Mouvements sociaux en pagaille : Sarkozy fait diversion

Transports, profs, employés de musées, hôtellerie, de nombreux secteurs expriment leur colère en ce moment et vont défiler dans les rues françaises pour protester contre la politique gouvernementale. Pendant ce temps-là, Nicolas Sarkozy relance le débat sur…l’identité nationale.

La liste est longue et annonce pas mal de bouchons dans les travées de la capitale. A l’approche de noël, les Français en terminent avec une année noire, une année de crise, une année trop difficile pour bien du monde. Du coup, la grogne monte et les mouvements se radicalisent. La foule s’annonce dans la rue, les mouvements sociaux se multiplient.
Dimanche à partir de 21h, l’approvisionnement des grandes-surfaces sera ainsi bloqué comme l’a annoncée l’intersyndicale des transports routiers. En jeu ? Une hausse des salaires.
Les cheminots de la SNCF ont également annoncé un mouvement de grève reconductible à partir de vendredi midi, visant à protester contre les réorganisations voulues par l’Etat.

Au niveau des musées, ça ne s’arrange pas non plus. Luttant toujours contre les suppressions de postes, l’intersyndicale du ministère de la Culture tiendra lundi midi une assemblée générale sur le parvis du Centre Pompidou. En grève depuis mercredi, le mouvement est reconductible et a déjà entraîné des fermetures aux musées d’Orsay, du Louvre et au Château de Versailles.

Une grogne généralisée

Et ça n’est pas fini puisque lundi sera « une journée de mobilisation », organisée par les directeurs des Instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM), visant à protester contre le plan gouvernemental de confier la formation des enseignants aux universités.

C’est tout pour les mouvements sociaux ? Non. Les différents syndicats représentants les transporteurs de fonds doivent se rencontrer lundi pour lancer un appel à la grève. A compter du 21 décembre, les employés, chargés d’approvisionner les distributeurs en billets, stopperont ainsi le travail afin de réclamer la hausse de leur prime de risque à hauteur de celle des convoyeurs de fonds.

Tout le monde râle, tout le monde proteste. La grogne sociale est donc de retour dans un pays qu’on croyait endormi depuis trop longtemps. Du coup, le président – celui du « travailler plus pour gagner plus », et fervent défenseur de la méritocratie – est monté au créneau, cherchant à rassurer la population active que les hausses de salaires réclamées allaient bien être effectives. Forcément, face à de vraies revendications – hausse de salaires, lutte contre les suppressions de postes, désarroi face à un changement de formation – Nicolas Sarkozy se devait de prendre la parole – il aime tant ça – pour prononcer un discours social. Ben non…

N’oubliez pas de vous diviser !

Ce matin, dans une tribune publiée par Le Monde, Nicolas Sarkozy s’adresse bien aux Français mais sur quel sujet ?  L’identité nationale, bien sûr ! « L’identité nationale c’est l’antidote au tribalisme et au communautarisme. C’est pour cela que j’ai souhaité un grand débat sur l’identité nationale. Cette sourde menace que tant de gens dans nos vieilles nations européennes sentent, à tort ou à raison, peser sur leur identité, nous devons en parler tous ensemble de peur qu’à force d’être refoulé ce sentiment ne finisse par nourrir une terrible rancœur. »
Drôle de manière de procéder pour un chef du gouvernement. Quand la population semble se rassembler – contre le gouvernement, certes – Nicolas Sarkozy est le premier à lui rappeler ses divisions, en relançant un débat qui n’a définitivement pas sa place en France.


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