La campagne de pub ratée d’Hadopi

Télécharger illégalement, c’est mal ! Oui, ça on savait. Mais pour mieux faire passer son message et lutter contre ce fléau moderne, la Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet (HADOPI) a lancé une campagne de pub. L’opération a couté près de  3 millions d’euros.

Le concept de base est « fort ». La campagne veut sensibiliser les internautes à l’avenir des créations culturelles qui est mis en danger par le téléchargement d’aujourd’hui. Et le slogan parle de lui-même : « La création de demain se défend aujourd’hui ». L’idée n’est pas mauvaise au fond et le message se veut pédagogique plutôt que moralisateur. Se projeter dans l’avenir est une façon commode de redire implicitement qu’”Hadopi n’est pas la mère Fouettard d’Internet” (selon les mots de la présidente de la haute autorité elle-même) sans remettre une couche sur les pertes de moyens des majors qui dominent unilatéralement le monde de la création artistique.

La campagne met donc en scène des enfants promis à un grand avenir artistique. Malheureusement, la campagne en elle-même qui tend plutôt à parler aux jeunes, cible prioritaire, les fait finalement passer pour des « gros demeurés incapables du moindre jugement artistique », comme le décrit Diane Lisarelli sur le site des Inrocks. Au point qu’on se demande si le spot n’est pas une vaste blague destinée à faire du buzz.

Les noms et les situations frisent le ridicule : « Franco-slovène, Emma Leprince commence à chanter et à mixer dans des bars underground. Avec des références telles que Voltaire, Zola et DJ Fritas, ce petit prodige de la musique mélange avec brio la néo-électro et les textes engagés qui font mouche. Découvrez I Prefer Your Clone, son premier single international, révélation française de l’année 2022… Mais sans Hadopi, Emma Leprince ne pourra peut-être pas sortir ce single en 2022. »

Avec ses exemples affligeant, on en vient presqe à se dire qu’il faut peut-être mieux télécharger illégalement afin d’éviter que la création artistique de demain ressemble à ça. Pari raté pour Hadopi.

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