Sida : enfin une « guérison ».

Aux Etats-Unis, une enfant de deux ans et demi, contaminée in utero par le virus du Sida, a été « guérie », selon des chercheurs réunis lors de la Conférence annuelle sur les rétrovirus et les infections opportunistes (CROI) qui se tenait dimanche à Atlanta. C’est un nouvel espoir dans la bataille qui oppose, depuis l’identification du virus de l’immunodéficience humaine (VIH) en 1983, les scientifiques – et l’humanité – à ce fléau qu’est le Sida. Prudence. Car la guérison du nourrisson n’est pas miraculeuse mais « fonctionnelle ».

Dimanche 3 mars 2013, une équipe de médecins américains a révélé le premier cas de guérison apparente d’un nourrisson contaminé in utero – ou plus probablement au moment de l’accouchement – par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) responsable du Sida. Si le VIH n’a pas été totalement éradiqué par les médecins, sa présence est tellement faible que le système immunitaire de la jeune fille, qui a aujourd’hui deux ans et demi, est capable de le contrôler sans traitement antirétroviral, ont expliqué les chercheurs réunis lors de la Conférence annuelle sur les rétrovirus et les infections opportunistes (CROI), qui se tenait ce week-end dans la capitale de l’Etat de Géorgie, Atlanta.

Est-ce la seconde rémission « miraculeuse » car totale et durable – du Sida ? Rien n’est moins sûr… La seule guérison reconnue officiellement par la communauté internationale reste celle de l’Américain Timothy Brown, plus connu sous le nom du « patient de Berlin », qui se libéra du virus par un « heureux » hasard. Malade d’une leucémie, il  reçût une greffe de moelle osseuse d’un donneur présentant une mutation génétique rare empêchant le VIH de pénétrer dans les cellules. « Je suis la preuve vivante qu’on peut guérir du sida », déclara-t-il en 2007, ouvrant de nouvelles perspectives aux chercheurs.

L’annonce des conférenciers d’Atlanta doit être prise avec des pincettes. Car elle n’a toujours pas donné lieu à une parution médicale. Elle concerne par ailleurs un cas bien particulier : celui d’un nourrisson né infecté par le VIH dans une province rurale du Mississippi, et dont la mère séropositive n’a pu bénéficier d’aucun suivi médical durant sa grossesse. Traitée a priori avec une association de trois antirétroviraux par le docteur Hannah Gray de l’hôpital de Jackson moins de trente heures après sa naissance, l’enfant a été « guérie » vingt-neuf jours plus tard.

Aujourd’hui, aucune trace du VIH n’est visible dans ses cellules. La jeune fille de deux ans et demi n’a pourtant subi aucun traitement durant dix mois. Une guérison « fonctionnelle », car les réservoirs viraux (cellules « dormantes » relançant l’infection chez la plupart des malades) ont été bloqués, qui s’explique par un traitement précoce, selon les chercheurs. « Faire un thérapie antirétrovirale chez les nouveau-nés très tôt pourrait permettre d’obtenir une très longue rémission sans antirétroviraux en empêchant la formation de ces réservoirs viraux cachés », a expliqué l’auteure de l’étude clinique, Deborah Persaud, virologue du CHU Johns-Hopkins de Baltimore.

Dans l’avenir, de nouveaux tests devront être réalisés pour savoir si ce traitement peut s’appliquer sans risque à d’autres nouveau-nés touchés par le virus du Sida. Il faut donc rester prudent, même si les virologues voient dans le cas du nourrisson du Mississippi, un réel espoir pour tous les bébés contaminés  à leur naissance par le VIH. Et la prévention pour stopper la transmission de la mère à l’enfant reste essentielle.

Crédit photo : © Maxppp


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