Ouattara donne sa « dernière chance » à Gbagbo

Alassane Ouattara a lancé mardi soir au président sortant un appel à saisir sa « dernière chance » pour une « sortie de crise pacifique et honorable ». Tout en promettant de former un gouvernement d’union et de réconciliation nationale.

Laurent Gbagbo paraît politiquement plus isolé que jamais, l’Afrique du Sud  s’est rangé « derrière la position de l’Union africaine (UA), qui reconnaît Alassane Ouattara comme seul président légitime ». Sur le terrain le rapport de force ne lui est plus tellement favorable, et pour marquer le coup dans une « adresse à la nation » sur sa propre chaîne de télévision, la TCI, Alassane Ouattara lui demande de renoncer au pouvoir. « Dans l’intérêt supérieur de la Nation, il doit comprendre qu’il s’agit là, pour lui-même et pour ses proches de la dernière chance pour une sortie pacifique et honorable. Sa responsabilité est personnellement engagée. »

Il a une nouvelle fois marqué sa volonté de « former un gouvernement d’union et de réconciliation, avec toutes les forces nationales, y compris le Front populaire ivoirien » parti de Laurent Gbagbo. « Il est impérieux que nous réapprenions à vivre ensemble », a-t-il souligné, insistant sur sa volonté d’être « un président de tous les Ivoiriens » et « pas d’une partie des Ivoiriens contre une autre ».

N’oubliant pas les forces armées, dont les cadres sont en majorité fidèles au président sortant malgré de nombreuses défections, il a avancé une proposition de fusion « il n’est pas trop tard, mettez-vous à la disposition de la patrie » sans  parler pour autant d’amnistie.

Les deux camps accusés de crimes contre l’humanité par  HRW

De son côté Human Rights Watch  a estimé dans un rapport publié mardi, que les milices loyales à l’ancien président de Côte d’Ivoire Laurent Gbagbo et les forces Pro-Ouattara ont commis des exactions qui s’apparentent à des crimes contre l’humanité.

Ces actes comprennent des viols, des exécutions et des cas d’immigrés d’Afrique de l’Ouest brûlés vifs. « Concernant le camp Ouattara, des combattants armés ont commis des exécutions extrajudiciaires de combattants présumés pro-Gbagbo détenus sur le territoire d’Ouattara ». 400 personnes ont été tuées depuis l’élection d’après les Nations Unies. La plupart d’entre elles « par les forces pro-Gbagbo dans des circonstances qui n’ont aucun lien avec le conflit armé », indique HRW.

L’ONG dans son rapport accuse les « Jeunes patriotes » de Gbagbo d’avoir mené une série de meurtres basés sur des motifs ethniques. Des meurtres d’immigrés d’Afrique de l’Ouest et de membres de la tribu Dioula d’Ouattara par des jeunes pro-Gbagbo, suivant l’appel lancé début mars par leur chef de file, Charles Blé Goudé, à combattre la rébellion visant à évincer selon lui le président sortant. HRW évoque plusieurs cas

« Les immigrés originaires du Mali, du Burkina Faso, du Nigeria et du Niger ont fait part d’attaques quotidiennes menées par les forces de sécurité pro-Gbagbo et ses milices armées ». Les immigrés sont régulièrement pris pour cibles en temps de crise depuis la guerre de 2002-2003 qui a scindé le pays en deux.


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