Remaniement ministériel : Alain Juppé s’impose

Nicolas Sarkozy a annoncé, dimanche, en direct à la télévision et la radio – ce qui est rare – un mini-remaniement que tout le monde attendait. Sans surprise, MAM a dû dire au revoir au gouvernement, et Alain Juppé la remplace au ministère des Affaires étrangères. L’ancien ministre de la Défense, remplacé par Gérard Longuet, apparait comme le grand gagnant du remaniement.

On ne dirait pas, comme ça, mais la dernière partie du quinquennat de Nicolas Sarkozy est assez instable : dimanche, c’était le quatrième remaniement en seulement un an, dont le deuxième en trois mois ! Et pour cause : les histoires douteuses de Michèle Alliot-Marie pouvaient, à force, entacher l’image du gouvernement de Nicolas Sarkozy. Si ce n’est pas déjà fait.

Comme les experts l’avaient prédit, elle est remplacée par Alain Juppé. Ce Chiraquien avait déjà occupé le poste de ministre des Affaires Etrangères de 1993 à 1995, et y a laissé un bon souvenir chez les diplomates. Le chef de l’Etat le présente comme un « homme d’expérience » qui « a déjà exercé ces fonctions [aux Affaires étrangères] avec une réussite unanimement reconnue ». Le maire de Bordeaux, dont il gardera le poste, obtient donc une place ultra-stratégique dans cette période de révolutions arabes.

Car, maintenant, la mission de Juppé va être de redorer l’image de la France à l’étranger, et notamment dans les pays arabes. A noter que le Président de la République veut relancer l’Union pour la Méditerranée, qui a été un échec pour l’instant. Tout un défi, donc, alors que plusieurs pays arabes de la Méditerranée sont encore dans un climat tendu (Algérie, Jordanie, Maroc, Syrie…).

Alain Juppé apparait alors comme la nouvelle figure de l’UMP, un « Premier ministre bis ». Au détriment de François Fillon qui paye ses histoires de vacances en Egypte ou de weekend au Mans en avion gouvernemental. Le Premier ministre a d’ailleurs chuté de 7 points dans les sondages.

Suivant sa ligne de conduite instaurée lors du dernier remaniement de novembre, Nicolas Sarkozy veut un « gouvernement de professionnels ». Ainsi, Gérard Longuet remplace Juppé à la Défense, et surtout, Claude Guéant revient à l’Intérieur. C’est un ministère qu’il connait bien : il a été le directeur général de la police nationale entre 1994 et 1998 et directeur du cabinet du ministère de 2002 à 2004, entre-autres.

La seule surprise du remaniement vient donc de Brice Hortefeux, éjecté du ministère de l’Intérieur. Il ne s’y attendait pas du tout, pensant soit rester à l’Intérieur, soit prendre la Défense. Sauf que la hausse des violences aux personnes et son futur procès en appel (concernant sa phrase sur un jeune militant UMP d’origine maghrébine) lui ont coûté sa place. « Plus aucune polémique au gouvernement », en somme. Cependant, Hortefeux devrait devenir le conseiller politique du Président.


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