Turquie : les réseaux sociaux bientôt interdits ?

Les internautes et les médias ont constaté que la Turquie avait bloqué l’accès à Twitter dans la soirée du Jeudi 20 mars. Les autorités turques ont en effet, interdit l’accès au célèbre réseau social en invoquant des « raisons de sécurités ». Pour y parvenir, l’organisme turc de régulation d’internet BTK a demandé aux fournisseurs d’accès d’empêcher les internautes d’accéder à Twitter. Cette mesure a cependant été relativement vaine car les utilisateurs ont réussi rapidement à contourner cette interdiction critiquée.

Largement contestée en Turquie, cette décision intervient suite à la menace du premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, de « supprimer Twitter » après la publication sur les réseaux d’enregistrements d’écoutes téléphoniques le concernant. Depuis la mi-décembre, le premier ministre est éclaboussé par un scandale de corruption qui a vu des dizaines de ses proches inculpés pour une série de malversations. Personnellement mis en cause depuis trois semaines par la diffusion sur les réseaux sociaux d’enregistrements de conversations téléphoniques piratées, on comprend alors son désir d’interdiction de ces sites diffuseurs de preuves accablantes. Ces écoutes, que Recep Tayyip Erdogan a d’abord dénoncées comme des « montages » avant d’en reconnaître certaines, a provoqué la colère de l’opposition et plusieurs manifestations dans les grandes villes du pays. Les opposants exigent sa démission.

Neelie Kroes, , la commissaire européenne chargée des nouvelles technologies s’est vivement indigné devant ce blocage exceptionnel.  A ses yeux « l’interdiction de Twitter en Turquie est sans fondement, inutile et lâche. Le peuple turc et la communauté internationale verront cela comme une censure. Ce qui est bien le cas. « 

Le chef du gouvernement islamo-conservateur avait déjà menacé au début du mois d’interdire Facebook et Youtube. « Nous sommes résolus à ne pas laisser le peuple turc être esclave de YouTube et Facebook. Nous prendrons les mesures nécessaires, quelles qu’elles soient, y compris la fermeture » avait-il d’ailleurs déclaré pour justifier sa requête lors d’un entretien télévisé.

Vendredi, le président Abdullah Gül avait cependant écarté la menace d’interdiction de Recep Tayyip Erdogan en déclarant devant la presse « YouTube et Facebook sont des plateformes reconnues dans le monde entier. Les interdire est hors de question. »