Japon: pourquoi le nucléaire dans un pays à risques?
Classé dans Actualités, MondePar Rédaction le 14 mars 2011 à 12:00 — Lu 552 fois
Quelques jours après le terrible séisme, suivi d’un tsunami, qui ont touché l’archipel japonais vendredi dernier, le pays craint une catastrophe nucléaire. Pour cause : quatre centrales nucléaires sur les 18 existantes étaient très proches de l’épicentre du séisme. Même pire, une explosion a été observée dans un bâtiment abritant le réacteur 1 de la centrale de Fukushima, laissant s’échapper un nuage radioactif. Aujourd’hui, une nouvelle explosion s’est produite dans cette même centrale pour le réacteur 3. Les inquiétudes subsistent pour les quatre sites (Onagawa, Tokai, Fukushima Daiichi, Fukushima Daini).
Pourquoi autant de centrales ?
Le Japon est le troisième producteur mondial d’électricité nucléaire, derrière les Etats-Unis et la France. Avec une population deux fois plus élevée que la France (127 millions d’habitants), mais avec une superficie presque deux fois plus faible (378 000 km²), l’archipel nippon a un besoin d’énergie beaucoup plus élevé. Au total, le Japon consomme 1 100 milliards de kWh par an, c’est 630 milliards de plus que l’Hexagone. Sans ressources naturelles, le Japon doit donc produire lui-même pour ne pas être dépendant à 100% – il importe déjà 80% de ses besoins énergétiques.
A noter que les nippons développent aussi les énergies renouvelables, selon Slate.fr, comme l’énergie géothermique (grâce à ses nombreux volcans) et l’énergie solaire. Mais cela reste encore insignifiant – environ 10% – comparé à l’énergie nucléaire, que le Japon a massivement privilégié.
Pourquoi ont-elles été construites sur des zones à risques ?
On a beau dire que les sites des centrales ont été construits avec des dispositifs de sécurité poussés, notamment des fondations antisismiques, un point est discutable : pourquoi avoir construit les usines nucléaires sur les côtes ?
Le Japon étant situé au carrefour de quatre plaques tectoniques (Image), leurs mouvements provoquent de nombreuses secousses sismiques. Ainsi, l’archipel enregistre 1 000 secousses par an, et 1/5 des séismes de magnitude égale ou supérieure à 6 dans le monde se produisent au Japon. Certains de ces séismes sont ensuite accompagnés de tsunamis, lorsque les plaques bougent verticalement, comme cela a été le cas vendredi. A noter que ce mot est d’origine japonaise, car le Japon s’y connait : « souvent » touché par ces vagues géantes, le pays a construit 9 000 km de digues et d’aménagements anti-tsunami sur ses 33 000 km de côtes. Dispositif malheureusement insuffisant.
Il est vrai que le Japon étant un archipel montagneux, il n’y a de la place que sur les côtes. Mais n’était-il pas possible de construire des sites nucléaires un peu plus éloignées vers l’intérieur du pays ? Mystère. Mais aujourd’hui, on voit le résultat : si les édifices ont bien résisté au séisme, le tsunami est la cause des risques nucléaires d’aujourd’hui et des problèmes économiques de demain.
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Le long des cotes car besoin d’une source froide. Il n’y a pas de « Mystère ». CQFD
Bonjour,
Vous qui avez l’air de vous y connaître sur ce sujet: n’était-il pas préférable, pour un pays aussi développé que le Japon, de « prévoir une alimentation de source froide »* aux abords de centrales construites plus vers le centre du Japon?
J’imagine bien que cette initiative – si elle est réalisable – aurait coûté plus cher au Japon pour construire ses centrales. Mais les problèmes nucléaires que rencontre le Japon aujourd’hui ne lui coûtent pas encore plus cher? (arrêt de la production, obligation de refroidir la centrale endommagée, évacuation de milliers d’habitants, risques sanitaires…)
Je cite le journaliste français Emile de Girardin: « Gouverner, c’est prévoir ». Je pense donc, et cela n’engage que moi, que le gouvernement japonais n’a pas fait preuve d’assez de prévention concernant l’emplacement de ses centrales nucléaires, qui se situent sur une zone exposée aux tsunamis. Mais peut-être que la construction de centrales vers l’intérieur du pays était peut-être impossible, je ne sais pas.
* Excusez mes termes approximatifs, je ne suis pas un expert dans ce domaine