Affaire DSK : le probable scénario de l’arrangement financier ?

Et si on s’orientait vers un accord financier à l’amiable dans l’affaire DSK ? C’est en tout cas ce que prédit Alan Dershowitz, célèbre avocat américain pour qui la victime présumée Nafissatou Diallo a tout à perdre en cas de procès. Mais la défense de DSK y trouverait également un intérêt.

Dans l’affaire DSK, il y a déjà un acteur majeur : Benjamin Brafman, l’un des deux avocats de Dominique Strauss-Kahn, véritable star du barreau pour avoir défendu Michael Jackson (entre autre). Aujourd’hui il y en a une autre, en la personne de Me Alan Dershowitz (photo), célèbre pénaliste américain qui a défendu Mike Tyson ou O. J. Simpson. Dans un entretien accordé au Figaro, l’avocat estime que les deux parties ont plus intérêt à négocier un arrangement avant le procès plutôt que d’aller jusque-là.

Pour Alan Dershowitz, la stratégie des deux avocats de DSK, Benjamin Brafman et William Taylor, repose sur « du vent, de l’exagération » : « La défense cherche à faire croire qu’elle a un dossier très solide et affirme des choses qu’elle ne sera jamais en mesure de prouver », assure-t-il, citant par exemple la contestation de la chronologie des faits établie par la police. Le pénaliste explique également le pourquoi du comment des manœuvres des avocats de la défense cherchant à déstabiliser la femme de chambre : « Dans les affaires de viol, la loi new-yorkaise interdit d’évoquer au tribunal la vie sexuelle de la plaignante. Eh bien, la défense pourra le faire dans la presse pour lui faire comprendre qu’elle est en mesure de détruire sa réputation. […] L’objectif est de faire mûrir l’idée qu’un accord reposant sur le paiement d’une grosse somme d’argent est préférable à un procès. »

C’est justement là que l’avocat en venir : il est persuadé qu’il « y aura un accord avant le procès car il est dans l’intérêt des deux parties de ne pas aller jusque-là. » Ainsi, si les avocats de Nafissatou Diallo gagnent le procès pénal, ils engageront ensuite une procédure civile afin de demander des dommages et intérêts à DSK. Sauf que dans le couple Anne Sinclair-DSK, c’est surtout Anne Sinclair qui possède la fortune. L’accusé pourrait « très bien se déclarer insolvable » et l’avocat de la victime présumée « sait très bien que dans plusieurs années, il sera toujours en train de courir après la somme réclamée. » D’autant plus si le couple divorce, comme l’évoque Me Dershowitz. « Or, s’ils passent un accord, la plaignante obtiendra 2 ou 3 millions de dollars immédiatement », souligne-t-il, et « du point de vue de la victime, il vaut mieux se retrouver avec 2 ou 3 millions de dollars sur son compte en banque plutôt que risquer de tout perdre. »

Comme « le dossier du procureur semble sérieux », la défense de DSK « a tout intérêt à ce que la victime finisse par ne pas vouloir témoigner. Si elle refuse, c’est fini, le dossier est clos. » Si ce scénario se vérifie, « reste à savoir si [les deux parties] seront capables de trouver un accord sans se voir accusées de faire obstruction à la justice. » Pour cela, Me Alan Dershowitz explique qu’il faudrait que des parents de DSK négocient non pas avec les avocats de Nafissatou Diallo mais directement avec sa famille.

Qu’en est-il alors de Kenneth Thompson, le nouvel avocat de Nafissatou Diallo qui a appelé toutes les éventuelles victimes de DSK à le contacter ? « Il peut vouloir que justice soit faite, explique Me Alan Dershowitz, mais au bout du compte, l’argent est plus important. Quand il a dit qu’il coopérait avec le procureur, c’était juste un message à la défense pour lui dire qu’il attendait une offre. S’il coopérait vraiment, il n’aurait pas jugé utile de le préciser. »

L’intégralité de l’interview à lire sur le site du Figaro.

Crédits photo : Sergei Chuzavkov/ASSOCIATED PRESS