Une étudiante marocaine expulsée : la mobilisation continue

La jeune étudiante marocaine de 18 ans, Salima Boulazhar, détenue depuis le 19 janvier au centre de rétention administrative de Lyon a été expulsée aujourd’hui vers le Maroc, son pays d’origine qu’elle n’a pas revu depuis ses 13 ans.

Sa soeur jumelle Salma a elle eu plus de chance et réussi à échapper aux autorités au moment de l’arrestation de Salima. Elle se cache depuis, grâce à l’aide du Réseau éducatif sans frontières (RESF). Salima et Salma n’ont pas eu une enfance facile : abandonnées par leur parents, c’est leur grand-mère qui les élève jusqu’à sa mort, alors que les deux fillettes n’ont que 13 ans. Elles sont alors prises en charge par l’une de leurs tantes qui habite en France, à Clermont-Ferrand. A leur arrivée sur le sol français, leur niveau scolaire est faible, et elles ne parlent pas la langue de Molière. Comme le raconte un membre de la Ligue des droits de l’homme, elles se sont accrochées et ont fait preuve d’une volonté de fer pour apprendre le français, faire des études et s’intégrer dans ce pays qu’elles considèrent aujourd’hui comme le leur. Elles préparent toutes les deux un CAP dans le domaine de la restauration.

Mais leurs efforts sont coupés net quand l’administration refuse de leur délivrer un titre de séjour à l’été 2009. L’avocat des jeunes filles, Maître Chautard conteste ausstôt la décision et saisit le tribunal administratif de Clermont Ferrand. En vain. Sans attendre la décision du tribunal administratif, la préfecture décide de précipiter les choses et demande l’arrestation des jumelles.

Face à cet emballement soudain des événements, plusieurs associations ainsi que des partis politiques se mobilisent aux côtés des proches de Salima et Salma pour empêcher leur expulsion. Mais le 19 janvier dernier, Salima est arrêtée à son domicile tandis que sa soeur, absente au moment de l’arrestation parvient à se cacher pour échapper aux autorités.

La mobilisation qui avait pris de l’ampleur n’a pas suffit à sauver Salima qui est à présent au Maroc où elle n’a plus aucune famille, un pays qu’elle ne connait plus et auquel rien ne l’attachait plus. Rafael Maniez, membre de RESF a déclaré ce matin : « Nous avons trouvé quelqu’un sur place à Casablanca pour l’accueillir, mais la mobilisation continue pour qu’elle revienne ».

La patrie des Lumières, de Voltaire et des droits de l’homme, la patrie qui se targue dans sa tavise de « fraternité » a encore une fois terni son image, cette affaire révélant un visage bien triste de la France.