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Que faire sans le bac ?
Par Alexandre DUBOIS / le 13/06/08 à 18h07
Les épreuves du baccalauréat sont passées. Cette année encore, il y aura les heureux, mais également les déçus. Pour ceux qui n'obtiendront pas le fameux sésame, pas d'inquiétude. En effet, il existe de nombreuses stratégies pour rebondir.
Certes, le baccalauréat est indispensable à une poursuite d'études dans le supérieur. Cependant, il existe quatre autres voies parallèles pour ceux qui ont échoué à l'examen : s'engager dans des études supérieures, suivre une formation professionnelle, passer un concours, ou évidemment repasser le bac. Ne pas avoir ce sésame ne ferme donc pas toutes les portes...
La fac sans le bac
Il est possible d'entrer à l'université sans le diplôme du baccalauréat, soit en obtenant un diplôme d'accès aux études universitaires (DAEU), soit grâce aux capacités en droit ou en gestion des entreprises, soit enfin par la validation des acquis de l'expérience (VAE).
Le DAEU donne les mêmes droits que le baccalauréat. Cependant, les critères établis pour pouvoir acquérir ce diplôme contribuent à réduire le nombre des postulants : avoir 24 ans au 1er octobre de l'année de l'examen ou bien 20 ans au moins et justifier de deux années d'activités professionnelles. Ce diplôme se compose de deux options : le DAEU A littéraire et le DAEU B scientifique. Le premier permet de suivre des études supérieures dans les domaines des lettres, arts, sciences humaines et sociales, langues, communication, droit, sciences économiques, administration et gestion... Quant au second, il permet l'accès aux études en sciences, technologies, STAPS et toutes les filières du secteur paramédical. Les personnes ne possédant pas le niveau essentiel à une préparation directe au DAEU peuvent suivre une formation nommée « pré-DAEU ».
La Capacité en Droit est accessible sans exigence de diplôme à toute personne âgée de 17 ans au 1er novembre de l'année d'inscription. Les études sont connues pour être rudes. En 2 ans, elles se déroulent habituellement à l'université, mais il est envisageable de suivre des cours du soir ou par correspondance. Proposée dans plus de 45 universités, cette formation pratique permet aux non-bacheliers de suivre ultérieurement une Licence 1 de droit à condition d'avoir obtenu la moyenne sur les deux années ou une Licence 2 si cette moyenne atteint les 15 sur 20. Autre possibilité : intégrer un DUT Carrières juridiques ou passer certains concours de la fonction publique.
La Capacité en gestion des entreprises permet d'enseigner aux candidats la gestion des entreprises, la comptabilité et l'utilisation de l'outil informatique au sein des entreprises. Ce diplôme, bien que non reconnu au niveau national, bénéficie d'une grande notoriété auprès des entreprises. La capacité en gestion se prépare en 1 ou 2 ans dans l'un des IAE (Instituts d'Administration des Entreprises) qui admettent les non-bacheliers dans le cadre de cette formation : IAE de Caen, IAE de Poitiers et IAE de Tours. Les modalités de recrutement sont propres à chacun des établissements et la formation, payante, est souvent onéreuse.
La Validation des acquis de l'expérience (VAE) permet à toute personne engagée dans la vie active depuis au moins 3 ans d'obtenir une partie ou la totalité d'un diplôme professionnel, et ce, grâce à la reconnaissance de son expérience professionnelle. Sont prises usuellement en compte dans le processus de validation : les expériences professionnelles développées au travers d'activités salariées, les activités non-salariées et bénévoles à condition qu'elles se trouvent en rapport avec le contenu du titre ou diplôme.
Une formation professionnelle sans le bac
Encore un panel de choix assez large pour les non-bacheliers : BTS, école spécialisée, formation en alternance...
Un BTS peut être préparé par les candidats non titulaires du bac. En principe, le niveau fin de terminale est suffisant, mais en pratique la plupart du temps, le bac reste un avantage très apprécié des écoles. Certaines d'entre elles, privées, acceptent des non-bacheliers pour préparer un BTS, souvent dans le secteur tertiaire : commerce, tourisme, comptabilité.
Les écoles sont une autre possibilité pour ceux qui savent déjà précisément dans quel secteur d'activité ils souhaitent évoluer. Pour ne pas se tromper, il faut se renseigner sur les écoles, notamment grâce à leur plaquette. Voici une liste, non-exhaustive, des secteurs où les écoles recrutent des jeunes sans le bac :
• l'art : il y a plus d'une cinquantaine d'écoles d'art ouvertes aux non-bacheliers dont l'ENSBA (les Beaux-Arts).
• l'hôtellerie et la restauration : plusieurs établissements accueillent des jeunes de niveau bac ou sortant de troisième.
• la restauration : l'Ecole supérieure de cuisine française (ESCF) à Paris jouit d'une très bonne réputation et l'accès aux non-bacheliers est réservé aux plus motivés.
• la santé : ce secteur propose quelques métiers accessibles sans le bac, comme auxiliaire de puéricultrice, aide-soignante, ou encore secrétaire médico-sociale.
• la comptabilité : l'INTEC (Institut national des techniques économiques et comptables) recrute des non-bacheliers très motivés et des titulaires du DAEU pour la préparation du DPECF (diplôme préparatoire d'études comptables et financières), du DECF (diplôme d'études comptables et financières), et du DESCF (diplôme d'études supérieures comptables et financières).
• le bâtiment : ce secteur offre de nombreuses formations accessibles dès la sortie de troisième par la voie professionnelle, en CFA (centre de formation des apprentis) ou la voie technologique, en lycée.
• l'immobilier : le BTS professions immobilières est accessible sans le bac dans certains lycées.
• le commerce : les CCI (chambres de commerce et d'industrie) abritent en leur sein des IFV (instituts de force de vente) qui recrutent des non-bacheliers en bon nombre. Le réseau des 69 IFV forme chaque année plus de 2 000 commerciaux.
Autre alternative : le CNAM. Le conservatoire national des arts et métiers est un établissement public d'enseignement supérieur professionnel qui possède un ensemble important de laboratoires de recherche. Les cours, dispensés à toute personne ayant déjà travaillé sans autre condition, portent sur les sciences et les techniques, ainsi que sur la gestion et les sciences humaines appliquées. Chaque année, ce sont plus de 7 000 diplômes que le CNAM délivre, et les non-bacheliers ne sont pas les derniers à réussir.
L'alternance est une voie qui attire de plus en plus de monde. Le temps est partagé entre un organisme de formation et une entreprise. Le principe : suivre des cours et les mettre en pratique au sein d'une entreprise. Ce mode de formation permet d'acquérir une première expérience professionnelle, d'obtenir un diplôme ou une qualification, tout en étant rémunéré.
Les concours de la fonction publique
Ces concours sont de plus en plus prisés par les jeunes. Même si la concurrence y est rude, toutes les fonctions publiques recherchent des non-bacheliers et proposent de ce fait des concours adaptés au niveau des candidats et aux postes offerts par la suite :
• les concours administratifs : ils permettent de devenir agent ou adjoint administratif. Ces fonctionnaires s'occupent du classement de documents, du courrier, de comptabilité de base, reçoivent les appels téléphoniques et accueillent les visiteurs.
• les concours du secteur technique et du secteur des finances : ils permettent de travailler au Trésor public, à la direction générale des Impôts, à la DGCCRF (direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes) ou encore aux Douanes.
• les concours du secteur de la santé : l'assistance publique, les centres hospitaliers universitaires et régionaux, les ministères et l'administration territoriale recrutent des personnels de santé. Les concours ouvrent les emplois paramédicaux comme aide-soignant, auxiliaire de puéricultrice, agent de service hospitalier ou encore aide de laboratoire et aide technique de laboratoire.
• les concours du secteur artistique et culturel : agent technique d'accueil, de surveillance et de magasinage, agent qualifié du patrimoine, magasinier spécialisé des bibliothèques et magasinier en chef... ces corps de métiers sont employés par le ministère de la Culture et de la Communication et par celui de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, dans les bâtiments de dépôt d'œuvre d'art, les bibliothèques municipales, universitaires ou dans les grandes bibliothèques comme la Bibliothèque nationale de France.
• les concours du secteur social : nombre de travailleurs sociaux sont employés dans les villes, les hôpitaux, les associations, les banlieues défavorisées... même sans le bac.
• les concours du secteur de la sécurité : ils permettent de devenir un professionnel de la sécurité, comme inspecteur de sécurité de la ville de Paris, gardien de police, agent de police municipale, gardien de la paix, sapeur-pompier professionnel ou encore surveillant de l'administration pénitentiaire.
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