Maroc: Le parti islamiste gagnant, que cela va t’il changer ?

Après Ennahda en Tunisie, le Parti de la justice et du développement (PJD) est arrivé en tête aux élections législatives du 25 novembre au Maroc, en remportant 107 des 395 sièges de députés. Ce parti qui assure son soutien à la monarchie, doit désormais former une coalition pour gouverner. Ses objectifs ? Lutter contre la corruption et installer une bonne gouvernance publique. 

De tous les partis politiques, tous ont salué la victoire de la démocratie. « Nous récoltons la confiance du peuple marocain. ça fait plus de quinze ans que le Parti de la justice et du développement (PJD) est sur la scène politique internationale » a déclaré Abdelilah Benkirane, leader du parti islamiste modéré. Cette victoire arrive cinq mois après une réforme constitutionnelle décidée par le roi Mohammed VI, qui stipule que le chef du gouvernement doit être choisi par le roi au sein du parti arrivé en tête des élections.

Abdelilah Benkirane, devrait donc logiquement diriger le gouvernement. Le Premier ministre islamiste, sera à la tête d’une coalition à laquelle pourrait participer l’Istiqlal, parti du Premier ministre sortant, et l’Union socialiste des forces populaire (USFP). Abdelilah Benkirane a déjà rassuré les pays occidentaux : « Avec le PJD il n’y aura jamais de surprises. Nous allons développer les relations avec l’Occident ». Le premier ministre sortant, Abbas el-Fassi, du parti Istiqlal, souligne que « l’alternance est possible au Maroc ». L’actuel ministre des Finances, Salaheddin Mezouar a lui souligné que « Ces élections montrent que le Maroc est en train de mener un processus mature et responsable ».

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Le premier défi du gouvernement sera le chômage des jeunes, qui dépasse 30% dans les villes alors que la moitié de la population a moins de 25 ans. Il va aussi falloir relancer l’économie du Maroc, dont les failles se sont révélées suite au printemps arabe et à la crise économique. L’industrie textile, pilier de l’économie, a subi la baisse de la demande européenne. Le pays, dépourvu de ressources énergétiques, a également payé la flambée des prix de l’énergie. Et suite aux événements du printemps arabe, les revenus du tourisme ont chuté. Mais le PJD n’ pas évoqué des thèmes controversés, comme la consommation d’alcool par les musulmans.

Alors que les slogans islamistes étaient absents lors du printemps arabe, c’est finalement les partis se réclamant de l’Islam qui en récupère le bénéfice aux urnes. Mais, la victoire du PJD ne lui confère pas de majorité parlementaire pour gouverner seul. Ensuite, la coopération qui devra se faire entre les partis pour former un gouvernement, oblige le PJD à jouer le jeu politique et parlementaire.


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