François Baroin met les aides sociales ‘en soldes’

A l’heure des orientations budgétaires pour la période 2011-2013, le ministre du Budget François Baroin a accordé un entretien au journal Les Echos dans lequel il annonce la baisse de certaines aides sociales. Certaines restrictions concernent également les handicapés.

Ces mesures s’inscrivent dans une perspective « de ramener le déficit public de 8% du PIB cette année à 6% l’an prochain » a confirmé le ministre. Une nouvelle qui ne va certainement pas remonter le moral des Français en déclin depuis plusieurs mois.

Le premier point évoqué par le ministre du Budget concerne les aides versées en contrepartie de l’emploi d’un salarié à domicile : « l’aide à domicile fait l’objet de deux avantages, l’un social et l’autre fiscal (…) nous allons supprimer l’abattement de 15 points sur les exonérations sociales, proposé aux ménages qui déclarent leur employé au salaire réel » a dit François Baroin en précisant que cette mesure représenterait une économie de près de 300 millions d’euros par an.

Une autre mesure évoquée par le ministre concerne les aides au logement. Pas de crainte. Ces aides si précieuses pour tant d’étudiants ne seront pas supprimées. En revanche, il ne sera plus possible pour les étudiants et les parents « de cumuler l’Aide personnalisée au logement (APL) et la demi-part fiscale pour enfant à charge » a-t-il fait ressortir.

Si les minimas sociaux tels que le RSA ne sont pas concernés, les contrats aidés, eux, ne seront pas épargnés. Ils seront réduits et vont passer de « 400 000 à 340 000 l’an prochain » malgré le contexte économique difficile. A noter que la part du salaire payée par l’Etat sera progressivement abaissée.

En ce qui concerne les handicapés : « l’allocation aux adultes handicapés sera bien augmentée de 25%, mais en six ans au lieu de cinq. Elle sera revalorisée de 3% l’an prochain, au lieu des 4,5% prévus. Le rattrapage aura lieu en 2012 et 2013 ».

La colère des associations

Ces mesures ne sont pas la bienvenue par ces temps de crise et les associations ne cachent pas leur mécontentement.

Interrogé par l’Associated Press, le président de l’Union nationale des étudiants de France (UNEF) Jean-Baptiste Prévost a dénoncé « une baisse massive de l’aide de l’Etat aux étudiants, une baisse de plusieurs centaines de milliers d’euros », dans un « contexte d’urgence sociale. »

Même le MET (Mouvement Etudiant, proche de l’UMP) dénonce la mesure sur les aides au logement. Il estime dans un communiqué qu’en « ciblant le cumul de l’aide personnalisée au logement et de la demi-part fiscale, les réductions budgétaires annoncées (…) toucheront directement » les étudiants des classes moyennes « et aggraveront la situation dans laquelle ils se trouvent. »

Le MET poursuit en demandant « au gouvernement de surseoir à cette décision et d’étudier d’autres moyens de réduire les dépenses de l’Etat. »

Même son de cloche du côté des associations familiales et de défense des handicapés qui ont vivement dénoncé ces mesures, accusant le gouvernement de trahir ses ‘promesses’ en matière de politique sociale.

L’Association des Paralysés de France (APF) a confié qu’il est aujourd’hui « lamentable de constater que le président de la République et le gouvernement ne tiennent pas parole et qu’une fois de plus, on taxe les personnes les plus fragilisées ».

L’APF rappelle que Nicolas Sarkozy avait confirmé l’augmentation de l’Aide aux Adultes Handicapés (AAH) de 25% en 5 ans « suite à la manifestation du 29 mars 2008 réunissant 35.000 personnes en situation de handicap ou malades » pour finalement aboutir aux mesures de François Baroin. L’association a également rappelé les propos de Nadine Morano, secrétaire d’Etat chargée de la Famille et de la Solidarité, qui confirmait le 26 juin dernier lors de l’Assemblée générale de l’APF « l’engagement sans précédent du gouvernement pour faire de l’AAH une véritable source de revenus pour les personnes handicapées. » Ce ne sera pas pour de suite…

La Fath (association de défense des handicapés) a quant à elle souligné que « cette population tente déjà de survivre avec une AAH dont le montant actuel est largement inférieur au seuil de pauvreté, soit 696,63 € par mois » et a déjà subi « les franchises médicales, les déremboursements de médicaments, la hausse du forfait journalier hospitalier. »

« Comment l’Etat peut-il envisager de diminuer l’aide aux personnes bénéficiaires de l’AAH, déjà sous le seuil de pauvreté, pour réduire son propre déficit public? », s’interroge l’Association des paralysés de France.


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