Obama aux Musulmans : « Salaam Aleikoom »

Point d'orgue de la politique étrangère menée par le président américain depuis son élection, Obama a adressé son « discours de réconciliation » au monde arabe, ce jeudi 4 juin au Caire.

Certains diront de ce discours qu'il n'avançait aucune action concrète. Mais pour beaucoup, et notamment pour la population à laquelle elle était destinée, ce discours signifie beaucoup. Il vient balayer d'un puissant revers les huit années de diplomatie entre les Etat-Unis et le monde arabe, pour qui l'Oncle Sam était synonyme de croisade impérialiste en Afghanistan et en Irak et de scandales innommables du nom d'Abu Ghraib et de Guantanamo.

Ainsi, le présidant Obama, Barak Hussein de son prénom, est venu adresser non pas un « discours de réconciliation » – comme l'annonçait la Maison Blanche – , ni une « main tendue vers les Arabes » – comme se plaisaient à titrer la presse de ce matin -, mais un véritable discours de repentance. Acte de repentance que le président américain a lancé avec la fermeture de Guantanamo, comme premier acte symbolique en tant que président des Etats-Unis, et qu'il a poursuivi jusqu'à tourner le dos à son allié de toujours, la semaine dernière, en rappelant Israël à l'ordre sur la question des colonies. Un acte symbolique primordial dans cette zone, où le conflit israélo-palestinien cristallise toutes les haines envers les Etats-Unis.

C'est donc en ami qu'est arrivé le président Obama, qui a honoré son auditoire d'un « salaam aleikoom » soulevant la liesse populaire. Un ami qui est revenu sur les discordes séparant les deux peuples, pour poser les bases d'une nouvelle entente. « Le cycle de la méfiance et de la discord doivent s'achever », a-t-il entonné de sa voix grave et posée. Il a poursuivi en ces termes : « Je dis bien que les Etats-Unis ne sont pas et ne seront jamais en guerre contre l'Islam »,  désavouant ainsi son prédécesseur tant haï.

Si ce discours n'apporte donc aucun « plan détaillé pour en finir avec le conflit israélo-palestinien » – comme l'avait déjà annoncé le président Obama -, il aura donc le mérite de faire office de pardon. Un pardon qui a été diffusé en simultané aux 1,5 milliards de musulmans à travers le monde à la télévision et sur le Net.

 

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