Jean-Louis Borloo va-t-il causer la perte de Nicolas Sarkozy?

Ce n’est pas nouveau, la cote de popularité de Nicolas Sarkozy est au plus bas et en chute progressive. Après avoir annoncé qu’il hésitait à se présenter à la prochaine présidentielle, la presse a révélé que le chef de l’Etat « sent bien » la situation pour 2012. Tout porte donc à croire qu’il se présentera. Sauf qu’il a besoin de gagner des voix et que les candidatures centristes, telle celle de Jean-Louis Borloo, feront perdre des voix à la droite.

Malmené dans la vie politique, l’UMP doit d’abord unifier son propre camp, à l’heure où François Fillon et Jean-François Copé affichent leurs différences. Le problème, c’est que les défections sont nombreuses au sein de la majorité, et que les candidats possibles du centre se multiplient. Et lorsque les candidatures sont nombreuses au premier tour, ça donne le scénario du premier tour des présidentielles 2002, où le candidat socialiste n’était pas présent au second.

Voyant qu’il n’y a pas encore de candidat officiel pour la droite – Nicolas Sarkozy, ou pas ? -, les « outsiders » font parler d’eux pour occuper l’espace médiatique. A l’image de Jean-Louis Borloo qui a annoncé son départ de l’UMP, emportant Rama Yade dans ses bagages. Une défection de plus pour l’UMP après celle de Dominique de Villepin, parti fonder République solidaire.

Si Dominique de Villepin ne s’est pas déclaré candidat, il a juste dévoilé dans Le Parisien un projet qu’il souhaitait incarner, ce n’est pas le cas de Jean-Louis Borloo qui y pense sérieusement. Celui que les français trouvent « sympathique » a entamé vendredi à Marseille ce qui ressemble à une précampagne, en tant que président de son parti centriste, le Parti radical. Mais Borloo aussi a compris qu’il fallait fédérer le centre pour peser sur les élections.

Car ce n’est ni Hervé Morin, ni Jean-Louis Borloo, ni même Dominique de Villepin qui feront des scores faramineux au premier tour. Mais les trois ensemble, encore plus si on ajoute Bayrou, c’est possible. C’est pourquoi l’ancien ministre de l’écologie a fait un appel du pied à Bayrou et Villepin pour unir le Parti radical, le Nouveau Centre, République solidaire, le MoDem, l’Alliance centriste et même la Gauche moderne ! En réponse à cet appel, Bayrou avait estimé que Borloo voulait « ramener le centre dans la majorité ». Mais maintenant qu’il n’est plus à l’UMP ?

Jean-Louis Borloo sait l’impact qu’aura la candidature du centre droit sur la droite : on reviendrait au schéma RPR-UDF qui a fait perdre la présidentielle à la droite en 1981 et en 1988, et qui a failli causer une troisième défaite en 1995. Jacques Chirac avait alors fondé l’UMP en 2002, incluant le centre droit. C’était la fin d’une droite divisée, qui refait surface aujourd’hui.

La candidature du centre droit pourrait tout de même avoir un effet bénéfique sur le candidat de la droite : celui de constituer un formidable réservoir de voix pour le second tour. A condition de passer le premier tour, et de parvenir à une alliance pour le second. Ni l’une ni l’autre ne sera chose facile, car Nicolas Sarkozy (si c’est lui le candidat) doit d’abord retrouver des voix avant de songer a un réservoir, et on imagine mal Borloo accepter une alliance.