Jean Sarkozy: Son père est président…

Jean Sarkozy va bientôt prendre la tête de l’Epad, le quartier d’affaires de la Défense. Critiqué de toutes parts pour cette nomination qu’il ne doit pas vraiment à ses qualifications, le fils du président se défend dans les colonnes du Parisien.fr.

La presse britannique l’appelle désormais « le Prince Jean » tandis que les journalistes transalpins de Il Corriere della Sera préfère le « benjamin blond du Président. » Plus prosaïque, le magazine allemand Focus opte pour une petite description des faits: « Un jeune homme de 23 ans va devenir le responsable d’un organisme qui gère des milliards. Son nom: Jean Sarkozy. Sa qualification: deux semestres de droit. » Il ne s’agit pas de la bande-annonce pour le nouveau film de Mister Bean mais bien de la réalité. Jean Sarkozy, 23 ans et aucun diplôme, va bientôt prendre la tête de l’Etablissement Public d’Aménagement de la Défense (l’Epad), le quartier d’affaires le plus important d’Europe. Alors forcément, ça fait jaser.

Jean Sarkozy ne doit ce poste ni à sa formation – puisqu’il n’en a aucune – ni à son expérience – il n’en a pas énormément non plus- donc le pouvoir paternel semble y être pour beaucoup plus. Du coup, les critiques fusent.
Des habitants de la Défense lançant même une pétition contre la nomination du « Prince Jean. » Christophe Grébert, blogueur et instigateur de cet appel, explique que Jean Sarkozy « n’a que 23 ans et n’a pas encore terminé ses études de droit, n’a pas les compétences ni la légitimité pour gérer les 200 000 habitants, 150 000 salariés et le million d’usagers des transports. » Car le problème est bien là. L’Epad représente un projet énorme et des enjeux financiers colossaux. Pas vraiment le lieu pour « se faire la main. »

« Quel est le mérite de Jean Sarkozy? »

En France, les socialistes aussi ne pouvaient rester bouche bée devant ce procédé trop peu démocratique. Très ironique sur France Inter, Laurent Fabius déclarant: « (pour) le plus grand quartier d’affaires d’Europe (…) on a besoin de quelqu’un qui soit un très bon juriste, or M. Sarkozy est en deuxième année de droit, c’est déjà un élément très, très fort. » Arnaud Montebourg lui, se montre plus clair: « Dans la déclaration des Droits de l’homme de 1789, il est dit que les postes sont attribués selon les capacités et les mérites (article 6, ndlr), c’est ça une République digne de ce nom, mais quel est le mérite de Jean Sarkozy à part d’être le fils à papa? » Bref, hormis la droite – qui ne voit absolument rien de polémique dans cette nomination – tout le monde fait consensus.

« Je suis très motivé »

Ce matin donc, Jean Sarkozy a donc pris la parole pour se défendre. Et quelle défense! Jouant la partition calimero, le fils du président déclare: « Quoi que je dise, quoi que je fasse, je serai critiqué« . « Quand on fait ce métier, il faut s’y attendre, s’y préparer. Mais je suis très déterminé, très motivé et j’observe que c’est surtout la gauche qui tire sur moi. Ce sont des attaques très partiales« . En d’autres termes, lui est sûr et certain d’avoir mériter le poste. il continue l’explication, teintée de dégoût pour tous ses détracteurs: « on oublie vite, ou on fait mine d’oublier, qu’(il a) été élu conseiller général du canton de Neuilly-Sud au suffrage universel. Puis élu président de groupe au conseil général des Hauts-de-Seine par (ses) pairs. » Neuilly où le nom « Sarkozy » ne l’a certainement pas aidé…

Le président Nicolas Sarkozy qui voulait redonner sa valeur au mérite, fait plus qu’un cadeau à son fils. Il lance un message très mal perçu à tout le pays et surtout à sa jeunesse. Bafouant l’image de la République française et ses valeurs égalitaires, le président montre qu’il agit désormais comme bon lui semble. Le plus grave étant qu’il puisse se le permettre sans autre obligation que de répondre à quelques critiques…


« »

© 2024 Planete Campus. Tous droits réservés