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Jeff Koons, le Roi du kitsch au Château de Versailles
Par Ornella LAMBERTI / le 07/11/08 à 17h18
Sa Majesté Koons expose sa rutilance mégalomaniaque au sein du faste versaillais. Choc des Titans ou dialogue de sourds ?
Le pape du kitsch à Versailles...c'est aussi fin qu'une blague Carambar. On est presque admiratifs devant le culot pléonastique du commissaire d'expo qui n'hésite pas, pour la beauté de l'art, à convoquer l'artiste vivant le plus cher au monde à exposer dans l'un des endroits les plus visités au monde. Le résultat ? Etonnant. D'une part, il faut bien avouer que la Galerie des Glaces se reflétant dans « Moon », une lune bleu acier monumentale, prend des allures et des perspectives de galerie hantée et hallucinante. Mais surtout, ballotté, piétiné, écrasé, énervé par la foule, au bord d'une overdose de kitsch à la vue des œuvres de Son Excellence Koons et du décorum baroque de Versailles pris direct en intraveineuse, on se rend soudain compte du tour de force de cette exposition : la vision de cette foule impie, amassée autour des icônes païennes de la culture populaire et de la société de consommation, de la bouée tortue à Michael Jackson, fait irrésistiblement penser à un pèlerinage. Hérétique et moderne. Fascinant. Faut avoir l'humour un peu cynique et lucide pour comprendre Son Altesse Kitchissime Koons. Ironie qui échappe à quelques uns : « Eh Eric, tu as vu le homard ? (En parlant d'une sculpture représentant une bouée en forme de homard). On a le même dans notre garage, on peut exposer à Versailles ! ». Sauf que je doute Madame, que le vôtre soit en aluminium. Ou alors, vous n'avez peut être pas choisi l'accessoire adéquat pour aller barboter en août à la plage. Il faut dépasser la fausse vraisemblance, le simulacre tautologie des œuvres de Jeff Koons, parfaite représentation de notre société du spectacle qui nous fait prendre le faux pour du vrai. Et qui pourrait nous noyer pour peu que l'on se trompe de bouée.Et dire qu'on est encore tous là, comme scotchés à notre télé, à contempler ces dieux de pacotille, du buste en marbre de Jeff Koons que jouxte en clin d'oeil un des plus fameux portraits de Louis XIV, à un Michael Jackson paré et doré. Et je soupçonne le buste fier de Son Excellence Koons se marrer en y pensant. Peut être même paraphrase t-il « Le kitsch, c'est moi ! »
En photo : Rabbit 1986 , Acier inoxydable, 104,1 ◊ 48,3 ◊ 30,5 cm
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