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/// Bien-être // Psycho

Je consomme donc je suis…

Par Céline LAPOMPE-PAIRONNE / il y a 7 mois

 

Depuis que Delarue et Evelyne Thomas en ont fait leur fonds de commerce, les névroses n'ont jamais été autant à la mode. Après être passé dans le langage courant, le terme « fashion victim » est pourtant utilisé à tort et surtout à travers. Fashion-victim. Car si la fashion-addict adore les vêtements et accessoires en tout genre, elle n'est pas une victime, contrairement à sa collègue, la dépensière compulsive. Peu importe que son compte en banque se ratatine à vue d'œil et que son banquier est prêt à lui déclarer une guerre sans merci. La fashion-victim consomme, donc elle est.

 

Capable de dépenser 80% de son salaire en vêtements, chaussures et sacs à main, elle connaît en général mieux que son conseiller financier le taux des agios puisqu'elle passe la majeure partie de son existence à découvert.
Là où tout consommateur normal frôlerait l'indigestion, notre dépensier compulsif, lui, s'offre chaque mois un festin de vêtements et d'accessoires en tout genre.


Au-delà de la simple obligation de se restreindre 20 jours par mois à un régime pâtes au beurre, les conséquences financières peuvent être nettement plus alarmantes : surendettement, interdit bancaire...
D'autant plus que dans certains cas, cette compulsion d'achats peut cacher en réalité une déprime profonde et faire chauffer la carte bleue apparaît alors aussi réconfortant que d'engloutir une tablette de chocolat. Pour d'autres, les crises d'achats et surtout d'articles de marques sont un moyen de s'affirmer et de camoufler un grand désarroi dans une société où l' « avoir », plus que l' « être », est mis en avant.

Comment y remédier ?
Il est nécessaire de se prendre en charge et de se faire accompagner par quelqu'un. Évidemment, votre généraliste ne pourra rien faire pour vous, et même si ces termes peuvent effrayer, c'est bel et bien vers la psychiatrie et la psychothérapie qu'il faut se tourner.
Autre alternative : les groupes de paroles, qui permettent aux dépensiers compulsifs de partager leurs expériences, crises d'achats, rechutes et améliorations et de rencontrer d'autres personnes dans la même situation. De plus, chaque participant doit régulièrement faire le compte-rendu de ses achats afin de discerner le nécessaire du superflu. Un moyen essentiel de prendre conscience qu'une paire de bottes Prada en pleine canicule, c'est certes joli, mais pas vraiment indispensable ;

 

L'association "Débiteurs anonymes France", 65 Quai d'Orsay, 75007 Paris, Tél. : 01 48 22 16 58, ou sur Internet : http://www.debiteursanonymes.org
- Michel Lejoyeux et Jean Adès, La fièvre des achats, éd. Les Empêcheurs de penser en rond.
- Loly Clerc et Romain Gubert, Les dépensiers compulsifs. Quand l'argent cache un mal-être, éd. Anne Carrière.

 

 
 

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