Fouilles des élèves, création d'équipes d'agents intervenant dans les écoles…Les mesures de Xavier Darcos pour lutter contre la violence scolaire ont suscité de vives polémiques. Faisant fi de tout cela, Nicolas Sarkozy a repris les propositions de son ministre.

Insultes, bagarres, agressions de professeurs… Face à la violence qui investit les écoles, Nicolas Sarkozy a fait une fois de plus le choix du tout-sécuritaire. La volonté du gouvernement et du Président de la république de lutter contre les violences scolaires est  des plus honorables. Mais les réponses privilégiées risquent de faire des jeunes des coupables avant l'heure. Jeudi lors d'un discours à l'Elysée, Nicolas Sarkozy s'est prononcé en faveur de la fouille des élèves suspectés de transporter une arme et a également validé la création de force de l'ordre pouvant intervenir dans les établissements scolaires. « Les personnels de direction et d'encadrement » seront habilités à faire ouvrir les cartables et des « équipes mobiles d'agents seront créées auprès des recteurs pour épauler les chefs d'établissement en cas de difficulté ponctuelle », a-t-il déclaré.

 

Reste que ces deux propositions, dont la tête pensante n'est autre que le ministre de l'Education nationale Xavier Darcos, ont été jugées plutôt sévèrement par le monde syndical et politique lors de leur annonce mardi. « Xavier Darcos privilégie l'effet d'annonce en montant en épingle des faits de violence grave à l'intérieur d'établissements. Mais, il ne traite pas en profondeur des problèmes de violence scolaire » avait dénoncé Gérard Aschieri secrétaire général de la FSU, « le ministre a réussi son opération sécuritaire en donnant une image négative de l'école ». Fustigées par la gauche et le monde enseignant, ces suggestions polémiques n'avaient pas non plus reçu la faveur de certains membres du gouvernement, à l'instar de Martin Hirsch et de Michèle Alliot-Marie. La ministre de l'Intérieur avait affirmé ne pas croire en effet « à la généralisation des portiques » et refusé d'« installer des commissariats dans les écoles ».

 

A l'inverse, « l'engagement fort » de Nicolas Sarkozy pour lutter contre les violences scolaires a été salué par l'UNI-Lycée. Pour cause : ce programme reprend de nombreuses exigences de ce syndicat pour un retour de l'autorité au sein des écoles, ce dernier souhaite donc une application rapide de ces mesures. S'il juge positivement la fouille des élèves, Philippe Vrand président de la fédération de parents d'élèves s'interroge sur le recrutement de « personnel extérieur pour intervenir dans les lycées alors qu'il y a des surveillants, des éducateurs qui pourraient être mis à disposition » (AFP). Pourtant, les choix élyséens ont également subi quelques critiques. L'insécurité dans les établissements scolaires « est une question grave traitée avec une légèreté irresponsable par le gouvernement », a déploré le socialiste Jacques Auxiette.

 

Pour Nicolas Sarkozy, ces dispositions doivent servir la lutte contre la « banalisation de l'usage des armes dans les établissements scolaires ». De quoi mettre fin à ces violences qui peuvent désormais être qualifiées selon le Président de la république de « délinquance, crime, voire barbarie ». Xavier Darcos a annoncé qu'une réforme serait présentée au Parlement « dans les premiers jours de juillet ». Sans doute pour éviter de possibles mouvements de contestation face à un texte qui risque fort d'assimiler jeunesse et délinquance.

 

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