Wyclef Jean président d’Haiti: ready or not ?

« Les États-Unis ont Obama, ici vous allez avoir Wyclef ». C’est sur ces mots que Wyclef Jean a lancé en fanfare avec danseurs et musique son engagement politique. Malgré sa popularité, il doit faire face aux obstacles et aux critiques.

La commission électorale haïtienne doit publier ce vendredi 20 août, la liste des candidats qui remplissent les prérogatives d’éligibilité pour la présidentielle du 28 novembre. La commission qui a déjà reporté la publication de la liste plut tôt dans la semaine se fait attendre. Il se pourrait d’ailleurs qu’elle soit de nouveau reporté à ce week-end.

Reuters, citant un membre anonyme de la commission électorale, rapporte que Wyclef aurait été exclu de la course car il ne respecterait pas plusieurs des impératifs d’éligibilité dont celui de résidentialité. Le candidat doit avoir vécu consécutivement en Haïti pendant les cinq années qui précèdent l’élection.

Or le chanteur a quitté le pays depuis l’âge de neuf ans pour vivre dans le New Jersey. Mais il n’a cependant pas la nationalité américaine. Il a déclaré au Time disposer « d’un passeport haïtienne » et d’une green card (la carte verte de résident permanent) lui permettant de vivre et travailler aux USA.

Quoi qu’il en soit, il a déclaré à Newsweek qu’il « ne renoncerait jamais » et qu’il se représentera dans cinq ans si cette année n’était pas la bonne.

Accusations de fraudes.

Le moins que l’on puisse dire c’est que sa candidature a attiré une très forte couverture médiatique sur cette élection capitale pour l’avenir du pays et sur sa propre personne.

Mais toute cette attention n’est pas porteuse que de bonnes choses. L’ex-chanteur des Fugees en entrant dans l’arène politique, doit faire face à des questions persistantes sur des tractations financières en lien avec sa fondation Yéle Haïti.

Cette mauvaise presse a commencé avec le tremblement de terre. Il est accusé d’avoir détourné 400 000 dollars de l’argent collecté pour ses intérêts personnels, des allégations qu’il a niées en larmes. Cela n’a pas empêché le New York Times de mener une enquête sur l’utilisation des 10 millions de dollars récoltés depuis.

Par ailleurs, il doit la conquête somme de 2 millions de dollars au fisc américain. Un retard de paiement en cours de régularisation qui fait tâche pour celui dont les revenus annuels sont estimés à 18 millions de dollars.

Des peoples contre son incompétence

Dans le monde d’Hollywood, cette ambition présidentielle n’est pas au goût de tous, à commencer par Sean Penn. On connait tous l’engagement de l’acteur pour les grandes causes (Haïti, Katrina, la guerre d’Irak…) et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il émet de sérieuses réserves sur le bien-fondé de la candidature de Wyclef Jean.

«Je veux quelqu’un qui veuille vraiment, mais vraiment, se sacrifier pour son pays et pas juste quelqu’un que j’ai vu personnellement dans un convoi de voitures de luxe, exhibant une richesse qui me semble déplacée à Haïti».

Son ancien partenaire des Fugees et ami, Pras Michel, ne lui apportera pas sa voix. Sur son compte Twitter, il a appelé à voter pour l’un de ses adversaires: « Haïtiens du monde entier, il nous faut nous mobiliser pour reconstruire Haïti !!! Michel Martelly pour président ! (…) Sean Penn comprend ce qui se passe ici et ce dont ce pays a besoin (…) Soyons clairs, j’aime Wyclef, mais il n’est en aucun cas qualifié pour être le leader de la nouvelle Haïti ».

Même s’il reste une figure extrêmement populaire chez les jeunes et demeure l’une des figures les plus proéminentes du pays à travers le monde, il parait évident que Wyclef ne dispose pas de l’expérience nécessaire pour remettre Haïti sur pied. Malgré son envie irrépressible de contribuer à la reconstruction de son pays, il est certain que l’ex chanteur n’a pas les compétences pour une tâche qui s’annonce colossale pour quiconque.

En bonus, la vidéo d’une chanson datant de 2004 intitulée « If I was president ».

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=9pq_3OheqzU[/youtube]


« »

© 2024 Planete Campus. Tous droits réservés