Les douze titres reflètent réellement la fusion de nos deux univers respectifs. »
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Sporto Kantes : Jeu, set et match
Par Arnaud BYHET / il y a 2 mois
Genre : Electro
Nationalité : Française
3 at last
Artiste : Sporto Kantes
Label : Le Village Vert
Le gros problème avec les Sporto Kantes, c'est qu'on se demande toujours si à chaque nouvel album qui sort dans les bacs, ce n'est pas également le dernier. La réputation du groupe n'étant plus à faire et les rumeurs de split allant bon train d'un disque à l'autre, c'est avec soulagement et joie qu'on découvre que les enfants terribles de l'electro ont encore de la ressource, mais surtout une longueur d'avance sur pas mal d'autres formations hexagonales.
Rencontre avec Benjamin Sportes à l'occasion de la sortie de 3 at last...
Quasiment 10 années de carrière, seulement 3 albums, très peu de concerts et pas mal de rumeur de séparation au sein de Sporto Kantes. Tout ça t'évoque quoi au final.
Benjamin : C'est vrai que le premier album est sorti en 98 et qu'on n'a jamais vraiment fait de concerts depuis tout ce temps. Je pense que tout simplement, on n'avait pas vocation à jouer live en montant Sporto Kantes. Ensuite, la réputation du groupe, on la connaît, c'est quelque chose dont on nous parle très souvent. Je pense que Nico comme moi on a des caractères très forts et que forcément par moments, il y a des tensions. Ce qui ne nous a pas empêché de sortir 3 at Last.
Justement votre réputation un peu chaotique, certains s'en rappellent encore lors d'une date que vous aviez donnée au Point Éphémère...
C'était plus une performance artistique (rires)... On s'est même dit en sortant de scène ce soir-là, que c'était le dernier concert de Sporto Kantes.
Vous vous dîtes la même chose en entrant en studio, que c'est le dernier album, ce genre de chose...
Je ne crois pas qu'on pense à ce genre de choses lorsqu'on est en studio. Je crois plutôt qu'on a besoin de temps entre deux albums, on a besoin de temps à chaque fois. On ne fait pas partie de ces groupes qui vont te pondre des tubes tous les quart d'heure. On préfère vivre des choses de manière plus personnelle, pour ensuite les inclure dans nos albums. Sur le dernier album, tu as un morceau en italien, qui fait référence à un voyage que j'ai fait à Rome, et qui m'a beaucoup inspiré. Je pense que notre musique est avant tout une histoire humaine. C'est également ce qui nous lie, Nico et moi.
Justement votre mésentente légendaire...
C'est vrai qu'on s'est souvent pris la tête parce qu'on n'était pas toujours d'accord sur pas mal de points au niveau du groupe. A l'époque de Act 1, je ne me voyais pas mener mon projet solo et celui avec Nico de front. Pour moi c'était quelque chose d'inconcevable. J'ai laissé Nico géré le groupe à cette époque. Lui avait déjà compris que Sporto Kantes allait être quelque chose de très important. Finalement les choses vous rattrapent et ce troisième album c'est une vraie collaboration du début à la fin.
On sent justement que 3 at last reflète vraiment vos deux personnalités.
Au moment de bosser sur ce troisième album, j'étais encore sur mon projet solo (Sportes ndlr) et je n'avançais pas vraiment. On s'est vu avec Nico et notre label, et on a décidé d'utiliser mon travail sur Sportes pour réaliser ce troisième album de Sporto Kantes. Les douze titres reflètent réellement la fusion de nos deux univers respectifs. On a pris un réel plaisir à l'enregistrer, chose qui ne nous était pas arrivée depuis un paquet de temps.
D'où cette impression de légèreté tout au long de l'album...
Je ne dis pas qu'au moment d'entrer en studio, on n'en avait rien à foutre, mais sincèrement je crois qu'on n'attendait rien de précis. Du coup, on y est allé sans se prendre la tête, sans se poser de question. Sur un morceau comme Whistle par exemple, je fais un rap à la Beastie Boys complètement improvisé. On a trouvé le résultat super décalé, et à l'arrivée on n'a fait qu'une prise. Tous les morceaux ont été enregistrés dans le même état d'esprit, et les intervenants sont vraiment venus à la cool.
C'est un disque de potes fait à la maison en quelque sorte.
En gros on pourrait résumer les choses comme ça. Un disque de chambre c'est pas mal non plus ... (Rires).
Comment expliques-tu le fait que d'un côté la presse vous suive à chaque nouvel album, que vos morceaux soient quasiment à chaque fois diffusés en radio, ou utilisés pour des pubs et que d'un autre côté , le fait que le groupe ait toujours ce côté confidentiel par rapport au public...
Écoute, je ne crois pas que le public nous suive vraiment, même si, effectivement, on n'est pas des champions des ventes. J'ai rarement entendu des gens me dire qu'ils n'aimaient pas Sporto Kantes. Je trouve qu'il y a comme une certaine affection de la part de notre public. Je crois qu'on a un vrai capital sympathie depuis Act 1. Et rien que ça, c'est génial pour nous...
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