sa vie, d’un adulte encore jeune en fait qu’on souhaite finalement très loin de la retraite…

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=9R9tOK3-QE4[/youtube]

Discret et un peu caché au sein du collectif Saïan Supa Crew, Féfé se lance aujourd’hui dans une carrière solo. Oscillant entre hip-hop et soul, ce « Jeune à la retraite » fait une entrée remarquée dans les bacs avec un premier album- franc, sincère et sans tabou – qui lui ressemble forcément.

Entre la fin du Saïan (2007) et « Jeune à la retraite », près de trois ans se sont écoulés. Pourquoi as-tu mis autant de temps à te lancer en solo ?
J’étais bien dans le groupe (le saïan supa crew), un peu caché. Mais voilà, j’ai toujours voulu chanter après je n’osais pas trop. Mais j’ai toujours été très mélodique. Après, je ne voulais pas faire du sous-Saïan parce que tout seul ça aurait forcément été du sous-Saïan. Alors j’ai réfléchis et je me suis demandé qu’est-ce que je veux MOI ? Ca m’a pris du temps pour me trouver.

Tu as gardé un flow encore très hip-hop mais avec plus de musicalité. Comment définirais-tu ton style ?
Pour moi, cet album est super hip-hop. Pourquoi ? Parce que c’est l’état d’esprit dans lequel je l’ai pensé. J’ai étudié plein de sons, j’ai samplé énormément. Je voulais faire ça à ma manière. Après, il y a beaucoup de mélanges, c’est vrai. Mais c’est normal, cet album c’est moi et tous mes univers.

En fait, ton style c’est juste Féfé…
C’est ça. Après le Saïan, j’ai testé plusieurs trucs, été tenté par d’autres styles que le rap. J’ai écouté des artistes comme Bob Dylan que je ne connaissais pas vraiment. Et je me suis aperçu que c’était ça que je voulais faire : une musique simple mais qui peut voyager à travers le temps.
Puis à un moment, je me suis dis « comment être moi et arrêter de faire des trucs parce qu’il faut être hip-hop ? » Alors, j’ai tout mélangé et c’est ça mon style. Pour moi c’est encore frais, c’est ma deuxième interview donc j’ai pas encore trouvé le bon nom (rires).

Sinon, « Jeune à la retraite », la chanson titre de l’album, c’est la crise de la trentaine ?
Ouais, c’est exactement ça. C’est venu dans un moment où je n’étais pas très bien dans ma peau. Je commençais à enlever les baggys, j’ai eu mon enfant, etc… Puis, il faut être franc avec son public. J’allais en boîte et au bout de trois chansons, j’étais saoulé alors qu’avant je connaissais tous les sons par cœur. C’est comme ça, tu ne peux pas mentir. Je me suis senti vieillir puis je l’ai accepté. Je l’assume complètement. Le jeune à la retraite c’est moi.

Par contre « Dans ma rue », c’est un message à la jeunesse… Mais n’est-ce pas un peu défaitiste ?
D’abord, je ne voulais surtout pas faire une chanson moraliste. Après, c’est un constat pour toutes les jeunesses, tous les gens qui sont actuellement dans la rue. Moi, j’ai toujours pensé que c’était trop facile de se dire condamné parce qu’on habite une cité. C’est dur mais ce n’est pas une fatalité ! Non, moi je peux mieux parler français que n’importe qui ! C’est le message que je voulais faire passer aux jeunes.

C’est un message différent des rappeurs à la mode en ce moment…
Ca m’énerve comment les rappeurs d’aujourd’hui encensent la rue. Moi je voulais casser cette image de la rue bling bling… La rue c’est pas bling bling ! La seule vérité c’est qu’il faut en sortir. Le message ce cette chanson, c’est ça : faut s’en sortir !

La chanson « Pause » parle du racisme. Un thème que le Saïan traitait déjà beaucoup. Dix ans après, c’est toujours le même constat ?

J’en ai bien peur. Au début, je ne voulais pas faire ce morceau parce que ça me saoulait de parler encore du racisme. Mais c’est parti d’une histoire vraie. J’arrivais à l’aéroport et je me fais zappé par plusieurs taxis. Puis, c’est un chauffeur maghrébin qui me prend finalement. Et là, il me sort un couplet ultra-raciste, homophobe, anti-juif…j’ai halluciné. J’étais choqué. Au final, c’est triste mais ce morceau est encore hyper-actuel. Et il le sera toujours dans dix ans. Je sais que j’en écrirai encore, je me suis fais une raison.

« VPC », c’est le vilain petit canard. Une autre facette de ta personnalité ?
Bien sûr, le vilain petit canard c’est moi aussi ! Les raisonnements de masse ça m’a toujours fait flipper. Je n’ai jamais eu envie de suivre le groupe, de faire ci ou ça parce que tout le monde le faisait. Ca c’est la sécurité, ça ne m’intéresse pas. Je suis un vilain petit canard, moi ! On ne me change pas. Puis cette chanson, c’est aussi un message au niveau social en tant que « renoi » et jeune de cité. Ce n’est pas parce que je vis dans une cité que je n’ai pas le droit à certaines choses ou que je dois obligatoirement rester dans mon quartier. Il ne faut pas dire non à tout, non plus. Il faut penser par soi-même, c’est tout.

Tu parles beaucoup de la paternité aussi dans cet album ? As-tu pris conscience de certaines choses par rapport à tes parents après avoir été père à ton tour ?
La chanson « Etre père » c’est vraiment quelque chose de lourd pour moi. J’ai 33 ans et j’ai mis 33 ans à la sortir (rires). Le fait d’avoir connu la paternité à mon tour, ça m’a débloqué pas mal de choses. Quand t’as eu un père violent, t’as toujours peur de reproduire ce schéma… Cette chanson me tient vraiment à cœur. Il fallait que ça sorte. Je m’en suis débarrassé, c’est bon. Maintenant, je suis plus léger avec ça, je peux avancer.

Alors être père, c’est difficile en tant qu’artiste ?
Avec la vie d’artiste, c’est autre chose. Tu relativises beaucoup plus… Ca t’oblige à te sortir de la bulle créatrice, parce que c’est vrai, les chanteurs on est super égoïstes. On vit dans notre monde. Mais après, c’est comme pour tous les pères du monde je pense. C’est beaucoup de bonheur et rien d’insurmontable.

Après « 96 degreez », tu chantes à nouveau avec Patrice… c’est une belle rencontre ?
Carrément ! Patrice c’est une rencontre très particulière. On s’est connu avec le Saïan et on a tout de suite eu un très bon feeling. C’est lui qui m’a offert ma première guitare. Il est arrivé pour jouer avec nous. Il a fait son morceau puis il m’a filé l’instrument. Il m’a montré trois accords et il m’a dit : maintenant tu sais jouer, t’as plus d’excuse ! (rires) D’ailleurs, c’est avec cette guitare que j’ai composé tous les titres de l’album. Patrice, je le considère comme un vrai pote. Artistiquement et humainement.

Jeune groupe de reggae qui monte depuis maintenant une décennie, Broussaï se démarque par un flow très roots et des textes engagés contre le système. Dans la plus pure tradition reggae, ces six garçons, amis depuis l’enfance, ont beaucoup de choses à dire et le font avec style et beaucoup de rythme. Leur nouvel album « Perspectives » sort le 9 octobre. A découvrir très vite.

Vous êtes six potes. Comment vous êtes-vous rencontrés ?
Alex (chanteur du groupe) : C’est simple, on est des amis d’enfance. On est tous de la même ville, Mâcon, on a grandi ensemble. On s’est connu dès l’école primaire pour la plupart.
On est tombé dans le reggae vers l’âge de 10-11 ans. On a commencé en écoutant Bob Marley, puis du reggae-roots de Jamaïque comme Gladiators… Après on s’est un peu tous lancés dans la musique mais dans des univers assez différents. Certains ont débuté dans le rock, d’autres étaient déjà dans le reggae. Personnellement, j’étais plus dans le hip-hop. Avec toujours un côté reggae mais j’étais plus hip-hop.

Puis vers 2000, l’idée d’un groupe est née…
Oui, c’est ça. On partait dans des directions différentes puis vers 20 ans on s’est dit qu’on aimait tous le reggae, et que faire ça entre potes ça pourrait le faire. En 2001, on a fait notre premier concert. Puis en 2004, on a vraiment commencé. Plus de 60 dates par an, ça a commencé à vraiment se lancer.

D’où vient le nom « Broussaï » ?
Déjà, il fallait trouver un nom (rires). Ca connotait beaucoup de choses. Broussaï c’est la végétation sauvage, des plantes que l’homme n’avait pas forcément semées. Ce côté sauvage, indépendant, ça pouvait faire voir pas mal d’images aux gens.

Sinon, dans votre prochain album vous travaillez avec Danakil et Dub Inc, comment se sont passées ces rencontres ?
Ce sont un peu les groupes de reggae qui cartonnent en ce moment. On se rencontre souvent sur les festivals, sur scènes. On a pas mal tourné donc on a eu la chance de jouer plusieurs fois ensemble. Pour Dub Inc, on se connaît aussi par l’intermédiaire de Samuel Clayton Junior qui a mixé leur album « Dans le décor » et le notre « Insurrection. » Danakil, on s’est rencontré en 2007 où on avait fait pas mal de concerts ensemble. Puis, on s’est retrouvé dans les Landes où on a passé plusieurs jours à faire la fête ensemble. On jouait tous les deux et le public a plutôt apprécié. Ca collait bien donc on s’est dit qu’on devrait mettre ça sur cd.

Avec Dub Inc et Danakil, vous représentez le renouveau du mouvement reggae en France…
Il y a dix ans, Sinsémilia, K2R Riddim cartonnaient bien. Puis ces dernières années, le reggae avait un peu disparu en France. C’est vrai que Dub Inc c’est un peu le Sinsé de l’époque. Puis avec Danakil et Dub Inc, on s’est approprié chacun son propre reggae. On est plus dans le nu-roots comme Sizzla, Morgan Héritage, des flows plus rapides, avec plus de passages ragga. Chacun dans son style, on est dans le même mouvement.

Dans de nombreuses chansons comme « Démonarchie », vous vous montrez très critiques envers le pouvoir en place et la politique actuelle. Comment jugez-vous la direction que prend la France en ce moment ?
« Démonarchie » est une chanson vieille de deux ans déjà. Pourtant, on a vraiment l’impression que ça n’a pas changé. Au niveau politique, en tout cas…

Le nouvel album « Perspectives » est lui-aussi très engagé ?
Oui, nos convictions n’ont pas changé. Nous défendons toujours les droits de l’Homme, la nature… Des thèmes qui nous sont chers. Pour « Perspectives », on a par contre choisi d’être moins premier degré. On utilise plus de métaphores, on a essayé de travailler les textes dans ce sens là. Si le message est le même, la forme a changé.

Vous fonctionnez en autoproduction, est-ce un choix ou une obligation ?
C’est avant tout un choix. Au fur et à mesure, on a acheté plein de matériel, ce qui nous permet de bosser seuls. On travaille à la maison, on est bien. C’est beaucoup plus cool. On n’a pas de contraintes de temps, on peut refaire quand ça ne va pas sans avoir de pressions extérieures. C’est le mode de fonctionnement qu’on a choisi.

Ce mode de fonctionnement vous laisse très dépendant des ventes d’albums, que pensez-vous de la loi Hadopi ?
On n’est pas Universal (rires). Nous ce qu’on souhaite en priorité, c’est propager notre musique. Le téléchargement nous a permis de se faire connaître. Après, le bouche à oreille a fonctionné. Nous, on veut que tout le monde puisse découvrir notre son. Ca nous permet de pouvoir partager avec le public, sur scène pendant les concerts.

Nouvel album du groupe rock anglais en forme de feu d’artifices sonore. De nombreuses références et toujours une énergie folle. Avec The Resistance, Muse signe un retour remarqué.

« L’histoire d’amour entre les deux personnages principaux de 1984, Winston Smith et Julia, a indéniablement déteint sur l’ensemble du disque« , explique le leader du groupe, Matthew Bellamy. Oui, Georges Orwell comme bien d’autres d’ailleurs ont inspiré la plume du rocker britannique très en forme sur le coup.

Avec son titre, The Resistance, et certains passages comme le refrain d’Uprising (révolte) – They will not force us / They will stop degrading us / They will not control us /We will be victorious » – Muse donne rapidement le ton. Résister et surtout lutter contre ces gouvernements tous puissants qui asservissent nos sociétés modernes. Et le combat se fera à coup de guitares et d’un rock’n’roll aussi frais que déglingué. Pour faire passer son message, le trio anglais n’a pas fait dans la demi-mesure, insufflant une énergie folle dans chacun des morceaux, piquant ci-et-là des sons du monde entier. Du folklore oriental au classique en passant par Gustav Holst. Muse s’est aussi payé le luxe de fourrer sa gratte dans le Concerto n°2 de Serguei Rachmaninov : « C’est une influence majeure. Je recommande l’enregistrement de Vladimir Ashkenazy.« , reconnaît d’ailleurs volontiers Matthew Bellamy. La chanson United States of Eurasia fait elle, clairement référence à Queen. Un vibrant hommage à Freddy Mercury qui comporte aussi un message puissant. « Le texte de United Stades of Eurasia est né de la lecture du Grand Echiquier, du politologue américain Zbigniew Brzezinski. Selon lui, une union de l’Europe et de l’Asie sonnerait le glas de l’hégémonie américaine. D’où l’idée de créer des Etats-Unis d’Eurasie. » Resistance toujours.

Au milieu de ce florilège de sons rocks et variés, vous trouverez même une pointe d’opéra, en français dans le texte. Dans I Belong to you, les oreilles attentives pourront entendre : « Ah! Réponds à ma tendresse/Verse-moi, verse-moi l’ivresse. » Encore un clin d’œil. Celui-ci en direction de l’opéra de Camille Saint-Saëns, Samson et Dalila, « C’est sans doute mon préféré.« , confie l’auteur.

Au final, du bon et du très bon dans cet album studio. Avec un message fort, Muse veut réveiller les consciences amorphes. Avec cet album, il ne peut qu’y arriver…

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=NCdMMd3dpk4[/youtube]

Pour les voir :

En tournée en France à partir du 31 octobre.

En concert à Bercy, le 17 novembre.

Rencontre joyeuse avec les Marcels, un groupe de «punk-rock-psychobilly-sixties-eighties-salsa-calypso-samba» allez savoir. Et contrairementà ce qu’ils disent, ce qui semble évident, c’est que c’est bien eux.

L’aspect visuel, ça fait partie des Marcels ?
S’habiller n’importe comment, se maquiller, se déguiser, c’est ce qui fait les Marcels. On n’est plus les mêmes sans.

Donc là ce n’est pas aux bonnes personnes que je parle ? Dis-je en regardant leurs jeans-tee shirts.
Non (Rires)Ils se regardent de loin et commentent avec humour leurs personnages farfelus.
Nous sommes un grand carnaval, c’est plein de couleurs, c’est du plaisir. Et 10 ans après on est toujours un « groupe à bières » : comme quoi les étiquettes ! On a choisi le nom le plus horrible et le plus beauf, pour en rire justement. Ensemble, nous décollons toutes les étiquettes françaises. Elles résistent bien au lavage, mais les masques du carnaval tombent.

Bon chic bon genre : pourquoi ce titre ?
C’est un titre des Pink Floyd ! On a trouvé que ça faisait «mecs cultivés qui avaient des références» tout ça alors on l’a repris…Des « bon chic bon genre » nous collent des étiquettes. Alors nous aussi on joue avec eux, on endosse leur rôle.

Et le rock’n’roll aujourd’hui ?
Terriblement conventionnel ! Tu as l’impression de voir ton banquier en concert, veste cintrée, mine triste…Les groupes français ont juste le droit d’être la pâle copie des anglais, pas droit à l’exubérance ! C’est très codé, on doit avoir une certaine gueule sur les photos
il prend en exemple la couverture d’un magazine traînant là avec quatre types obscurs qui font la tronche…
C’est quoi ça ?
Leur musique à eux, c’est une très grande farandole haute en couleurs, des cotillons sortent par milliers des guitares et des cuivres.

Parlez-moi de tous les courants qu’on retrouvent chez vous : punk,psychobilly, rock, sixties…?
En 3 clics aujourd’hui, on accède à tout, ce serait dommage de se restreindre à la seule musique anglaise ! Pourquoi en France, il y a des rayons branchés et puis le reste, la « world » ?C’est très simple la musique. Tu aimes ou tu n’aimes pas, c’est tout ! Les Beatles ont mis des sons qui leur plaisaient sans se poser de questions !
Le carnaval, il faut le vivre. On peut avoir toutes les idées qu’on veut, finalement le truc c’est de dire allez-y, écoutez.

« La révolution se fera sur l’édredon ? »
Oui t’en penses quoi ? C’est dire que peut-être le jour où on arrête tout, où on décide de plus se lever et de plus faire partie de ce rythme infernal, c’est là que les choses peuvent changer. Personne est heureux, c’est quoi une vie de bonheur, il me semble qu’au centre il y a le plaisir par exemple, non ?

Les critiques politiques et sociales sont omniprésentes dans vos textes, mais toujours sur une tonalité joyeuse…
Tout est dit…On pense que ça ne sert à rien d’être plombants. Les Marcels c’est pas un antalgique, c’est un exutoire. On ne cache pas ce qu’il se passe. Nous, on parle des problèmes de monsieur et madame tout le monde ouvertement, mais avec légèreté.

Etes vous toujours les grands fêtards que l’on voit sur scène ?
Non, on n’est pas là tous les matins, ! Mais heureusement, tu imagines? Ca serait insupportable ! In-sup-por-ta-ble ! On sait pourquoi on fait son métier, quand on passe 24 heures avec un fermier inconnu du coin et qu’on partage son quotidien.

Votre parcours : un CAP de rock, l’université de la baise de Budapest, un DESS de mythomanie ?
N’importe quel comique se sent obligé de dire «J’ai un DESS en je ne sais quoi. » Hors pas sûr que celui qui a une Agreg de lettres, sache… Transmettre. Pourtant tout est là. Nous c’est ce qu’on fait. Rimbaud ? Pas sûr qu’il ait eu un DESS, c’était un branleur. On ne peut pas être poétique tout simplement ?

Et finalement le truc, c’est de vous dire allez-y, écoutez !

LA VIDEO :

[dailymotion]http://www.dailymotion.com/video/x91gdw_marcel-et-son-orchestre-tout-le-tem_music[/dailymotion]

N’est pas Naive qui veut ! Sous leurs airs rigolos, déjantés, barrés, pas sérieux, les Naive New Beaters savent ce qu’ils font et où ils vont. Inconnu il y a tout juste un an, le trio de pop/rap est devenu l’un des groupes incontournables de la scène française avec leur premier album Wallace et leur énergie inépuisable, et je dois bien l’avouer, l’un de mes groupes préférés.

Rencontre avec le groupe Bang Bang du moment.

Il y a pile poil un an, nous nous sommes rencontrés à New York. Vous veniez tout juste de signer avec le label Cinq7 et depuis, vous avez fait beaucoup de chemin…
David Boring : Nous avons la tête dans les nuages et les pieds sur terre. En tout cas, tout ce que l’on peut te dire, c’est que grâce à toi, on s’est fait un peu connaître aux États-Unis, et qu’à cause de toi, on n’a pas pu retourner à New York (rires). On a des contacts, des pistes et quelques touches pour les États-Unis. On a un tourneur anglais maintenant aussi, The Agency Group, qui nous a promis qu’il avait des contacts aux États-Unis. Les promesses n’engagent que ceux qui y croient, mais il paraît que tous les chemins mènent aux États-Unis.

Peut-on dire que vous êtes des super héros ? Vous avez des identités secrètes et apparemment, vous volez aussi…
Eurobélix : Nous sommes des super héros mais nous n’avons pas d’identité secrète.
D.B : Nous sommes nés avec des pseudonymes, ce qui nous permet de nous identifier. Nous les avons choisis en accord avec nos parents.Il y a David Boring, le chanteur américain, Martin Luther BB King,le guitariste sexy, et Eurobélix, l’ingénieur du son trop sympa et trop gentil. Ils sont représentatifs de nos personnalités. Eurobélix adore la construction de l’Europe et a un sonassez spécial. Martin Luther BB King adore la guitare et la religion. D’ailleurs, il pratique la religion comme la guitare. Et David Boring, c’est juste David Boring.
Eurobélix : Bon, à part ça, on a quelques pouvoirs. David Boring vole parfois et moi, je fais parler les machines et je change l’eau en sangria.
David Boring : Martin Luther BB King a le pouvoir de cacher son visage, ce qui nous aide pas mal pour les meufs vu que c’est lui le plus beau gosse (rires).

Vous serrez plus de filles qu’avant ou pas ? Parce qu’à New York, c’était le néant si je me souviens bien…
D.B : Oui, on serre un peu plus la vis sur le live pour éviter de faire des erreurs (rires). Nous y mettons un point d’honneur.

Comment vivez-vous votre succès depuis un an ? Avez-vous toujours le Live Good ?
D.B : On « live better » en ce moment même (rires). Vu qu’on le vit de l’intérieur, je nesais pas si on se rend vraiment compte de ce qui se passe. On fait quand même des scènes que l’on n’aurait jamais faites avant. Je ne sais pas si on le vit avec du recul, mais après réflexion, non pas trop.
Eurobélix : Enfin, on ne connait pas encore le méga succès. Notre objectif, c’est d’être adulé aux États-Unis. Cet été a d’ailleurs été pour vous celui des festivals.

Vous avez aimé ou vous en avez marre de partager la scène avec des groupes forcément moins bons que vous ?
D.B : C’est une question piège pour qu’on te donne une réponse prétentieuse, ça (rires). Non en fait, les festivals, c’est quelque chose de nouveau pour nous. Cela change de jouer dans des clubs et on kiff. C’est très spécial de jouer devant des milliers de personnes. Justement, comme il y a plusieurs groupes, le challenge est de garder tout le public avec nous. Les gens ne nous connaissent pas forcément et quand ils nous voient, ils s’arrêtent forcément. Nous sommes un peu la découverte avec notre style pop/rap. Le public espagnol est vraiment super par exemple, presque mieux que les Français, sans vouloir les charrier, et à la différence du public anglais qui est plus froid. En tout cas, ce que vous faites, c’est super « wallace » (référence au titre de l’album du groupe).

Vous avez des titres « wallace », des clips « wallace », une pochette de disque « wallace »… faites-vous partie de ces groupes qui créent les modes ?
D.B : Le compliment nous va droit au « wallace » en tout cas (rires).
Eurobélix : Tu sais, il y a pas mal de gens « wallace » qui ne le savent même pas.
D.B : C’est quelque chose d’assez inconscient chez les gens. C’est quand tu as une attitude assez « voilà » quoi, et classe aussi, c’est-àdire que tu en imposes direct.
Eurobélix : La « wallace » attitude, c’est inné, mais cela peut s’apprendre aussi. C’est vrai, on a déjà vu des gars qui n’étaient pas « wallace» et qui le sont devenus.

Ce n’est pas trop dur de toujours faire des tubes « wallace » ?

D.B : C’est surtout dur quand tu ne les fais pas (rires). Dans ce cas, il faut fumer un peu plus de « wallace » et tu te sens plus « wallace »après pour écrire des tubes « wallace ».

Comment expliquez-vous votre succès ? Est-ce parce que vous correspondez au moule des médias, parce que vous avez un incroyable talent ou parce que le public français n’a pas vraiment bon goût ?
D.B : Déjà, nous ne pouvons pas être méchants avec le public (rires). Le public a toujours un excellent goût.
Eurobélix : Je pense tout simplement que c’est grâce à nos parents si nous en sommes là.
D.B : C’est vrai car au début, ils achetaient un peu le public.Aujourd’hui, ils n’en ont plus besoin (rires). On a vu que nous pouviongrandir sans nos parents et ça, c’est une bonne chose. On a fait un petit bang, il faudrait que ça fasse un plus gros bang maintenant, car nous sommes encore pas mal endettés. D’ailleurs, on te prévient, nous ne te payerons pas de pot gratos (rires).

Vous êtes un groupe très cool, avec une identité très marquée. Est ce qu’il y a parfois des sujets qui fâchent ?
D.B : On se tape dessus tout le temps. Les sujets qui fâchent sont la nourriture et accessoirement, la musique, les choix musicaux. Pour la musique, ça se règle souvent par la boisson ou par une discussion qui ne finit pas (rires). C’est parfois la non-fin qui est la fin et qui nous permet de nous décider.
Eurobélix : Sinon, je n’aime pas du tout quand ils parlent la bouche pleine et ils n’aiment pas quand je fronce les sourcils. On a aussi le droit de se battre entre nous, mais on a décidé que nous n’avions plus le droit de nous battre avec une tierce personne.
D.B : Il y a aussi des moments de douceur entre nous. Avant par exemple, quand on sortait de scène, on se critiquait tout de suite. Maintenant, même si on a quelque chose à dire, on attend et on se check pour se dire que le concert était cool. Mais on sait quand Martin a quelque chose à nous dire car il check sans nous regarder dans les yeux (rires).

Cd Cover Front1

Wallace
Label : Cinq7/wagram music
Sortie : Déjà dans les bacs

LA VIDEO :

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=qlmhlwLQyzU[/youtube]

La célèbre fête de l’Humanité débute aujourd’hui. Si les thèses communistes ont pris un peu de plomb dans l’aile depuis quelques années, cela reste un rendez-vous très attendu des jeunes qui veulent voir de bons groupes.

La programmation musicale fait saliver. Débutant aujourd’hui pour terminer dimanche, la fête de l’Humanité sera, cette année encore, l’occasion de se laisser porter par une vague de contestation. Une façon de réveiller, au moins une fois l’an, sa fibre révolutionnaire, son esprit critique et de ressortir son vieux t-shirt du Che. C’est qu’il ne reste malheureusement plus grand-chose des thèses de Karl Marx. Robert Hue et Marie-George Buffet ont terminé de détruire un Parti Communiste français mal en point depuis déjà plusieurs décennies. Mais l’important de ce week-end est ailleurs. Il s’agit de faire la fête. Oublier un temps la rentrée, les soucis financiers, la crise et tout un quotidien un brin oppressant en ce mois de septembre. Les programmateurs le savent et offrent une liste éclectique qui devrait ravir les fans de tous les genres.

La journée de dimanche débutera par exemple avec une symphonie classique, celle de Rachmaninov interprétée par l’orchestre français des jeunes-Radio France. Aussi, l’inusable Julien Clerc et ses balades toujours attrayantes viendront lui, clore le festival. Mais pas d’inquiétude, il y a aussi des talents jeunes ou indémodables. On pense bien évidemment au plus hispanique des chanteurs français : Manu Chao. Un habitué du rendez-vous de la Courneuve. Avec ses textes engagés, ses rythmes festifs et son phrasé toujours puissant, Manu Chao sera encore une fois une des attractions les plus attendues du festival. De même, le lover Keziah Jones sera de la partie. Guitariste de génie au sex-appeal inégalable, Jones, celui qui s’est fait connaître dans le métro, reste un monstre de scène. Cocoon et Deep Purple ne se présentent plus… Bref, même si les fossilles et marteaux sont rangés, la fête de l’Huma reste un évènement musical incontournable.

Pass : 18€ les 3 jours

Sur place : 20€

Vous vous  demandiez comment vous alliez supporter votre retour dans les longs couloirs de l’université et sur les bancs durs aux faibles lumières…Calvin Harris a pensé à vous : recette ultra facile et légère, mais sacrément efficace :  Ready for the Week End, le dernier opus du jeune écossais, vous convie à rejoindre le dancefloor.
En 2007, il revendiquait fièrement la création – recréation – du disco. Depuis, il persévère dans des élans généreux de synthé staccato et de basse pour nous aider à oublier que la semaine existe, tout simplement. Et tout simplement aussi, il s’assoit devant son jus de fruits énergisant, purifiant et multivitaminé, sans jamais y toucher, peut-être parce que ces trois qualificatifs là, il les porte déjà en lui.

« Tu es allé à Londres : qu’as-tu pensé de la capitale anglaise ?
A Dumfries, il ne se passait rien. Mais Londres ne m’attirait pas plus que ça. Je sais que cette ville est incroyable pour beaucoup de gens, que ma musique y est écoutée et fait danser dans les sous sols de la ville….Mais c’est trop de bruit, trop de monde et trop de voitures pour moi.

As tu fait des études ?
Non je n’étais pas assez intelligent pour ça (rires)  J’ai connu une autre réalité, celle des petits boulots assez durs. J’ai travaillé dans une usine de poissons, oui oui. Les supermarchés…Mon frère, lui, étudiait…Et un jour où il a laissé son ordinateur, je m’en suis servi pour découvrir ce que je ferais très vite, de la musique. Là où je vivais, il n’y avait rien d’autre à faire, et si les autres jouaient au football, moi je m’enfermais dans ce seul monde musical.

Quel genre de musique écoutes-tu ?
J’aime beaucoup de choses différentes. Jamiroquai, John Lennon, David Bowie, Gorillaz, Whitesnake, Snow Patrol, Faithless, Grandaddy…

Ce n’est pas étrange pour toi d’être projeté ainsi, aussi vite, dans un univers de gens connus ?
Mais je ne suis pas jeune, dit-il en riant. J’ai 25 ans ! affirme-t-il, sensiblement touché par le complexe du vieux dès la naissance que nous connaissons tous. Et connu non plus, je ne crois pas, en tous cas je ne veux surtout pas l’être. Si ça arrive, je partirai loin des rues où l’on me reconnaîtra, aux Etats-Unis ou au Japon.

Ta musique est-elle une danse de stade ? C’est ce que tu as dit à propos de ‘I’m not alone’ ?
Oui, j’aimerais que les gens soient comme devant un match de football. J’ai toujours une image mentale avec moi, celle d’une foule levant les bras de joie et supportant collectivement son équipe, ensemble, avec beaucoup de monde, les yeux vers le ciel. C’est à ça que doit conduire ma musique, c’est ainsi que je vois ce que je fais et ce que ça doit être.

‘Ready for the week end’, c’est la suite logique de ‘I created disco’ ?
C’est un album bien meilleur sur tous les plans. Les voix sont meilleures, les accords sont meilleurs, et l’album comporte plus d’influences et de variations. C’est plus ce que je veux faire, avec des morceaux très différents tels que Relax, qui évoque davantage l’ambiance du soir loin du bruit, que celle du dancefloor…Et des tubes pour danser, ce disque on doit pouvoir le mettre et le passer en entier pour une soirée.

Alors l’idéal, c’est de passer la semaine avec Relax, et le week end avec le reste de Ready for the Week End ?
C’est exactement ça, dit-il en riant.  La recette ultime, il n’y avait donc pas besoin de la chercher plus loin.

Qu’est-ce que cela signifie pour toi, lorsque tu joues devant le public ?
C’est quelque chose d’incroyable. Je n’étais pas spécialement attaché à le faire au départ…Mais c’est fascinant, de voir l’effet que ta propre musique peut produire sur les corps. C’est aussi un bon test pour savoir ce qui plaît ou non, ce qui fonctionne ou non.

Et faire danser les gens ?
C’est génial, et très important. Les gens en ont besoin pour oublier leurs soucis, même les plus riches. Les journées sont difficiles pour beaucoup, et le soir doit permettre de vivre autre chose.

D’ailleurs, toi tu danses ?
Moi, je ne danse pas, ou seulement sur scène…Je suis un très mauvais danseur
C’est donc aussi simple que cela, et on le sait bien : laisser sa cervelle au placard, enfiler les robes strass et les chemises réfléchissantes, pour gigoter nonchalamment. Une vaste récréation collective dans nos petites vies, c’est tout, il ne faut pas en demander plus.

Mais Calvin a peut-être raison, ces minutes de rien, de dancefloor et d’humanité sont désormais des indispensables…Ainsi va le monde, et la rentrée ne sera pas triste. Affalés la joue contre la table, la face livide et la paupière tombante le lendemain matin au cours de 9 heures, on vous reconnaîtra !

LA vidéo du clip :

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=vq8ByKxj5nA[/youtube]

CALVINRFTWPACK

Ready for the weekend
Label : cinq7/Wagram music
sortie : 12/10/09

Kadour Ziani, membre historique de la Slam Nation, lance sa marque de vêtements : Zianimal. Une griffe qui se veut jeune, entre streetwear et sportwear, mais surtout plus qualitative qu’onéreuse.

La Slam Nation est un groupe de dunkers qui a fait le tour de la planète. Ses artistes du basketball se sont fait connaître par leurs figures des plus spectaculaires et aussi une philosophie à part. Jamais, ils n’ont voulu faire de la compétition. Réclamant toujours plaisir et show en priorité, Kadour Ziani et sa bande ont écumé tous les stades de la planète pour démontrer au monde leur ignorance de la gravité. Au-delà de cette pratique originale, Kadour Ziani est un homme engagé qui, à 36 ans, pense à diversifier ses activités.

Ainsi, il s’est lancé dans la création d’une marque vestimentaire, Zianimal, avec Ali Mokadem, le gérant de la société SHC. Ce dernier explique dans une interview accordée au site basketsession.com : « Pour développer cette marque, on a quelques petites idées par rapport à la philosophie de Kadour, on veut développer des produits avec des messages, avec sa façon de pensée et en même temps que le produit soit à même de plaire à la fois aux gens qui font du sport et aux gens qui veulent simplement porter des choses visuellement belles. »

Pour son lancement, la marque propose un Teddy (blouson) « façon collège américain, avec des manches en cuir. »

Si les deux associés veulent taper dans le haut de gamme, il s’agira surtout de la qualité et non du prix. Ils veulent vraiment créer une marque pour les jeunes et donc peu onéreuse : « Le plus important pour nous en ce moment, c’est d’avoir un sourcing vraiment carré, d’avoir les meilleurs textiles et étoffes possibles pour pouvoir développer une gamme qui puisse vraiment plaire à tout le monde, et pas très onéreuse, mais très qualitative. », continue Ali Mokadem.

Un projet ambitieux donc, basé aussi sur la volonté d’avoir une marque assez personnelle : « On a envie d’apporter un concept, par rapport au personnage (Kadour Ziani), par rapport à ce qu’il peut représenter dans le sport mais aussi dans la rue, au niveau des quartiers. », continue Ali Mokadem.

Pour l’instant, seul le Teddy est en route mais les deux collaborateurs comptent bien lancer une collection au complet. En s’associant avec d’autres marques ou en faisant appel à de nombreux designers différents, les idées ne manquent pas. Zianimal qui débarque très prochainement dans les magasins, s’annonce donc comme une griffe jeune et originale. Si en plus, les produits ne sont pas trop chers, le milieu du streetwear pourrait vite devoir l’intégrer comme un incontournable.

Ils ne le savaient pas encore à l'époque, lorsqu'ils se sont réunis en 1994, mais Jean-Philippe Freu et Patrice Carrié, les leaders de l'excellent groupe Rinôçérôse, étaient bel et bien les artistes électro-rock du futur. Et d'ailleurs, ils le prouvent sans ménagement avec leur nouvel album Futurinô, sorti ce mois de juin 2009. C'est le cinquième opus studio du groupe et ça déménage sur le dancefloor, comme une nuit de fête infinie, funky, empreinte d'énergie rock et d'hymnes électros inventifs… c'est ça la rinô-recette et ça fonctionne !

D'entrée de disque, sur Panic Attack, on a affaire à du rock efficace, avec de grosses basses, de l'électro pertinent et du disco-pop fantaisiste. Et c'est Luke Patterson (Deaf Stereo), autour d'un riff de Link Wray, qui donne de la voix sur ce premier titre, donnant tout à fait le ton du reste de cet album toujours novateur. Les deux leaders du groupe ont fait appel à pléthore de chanteurs sur cet opus, de l'ex-Ride Mark Gardener sur l'extatique morceau Where You From ? à Bnann, leader des Infadels, sur le très sixties Head Like a Volcano, en passant par Ninja, chanteuse de The Go! Team sur l'acidulé Time Machine. On relèvera également le psychédélisme suave de la chanteuse Anna Muchin sur Tomorrow et le caractère extrême de Jessie Chaton sur My Cadillac, par ailleurs compagnon de route de Justice.

Si l'instrumental Mind City reste le point clé de cet album, chaud comme une nuit d'été, renvoyant quelque part aux fondements du groupe, une mention spéciale est a adresser au morceau Touch Me et ses accents punk menés brillamment par Jessie Chaton. Un album à la diversité incroyable, entêtant, entraînant, délicieux, décalé, explosif… presque jouissif. A découvrir sans tarder sur scène !

 

 

Trois questions à Rinôçerôse

 

Pourquoi avoir intitulé ce nouvel opus Futurinô ?

Nous avons développé un concept autour de cet album avec Electronic Shadow, deux designers 3D. C'est d'abord un décor de scène, une architecture du live, et il y a également eu un travail sur les clips, la pochette du disque, et sur toute l'esthétique plus généralement. Ils ont une vision très futuriste. C'est de ce projet futuriste que vient le nom de l'album. « Futur in now » est également le slogan d'Electronic Shadow, et cela donne un jeu de mots avec Futurinô. Il faut préciser que toute l'esthétique du live est basée sur une ville imaginaire, Mind City, qui est aussi le titre de l'un des morceaux de l'album.

Comment est représenté cet imaginaire sur scène ?

Sur scène, nous avons cinq tours géantes qui représentent des buildings. Cela représente une ville et une vie dont nous créons la bande-son. A chaque nouvelle salle de concert, nous jouons avec ce décor. Nous avons fait en sorte que les tours soient démontables pour pouvoir les transporter facilement. Le public était scotché, presque halluciné par cet univers scénique.

Comment est né le morceau Time Machine, premier single de l'album ?

C'est un morceau que nous avons fait avec la chanteuse de The Go! Team, Ninja, dont nous sommes fans. Nous avons appelé leur manager et c'est comme ça que Ninja est venue à Montpellier, très intéressée. Elle n'a découvert le morceau qu'une fois arrivée en studio, pour laisser libre cours à sa spontanéité. Une fois arrivés au résultat que nous souhaitions, nous l'avons fait remixer par les Shakedown, des producteurs suisses avec qui nous aimons travailler. C'est un morceau qui a été complètement influencé par le concept de l'album, avec cette idée de machine à remonter le temps.
 

C'est
devenu un rituel, deux fois par an Universal Music Mobile, la marque
proche des jeunes, récompense ses clients les plus fidèles en les
invitant à un show-case exceptionnel.
 

Olivia Ruiz, Vitaa, Sherifa Luna, Jenifer, Léa Castel, Mathieu Edwards
ou encore Enrique Iglesias ont participé aux concerts privés
d'Universal Music Mobile.
 
Le jeudi 9 juillet, c'est Lady Gaga qui se produira sur la scène de L'Alhambra pour son after-show officiel.
 
Universal Music Mobile offre 20 places aux lecteurs de Campus.

 

Pour cela, écrivez-nous à redaction@campusmag.fr

Avec the Noisettes, il faut toujours s'attendre à l'inattendu. Deux ans après un premier album regorgeant premier album regorgeant d'esprit punk et de blues-rock ardent, le trio londonien revient avec Wild Young Hearts, un opus particulièrement réussi, réunissant des chansons pop-jazz élégantes imprégnées de soul et de disco étourdissants. N'appréciant guère les étiquettes, le trio avait toujours eu l'intention d'opérer un virage musical radical après leur premier album, What's The Time Mr Wolf ? Voilà qui est chose faite. Rencontre avec l'un des plus grands groupes de ces dernières années dont on devrait entendre parler…

Au premier regard, les Noisettes ressemblent à une formation classique : deux musiciens et une chanteuse. Jamie Morrison, le batteur barbu, semble être le leader de ce groupe anglais pas comme les autres. Il est imposant et son passé musical l'est tout autant puisque c'est lui qui compte le plus de disques à son actif au sein de la bande. Mais très vite, on s'aperçoit que celle qui mène réellement la danse est la somptueuse et fashion Shingaï Shoniwa, belle sirène noire originaire du Zimbabwe et du monde du cirque, à la voix de velours, souvent comparée à de nombreuses références prestigieuses, de Deborah Harry et Kate Bush à Billie Holiday et Diana Ross. Une voix que le groupe a d'ailleurs souhaité mettre beaucoup plus en avant sur leur deuxième album en donnant plus d'espace à la chanteuse. « Shingaï possède l'une des voix les plus extraordinaires que j'ai pu entendre et à l'inverse de notre premier disque où ses capacités vocales n'étaient pas exploitées à leur juste valeur, cette fois nous avons voulu qu'elle puisse montrer toute son ampleur », explique Jamie Morrison. L'amplitude de chant de Shinga Shoniwa y est réellement saisissante : doux et charmant sur Sometimes, qui ouvre l'album, jazzy sur l'acoustique Atticus, strident et sexy sur Don't Upset The Rhythm, et enjoué et triste sur le morceau d'inspiration Motown So Complicated, ou le futur single Never Forget You. La façon dont elle chante donne le ton de chaque chanson et le style musical du groupe s'en trouve alors naturellement changé… pour le meilleur. Un style plus pop et plus jazzy que sur What's The Time Mr Wolf ? et imprégné de soul et de disco. « Nous faisons toujours du punk-rock en fait », précise Jamie Morrison. « Notre premier album ne s'est très bien vendu alors, quand on a la chance de pouvoir en faire un second, on essaye qu'il soit meilleur, plus grand. Nous avons utilisé beaucoup plus d'instruments, notamment des cordes, ce qui donne peut-être ce côté plus jazzy qu'avant, même s'il y avait déjà du jazz sur le premier disque. Nous avons testé de nouveaux sons et de nouveaux procédés de composition. En tout cas, nous sommes ravis et fiers du résultat final », poursuit Shingaï Shoniwa.
On l'aura compris, les Noisettes sont des passionnés, ils voient toujours plus grand, plus loin, plus vite que la plupart des groupes. « Certains groupes gardent toujours le même style », explique Shingai Shoniwa. « Ils se réunissent car ils partagent les mêmes goûts musicaux, ils ne font jamais rien de différent. Nous sommes un gang, mais nous sommes également trois divas avec des collections de disques différents, qui se font mutuellement et constamment découvrir de nouveaux sons. Pour nous, faire de la musique signifie garder les oreilles ouvertes ». Ainsi leurs diverses influences se retrouvent sur Wild Young Hearts, avec un premier single groovy-funky intitulé Don't Upset The Rythm, qui a cassé la baraque tous les soirs durant des concerts sporadiques donnés l'année dernière, incluant une représentation à South By South West et une tournée en France.
Sachant qu'ils tenaient, avec ce premier titre, quelque chose de lourd, les Noisettes se sont alors enfermés dans un studio londonien en juin 2008 avec le producteur des Arctic Monkey, Jim Abbiss.
« Il peut paraître ennuyeux et vieux jeu, mais il est très ingénieux et il a eu un véritable apport artistique sur cet album. C'est quelqu'un avec qui on a pu exprimer et expérimenter la moindre de nos idées. Il a été très paternel et nous nous savions entre de bonnes mains », raconte Shingaï Shoniwa. « Il a su tirer le meilleur de notre façon de jouer et je pense sincèrement qu'il a été la vraie bonne personne pour cet album », précise Jamie Morrison.

L'éternité dans un album
Est alors né cet incroyable album, Wild Young Hearts, titre de l'une des chansons qui le composent et qui parlera certainement à chaque personne. Chacun pourra se rappeler, en l'écoutant, des moments de son passé qui ont comptés, les personnes qu'il a rencontrées, celles qu'il a aimées et/ou perdues, les instants oubliés de sa jeunesse, ceux qu'il a gardés au fond de son coeur… C'est en tout cas l'espoir que fomente le groupe car c'est pour cela qu'ils l'ont fait. Un disque au doux parfum d'éternité, mêlant l'énergie de la passion et le souvenir des temps chéris. « Il s'agit de se sentir jeune et de se comporter comme quelqu'un de jeune, quelque soit son âge », explique Dan Smith, le guitariste du groupe. « Nous sommes tous trois devenus des amis proches en faisant cet album.

Nous nous sommes saoulés ensemble et avons même saccagé quelques chambres d'hôtel. Nous sommes très différents et spontanés, mais nous avons créé un lien que vous pouvez entendre dans les chansons ». Ce qui n'a pas changé avec les Noisettes, c'est l'énergie qu'ils consacrent à la scène. Décrits comme« le meilleur groupe live de Grande-Bretagne » par The Guardian, on a pu encore le découvrir lors de leur récent show en France, à la Boule Noire de Paris. Shingaï Shoniwa y était très séductrice, adoptant des positions toutes plus sensuelles les unes que les autres; on l'a vu se précipiter dans le public pour pouvoir chanter du fond de la salle et partager un moment privilégié avec tous, elle s'est même suspendue au plafond, chantant à l'envers telle une panthère… Les Noisettes ne sont pas perfectionnistes, ils sont spontanés. Un bon concert est tout aussi important qu'un album pour eux.« C'est dans l'imperfection qu'on trouve la perfection », explique Jamie Morrison. Le groupe semble alors être le digne représentant du rock dans sa modernité et dans sa façon non conventionnelle de l'aborder. « Nous sommes résolument tournés vers l'avenir. Nous n'essayons pas d'être à la mode, nous voulons faire de la musique pour tout le monde. Notre but est de prouver que la musique pop peut aussi être alternative et excitante. Avec cet album, je sais qu'on peut y arriver », conclut Shingaï Shoniwa.

 

THE NOISETTES

Mercury/Universal Music

 

Olivia Ruiz parmi les étoiles, certes… mais elle n'est pas pour autant qu'une simple étoile filante. Non, c'est un météore et le titre de son nouvel opus, Miss Météores, le prouve : Miss pour mademoiselle – eh oui, la belle est encore jeune et compte bien s'appesantir dans l'univers de la musique jusqu'à ce qu'on puisse dire madame – et Météores pour prévenir, sûrement, que ce troisième album va s'écraser et s'ancrer sur les platines comme il pourrait le faire dans la pierre. Car le disque de la belle (à en crever) est inoubliable une fois écouté et donne une furieuse envie de crêpes aux champignons… allez savoir pourquoi. Peut-être le dernier repas de l'auditeur. Pas de panique, c'est bien la première fois qu'on est aussi content de se faire happer par un météore.

Pour réaliser Miss Météores, ton nouvel opus, tu as de nouveau travaillé avec Mathias Malzieu et Alain Cluzeau. Tu t'es donc lâchée un peu plus je suppose ?

C'était plus facile de travailler avec eux car ils savent décoder les images que je leur donne, ils comprennent tout de suite où je veux en venir. Ils me connaissent, ils savent ce que j'aime et ce que je déteste. De plus, ils savent mettre de côté leur ego et c'est vraiment très appréciable. C'est vrai que j'ai aussi passé un cap dans mon écriture, je me suis plus laissée aller, je suis plus décomplexée à ce niveau. Quand je relis mes textes après quelques temps, je me rends compte que je règle mes problèmes à travers mes chansons, même si ce n'est pas clairement formulé. C'est comme une thérapie (rires).

Après 60 000 albums de Miss Météores vendus en une semaine, tu paniques encore comme le dit ton premier single extrait de l'album ?

Je ne panique pas (rires), mais c'est vrai qu'il existe toujours des doutes. Pour la chanson, j'aimais bien le claquement du mot « panique », je trouve que c'est un mot qui raisonne, qui a un vrai groove. Mais oui, comme tout le monde, je doute parfois. Il y a des moments où je suis très à l'aise et d'autres où je me demande ce que je fous là. Chaque disque est comme un nouveau départ et être artiste est une éternelle remise en question. Je le savais quand j'ai choisi de faire ce métier, ce n'est pas confortable mais c'est ce qui rend les choses excitantes.

Quelle est l'histoire de Elle panique ?
C'est une chanson qui raconte ce combat quotidien contre ses angoisses et ses doutes, le fait de décider de les chasser ou d'en faire des amis intimes pour mieux avancer. L'essentiel, c'est que cela ne te paralyse pas. C'est un morceau que je ne pensais même pas mettre sur le disque au début, mais au fur et à mesure que l'album se dessinait, c'est devenu une évidence pour moi et Mathias que ce serait le premier single. Je fais les choses essentiellement à l'instinct et je n'ai pas forcément toujours une explication (rires). C'est un très bon premier contact avec le disque car ce titre peut parler à tout le monde. Ma maison de disques aurait préféré Belle à en crever.

Tu finis sur un morceau caché, Six mètres…
C'est une lecture, un titre parlé, qui ferme mon histoire précédente, celle de La femme Chocolat. C'était donc important pour moi qu'il ferme ce disque aussi. Cela veut en quelque sorte dire que cette course sans nom était chouette à vivre, c'était comme un marathon, et en même temps, lorsqu'on approche de la ligne d'arrivée, isolée, on n'arrive pas à réellement savourer le succès. Lorsque je tournais pour La femme Chocolat, j'étais toujours seule, je ne voyais plus personne, je n'avais plus réellement de vie, sans cesse à droite, à gauche, en voiture, en promo… et je me suis rendue compte que je voulais partager tout ça et gagner en équipe. Aujourd'hui, j'ai tout ce qu'il faut pour vivre les choses pleinement. Je suis moins pressée comme un citron.


« Je suis assez impulsive »
Le titre de l'album, Miss Météores, ressemble à celui du nouvel opus d'Indochine, La République des Météores…

Ah ouais, j'étais dégoûtée, j'avais vraiment les boules. Évidemment, on cherche toujours le titre qui ne va être qu'à nous et là, c'est quand même pas de bol, même s'il n'y a pas de danger d'amalgame. J'aimerais beaucoup savoir ce qu'en pense Indochine (rires). Miss Météores, c'est un clin d'oeil au titre Don't call me Madam, un clin d'oeil à Miss Météo aussi puisque mes amis me disent souvent que je fais un peu la météo des montagnes, dans le sens où je suis assez impulsive et radicale. Il y a plein de sens, de tiroirs et de ficelles dans ce disque. Les météores ne font que passer, ils ne sont là qu'un instant et en même temps, s'ils percutent quelque chose, ils y restent ancrés à tout jamais.

Tu as d'ailleurs une chanson très prenante et saisissante que tu as appelée Les météores…

Le titre du disque est aussi en référence à ce morceau car il est plus inattendu par rapport à ce que je fais d'habitude. Je ne suis pas du genre à chanter beaucoup de chansons d'amour, ni à raconter des choses très profondes et là je me suis aventurée sur un terrain très intime. J'avais alors envie d'y faire honneur.

Il y a beaucoup de guests sur cet opus, notamment le groupe britannique The Noisettes. Comment les as-tu rencontrés ?
C'était il y a trois ans lors d'un concert en Espagne. Nous avons tout de suite accroché et nous avons décidé de travailler ensemble.

Sur la pochette de l'album, tu es habillée en poupée…
C'est une jeune artiste, Peggy, dont j'achète les poupées depuis plusieurs années, à qui j'ai demandé de créer une poupée plus ou moins à mon effigie. L'univers de cette pochette est très onirique car avec cette paire de ciseaux, on ne sait pas si je vais me laisser tomber dans le vide en coupant les fils de ma propre balançoire . J'aimais l'idée de laisser une liberté totale d'interprétation à celui qui aurait le disque dans les mains.

Ma chanson préférée est Les crêpes aux champignons et je ne pense pas être la seule à l'aimer…
Non et c'est vrai que beaucoup de gens me disent que c'est leur préférée, c'est étonnant. C'est la première fois que je passe du temps sur un texte pour qu'il y ait vraiment un effet de surprise, je voulais ma chanson à chute.


O.RUIZ

Miss Meteore

Polydor/Universal Music

C'est bel et bien le buzz du moment. Impossible de passer à côté du phénomène Charlie Winston, cet auteur-compositeur-interprète britannique connu et enfin reconnu pour son talent. Tout le monde connait sa désormais célèbre chanson, Like a Hobo, et chacun peut découvrir son premier opus officiel, Hobo, dans les bacs depuis le mois de janvier dernier. Et dire qu'il a fallu attendre 2009 pour découvrir ce grand de la pop et cet album d'une rare perfection.

C'est à croire qu'il était destiné à devenir célèbre puisque ses parents, chanteurs de profession, lui ont donné un prénom peu ordinaire : Charlie pour Chaplin et Winston pour Churchill. « Mes parents voulaient nous donner des noms que nous pourrions utiliser comme des seconds noms, sur scène», explique Charlie Winston avec le sourire. Issu d'une famille d'artistes, la trentaine, il a grandi dans un hôtel, entouré de cabarets, de théâtres, de beaucoup de groupes et a donc été fortement influencé dans son choix de carrière, pour le plus grand plaisir de nos oreilles. Il faut dire que Charlie Winston possède une voix extraordinaire et un talent hors du commun qui lui permettent de se démarquer des autres artistes de la pop anglaise.

Saviez-vous que Hobo n'était pas le premier album du chanteur et qu'un premier opus, Make Way, auto-produit, avait vu le jour quelques années plus tôt, dans la plus grande intimité ? « Il y a en fait beaucoup de chansons de Hobo qui étaient sur Make Way. Mon label français, Atmosphériques, voulait sortir ce premier album physiquement mais lorsqu'ils ont entendu les nouvelles chansons de Hobo, je crois qu'ils ont été séduits. C'est pour cela qu'ils ont sorti le nouvel album, plutôt que l'ancien », continue Charlie Winston. « Beaucoup de gens ont Make Way dans leur discothèque, car je vendais cet album à la sortie des concerts de Peter Gabriel ». Charlie Winston a eu le temps de développer sa musique et sa personnalité artistique au fil du temps, à l'instar de nombreux jeunes chanteurs. Cela s'entend, certes sur Like a Hobo, mais également sur le reste du disque. Une façon d'appréhender le monde, une philosophie de vie, un sens inné de l'humain… Charlie Winston semble renouer avec la tradition des soulmen. «J'aime surprendre les gens. Je voulais d'abord faire un album qui me plaise. Je pense que l'album est très riche et que beaucoup d'expériences, tirées de ma propre vie et d'influences, s'y mélangent », déclare t-il. Voyageur et séducteur sur Tongue Tie, romantique sur I Love Your Smile ou Soundtrack to Falling in Love, malicieux sur My Life as a Duck, ironique mais grave aussi sur In Your Hands ou Kick the Bucket, engagé sur Generation Spent, profondément humain sur My Name ou Like a Hobo enfin; c'est donc un disque à son image, à la fois enlevé, enjoué et profond. C'est Peter Gabriel, qu'il avait rencontré lors d'une session fraternelle avec Tom Baxter au studio Real World en Angleterre, qui avait décidé de le prendre sous son aile. On a l'impression que Charlie Winston est né à ce moment, en 2007, lorsqu'il a assuré la première partie de Peter Gabriel sur sa tournée européenne. « Il m'a rappelé sept mois après que je lui ai donné mon CD. Il avait beaucoup aimé et il m'a dit que cela lui rappelait sa première période avec Genesis ». Un beau compliment qui promet donc une belle route à l'artiste. Le monde n'a pas fini d'entendre parler du déjà mythique Charlie Winston et de son chapeau déchiré.

Chanteuse flamboyante tout droit venue du Nord, la Norvège en l'occurence, Kristin Asbjornsen sort un album de belle facture, dense et passionnant. Interprétations de chants spirituels afro-américains, envolées jazzy pour une musique haute en couleurs. On est soufflé par sa voix, dense et sensuelle ainsi que par sa présence sur scène ! A découvrir sans plus tarder !

Tu as eu envie de proposer à tes débuts un autre type de jazz puisque tu y as mêlé la musique africaine ?
En fait je ne l'ai pas programmé de la sorte. Il s'agissait tout simplement de proposer ma musique, je composais alors beaucoup. En Norvège, il y a une longue tradition de musique jazz et nous avons la chance de compter de très grands musiciens qui sont une source d'inspiration pour moi. J'ai grandi avec des choeurs gospel et j'ai étudié le jazz expérimental. Avec ma voix, j'ai exploré et improvisé différents sons. Puis j'ai été influencée par la musique d'Afrique de l'Ouest.

La rencontre avec Ruth Reese* a été déterminante pour toi. En quoi exactement ?
En effet, quelle chance de l'avoir rencontrée ! J'avais 19 ans à peine et c'est une belle rencontre. De plus, j'ai été sa dernière étudiante et lorsqu'elle est décédée, elle m'a légué ses partitions de musique spirituelle et gospel. Elle m'a appris à faire la distinction entre le gospel et la musique spirituelle. De plus, elle m'a stimulée dans mon travail et m'a permis d'avancer.

Vous tournez beaucoup, vous aimez la scène ?
J'aime les concerts, j'ai dû en faire à peu près 200, c'est fantastique. C'est beau de constater que les chansons qui ont été importantes pour moi sont bien reçues par les gens. C'est tellement touchant. La musique est un dialogue.

Quelles sont vos sources d'inspiration ?
Tout est une source d'inspiration pour moi, la nature par exemple. J'ai grandi un peu partout en Norvège et ma musique est riche de ces contrastes dus notamment à cette complexité. Je suis connectée à la nature et apprécie aussi bien la quiétude que les rumeurs de la ville. Le Mali, pays dans lequel je me suis rendue à plusieurs reprises, est également une source d'inspiration. La musique de ce pays, ses couleurs m'ont imprégnée et je l'ai pris comme un cadeau.

* Chanteuse américiane native de l'Illinois installée en Norvège durant les trente dernières années de sa vie.

Tout juste 20 ans, une silhouette androgyne, une voix inqualifiable et envoûtante, un accent anglais parfait, de longues boucles brunes soyeuses, des lunettes improbables et un look made in Britain… c'est Sliimy. Le jeune chanteur stéphanois s'apprête à sortir son premier album, Paint your face, à la pop colorée et acidulée. Un air de Mika ? C'est certain. Mais qu'importe car cette fois, le phénomène vient de notre beau pays, la France.

Pourquoi as-tu choisi Sliimy comme pseudonyme ?
Déjà, parce que mon prénom et tout le reste, c'est secret (rires). Tous mes amis m'appellent Sliimy depuis le collège. On m'appelait aussi le spaghetti, mais bon j'en ai eu un peu marre de ce surnom là (rires). Sliimy n'est pas un personnage créé, c'est vraiment moi car je suis très mince. De plus, je trouve que les deux « i » de Sliimy sont très visuels, cela fait comme un smiley, ils sont faits pour faire sourire. Et cela sonne très bien pour la musique.

On te compare déjà à Mika. Es-tu flatté ou plutôt agacé ?

Cela ne me dérange pas du tout. J'aime beaucoup Mika et je trouve que c'est une belle comparaison. Ensuite, nous sommes différents, nous n'écrivons pas la même chose et les sonorités de nos morceaux ne se ressemblent pas du tout. C'est sûr qu'au niveau du look, je lui ressemble, mais j'ai toujours été ainsi. Je ne vais pas tuer mes parents parce qu'ils m'ont fait avec des boucles et cette tête (rires). Pour ça, je n'y peux rien, je suis simplement moi.

Comment as-tu rencontré Feed, ton binôme artistique ?
Grâce à un concours auquel j'avais participé à Saint-Etienne. J'avais écrit ma première chanson, When life, et j'ai pu l'enregistrer dans un studio. C'est là que je l'ai rencontré et nous avons décidé de travailler ensemble durant l'année de mon bac. Il y a tout de suite eu une entente et même, une certaine osmose entre nous. Aujourd'hui, nous nous amusons et c'est un véritable échange artistique. C'est la première personne avec qui je travaille et j'apprends beaucoup avec lui.

Tu ne joues pas d'instrument…

Non (il fait semblant de pleurer, ndlr). J'ai toujours voulu jouer, mais je n'ai jamais eu la chance de le pouvoir. Je vais d'ailleurs me mettre au piano bientôt. C'est une envie très personnelle de découvrir de nouvelles choses pour m'épanouir. Feed par contre est autodidacte, il joue de tout. C'est un très bon producteur et il est très inspirant. C'est rare de trouver quelqu'un comme lui aussi rapidement.

Tu as bénéficié d'un énorme buzz sur le net grâce à ton myspace et aux vidéos que tu as postées. Imaginais-tu à ce moment-là que c'était le début d'une carrière ?

Absolument pas (rires). J'ai eu mon premier blog au collège et la musique est venue un peu plus tard. Je ne m'attendais pas du tout à ce que cela prenne une telle ampleur. Lorsqu'on est tout seul chez soi sur sa chaise, devant son ordinateur, à poster des trucs, on ne se dit pas qu'un jour on va débarquer à Paris pour répondre à des interviews assis sur un fauteuil en cuir (rires). C'est très bizarre et magique.

 

Qu'est-ce qui a changé dans ta vie depuis ?
J'ai emménagé à Paris, mais c'est un choix personnel. Je ne me suis pas échappé de Saint-Étienne (rires). Mon portable aussi a changé, je reçois mes mails dessus maintenant (rires). Je bouge aussi beaucoup, c'est la course en ce moment. Il y a également des gens qui ont retrouvé mon numéro par magie (rires). Cela permet de retrouver d'anciens amis, mais il faut aussi faire attention. Heureusement, je suis entouré par des personnes qui veillent sur moi, mais bon je ne suis pas non plus naïf comme on pourrait le croire.

Tu écris et tu chantes uniquement en anglais…
Oui, cela vient de toute cette culture anglophone et de la pop que j'écoute depuis tout petit, comme les Beatles, les Bee Gees, les Scissor Sisters, Lily Allen… Cela m'a vraiment habitué à la langue. Écrire et chanter en anglais est pour moi la façon la plus simple de dire les choses et cela s'apparente vraiment à la pop. Au niveau des sonorités, c'est beaucoup moins monotone que le français. Je n'ai pas la prétention de dire que je peux écrire en français, je n'y arrive pas. Peut-être que cela viendra un jour.

Ce qui est bien avec ton album, c'est qu'on revient à une pop désintéressée, mais dont les textes gardent de l'importance…
Dans mes textes, ce que j'écris n'est pas toujours positif. J'aime bien mêler les deux aspects de ma personnalité. J'ai ce côté léger et heureux, mais également cynique et ironique. La vie n'est pas toujours facile et je ne suis pas toujours heureux, mais prendre ces choses là de façon plus légère permet de décompresser. C'était important pour moi que cela se retrouve dans mes textes et sur mon album. J'aime ce décalage parfois entre mes textes et ma musique. Ce ne sont pourtant pas des paroles super travaillées, je parle vraiment des choses simples de la vie de façon ludique.

Pourquoi avoir intitulé ton album Paint your face ?

C'est aussi le titre d'une des chansons. Et si j'ai choisi d'intituler le disque ainsi, c'est pour montrer le paradoxe et le décalage entre le côté coloré et joyeux du titre et les paroles à double sens du morceau. Il faut bien écouter les paroles et tout le monde saisira le paradoxe. Cela représente très bien l'ensemble de mon album qui est à double sens également.

Pourra t-on retrouver ta première chanson, When Life, sur l'album ?

Seulement en bonus sur l'édition limitée avec la reprise de Womanizer de Britney Spears et le titre Close & Open. Comme When Life est la première chanson, je voulais absolument la mettre, mais elle ne collait pas forcément avec l'enchaînement de l'album. J'ai commencé à écrire tardivement et du coup, j'ai un peu tout déballé dans ce morceau. D'ailleurs, cela se retrouve aussi dans le rythme qui est assez rapide. J'y parle de plein de choses, notamment du blues.

Tu as déjà réfléchi à l'aspect visuel de tes concerts ?

Pour l'instant, nous donnons des concerts assez simples. Je développe plus le côté artistique, je chante et je m'amuse. Le contact avec le public est aussi essentiel. Mais on y travaille pour faire quelque chose de plus en plus cool, surtout que les chansons de l'album ressortent beaucoup plus sur scène. J'en suis assez content. Et j'aimerais faire un duo avec Lily Allen, un jour… (rires).

Aux Victoires de la Musique 2005, la France découvrait Ridan, qui remportait à cette occasion le titre de « meilleur espoir de la chanson française ». Deux ans plus tard, on ne présente plus l'artiste dont les deux premiers albums ont unanimement séduit les critiques. Son troisième opus, L'un est l'autre, sonne comme un espoir après deux albums très inspirés et fondamentalement noirs. Ridan, pour qui la musique est un « voyage au centre de lui-même », nous offre ici un album riche en nuances, aux textes fins et engagés, traduisant les émotions humaines avec une aisance  déconcertante. Entretien avec cet écorché vif, éternel rêveur épris de langue française.

Les critiques ont accueilli très favorablement tes deux premiers albums. Tes textes, notamment, ont été particulièrement bien perçus. Te sens-tu fier d'incarner un renouveau de la chanson française ?
La fierté c'est une chose que je digère assez mal en général, parce que je n'ai pas l'impression de faire quelque chose d'exceptionnel. Je fais juste ce que j'aime, donc je suis flatté plus que fier.

Mais lorsque l'on te compare à des Brassens ou à des Renaud, qu'est ce que tu ressens?
Sincèrement le seul point commun entre Renaud et moi, c'est le bandana, peut-être… (rires). Je ne peux pas me comparer à ces artistes, ce sont des entités énormes, ils représentent beaucoup, et je n'ai pas la prétention d'être comparé à eux, même si cela me touche.

Tu es un artiste engagé, l'écriture pour toi, doit nécessairement dénoncer?
Je pense qu'un artiste voit son écriture conditionnée par la réalité qui l'entoure. On vit dans un monde assez dur, c'est la réalité, et c'est cela que l'on ressent dans mes textes.

Dans stars minutes, tu dénonces le principe de ma télé réalité, qu'est ce que tu déplores le plus dans ce système ?

Le drame que vit une bonne partie de ces gens-là. Même le moins talentueux de ces jeunes artistes, c'est quelqu'un qui rêve, et il tue son rêve sans le savoir. C'est cela qui me touche. Quand on propose de fabriquer des artistes, on tue tout le concept d'art. Les artistes se révèlent, et ils se révèlent au travers de leur vie, de leurs expériences, de leur sensibilité. C'est la différence entre écrire un album et fabriquer un CD.

Dans une interview précédente, tu qualifiais la musique de « voyage au centre de toi-même ». Pourquoi un tel besoin d'écriture ?

Je pense qu'on a tous besoin de trouver son équilibre. Il faut se remettre en question pour savoir qui l'on est. Je suis en permanence en train de me découvrir. Je me surprends parfois à être capable de faire certaines choses. Il y a 10 ans, je ne me voyais pas monter sur une scène ! Pour être en phase avec toi-même, il faut que tu fasses ce qui te permet d'être toi-même. Dans mon cas, écrire est une sorte de thérapie.

Tu fais beaucoup de scènes, tu penses que le live et le contact avec le public donnent une autre dimension à la musique ?
Oui complètement. Ça peut paraître démago, mais les concerts sont très fraternels. D'un seul coup, tu vis avec des gens que tu ne connais pas un instant très intime. C'est un moment privilégié. Ce qui me frappe le plus, ce sont les expressions du public. Puisqu'on dit que le regard est le miroir de l'âme, alors c'est fascinant d'avoir 10000 paires d'yeux en face de toi. Ce qui est difficile c'est de ne pas développer l'égocentrisme qui naît souvent de ce type de situation…

Et de ce point de vue-là, tu penses que tu gardes la  tête froide ?
Tant que mon père m'appelle une fois par semaine pour me souvenir de sortir les poubelles, ça me rappelle qui je suis…(rires)

Tu as le don de mettre le doigt sur des sujets qui sont très parlants, c'était le cas dans le rêve ou la vie et l'on retrouve cela dans L'un est l'autre. Parler de sujets qui touchent les gens c'est important pour toi ?
Oui bien sûr, même si au départ ce n'est pas calculé. J'exprime des souffrances et des sensibilités qui sont miennes, mais que partagent parfois d'autres gens. J'essaye d'apporter une vision différente et non pas une solution, car c'est la différence entre un moralisateur et un artiste dit « engagé ». J'ai une vision qui m'est propre, j'ignore quelle dimension elle peut prendre, mais plus elle touche les gens, plus j'en suis heureux évidemment.

Le titre de l'album, L'un est l'autre est synonyme de fraternité; est ce qu'il clôt la boucle des deux premiers albums avec une réponse à toutes tes interrogations : la réponse est dans l'autre ?
C'est exactement ça. On passe son temps à se poser des questions, mais non seulement la réponse est dans l'autre, mais l'amour de soi passe par l'autre. Quand je dis « l'autre », je parle de l'autre moitié qui me complète. Je ne parle pas au sens amoureux du terme. L'autre moitié, ça peut être le monde, ça peut être un frère, un père. J'aime les gens, ils sont pleins de richesses, de diversité. On a tous à apprendre les uns des autres.

Le premier morceau d'un album est toujours important. Quel est le message d'On est comme on naît ? Une référence à ta double identité de chanteur français d'origine algérienne?
Le message, c'est d'apprendre à s'aimer avec ses forces et ses faiblesses. C'est la combinaison des deux qui permet l'équilibre Pendant trop longtemps la différence n'a évoqué que de la peur. Il est important qu'aujourd'hui tout le monde soit conscient que la différence c'est une richesse.

Tu termines l'album par un morceau dans un style rap, qui tranche avec les autres chansons, c'est un clin d'oeil à ton passé, je pense notamment à ton appartenance à 30 rappeurs contre la censure?
Oui, c'est aussi un moyen de fermer la boucle. La musique n'est pas une histoire de tempo ou de mélodie, c'est une ligne droite qui s'étend à l'infini et que chacun arpente selon ses envies. Un artiste peut, s'il le souhaite passer d'un style à un autre. C'est ce que je voulais expliquer en concluant ainsi mon album.

Il est des destins dignes de conte de fées. Ayo, née d'une mère gitane dont elle récupère le virus du voyage et de la rencontre, et d'un père originaire du Nigéria qui, émigré en Allemagne, lui transmet son amour de la musique, ne cesse de nous enivrer avec sa voix feutrée mais puissante, de nous attirer comme de pauvres papillons vers sa douce lumière. Révélée en 2006 avec son premier album Joyful, sorti dans 40 pays et vendu à plus de 450 000 exemplaires dans l'Hexagone, la jeune femme revient avec un deuxième opus, plus rythmé mais toujours épuré, intitulé justement Gravity At Last.

Peut-on revenir sur les deux années qui viennent de s'écouler, depuis la sortie de ton premier album ?
Ayo :  Les deux dernières années sont passées tellement vite. J'ai débuté ma carrière en France, mais j'ai rapidement commencé à travailler à l'étranger, afin de tourner et de promouvoir mon album. Je me sens bénie et je suis consciente que peu de personnes ont cette chance de pouvoir faire ce qu'ils aiment.

Maintenant que tu as un pied aux États-Unis…reste t-il une place pour la France ?
En fait, je ne suis pas connue aux États-Unis. Je suis toujours une jeune artiste en devenir là-bas. Mais peu importe ce qui se passera, l'Europe, et en particulier la France, restera l'endroit où j'ai commencé. C'est ici que se trouvent mes bases, mes origines musicales.

Pourquoi avoir posé tes valises aux Bahamas début 2008 ?
Je suis partie aux Bahamas pour enregistrer Gravity At Last. Je pensais que cet album avait besoin d'être enregistré dans un environnement chaud. Je voulais que chacun transpire, au sens propre comme au figuré, durant l'enregistrement, afin que la chaleur se ressente dans la musique.

Tu as enregistré dans les mythiques studios de Compass Point, comme Bob Marley, les Rolling Stones ou les B 52's. Quel souvenir en gardes-tu ?
J'aime Compass Point. Terri et Sherri, les propriétaires, sont les personnes les plus charmantes que j'ai pu rencontrer depuis longtemps. L'équipe, là-bas, nous a fait nous sentir comme une vraie famille. Et bien sûr, cela ne fait pas de mal de savoir que certains des plus grands artistes ont enregistré là aussi.

Tu as voulu travailler en analogique, à l'ancienne, entourée d'instruments vintage…
Le son analogique est un son plus chaud et plus chargé que le son numérique. Cela dit, nous avions l'habitude d'utiliser la technologie numérique plus naturellement, puisque le studio contenait les deux équipements. Finalement, j'ai pu travailler avec le meilleur des deux mondes.

Ton album est encore une fois épuré. C'est ainsi que tu considères la musique ?
Je n'ai pas vraiment de philosophie musicale. Tout ce qui a été créé est venu naturellement, et je n'ai pas pensé de manière conceptuelle. J'écris pendant mes voyages, en fonction de ma vie. Je n'ai rien préparé avant l'enregistrement et la plupart du temps, je n'ai fait qu'une ou deux prises par chanson.

Il paraît que tu as enregistré en cinq jours ?
Beaucoup des chansons de l'album existaient déjà. Comme avec mon premier album, j'ai eu la chance de jouer ces chansons en live, je les ai laissées mûrir avant l'enregistrement. Je pense que c'est ce qui fait que je peux enregistrer si rapidement.

Il y a plusieurs styles musicaux dans cet album. Est-ce une nécessité pour toi ?
Il n'y a pas d'autre but que la musique en elle-même quand on fait un album. Je ne choisis vraiment rien. Les couleurs de mes morceaux sont le résultat de tout  ce que j'aime, mais également de l'endroit où je me trouve, de ma vie. Mon écriture est très personnelle et basée sur mes propres expériences. C'est pour cela qu'il y a plusieurs styles, et non pas un seul et unique.

Maybe est une chanson magnifique aux accents blues…
J'ai eu l'opportunité de pouvoir travailler avec Lucky Peterson qui est l'un des plus grands pianistes que j'ai rencontrés. Cet homme est « le » bluesman par excellence. Il m'a aidée à apporter les bonnes couleurs pour cette chanson. Maybe est aussi intime et universelle que peut l'être n'importe quelle chanson d'amour.

Tu ouvres sur I Am Not Afraid, une chanson aux couleurs et à la chaleur africaine…
Ce morceau est devenu le premier de l'album une fois que tous les autres eurent été achevés. Cela n'a pas vraiment été un choix de mettre I Am Not Afraid en premier, cela s'est plutôt imposé au regard de son énergie, en parfaite concordance avec celle de l'album dans son intégralité. Quant au style de la chanson, j'ai une part de culture africaine, puisque mon père est Nigérien, il était donc naturel qu'elle se retrouve dans ma musique.

L'amour reste ton thème prédominant. Es-tu une grande amoureuse ?
Oui, je suis une amoureuse de musique, une amoureuse de l'amour et une amoureuse de la vie. La chanson Lonely est à première vue une simple chanson d'amour, mais je l'ai écrite pour mon père. Je pense que les paroles parlent d'elles-mêmes et permettent de découvrir comment je suis. La famille et l'amour vont de pair, il me semble.

Ton album s'intitule Gravity At Last. Ce n'est pas un hasard ?

Ma vie s'est écoulée incroyablement vite ces deux dernières années, j'ai été beaucoup occupée et de nombreuses choses se sont passées. Mais au milieu de tout cela, j'ai grandi et je me suis plus concentrée sur ma famille, j'ai également pris en maturité puisque aujourd'hui, je suis plus femme et je suis aussi maman. Cela a mis du temps à venir.

Parle-moi de ton premier single Slow Slow, que tu aurais paradoxalement pu appeler Run Run ?
A.: Je l'ai appelée Slow Slow tout simplement parce qu'il y a beaucoup trop de chansons dans le monde qui s'appellent Run Run. C'est l'un des morceaux les plus rythmés de l'album, même si je pense que le plus rythmé reste I Am Not Afraid. Je souhaitais que le premier single reflète parfaitement l'album qui est beaucoup plus dynamique que le premier.

La dernière chanson de ton album, Thank You, termine en beauté ce deuxième opus. Merci à qui et pourquoi ?
A.: Ne devrions-nous pas être tous reconnaissant envers les gens qui font partie de nos vies, les vies que nous vivons ? Je remercie les gens qui m'ont soutenue toutes ces années et qui m'ont permis d'arriver là où je suis aujourd'hui. La chanson commence par ceux qui ont cru en moi, puis continue par ceux qui ont acheté ma musique, et enfin par ceux qui sont venus à mes concerts. Je leur dois beaucoup. Alors merci encore à vous tous.

Son dernier album, La suite… (nouvelle édition), était sorti en 2006. La Grande Sophie revient en ce début d'année 2009 avec un nouvel opus, Des vagues et des ruisseaux, aux couleurs acoustiques et organiques, qui invitent sans nul doute à l'écoute attentive et à l'évasion. Différente, la Grande Sophie paraît heureuse lorsqu'elle évoque son disque. Celui de la maturité ? Oui et non. « Heureusement qu'avec les années, je ne régresse pas », dit-elle dans un éclat de rire. Une œuvre dans la logique des choses, dont la pureté épate, enivre même…

Pourquoi avoir mis si longtemps à sortir ce nouvel album ?
J'ai beaucoup enchaîné depuis quelque temps entre mes tournées et mes deux précédents disques. Il n'y a pas eu de coupure au milieu. J'avais donc besoin de prendre un peu de temps pour moi. Je n'ai pas vraiment fait les choses dans l'ordre parce que, après la tournée pour mon dernier album, je suis revenue pour une deuxième tournée en solo. C'était important que je le fasse et c'était vraiment le bon moment par rapport à l'album qui allait suivre. Avec cette tournée solo, je suis entrée dans une phase de recherche qui m'a permis de retrouver mon public dans des salles plus intimes, puisque j'avais terminé ma précédente tournée au Zénith. J'ai complètement réarrangé mes morceaux, ce qui m'a donné beaucoup de nouvelles idées. C'est pour cela que je suis rentrée en studio assez sereine.

Tu viens donc de la scène. Préfères-tu les petites ou les grandes salles ?
Avant, je pensais que je préférais les petites salles, jusqu'à ce que je fasse le Zénith. Je me demandais si cela allait me plaire et j'ai été très surprise. Je m'y suis éclatée. On prend des plaisirs différents en fonction du nombre de personnes qui viennent nous voir en concert. Dans chaque lieu, je trouve mes points de repère. Je n'ai pas encore joué seule à Bercy, mais j'aurais envie de le tenter. C'est important pour moi de voir les gens et d'avoir un contact avec mon public, c'est ce qui fait que j'aime les petites salles. Mais les grandes salles, c'est quand même grisant.

Ton nouvel album est beaucoup plus acoustique que les précédents…
Sur cet album, j'ai voulu changer plein de choses. Déjà, je voulais une vraie place pour la voix. C'était important pour moi d'arriver à tenir ce défi car lorsque je rentre en studio, je me dis toujours que je veux quelque chose d'épuré et de sobre, et je n'arrive pas forcément à tenir. Les idées arrivent et l'on empile les pistes. Mais cette fois, j'ai respecté mon idée de départ. J'avais aussi envie d'aller un peu plus dans l'émotion qui est une facette que j'avais peu abordée avant. Je n'avais jamais osé par pudeur. J'avais aussi besoin d'une énergie plus posée. Tous mes albums sont différents, mais celui-ci est peut-être encore plus particulier.

Peux-tu expliquer le titre de ton album, Des vagues et des ruisseaux ?
J'ai mis un certain temps à trouver le titre du disque. Et j'ai eu un déclic. C'est le titre de l'une de mes chansons et je trouvais que cela me représentait parfaitement. J'avais l'impression que les vagues, c'était moi sur scène, et que les ruisseaux, c'était ce que j'arrivais à poser maintenant. C'est un mélange très imagé car cela représente aussi les hauts et les bas de la vie. Je trouvais que cela faisait partie des thèmes que j'aborde assez régulièrement. Dans cet album, les relations des uns et des autres, arriver à mettre des mots sur des impressions, sont quelque chose de récurrent. Le nom représente bien l'album, et au niveau de la couleur, c'est très boisé, voire acoustique et organique. Il y a de la contrebasse que je n'avais jamais utilisée par exemple.

Tu as choisi de travailler avec Edith Fambuena…

Je pensais à elle depuis un certain moment, je l'avais d'ailleurs déjà invitée sur scène. Elle chante, elle compose, et elle a travaillé en tant que réalisatrice avec Étienne Daho, Alain Bashung, Guillaume Cantillon, Pauline Croze… C'est l'une des rares artistes françaises à être aussi complète. Et c'était l'une des seules à pouvoir se mettre réellement à ma place à chaque instant et qui pouvait me comprendre. Elle travaille avec la maïeutique, c'est-à-dire qu'elle est là pour faire accoucher les autres. Beaucoup de choses venaient de moi et elle me tendait des perches pour les améliorer. Du coup, j'ai été très active en studio, aussi bien avec les musiciens qu'avec mes arrangements. Elle m'a vraiment mise en confiance.

Pourquoi avoir choisi de livrer certains morceaux lors de ta tournée acoustique, avant même qu'ils soient sur un album ?

Parce que je suis très impatiente (rires). Dès que je termine un titre, j'ai envie de le jouer et qu'il existe. On essaye de me calmer, mais je suis comme ça, un point c'est tout. J'écris beaucoup, donc j'arrive à faire des choix. Il y en certains qui sont destinés à la scène et qui n'iront pas avec la couleur de l'album. Mais peut-être qu'ils iront avec la couleur d'autres albums. En attendant, je continue de les jouer.

Tu ouvres ton album sur la chanson Pardonner. Pourquoi ?
C'est la dernière que j'ai écrite et je lui laisse la première place. Je trouvais que le violoncelle au début du morceau était une belle ouverture pour l'album.

Tu as écrit une valse. Comment t'est venue l'idée ?
Cette chanson a une histoire par rapport à ma tournée solo. Ce n'était pas une chanson à la base. Elle est arrivée car je voulais présenter mon équipe sur une musique entêtante, quelque chose à trois temps. Je finissais mes concerts comme ça et comme j'aimais bien cette ritournelle un peu nostalgique, j'ai voulu la mettre sur mon album. Il s'est passé plein d'événements, j'ai notamment perdu mon éditeur avec lequel je travaillais depuis dix ans. Il est parti avant d'avoir pu écouter mon album. Tout est parti de là, et je me suis retrouvée à écrire La valse des adieux.

Tu clos l'album sur une reprise de Barbara…
C'est une autre histoire. Je ne pensais pas chanter du Barbara, c'est un tel monument pour moi. J'ai rencontré une journaliste et à la fin de l'interview, elle me dit qu'on lui a proposé de faire une conférence chantée sur Barbara, et qu'elle ne le ferait que si j'acceptais aussi. Elle m'a collé la pression (rires). J'ai réfléchi et je me suis mise à réécouter Barbara. J'ai pris ma guitare et j'ai sélectionné six titres. J'ai travaillé pour me les approprier. J'ai accepté de faire la conférence chantée à la Rochelle. J'ai trouvé que le titre, Dis quand reviendras-tu, collait parfaitement à la couleur de mon album. Je ne me suis donc pas posé de question.

Émanation de toute une génération sacrifiée et refermée sur elle-même, réfugiée dans les addictions, le son de OrelSan, rappeur de 25 ans, brise les codes. Dénonçant le fossé entre les générations, les textes efficaces de vérité, à la fois crus et complètement fous de son premier opus, Perdu d'avance, rassemblent et touchent la corde sensible. Nous on s'en bat les couilles de ce que disent les gens, OrelSan est un rappeur différent : un jeune qui nous représente vraiment. Et c'est ça qu'on aime.

Crois-tu que ce soit plus dur pour quelqu'un qui vient de province de se faire connaître ?
Je ne sais pas ce que c'est que de venir de Paris, donc je ne peux pas comparer. Tous les sons de mon album ont été faits avec Skread, mon pote de toujours et producteur de Booba, Diam's ou encore Nessbeal. Nous sommes comme un groupe finalement. J'habite à Caen et d'un point de vue relationnel, c'est sûr que cela a ses défauts. Je ne vais pas aller à telle ou telle soirée par exemple, je ne vais pas croiser telle ou telle personne importante. Mais cela a ses bons côtés aussi car cela me permet d'avoir du recul sur les choses et de raconter un autre style de vie.

Comment as-tu signé avec 3ème Bureau, le nouveau label de Wagram ?
Tout a commencé sur internet, il y a eu un buzz autour de moi. Pas mal de maisons de disques m'ont contacté suite au clip de la chanson St-Valentin que j'avais mis sur myspace. 3ème Bureau est quasiment venu me chercher en dernier. Ce que je voulais, c'était une petite équipe qui comprenne vraiment mon délire. J'avais peur de me perdre dans une grosse structure. Je suis très attaché à mon image et à mon éthique, il y a des choses que je ne suis pas prêt à faire pour réussir, je ne veux pas être un produit. Avec 3ème Bureau, je suis vraiment en famille.

Quelles sont tes influences musicales ?
Mon vrai kiff, c'est le rap américain des années 90, comme Jay-Z, Mobb Deep… et j'écoute aussi pas mal de rap underground. J'aime également le mélange des genres. Par exemple, dans la chanson Jimmy Punchline, nous avons mélangé un bit vraiment « old school » avec un son plus
« dirty » et plus actuel. Ce qui est important, c'est que l'instru serve bien la chanson. Je pense qu'un bon album est à la fois homogène et différent.

Yelle réclame un duo avec toi via la presse. Tu penses que ce serait possible ?

Peut-être plus tard. Je n'ai pas mis de featuring dans l'album, excepté Gringe car nous formons un groupe. Il y a aussi Ron Thal, le guitariste des Guns N'Roses, qui est venu jouer sur Peur de l'échec, car je suis fan de ce groupe. Pour l'instant, j'ai envie de faire mûrir mon univers et ensuite, j'envisagerai les duos improbables. Si je faisais un featuring avec Yelle aujourd'hui, j'aurais l'impression de me mettre plus dans son délire à elle, plus électro.

Quel est donc le style OrelSan ?
C'est un style très personnel. J'essaye de faire une musique qui me ressemble, ce qui donne un mélange de cru et de farfelu. Derrière l'humour, il y a des revendications ou une sorte de mal-être qui s'exprime. Derrière des titres plus sombres, il y a des choses beaucoup plus personnelles qui vont parler aux gens. J'essaye de raconter ma vie sans trop tricher, même si parfois tu es un peu obligé, sinon les gens ne comprennent rien (rires).

Le titre de l'album, Perdu d'avance, est aussi le titre de l'une de tes chansons…
Oui, j'aime bien l'expression « perdu d'avance ». Tu peux la prendre sous des angles différents. La chanson est là pour dire que j'ai un petit côté poissard. Je viens de province, je fais un rap différent qui ne plaira pas forcément à tout le monde, je vais donc sûrement sortir un disque qui partira aux oubliettes. C'est le côté pessimiste de « perdu d'avance ». Mais tout au long de l'album, on peut prendre l'expression au sens où ça va me booster et je vais faire un truc fantastique.

As-tu peur de l'échec, comme le dit ta dernière chanson ?
La peur de l'échec est constante chez moi et motive ma vie. Il y a beaucoup de choses que nous ne faisons pas car nous avons peur d'échouer et c'est un sentiment qui touche beaucoup de jeunes. Je ne sais pas si j'arrive à passer au-dessus, tout dépend de ma mentalité à un moment donné. Parfois, tu auras cette peur d'échouer collée au ventre et tu vas t'enfermer dans un genre de sable mouvant, une sorte de phobie folle qui peut t'emmener loin (rires).

Tu parles de syndrome de Peter Pan. 25 ans et 14 ans d'âge mental ?
Je suis un peu nostalgique d'avant, je kiff toujours les dessins animés, les fringues, je suis loin d'être casé, j'ai une certaine naïveté, je suis encore en train de croire à des trucs fantastiques… C'est pour ça que je parle de syndrome de Peter Pan. D‘ailleurs je le dis dans l'une de mes chansons, bientôt 26 ans et toujours en pleine crise d'adolescence. Il y a plein de jeunes de ma génération qui sont un peu comme ça aussi…

St-Valentin est le morceau qui t'a révélé…
Oui, c'est un morceau écrit pour dire que le 14 février, ça casse les couilles des mecs. Nous n'avons pas envie de mettre des costards ni d'emmener notre copine au resto, nous n'avons pas envie de faire comme tout le monde car nous sommes des rebelles de la life (rires), nous n'avons pas envie d'être romantique, alors nous nous sommes demandés, avec Gringe, ce qui pouvait être complètement anti romantique. La réponse, c'était le cul. Du coup, nous sommes partis dans ce délire de dire à une fille tout le contraire de ce qu'elle veut entendre ce jour-là…

Superbus est de retour avec Lova Lova. Le quatrième opus du groupe électrique, emmené par Jennifer Ayache, avec un son des années 80 plus électro. Un disque très parisien en fait, qui évoque la capitale la nuit et ses cabarets. Et le thème promet d'être joliment décliné sur scène. Superbus ne perd décidément pas de sa superbe. Rencontre avec Jennifer, Patrice, Michel, François et Greg, qui évoquent une à une les chansons de leur nouvel album.

Track 1 – Nelly
Jennifer : C'est la suite de la chanson Lola (sur l'album Wow, ndlr). Les deux chansons se complètent. Comme d'habitude quand j'écris, je pars d'une onomatopée ou d'une syllabe qui sonne, et de là, après « Allo Lola », j'avais « Nelly est là » (rires). C'est comme ça que c'est devenu la suite.
Patrice : Pour les fans du précédent album qui se sont demandés qui pouvait bien téléphoner à Lola, ils auront leur réponse.
Jennifer : Sachant que Nelly est une fille… Enfin chacun y voit ce qu'il veut (rires).

Track 2 – Addictions
J. : C'est le premier morceau que j'ai écrit après notre dernière tournée. Il est donc vraiment dans la continuité de Wow. Cela parle des différentes addictions que l'on peut avoir, mais je précise que ce ne sont pas les drogues ou ce genre des choses (rires).
P. : On ne l'a pas mis en premier sur l'album pour des raisons musicales. Et surtout parce que l'on aime raconter une histoire tout au long du disque. La tracklist est très importante pour nous et le morceau sonnait mieux en second.

Track 3 – I Wanna Be U
François : Et bien en fait, cette chanson parle de moi (rires).
P. : Ce morceau est musicalement plus lourd que les autres.
J. : Pour moi, il sonne justement très cabaret. Il y a beaucoup de piano et de trucs un peu glamour. C'est un morceau très féminin car je trouve que ce sont plutôt les filles qui ont le plus envie de ressembler à d'autres filles, d'être quelqu'un d'autre. C'est quelque chose qui arrive moins chez les garçons.
P. : Nous avons moins besoin de modèles, nous (rires). Mais c'est une possibilité pour nous aussi d'exprimer notre féminité quelque part (rires).

Track 4 – Hello Hello
J. :  C'est aussi un morceau qui se trouve être dans la même veine que Wow. Il est très planant, avec un son des années 80.
P. : Cela parle de trouver le bien-être dans le regard de l'autre.
J. : Il y a des thèmes, comme l'amour, qui reviennent souvent dans l'album. Tout ce que j'écris vient de ce que je vis, de ce que j'observe. Je ne me lève jamais le matin en me disant que je dois écrire sur tel ou tel thème. J'ai toujours tout écrit dans ma chambre, c'est mon endroit.

Track 5 – A la verticale
J. : C'est un morceau très français et c'est vachement plus rigolo d'essayer de faire sonner les mots en français qu'en anglais. Il pourrait ressembler à l'esprit du film La Boom, avec ces espèces de vieux slows des années 80.
P. : Il n'y a pas de guitare. Ce morceau est volontairement épuré, suite à l'insistance de notre chanteuse.
J. : C'est la première fois que l'on fait un morceau aussi aéré, avec très peu d'arrangements et aussi lent.

Track 6 – Just Like The Old Days
J. : C'est le premier des deux morceaux complètement en anglais sur l'album (l'autre étant Keyhole, ndlr). Il se danse très bien, il est fait pour faire la fête et j'en suis vraiment très fière.
P. : En souvenir du bon vieux temps et de l'insouciance de la jeunesse. Il est encore plus dansant que tout ce qu'on a pu faire avant. C'était le maître mot de Jennifer qui n'arrêtait pas de nous dire qu'il fallait que ça danse.
F. : C'était un enfer, on a passé notre temps à essayer de danser (rires).

Track 7 – Gogo Dance Show
P. : C'est le morceau le plus rock du disque sur ce thème sexy du cabaret, avec toutes ces call-girls. Nous aurions même pu le jouer pour l'investiture de Barack Obama (rires).
J. : Cette chanson est drôle car notre manager, qui est Anglais, est intervenu dessus. Il parle sur la bande comme pour répondre à ce que je dis. Il se fait passer pour un Anglais qui arrive à Paris, un peu perdu au milieu de toutes ces nanas qui lui font des strip-teases.
Greg : Mais il n'interviendra pas avec nous sur scène. C'est trop dangereux, il ne vaut mieux pas. Nous avons déjà évité qu'il ne chante (rires).

Track 8 – London Town
J. : Ce morceau reflète l'ambiance que je ressens quand je suis à Londres.
F. : Et quand elle y va, il y a de l'ambiance. Sinon ils se font chier là-bas (rires).
P. :  Non mais en fait, quand tu vas à Londres avec ton/ta chéri(e) et que tu écoutes London Town avec ton MP3, ça le fait grave…

Track 9 – Call Girl
J. : J'ai toujours été hallucinée qu'on puisse appeler des filles et les payer pour…
F. : Cela s'appelle de la prostitution (rires).
P. :  Oui, mais dans notre chanson, notre call-girl est une escorte, elle ne fait pas le tapin.
F. : En gros, c'est Michel (rires).

Track 10 : Apprends moi
J. : C'est le morceau kitch de l'album et le texte est aussi kitch que la musique. Apprends-moi les choses de la vie (rires).
F. : C'est l'une des chansons les plus fun que nous ayons faites. Elle a été modifiée tellement de fois. Pour le délire, j'ai même rappé dessus, mais cela n'a pas été gardé.
J. : Parce que tu n'assumais pas, sinon nous l'aurions laissé (rires).

Track 11 – Keyhole
P. :  Nous sommes fan de ce morceau. On n'a pas l'impression que c'est nous quand on l'écoute. C'est encore plus dark que ce qu'on fait de dark habituellement. Nous préparons actuellement des acoustiques et nous l'avons essayé en acoustique justement. Il fonctionne très bien alors qu'il très électro.
J. : Il est très surprenant. Pour moi, c'est le meilleur morceau du disque.

Track 12 – Lova Lova
P. :  Le clou du spectacle (rires).
J. : Patrice a composé la musique et il me l'a faite écouter. J'ai trouvé ça génial et j'ai écrit un texte dessus. C'est le morceau, un peu foufou, qui reprend tous les autres, c'est pour cela que c'est le titre de l'album. Cela parle des danseuses du Crazy Horse, avec leurs talons aiguille et les lumières sur leurs corps.
P. : C'est le dernier morceau que l'on a créé et nous en sommes plutôt contents.

Il serait étonnant que le public passe à côté du premier album de La Casa : Les trucs abîmés. À force de monter des festivals, d'aider les copains à monter le leur, il était temps qu'ils débarquent avec un disque bien à eux et dont tout le monde peut profiter. Désormais membres de la grande famille du rock, le duo trentenaire n'a pas fini de surprendre, à en juger par leur tout premier single Go Go Go.

Pouvez-vous présenter La Casa ?
Jeff : Bien sûr, nous pouvons nous présenter. Je suis Jeff, je fais de la guitare électrique et je participe à la mise en musique des chansons de Pierrot.
Pierre : Moi, je suis Pierrot. Je suis celui avec les lunettes sur la pochette. Je chante, j'écris et je compose les mélodies que je propose ensuite à Jeff et sur lesquelles on travaille ensemble, en duo.
Jeff : Et donc moi c'est Jeff… (rires)

Comment est né le groupe ?
Jeff : Cela fait 15 ans que nous faisons de la musique ensemble et 10 que nous avons décidé d'en faire notre métier. Pendant 7 ans, nous avons fait partie d'un groupe, La sainte java, qui était en quelque sorte notre laboratoire musical puisque nous y avons joué tous les styles, du rock alternatif au reggae, en passant par une période seventies/punk. Nous avons décidé, il y a 3 ans de nous réunir autour des compositions de Pierre et de former La Casa.

Vous êtes amis d'enfance…
Jeff : En fait, nous sommes amis depuis plus que l'enfance, car nous avons 30 ans et nous nous connaissons depuis exactement 30 ans.
Pierre : Nos parents étaient amis. D'ailleurs, quand nos parents se réunissaient, nous organisions des spectacles.
Jeff : C'est vrai, nous faisions un show live à chaque fois avec les petits frères, les petites sœurs… (rires). Nous faisions du clavier, nous mettions des chapeaux et des costumes.
Pierre : C'était énorme. Du coup, nous avons commencé à faire ça aussi pour nos copains.
Jeff : Et de fil en aiguille…

Avez-vous pris des cours de musique ?
Pierre : J'ai pris des cours de clavier, mais cela n'a rien donné.
Jeff : Et moi, j'ai pris des cours de guitare avec son prof de clavier, et bizarrement, ça n'a rien donné non plus (rires).
Pierre : Nous sommes de vrais autodidactes. Nous nous sommes mis à la guitare comme beaucoup d'adolescents. Jeff avait d'ailleurs les cheveux longs.
Jeff : La guitare, c'est cool (rires).

Quelles sont vos influences musicales ?
Jeff : Plutôt la musique américaine, comme Calexico, Cake, Beck.
Pierre : Gainsbourg aussi. Mais il n'y a pas un de ces artistes qui a plus influencé l'album qu'un autre, car c'est toute notre vie qui est un peu digérée dedans, tout ce qu'on a vécu, de la musique qu'on écoutait à 20 ans à celle que nous écoutons aujourd'hui.

Comment avez-vous choisi le nom du groupe ?
Pierre : Ah l'histoire…
Jeff : Il y a 4 ans, nous vivions en collocation avec deux amis. Nous avions créé un petit studio à la cave et c'était devenu comme une sorte de maison du bonheur pour nos copains qui passaient tout le temps. Nous l'avions surnommé « La casa de la felicidad » car à l'époque, nous aimions parler en espagnol. D'ailleurs, nous lui avions même créé une pancarte, placée devant l'entrée. Du coup, au moment de signer notre contrat, nous avons dû choisir un nom. C'est de là qu'est venu La Casa.

Vous avez 30 ans tous les deux…
Pierre : Nous n'avons que 15 jours d'écart. Je suis né le 24 février 1978 et Jeff est du 12 mars 1978.

… le succès, vous l'attendez ou vous ne faîtes pas de plans sur la comète ?
Pierre : Ah, merci pour le plan sur la comète qui est l'un des titres de notre album.
Jeff : Arriver à être signé, c'est un combat. C'est donc une récompense d'arriver là où nous sommes aujourd'hui. Nous aurions bien aimé que cela vienne plus tôt…
Pierre : … mais le fait que cela arrive plus tard, je trouve que c'est mieux car nous assumons vraiment notre album, nous en sommes vraiment fiers. Peut-être que si c'était arrivé avant, cela aurait été du gâchis. C'est le bon moment pour nous.
Jeff : Nous savons pourquoi nous sommes là et nous en profitons à fond.
Pierre : Pour nous, le succès, c'est de vendre suffisamment d'albums pour en faire un deuxième, organiser des tournées et pouvoir vivre de la musique. Ce n'est pas la même notion qu'on peut en avoir à 18 ans. Mais nous ne serions pas non plus contre le fait que cela cartonne (rires).

Est-ce plus facile de travailler entre amis ?
Jeff : Il est très lourd.
Pierre : Il dit des choses pas très intelligentes (rires). Mais je pense que c'est plutôt une force.
Jeff : C'est une faiblesse (rires). Mais je pense qu'on se complète et cela nous fait avancer très vite.
Pierre : Notre relation est compliquée car nous sommes les meilleurs amis du monde et il faut que l'on dépasse ça. Nous sommes collègues, donc 24h/24 ensemble. On essaye de s'éloigner un peu de temps en temps.
Jeff : Il y aura peut-être un clash un jour, mais on ne se le souhaite pas. Nous sommes assez cash pour se dire les choses. Et assez tolérants pour accepter sa connerie…
Pierre : …et ses blagues intelligentes (rires).

Pourquoi avoir intitulé votre album Des trucs abîmés?
Jeff : C'est le titre de l'une de nos chansons qui résume tout à fait l'album, dans le sens où elle a été l'une des premières à voir le jour. C'est celle-ci qui a été le détonateur pour savoir comment allait sonner ce premier disque. On y retrouve les vieux claviers qui craquent, le petit gimmick de guitare bling bling dans le refrain, la façon de faire sonner les trompettes… Nos instruments sont un peu abîmés et nous aussi. Des trucs abîmés sonnait donc bien pour un nom d'album.

Vous ouvrez l'album sur le 2 novembre. Pourquoi cette date ?
Pierre : Je suis content que tu me demandes de te raconter cette histoire car je l'aime beaucoup. Le 2 novembre 2005, un matin, je sors de chez moi sous un ciel noir et menaçant car j'avais rendez-vous au studio. J'avais seulement 300 m à faire à pied et je suis arrivé trempé. Je me suis retrouvé en caleçon, à faire sécher mes vêtements sur le radiateur, les cheveux dégoulinant et de la buée sur mes lunettes. J'avais un bout de papier alors je me suis mis à écrire le texte de la chanson d'un seul trait.

La scène est importante pour vous. Quelle serait la scène idéale ?

Jeff : C'est une bonne question.
Pierre : Jouer devant 40 000 personnes, ce doit être une expérience assez grisante et j'espère que cela nous arrivera.
Jeff : Je te promets que notre rêve n'est pas de jouer au PMU du coin (rires).

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