Le grand emprunt, c’est pour qui ?

C’est bien connu, à Noël, on ne compte plus, on dépense. Nicolas Sarkozy fait pareil avec les caisses de l’Etat et le grand emprunt. Au final, ce sont 35 milliards d’euros qui sont débloqués. Explication des dépenses. 

 

Après que Michel Rocard et Alain Juppé, accompagnés de leur commission, ait défini les axes prioritaires du grand emprunt, il fallait encore que ce projet débute. Voici donc, le projet ambitieux de Nicolas Sarkozy, qui vient d’annoncer les secteurs qui bénéficieront de ce grand emprunt. Le président a très largement suivi les recommandations des deux anciens Premiers ministres. Disons-le tout de suite, cette façon de faire oppose dès le départ deux points de vue économiques très distincts. Pour le président, il est déplorable que ses prédécesseurs aient « constamment sacrifié l’investissement. » Pour d’autres, le mot « investissement » reste le synonyme le plus exact d’endettement. En cette période où le déficit national ne cesse de se creuser, les sceptiques face à ce grand emprunt sont donc nombreux. Mais il en faut bien plus pour refroidir les ardeurs de Nicolas Sarkozy, venu ce matin pour expliquer comment vont se diviser ces 35 milliards. 

 

La formation et l’apprentissage en avant

Déjà, 11 milliards sont destinés à l’enseignement supérieur et à la formation. « Nous avons un objectif: avoir les meilleures universités du monde« , scande-t-il. Pour cela, le gouvernement va lancer la création d’une « dizaine de campus d’excellence avec les moyens, la taille critique pour rivaliser avec les universités mondiales. » 

Au niveau de l’apprentissage, Nicolas Sarkozy a promis d’améliorer l’hébergement des jeunes et de rénover de nombreux établissements tout en les équipant. IL a également assuré: « Nous allons créer 20 000 places supplémentaires dans les internats d’excellence. » 

 

L’industrie pas oubliée

Aussi, la recherche devrait bénéficier de l’emprunt à hauteur de 8 milliards. Pour Sarkozy, la stratégie à adopter est simple: « concentrer des moyens très importants sur un petit nombre d’équipes. » Ainsi, il souhaite axer l’aide sur deux secteurs: les nanotechnologies et les biotechnologies. La recherche médicale – cancer, maladies génétiques, Alzheimer et sida – recevra 2,5 milliards d’euros. 

 

Président des entreprises, Nicolas Sarkozy ne pouvait oublier les PME dans son plan. Surtout qu’il a sorti l’arme fatale pour se justifier: les chiffres. Et les exportations sont en berne: « participation des exportations françaises dans la zone euro: -20% au cours des dix dernières années. » Le président veut donc donner un coup de fouet à l’industrie française en lâchant une enveloppe de 6,5 milliards d’euros. 

Nicolas Sarkozy a donc ouvert les vannes – 22 milliards proviendront exclusivement des marchés – de l’Etat pour relancer le pays dans des secteurs qui font grise mine depuis bien longtemps. Il faudra donc attendre et espérer une conjoncture un peu meilleure pour juger si ce paris risqué est remporté ou non. 


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