Marine Le Pen : Jean-Luc Mélenchon, le mort vivant de la politique !

Alors que le Gouvernement socialiste s’embourbe dans les suites vaseuses de l’affaire Cahuzac, la course aux bons (gros)-mots se poursuit dans le microcosme politique. Et aux « salopards » du Parti de Gauche (PG), dont le vocabulaire de plus en plus outrancier, voire ordurier, concurrence pour certains observateurs celui du Front national, répond le « cadavre » de Marine Le Pen. Et ce cadavre n’est autre que Jean-Luc Mélenchon, qui, selon l’extrême blonde « essaie de crier le plus fort pour tenter de continuer à exister ».

La patronne du Front national (FN), Marine Le Pen, interviewée lundi 8 avril sur le plateau de BFM-TV sur la nouvelle rhétorique de Jean-Luc Mélenchon et le risque qu’elle fasse de l’ombre au vieux parti d’extrême droite, a voulu ironiser sur le passé d’éléphant rose de l’ex-candidat du Front de Gauche.

« Les Français n’oublient pas qu’il a été 25 ans sénateur socialiste, il a été 30 ans au Parti socialiste. Donc, les grands discours de M. Mélenchon sur la moralisation de la vie politique, c’est tout nouveau, parce qu’à l’époque de l’affaire Urba-Gracco, lorsque les fédérations PS du Pas-de-Calais ou des Bouches-du-Rhône étaient à l’agonie et complètement pourries par la corruption, on n’a jamais entendu parler Jean-Luc Mélenchon », s’est exclamée la fille de Jean-Marie Le Pen, trop heureuse qu’on lui donne l’opportunité de taper sur son meilleur ennemi.

Avant d’en rajouter une couche : « Je ne veux pas trop taper [sur Jean-Luc Mélenchon], parce que je ne veux pas taper sur un cadavre. Mais je crois qu’en réalité, il est complètement en perte de vitesse, et donc, il essaie de crier le plus fort pour tenter de continuer à exister. Il est maintenant sur un mode outrancier systématique, un mode insultant systématique ».

Un mode habituellement réservé aux membres du Front national. Avec en pole position, son fondateur et président d’honneur, Le Pen senior, qui n’a jamais brillé par son éloquence sobre et tempérée. Le 16 février 2012, la cour d’Appel de Paris l’a ainsi condamné pour « apologie de crimes de guerre » et « contestation de crime contre l’humanité » suites aux propos tenus par Jean-Marie Le Pen alias « le borgne » sur l’Occupation allemande dans le canard d’extrême-droite Rivarol.

Ce que reproche Marine Le Pen au leader du Parti de Gauche constitue donc la marque de fabrique du FN. Ce qui n’excuse en rien – bien au contraire – la dérive sémantique de Jean-Luc Mélenchon et de ses camarades, François Delapierre, illustre auteur des « 17 salopards de l’Europe », et Martine Billard qui, selon ses propres mots, « ne veut pas laisser le FN être le seul à parler fort ». Quant aux critiques de l’extrême blonde sur le soi-disant silence de Mélenchon lorsqu’il arborait les couleurs du PS, elles devraient les retourner contre les siens, non-immunisés contre les affaires de corruption.

Interrogée sur le cas de l’ancien maire de Toulou, Jean-Marie Le Chevallier, condamné en 2001 pour détournement de fonds publics et complicité d’abus de confiance, la présidente du Front national a assuré que « ce sont les élus FN, les élus de son propre conseil municipal, qui l’ont fait tomber, qui l’on dénoncé lorsqu’il a commencé à dériver ». « Je crois qu’il faut juger les partis politiques à la manière dont ils traitent l’affaire, c’est-à-dire l’exclusion immédiate et pas ‘on attend’, comme ils [les socialistes] ont attendu », a-t-elle déclaré quelque peu oublieuse de la démission de Jérôme Cahuzac.

Photo : Affiches de campagne superposées de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen à Strasbourg, le 22 avril 2012. (Photo Patrick Hertzog. AFP)