Gaza : Pourquoi la France ne prend pas partie ?

Dimanche, 29 Palestiniens, des hommes mais aussi des femmes et des enfants, ont été tués dans les bombardements israéliens. C’est le jour le plus sanglant de l’offensive israélienne, « Pilier de défense », déclenchée il y a 5 jours contre Gaza, en réponse aux tirs de roquettes du Hamas.

Pendant que les civils palestiniens meurent sous les bombes de Tsahal, pendant que les habitants du Sud de Tel-Aviv croulent – et parfois s’écroulent – sous la pluie de missiles du Hamas, pendant ce temps-là… Que fait la France ?

Pourquoi le président de la République, François Hollande, ne prend-t-il pas partie ? Si le gouvernement Ayrault n’intervient pas directement dans le conflit israélo-palestenien, il ne reste pas pour autant les bras croisés, ainsi que l’atteste le voyage du ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, au Proche-Orient.

Au cours de son déplacement à Tel-Aviv, M. Fabius, s’est entretenu avec les principaux dirigeants de l’État hébreu : le Premier ministre Benyamin Netanyahou, le président Shimon Pérès et le ministre de la Défense Ehud Barak. Dans un second temps, il s’est rendu à Ramallah en Cisjordanie pour rencontrer le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.

Son escapade au Proche-Orient a-t-elle permis à M. Fabius de brosser les grandes lignes d’une solution provisoire au conflit israélo-palestinien ? Pas vraiment. C’est avec un pacifisme empreint de candeur que le ministre français a affirmé que « la guerre [n’était] pas une option » et qu’il y avait « urgence à intervenir » pour obtenir un cessez-le-feu entre Israël et les groupes armés palestiniens de la bande de Gaza. Combien de cessez-le-feu – sans cesse rompus – faudra-t-il pour que la guerre cesse définitivement ?

La chef de la diplomatie française ne se mouille pas trop. Difficile de plonger la tête la première lorsqu’on a le cul entre deux chaises ! « La situation dans la bande de Gaza comme en Israël est très difficile avec beaucoup de morts. La France veut être un facilitateur du cessez-le-feu » a poursuivi M. Fabius en rappelant la « position spécifique » de l’Hexagone, allié de l’État hébreux et défenseur des droits – bafoués par la poursuite de la colonisation – des Palestiniens.

Donc, la France refuse de prendre partie, de se positionner dans le bourbier israélo-palestinien, de rechercher des solutions pacifiques durables forcément radicales. Comment le pourrait-elle ? En récusant tout contact direct avec le Hamas, la diplomatie française s’isole des négociations ; elle abandonne les Palestiniens aux États arabes avec en tête l’Égypte de Mohamed Morsi.

Même l’idée d’une trêve, solution hélas éphémère, semble pour l’instant irréaliste au vu des propos du ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman : « Notre seule condition pour une trêve, c’est que tous les groupes terroristes opérant à Gaza cessent complètement le feu ». Propos que vient renforcer la déclaration du président israélien, M. Pérès : « Il faut comprendre qu’il y a des millions de civils innocents en Israël qui ne peuvent pas dormir à cause de la peur des roquettes ».

Qu’en est-il des civils innocents en Palestine ? Peuvent-ils dormir lorsque des centaines de drones israéliens survolent leurs maisons ? En période de guerre, personne ne peut dormir en paix.

Crédit photo : GALI TIBBON/AFP


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