Clearstream : Sarkozy oublie la présomption d’innocence

Lors de son interview accordée à TF1 et France2 mercredi soir, Nicolas Sarkozy est revenu sur l’affaire clearstream. Le président a alors dénoncé les « coupables » de cette machination. Des propos qui bafouent la présomption d’innocence selon la défense.

A New-York, face à Laurence Ferrari et David Pujadas, Nicolas Sarkozy est revenu sur l’affaire clearstream en cours de procédure. Le président n’a pas fait d’équivoque lorsqu’on lui a demandé son avis. Pire encore puisque l’avocat de profession en a même oublié l’une des bases d’un procès : la présomption d’innocence. Nicolas Sarkozy a parlé de « coupables », cataloguant forcément les prévenus, lors d’un entretien télévisé très suivi par la population française. D’ailleurs, à peu près tout le monde s’accorde à fustiger ces paroles.

Voici l’extrait:

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Au même moment en France, se déroulait le procès. Ainsi, la réaction de l’avocat de Dominique de Villepin ne s’est pas faite attendre. Le défendeur, Me Olivier Metzner, déclarant : « C’est cela le respect de votre tribunal, de votre parquet. (…) J’en suis triste, la présomption d’innocence fait partie de nos textes et le président la met en cause en parlant devant des dizaines de millions de Français. »

Un autre avocat de l’ancien premier ministre, Me Henri Leclerc a lui fait remarquer à la cour que le président pouvait se permettre de telles paroles puisqu’il disposait d’une immunité pénale.

Même Thierry Herzog, l’avocat de Nicolas Sarkozy n’était pas très solidaire : « Je ne commente pas les décisions du président de la République, je ne suis ni son porte-parole, ni son conseiller politique. »

Bien sûr, la gauche a également saisi la balle au bond pour s’offusquer de telles pratiques. L’ancien premier secrétaire du PS rappelant que le président étant avocat de formation connait très bien les termes à employer et leurs nuances. Ensuite, il analysait : « Le lapsus est fâcheux, parce que Nicolas Sarkozy, président de la République, a autorité sur les parquets, les procureurs. Donc il a été victime de ce qu’il a fait lui-même (…) En étant partie prenante de ce procès, il entretient une confusion qui se retourne contre lui. »

Le procès :

Hier, les deux faussaires présumés dans l’affaire clearstream, Imad Lahoud et Jean-Louis Gergorin étaient entendus. Après avoir longuement analysé et décortiqué les pièces très techinques du dossier, Imad Lahoud a parlé. Il a ainsi reconnu avoir ajouté le nom du président sur les listings bancaires sous la pression de Jean-Louis Gergorin. Un témoignage encore à éclaircir puisqu’Imad Lahoud s’est montré incapable de donner ni détails, ni circonstances de sa fraude. Il ne sait même plus dans quel bureau, il aurait commis cet acte. Les audiences continuent aujourd’hui.



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