Pêche au requin : Sea Shepherd découvre un charnier sur le toit d’une usine chinoise

Ce jeudi 3 décembre, les associations de défense de l’environnement s’insurgent une nouvelle fois contre la pêche au requin pratiquée dans la mégalopole autonome du sud de la Chine, Hong Kong. La raison de la colère des écolos : la découverte sur le toit d’une usine chinoise de milliers d’ailerons par un militant de l’ONG Sea Shepherd. Un charnier qui témoigne selon lui de la barbarie des pêcheurs chinois.  

Les milliers d’ailerons de requins découverts récemment par Gary Stokes, militant au sein de l’ONG maritime Sea Shepherd, séchaient sur le toit d’une usine de Hong Kong à l’approche du Nouvel An lunaire en Chine. Car l’aile dorsale du requin est un mets délicat que les gourmets de l’Empire du milieu savourent lors d’occasions exceptionnelles. Ils les utilisent notamment dans des soupes servies lors de banquets chinois. Et la mégalopole semi-autonome du sud de la Chine, Hong Kong, se vante d’être l’un des premiers marchés pour l’aileron de requin. A raison : elle importe environ 10.000 tonnes d’ailerons par an dont la majeure partie est réexpédiée vers le continent chinois.

Les opposants au« finning », ce procédé qui implique de couper la nageoire dorsale de l’animal alors qu’il est encore en vie, avant de le relâcher mourant dans la mer, dénonce une pratique « barbare » et un acte de torture gratuit qui participe de la raréfaction des requins. Gary Stokes a ainsi découvert entre 15.000 et 20.000 ailerons sur le toit de l’usine chinoise : « c’est l’aspect le plus choquant, le plus brutal et le plus barbare de cette industrie », a-t-il déclaré avant de poursuivre : « La demande [d’ailerons] à Hong Kong baisse mais malheureusement la demande en Chine augmente ».

Selon le Fonds mondial pour la nature WWF, le « finning » serait responsable de la mort de 73 millions de requins chaque année. Les plus sévèrement touchés seraient les squales, car contrairement aux autres poissons, leur maturité sexuelle est extrêmement tardive et ils ne peuvent porter que peu de petits simultanément. Alors qu’attend-t-on pour interdire cette boucherie qui menace la vie d’espèces marines ?

L’Union européenne – puissante exportatrice de requins – l’a fait en novembre dernier en prohibant la découpe des ailerons à bord de ses bateaux. Mais est-ce vraiment suffisant ?

Crédit photo : REUTERS/BOBBY YIP