Roms : Manuel Valls ne lâchera rien

Dans un entretien accordé au Parisien jeudi, le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls a affirmé vouloir continuer le démantèlement des campements de Roms. Certaines associations montent au créneau.

Alors que les expulsions de Roms avait créé la polémique durant le mandat de Nicolas Sarkozy, le ministre Manuel Valls souhaite poursuivre le processus en supprimant l’aide au retour de 300 euros et en misant sur l’accompagnement social. Après de récents incendies qui se sont produits dans les bidonvilles, le ministre a fait le point sur la position du gouvernement pour lutter contre cette précarité qui met aussi en danger les habitants des quartiers alentours.

La phrase qui déclenche la colère des associations porte sur la volonté de recourir aux expulsions. « Plus que jamais, les démantèlements sont nécessaires et se poursuivront. Il en va du respect de la loi, et de la sécurité de leurs résidents ». « Je veux lutter contre les trafics et la délinquance qui se greffent sur ces lieux et exploitent la misère humaine. Nous procèderons avec humanité, sans abandonner l’accompagnement social, l’objectif de scolarisation des enfants et, quand c’est possible, l’accès à un logement et au monde du travail », a-t-il poursuivi.

Valls fait état d’ « environ 400 campements illicites, dont les deux tiers en Ile-de-France. Rien qu’en Seine-Saint-Denis, il y en a près de 130, où vivent 8000 personnes. Ces situations sont complexes, faites de vies marquées par la misère. Mais maintenir ces camps n’est pas acceptable. D’autant qu’ils sont souvent limitrophes de quartiers populaires, dont les habitants, déjà marqués par la crise, acceptent mal cette présence. »

25 expulsions décidées par la justice auront lieu avant la fin de l’été. Les associations n’ont pas tardé à réagir aux propos du ministre. Laurent El Ghozi, fondateur de l’association Romeurope, s’insurge contre les propos tenus dans le quotidien. « En se retranchant derrière le Premier ministre roumain, Valls explique que les Roms auraient ‘vocation à rester en Roumanie, ou à y retourner.’ C’est complètement faut ! » réagit-il dans les colonnes de Libération. « Nous terminons actuellement un diagnostic sur un terrain francilien, où vivent environ 250 personnes. Il s’avère que la moitié des habitants vivant en France depuis plus de dix ans, et sont donc régularisables. Deux tiers des enfants sont scolarisés. Et la plupart des familles n’ont plus aucune attache en Roumanie. Qu’on le veuille ou non, elles feront leur vie en France. » D’autres défenseurs des Roms affirment que leur citoyenneté européenne leur donne le droit de circuler librement et donc de rester en France.

Alors que la gauche avait dénoncé les expulsions initiées par le ministre de l’intérieur Claude Guéant sous l’ère Sarkozy, elle semble continuer dans la même lignée en édulcorant un peu plus les modalités d’expulsion pour mieux faire passer la pilule.


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