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	<title>Planète Campus &#187; Interviews</title>
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	<description>Les étudiants parlent enfin aux étudiants</description>
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		<title>Aldebert interrogé par Brigadier Campus</title>
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		<pubDate>Thu, 28 Oct 2010 12:11:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mikaël Doulson Alberca</dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Interviews]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>

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		<description><![CDATA[Campus Mag lui a enfin mis le grappin dessus ! Il s&#8217;agit d&#8217;un artiste français de renom, qui sévit depuis plus de 10 ans dans les régions françaises &#8211; sans oublier la Navarre. Il cause les plus grands torts aux braves gens en déchaînant sa bonne humeur partout où il passe. Il fallait que quelqu&#8217;un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="background-image: initial; background-attachment: initial; background-origin: initial; background-clip: initial; background-color: #ffffff; font: normal normal normal 13px/19px Georgia, 'Times New Roman', 'Bitstream Charter', Times, serif; font-family: 'Times New Roman'; line-height: normal; font-size: small; padding: 0.6em; margin: 0px;">
<p style="text-align: justify;"><strong style="font-weight: bold;">Campus Mag lui a enfin mis le grappin dessus ! Il s&#8217;agit d&#8217;un artiste français de renom, qui sévit depuis plus de 10 ans dans les régions françaises &#8211; sans oublier la Navarre. Il cause les plus grands torts aux braves gens en déchaînant sa bonne humeur partout où il passe. Il fallait que quelqu&#8217;un s&#8217;en charge, c&#8217;est chose faite : Campus l&#8217;a séquestré un après-midi d&#8217;automne pour qu&#8217;il avoue ses fautes, confesse ses pêchés, et nous dévoile le secret de la joyeuse espièglerie qui l&#8217;anime et le soustrait aux affres du temps qui passe&#8230;</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong style="font-weight: bold;">Date : </strong>Mercredi 20 octobre 2010.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong style="font-weight: bold;">Localisation de la garde à vue : </strong>Siège parisien de la Warner Music Group (groupe d&#8217;édition de disques qui a produit les 3 derniers albums d&#8217;Aldebert).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong style="font-weight: bold;">Suspect :</strong> Guillaume Aldebert, dit Aldebert.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong style="font-weight: bold;">Son âge : </strong>Le secret professionnel et le souci de discrétion nous interdisent de dévoiler son âge. Sachez seulement qu&#8217;il est né en 1973.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong style="font-weight: bold;">Occupation dans la vie :</strong> Il fredonne de joyeuses petites mélodies sur des scènes nationales et internationales. Et accessoirement il sort des albums, pour que les gens puissent (aussi) l&#8217;écouter de chez eux.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong style="font-weight: bold;">Son dernier crime :</strong> La sortie le 11 octobre de son dernier album, le septième en dix années de carrière, judicieusement nommé &laquo;&nbsp;J&#8217;ai dix ans&nbsp;&raquo;. Un disque à mettre dans toutes les mains, mais qui risque de propager des ondes d&#8217;allégresse incontrôlées dans la population civile.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong style="font-weight: bold;">Brigadier Campus : Le 11 octobre 2010, vous venez de sortir un nouvel album, intitulé “J’ai dix ans”. Comment vous en défendez-vous ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong style="font-weight: bold;">Guillaume Aldebert :</strong> Ce n’est pas vraiment de ma faute, je le jure.</p>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;ai voulu faire un album anniversaire, comme une sorte de best-of, pour fêter mes dix ans de carrière. J’ai commencé à écrire des chansons en 1999 puis j’ai tourné dans les premiers caf’conc’ [cafés-concerts] en 2000. L’idée n’était pas de faire un « bilan » car cela évoque une fin et un regard en arrière, alors que je voulais me projeter dans l&#8217;avenir.</p>
<p style="text-align: justify;">Mon équipe et moi avons alors pris des anciens titres, et nous les avons remodelés avec d’autres arrangements ; puis nous avons enregistré de nouvelles chansons. Ça a donné lieu à cet album « patchwork » avec des chapitres qui correspondent à des envies différentes.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong style="font-weight: bold;">BC : Cet album serait davantage un tremplin pour les 10 prochaines années ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong style="font-weight: bold;">GA :</strong> Je fais un métier particulier dans lequel on ne peut pas se projeter à long terme. Je vois à peu près ce que je ferai dans un an parce que j’ai déjà quelques projets entamés, mais d’ici deux, trois ans, je n’en sais rien.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est dur de garder la tête hors de l’eau quand on fait ce métier. De plus, c’est la crise du disque et tout a changé : la façon de consommer la musique, les gens achètent moins de disques&#8230; Et les artistes sont de plus en plus nombreux : aujourd&#8217;hui, il y a presque plus de musiciens que de public !</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong style="font-weight: bold;">BC : Comment a évolué votre carrière ? Êtes-vous passé par plusieurs styles ?</strong> <strong style="font-weight: bold;">GA : </strong>Je m’en rends compte par le public que ça fédère. J’ai commencé dans un petit café en donnant des concerts pour quatorze personnes… La première salle, au bout de deux ans, fut le Sentier des Halles à Paris, avec 32 entrées payantes. Et aujourd’hui, on fête cet anniversaire au Zénith !</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong style="font-weight: bold;">BC : Vous jouez désormais devant plusieurs milliers de personnes ; pourtant, vous n&#8217;êtes pas très connu du grand public&#8230;</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong style="font-weight: bold;">GA : </strong>C’est un peu particulier car médiatiquement je ne suis pas très visible. Je suis ce que l’on appelle un &laquo;&nbsp;artiste de scène&nbsp;&raquo;. J&#8217;ai une activité de concert très conséquente, au rythme d&#8217;une centaine de concerts par an ; c&#8217;est le cas de beaucoup de groupes français, comme Thomas Fersen, Clarika ou les Têtes Raides par exemple. Nous tournons beaucoup, mais pourtant nous ne passons jamais à la radio et finalement les gens nous connaissent assez peu.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong style="font-weight: bold;">BC : Quelles surprises réservez-vous à ceux qui viendront vous voir en concert le 20 novembre au Zénith de Paris ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong style="font-weight: bold;">GA : </strong>La tournée « J’ai dix ans » est particulière car nous avons fait appel au metteur en scène du Cirque Plume qui s’appelle Bernard Kudlak. Le Cirque Plume est un cirque moderne qui est très poétique, onirique. C’est un univers qui est très proche du mien car je fais souvent référence à l’enfance et au rêve ; à l’humour aussi, qui est un outil qui compte beaucoup dans mon écriture.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous avons donc travaillé ensemble sur ce concert qui est finalement devenu un spectacle avec des circassiens, des acrobates, des comédiens… Il y aura plusieurs autres invités, que je laisse au public la surprise de découvrir !</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong style="font-weight: bold;">BC : Dans votre album « J’ai dix ans », vous abordez plusieurs styles de musique différents, de la traditionnelle chanson française au jazz manouche, en passant par le dub, l’électro et même le rap. Cette pluralité reflète-elle votre goût pour l’éclectisme, ou la volonté de fédérer un plus large public ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong style="font-weight: bold;">GA : </strong>Le fait que ça soit un album « anniversaire » a été l’occasion de proposer des choses très différentes, et surtout de s’amuser. Les <em style="font-style: italic;">basse-bat</em>[binôme bassiste et batteur] travaillent ensemble depuis longtemps, et écoutent beaucoup de musiques électro et de la funk. Je leur ai confié deux titres, qu’ils ont complètement bouleversés et dont ils ont proposé des versions originales. Ça change complètement la lecture des chansons, que je vois plutôt comme un « bonus » dans l’album.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong style="font-weight: bold;">BC : Avez-vous déjà des idées pour le prochain disque, ou bien d’autres projets en construction ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong style="font-weight: bold;">GA : </strong>J’ai commencé deux albums en même temps : <em style="font-style: italic;">Enfantillages 2</em>, qui sortira dans deux ou trois ans, et un disque plus « adulte » qui sortira l’année prochaine. Certaines chansons prendront appui sur des sujets sérieux, comme le titre &laquo;&nbsp;mon homonyme&nbsp;&raquo; que je vais partager avec Simon Mimoun -le chanteur de Debout sur le Zinc- et qui traite de l’homophobie.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong style="font-weight: bold;">BC : Un conseil pour les jeunes musiciens qui veulent se lancer professionnellement dans la musique ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong style="font-weight: bold;">GA : </strong>Toutes les voies sont bonnes, mais un seul mot d&#8217;ordre : il faut y aller !</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Malheureusement, en dépit des preuves accablantes qui plaidaient à charge contre lui, Campus Mag s&#8217;est vu dans l&#8217;obligation de relâcher Guillaume Aldebert, sous la pression de sa mère et convaincu par son sourire innocent&#8230; Qu&#8217;importe ! Réjouissez-vous, ce sera l&#8217;occasion d&#8217;aller le voir en concert le 20 novembre au Zénith de Paris !</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: center;"><p><a href="http://www.planetecampus.com/culture/21713-aldebert-interroge-par-brigadier-campus"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p></p>
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<p style="text-align: center;"><p><a href="http://www.planetecampus.com/culture/21713-aldebert-interroge-par-brigadier-campus"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p></p>
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<a href='http://www.planetecampus.com/culture/21713-aldebert-interroge-par-brigadier-campus/attachment/dsc_0002-3' title='DSC_0002'><img width="150" height="150" src="http://www.planetecampus.com/wp-content/uploads/2010/10/DSC_00022-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="DSC_0002" title="DSC_0002" /></a>
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<p style="text-align: center;">
</div>
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		<title>Maxeen : sex, dolls, and rock&#8217; n&#8217; roll</title>
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		<pubDate>Sat, 17 Apr 2010 09:52:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Florence Porcel</dc:creator>
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		<category><![CDATA[paris]]></category>
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		<description><![CDATA[Qu&#8217;est-ce que Maxeen BLISS ? Ce que je fais avec mon groupe ne s&#8217;apparente pas à du métal symphonique. Je suis chanteuse lyrique, c&#8217;est mon métier qui me fait vivre et me permet d&#8217;acheter les croquettes du chat, mais je n&#8217;avais pas envie d&#8217;utiliser cette voix-là pour le rock. Nous mélangeons pas mal d&#8217;influences : [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Qu&#8217;est-ce que Maxeen BLISS ?</strong><br />
Ce que je fais avec <a href="http://www.myspace.com/maxeen.bliss" target="_blank">mon groupe</a> ne s&#8217;apparente pas à du métal symphonique. Je suis chanteuse lyrique, c&#8217;est mon métier qui me fait vivre et me permet d&#8217;acheter les croquettes du chat, mais je n&#8217;avais pas envie d&#8217;utiliser cette voix-là pour le rock. Nous mélangeons pas mal d&#8217;influences : classique, fusion, jazz, soul, ethnique…<br />
Mes influences : Queen, Zappa, Led Zeppelin, Kate Bush, Nina Hagen, Liza Minelli, Tori Amos, The Who, Porcupine Tree, Joy Division, Biffy Clyro, Hector Berlioz, Varèse, Peter Gabriel, Genesis, Gentle Giant, Ayreon, Barbara, Billie Holiday, etc&#8230;<br />
Le choix du nom s’est fait il y a 6 ans, un soir, avec mon meilleur ami et autour d’une ou deux bouteilles de bon vin et d’un magnifique foie gras… Il est la réunion du prénom Maxeen, prénom de la brune dans Dans la Peau de John Malkovich, et du mot bliss, titre d’une chanson de Tori Amos que j’adore et qui signifie « béni, heureux » en anglais et « démon » en arabe…</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous en êtes le leader&#8230; Mais qui êtes-vous ?</strong><br />
Libre penseuse, musicienne, photographe, agnostique, humaniste, têtue, capricorne, tigre pour les chinois, sociable à tendance solitaire, râleuse, musicologue spécialiste de Berlioz, très mauvaise jongleuse, tendance à l’autoflagellation (mais je me soigne !), chanteuse, cinglée d’équitation, un brin cinglée tout court, femme à chats, curieuse de tout car, non, ce n’est pas un vilain défaut, j’adore passer des heures à cuisiner, je suis une vraie nullité dès qu’il s’agit de plier le linge ou de repasser, d’ailleurs, je ne repasse plus, les travaux de couture m’emmerdent profondément, je suis une adepte de Desproges et de Frank Zappa, mon livre de chevet reste Leaves of Grass de Walt Whitman, je pleure en allant voir Tosca et j’adore les films d’horreur, ma préférence allant pour les films de zombies, je n’aime pas les Beatles et je déteste Gounod bien qu’il fût un très très brave homme, je suis capable de me passer en boucle un morceau, un album ou un film qui me bouleverse ce qui a pour effet de rendre dingues les gens qui m’entourent, j’ai déjà fait un week-end marathon intégral de « Buffy The Vampire Slayer » avec des potes aussi dingues que moi, je me mets en quatre dès qu’il s’agit des gens que j’aime…<br />
Voilà en quelques mots. Je vais finir avec le questionnaire pivot que j’adore :</p>
<p style="text-align: justify;">Mot préféré ? Musique !<br />
Mot détesté ? Viol<br />
Drogue favorite ? Champagne<br />
Son, bruit préféré ? La mer en colère en Bretagne sur les rochers<br />
Son, bruit détesté ? Les sons de la violence<br />
Juron, gros mot ou blasphème favori ? Fuckin&#8217; crap !!!!<br />
Homme ou femme pour illustrer un nouveau billet de banque ? Femme, définitivement ! Janis Joplin ????<br />
Métier que vous n&#8217;auriez pas aimé faire ? Banquière, justement !<br />
La plante, l&#8217;arbre ou l&#8217;animal dans lequel vous aimeriez être réincarnée ? Le tigre<br />
Si Dieu existe, qu&#8217;aimeriez-vous, après votre mort, l&#8217;entendre vous dire? Retournes-y !!!</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous dites sur votre <a href="http://blogs.myspace.com/index.cfm?fuseaction=blog.view&amp;friendId=76317191&amp;blogId=353751332" target="_blank">blog</a></strong><strong> que vous pensez à Maxeen Bliss depuis votre adolescence, et qu&#8217;il a existé sous des formes et des noms différents. Qu&#8217;est-ce qui fait que cette fois-ci soit la bonne ?</strong><br />
Ah… C’est toute la magie de l’existence : les choses ne se font qu’à un moment précis, le moment où vous êtes enfin prêt à les recevoir. Maxeen BLISS, c’est moi qui ai mûri et qui ai enfin choisi d’être moi-même et non pas d’être ce que les gens voulaient voir en moi, ce sont les bonnes personnes rencontrées au bon moment pour qu’enfin l’alchimie se fasse. A ce moment-là, le monde semble lui-même se mettre en quatre pour vous aider…</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pourquoi avoir fait le choix d&#8217;écrire et de chanter en anglais ? (Et même de communiquer en anglais ?)</strong><br />
Pour <a href="http://www.planetecampus.com/culture/11827-maxeen-bliss-en-concert-a-paris-ce-soir" target="_blank">Maxeen BLISS</a>, je compose du rock, du métal, certes mélangés à d’autres styles musicaux, mais tout de même du rock ou du métal. Ma culture en ce domaine est quasi exclusivement en langue anglo-saxonne.<br />
L’anglais est la langue du rock, c’est en pays anglo-saxon que le rock est né. Le rythme même de cette langue correspond à celui du rock. L’anglais permet souvent de résumer des idées en des phrases concises, voir même en un seul mot, chose que le français permet rarement.<br />
J’écris aussi en français, mais cela m’amène vers d’autres styles musicaux où le français peut s’épanouir à volonté.<br />
J’aime ces deux langues profondément, elles ne m’inspirent pas la même musique, les mêmes images, c’est tout.<br />
Pour ce qui est de la com’ en anglais, c’est juste qu’elle rend les choses plus faciles à l’étranger où nous sommes en train de démarcher pour aller jouer, alors nous communiquons dans les deux langues.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Quels thèmes abordez-vous dans vos textes ?</strong><br />
On peut d’ores et déjà oublier l’amour dans le trip « chansons d’amour » : c’est pas mon truc ! Il y a des gens très doués pour ça, pas moi ! La seule pouvant se rapprocher d’une chanson d’amour c’est The Sad Song, mais c’est plutôt un morceau sur la souffrance et la rage de s’en remettre et de revivre, rien de très langoureux… !<br />
Non, mes textes sont plus ou moins engagés : la condition féminine, les religions (nous ferons partis de ces groupes que les religieux et les bigots vont adorer… !!!!!), la bêtise humaine. Parfois, certains morceaux ne décrivent juste qu’un état émotionnel à un instant précis comme Don’t Wanna Be The Only One ou encore Nevermore.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous êtes auteur-compositeur-interprète. Quelle est votre méthode de travail ? Comment une chanson voit le jour ?</strong><br />
Souvent, une chanson me prend par surprise ! Je ne fais pas partie de ces auteurs/compositeurs qui s’astreignent tous les jours à s’asseoir au bureau ou au piano et se forcent à composer.<br />
Il m’arrive d’avoir des périodes de 3 ou 4 mois sans qu’une musique ne vienne. Avant, cela me faisait paniquer, mais maintenant, je sais que c’est normal. Parfois, 3 ou 4 morceaux me viennent en l’espace d’une semaine et dans ces cas là, il y a urgence. Je m’enferme et j’écris ce qui vient, je l’arrange, enregistre une démo que je vais donner aux garçons ! Généralement, le texte vient dans la foulée.<br />
Qu’est-ce qui déclenche ce processus créateur ? Je ne sais pas trop, tout peut le déclencher, une musique, une peinture, un film, les infos, un petite phrase entendue au détour d’un café, tout ce que je sais, c’est que lorsque cela vient, le morceau arrive quasiment en entier dans ma tête et le plus difficile, le plus long c’est de lui donner corps sans trahir l’idée première qui est toujours la meilleure.<br />
&laquo;&nbsp;Maria Magdalena&nbsp;&raquo; est l’exemple typique de la façon dont cela fonctionne.<br />
J’habitais alors porte de Saint Ouen avec mon meilleur ami pour colocataire. C’était mon tour d’aller faire les courses. La veille, j’avais regardé, ou plutôt pris en pleine figure, le film <em>Magdalena Sisters</em>. Je descends donc mes cinq étages, parcours une centaine de mètres quand soudain, le riff de Maria se met à chanter dans mon crâne. C’était tellement fort que j’ai fait demi-tour et suis remontée à toute vitesse à l’appartement. Mon ami, surpris me demande ce qui se passe et je ne sais pas trop ce que je lui ai répondu, sûrement un truc du genre : « Super idée, peux pas faire les courses, à plus tard, suis là pour personne ». Il m’a à peine vue durant les deux jours qui ont suivi, mais il a entendu le morceau se monter. Dans ces cas-là, j’oublie le temps, j’oublie de manger, de dormir, et le plus étrange c’est que je n’en sors pas fatiguée mais pleine, apaisée et nourrie. Par contre, je suis généralement incapable de me souvenir de ce que j’ai pu faire, dans quel ordre sont apparues les choses entre le moment où l’idée survient et le moment où le morceau est dans la boîte… C’est étrange et agréable cette impression de n’être qu’un outil : quelle part vient de moi et quelle part vient de quelque chose d’autre, de plus grand, que je ne maîtrise pas, ce quelque chose que Frank Zappa surnommait « La Grande Note » ?&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous sortez un premier album bientôt : &laquo;&nbsp;Pornomusical dolls&nbsp;&raquo;. Pourquoi ce titre ?</strong><br />
C’est le titre d’un des morceaux : les poupées pornomusicales… Tout un programme !!!!<br />
Pourquoi ce titre ? Il interroge, intrigue, provoque… Il sonne aussi, c’est la musicienne qui parle, là !!!!<br />
Parce qu’il représente bien à lui tout seul le côté engagé des textes : engagés, mais jamais sans humour…<br />
Et puis… il va nous permettre de faire une pochette d’album drôle et provocante et cela amuse d’avance les sales gosses que nous sommes restés…</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Qui vous produit ?</strong><br />
Pour le moment : nous ! Et c’est un boulot de dingue de tout faire tout seul, de devoir penser à toust mais c’est aussi une joie parce que cela nous force à nous remettre en question, à repousser nos limites et à apprendre encore et encore : enregistrer, mixer, démarcher, essayer de se transformer en dieux du marketing, tout un tas de domaine pour lesquels nous n’avions pas été formés initialement. C’est une formidable aventure, épuisante, mais elle nous fait grandir avec elle.<br />
Bon, soyons francs, on ne serait pas contre l’arrivée d’un bon producteur et surtout de toute l’infrastructure qui l’accompagne. Tout cela prend un temps fou et nous coûte énormément d’argent : nous ne sommes pas fortunés alors c’est solidarité et système D !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vivez-vous de votre musique ?</strong><br />
Personne dans le groupe ne vit de la musique à part moi, en tant que chanteuse lyrique. Notre rêve c’est que Maxeen BLISS nous permettre d’en vivre un jour, alors on s’acharne et on tient bon !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Recevez-vous des subventions ou des aides ?</strong><br />
Nous sommes subventionnés par nos familles et nous-mêmes ! C’est vrai qu’on n’a pas vraiment mis notre nez dans tous les méandres de l’aide à la création…</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>En tant qu&#8217;artiste, quel est votre rapport au web, et comment l&#8217;utilisez-vous ?</strong><br />
C’est un merveilleux outil de visibilité. Pour le moment, il nous permet d’être écoutés et de rester en contact avec les gens qui nous suivent. Par la suite, nous l’utiliserons pour vendre notre musique ainsi que nos produits dérivés : t-shirts et casquettes « logotés » arrivent bientôt…</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Que pensez-vous de la loi Hadopi ?</strong><br />
Qu’elle est inutile et totalement en retard sur son temps ! Elle va être infernale à mettre en place et génèrera des injustices… Tout cela est d’une telle hypocrisie : internet met à mal les grosses maisons de disque, oui, mais les prix exorbitants pratiqués pour les CDs et les DVDs durant des années n’ont fait qu’encourager la fraude…</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous semblez traumatisée par vos années d&#8217;études au conservatoire&#8230; Avec le recul, pensez-vous que cette académie reste la meilleure pour apprendre les bases des techniques, ou bien pensez-vous qu&#8217;elle aurait besoin d&#8217;être dépoussiérée ?</strong><br />
Je pense y avoir appris des techniques et désappris le naturel, l’instinct, ce qui vous rend unique et non pas un bon produit bien formaté et maté…<br />
Très sincèrement, le problème est présent dans l’étymologie même du mot « conservatoire » : conserver, conserve… Il faut conserver les traditions, ne pas sortir du cadre… Si seulement « conservatoire » s’écrivait « concervatoire », peut-être y aurait-il possibilité d’épanouissement…<br />
Alors, ce cadre convient à certains qui ont besoin d’être cadrés, mais si vous ne rentrez pas dans le cadre… On essaye de vous y faire rentrer de force…<br />
Ce n’est pas d’un dépoussiérage  dont a besoin le conservatoire (attention, je ne parle pas des petits conservatoires et des écoles de musique où souffle bien souvent un vrai vent de liberté, où l’esprit créatif insuffle de magnifique idées à des gens qui s’y battent corps et âme pour leur art), non, il a besoin d’être totalement repensé. Pourquoi alors ne pas s’inspirer des écoles anglo-saxonnes où on ne vous enseigne pas seulement votre instrument, où on vous rend polyvalent, prêt à affronter la grande réalité de ce métier : il faut avoir pas mal de cordes à son arc pour s’en sortir. J’ai souffert du fait que mon côté créatif n’ait jamais été stimulé, j’ai souffert de ne pas pouvoir manquer des cours pour aller faire des concerts (j’espère qu’ils se sont assouplis depuis…). Ma première prof de chant, celle qui m’a inscrite au concours d’entrée, m’a avoué des années après que, si elle m’y avait inscrite, c’était parce qu’elle était sûre que je saurai me battre pour ne pas perdre mon âme… Quel programme !<br />
Et puis, il y a eu l’après CNSM : les Grandes Ecoles sont réputées non seulement pour la qualité de leur enseignement mais aussi pour le fait qu’elles n’abandonnent jamais leurs élèves dès qu’ils en sont sortis et qu’il y a aussi tout un réseau qui se crée à l’extérieur. Le CNSM se veut être une Grande Ecole : alors pourquoi nous abandonner dès que nous en sommes sortis ? Nous étions censés rencontrer des agents, être guidés, introduits dans le milieu… Il a bien fallu se rendre à l’évidence qu’une fois le prix de chant en poche, c’était « démerde-toi » ! Je reçois de temps en temps des mails provenant du département « chant » du CNSM avec des annonces d’auditions, mais ça ne va pas plus loin… Si j’étais la seule dans ce cas, je me dirais que c’est parce que je suis nulle, mais nous ne sommes pas tous nuls quand même !!!! Hormis ceux d’entre-nous dont le professeur de chant avait encore un pied dans le milieu, nous n’avons jamais reçu d’aide d’aucune sorte pour nous mettre le pied à l’étrier de la part de cette grande maison.<br />
Alors peu importe, j’ai toujours eu l’habitude d’en chier pour obtenir ce que je voulais, cela n’aura été qu’une fois de plus…</p>
<p style="text-align: justify;">Propos recueillis par Florence Porcel</p>
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		<title>Martine Pagès, entre céanothes et potentilles</title>
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		<pubDate>Wed, 07 Apr 2010 10:47:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Florence Porcel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Interviews]]></category>
		<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[céanothes et potentilles]]></category>
		<category><![CDATA[critique livre]]></category>
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		<description><![CDATA[Martine Pagès, auteure de Céanothes et Potentilles paru aux éditions Volpilière, a accepté de répondre à nos questions. Entretien. Martine Pagès est une très belle femme : avant d&#8217;être écrivain, elle a été mannequin. De ces années de poses, lui restent ce port de tête incomparable, cette façon de prendre la lumière, et ce teint [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Martine Pagès, auteure de <em>Céanothes et Potentilles</em> paru aux éditions Volpilière, a accepté de répondre à nos questions. Entretien.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Martine Pagès est une très belle femme : avant d&#8217;être écrivain, elle a été mannequin. De ces années de poses, lui restent ce port de tête incomparable, cette façon de prendre la lumière, et ce teint qui frise la perfection. L&#8217;oeil est malicieux, le regard franc, et le sourire souvent carnassier devant les aléas de la vie. Croquer pour ne pas être mordue, telle pourrait être sa devise. Et si elle a répondu à ces questions par écrit &#8211; les réponses écrites de la plume d&#8217;un écrivain sont déjà de la littérature&#8230; &#8211; elle a bien voulu m&#8217;accueillir chez elle pour parler de son livre et nourrir l&#8217;interview. Entre thé vert et feng shui, Martine Pagès a décidément une saine existence&#8230; toute fleurie.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Planète Campus &#8211; Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?</strong><br />
Martine Pagès &#8211; J&#8217;ai passé la majeure partie de ma vie à exercer des métiers totalement dépourvus d&#8217;intérêt. C&#8217;est le lot de beaucoup d&#8217;entre nous, soit, mais j&#8217;ai éprouvé un dégoût assez radical, il y a 3 ans, qui a coïncidé avec ma décision d&#8217;en finir avec le tabac. L&#8217;expression &laquo;&nbsp;Il n&#8217;y a pas d&#8217;âge pour changer de vie&nbsp;&raquo; tournait en boucle, à chacune de mes réflexions. Je me suis mise à manger bio, à jardiner et à me jurer de publier un livre, l&#8217;écriture étant ma passion. Un hélicoptère providentiel posé en urgence sur ma pelouse en avril 2007 m&#8217;a fait prendre la plume, de façon instinctive, dans l&#8217;urgence. J&#8217;ai envoyé le récit de l&#8217;événement, accompagné de la photo de l&#8217;engin, au journal de mon département : j&#8217;étais devenue, le temps de le dire, à la fois écrivain et photographe. Enfin, relativisons, c&#8217;était très symbolique ! Mais, deux mois après, un article m&#8217;était consacré dans le même hebdomadaire pour mon 1er prix littéraire. Aujourd&#8217;hui, je suis écrivain et photographe, dans une très nette réalité ! Je suis accomplie !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>PC &#8211; <em>Céanothes et Potentilles</em> est votre premier roman ; mais pas votre première publication. Quel a été votre parcours, ses difficultés, ses embûches, ses joies, pour arriver à ce livre ?</strong><br />
MP &#8211; Cela faisait dix ans que j&#8217;écrivais et j&#8217;ai épuisé mes économies en envois postaux. Lettres de refus, absence de réponse, ne m&#8217;ont jamais découragée. Personne n&#8217;a le pouvoir de vous ôter une passion. Pour moi, au combat raison contre passion, cette dernière l&#8217;emporte, à tout prix. J&#8217;ai participé au Concours de la Nouvelle organisé par PPDA et c&#8217;est mon texte que les internautes ont choisi : 56,4% des voix, c&#8217;était chiffré, précis, ça &laquo;&nbsp;mesurait&nbsp;&raquo; l&#8217;engouement des lecteurs. J&#8217;ai rebondi. Je ne sais pas me vendre, mais je sais rebondir. A l&#8217;automne 2008 (l&#8217;année suivante), j&#8217;ai joué le même jeu : la maison Volpilière ouvrait tout juste ses portes et celles d&#8217;un prix de&#8230; la Nouvelle ! J&#8217;ai foncé, encore,  et j&#8217;ai fait partie des sept lauréats. La &laquo;&nbsp;récompense&nbsp;&raquo; était de taille : deux mois après, un recueil regroupant les textes gagnants sortait ! Je venais de perdre mon papa, raison de plus pour ne rien lâcher, pour qu&#8217;il me voit, d&#8217;où il était ! Depuis, je n&#8217;ai pas cessé de croire en la vie, même si je souffre d&#8217;une sérieuse anxiété&#8230; Je préfère mourir de faim que de vivre à contre-courant de mes aspirations. Mon texte s&#8217;est distingué, Elisabeth Robert-Mozzanini, fondatrice de Volpilière, m&#8217;a très vite commandé un roman. <em>Céanothes et Potentilles</em> est né et se porte bien.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>PC &#8211; Vivez-vous de votre plume ?</strong><br />
MP &#8211; Je ne vis pas de ma plume, car le système est ainsi fait que les droits d&#8217;auteurs vous sont versés l&#8217;année suivante. Nous verrons bien&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>PC &#8211; Quel pourcentage sur les ventes percevez-vous ?</strong><br />
MP &#8211; Cette question de pourcentages m&#8217;est personnelle. Pardon, je ne désire pas y répondre.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>PC &#8211; Cette consécration arrive visiblement tard, mais elle est là, malgré tout. Qu&#8217;avez-vous envie de dire aux internautes qui rêvent de se faire publier ?</strong><br />
MP &#8211; J&#8217;ai envie de dire qu&#8217;il ne faut jamais baisser les bras. Assez éculée, cette expression, lue, entendue cent fois. Mais si vraie ! Et surtout ne jamais rater un train qui passe. Rebondir de tout son poids sur un succès, si discret et modeste soit-il, génère fatalement des retombées. C&#8217;est dans ce jeu de &laquo;&nbsp;trampoline&nbsp;&raquo; que j&#8217;ai trouvé le moteur qui m&#8217;a fait avancer. La chance amène la chance. En outre, je n&#8217;ai jamais fait de constat quant à un résultat qui n&#8217;aurait procédé que d&#8217;elle. Je regarde en arrière, et je calcule les litres de sueur, de patience, de nuits blanches. J&#8217;ai tendance, même si je ne sais pas compter, à estimer la &laquo;&nbsp;réussite&nbsp;&raquo; d&#8217;un projet à 50% de chance et à autant de travail. C&#8217;est dire&#8230; les efforts à fournir !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>PC &#8211; Blanche se compare aux fleurs qu&#8217;elle aime tant. Laquelle seriez-vous et pourquoi ?</strong><br />
MP &#8211; Je suis une céanothe, sans aucun doute : ses fleurs ressemblent à des clochettes et laissent sur le sol de la poudre bleue. C&#8217;est une plante généreuse. Je travaille à l&#8217;être autant qu&#8217;elle&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>PC &#8211; Il y a également tout un passage sur la réincarnation. Y croyez-vous ?</strong><br />
MP &#8211; Oui, je crois en la réincarnation, même si ma religion ne va pas très exactement dans ce sens. En fait, je crois à une sorte d&#8217;ardoise à régler, que nous aurait laissée la personne qu&#8217;on aurait été dans une autre vie. Alors, fatalement, je crois à un relais de témoin ! Pour autant, même si je suis certaine qu&#8217;on est destiné à être &laquo;&nbsp;un autre&nbsp;&raquo; après notre dernier souffle, je refuse de croire que l&#8217;on doive &laquo;&nbsp;payer&nbsp;&raquo; les plaisirs sur terre. On est déjà là pour s&#8217;acquitter de la facture de la sorcière qu&#8217;on a été au siècle dernier, ça me paraît suffisant pour ne pas avoir à rendre de comptes !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>PC &#8211; Combien de temps avez-vous mis pour écrire ce roman ?</strong><br />
MP &#8211; J&#8217;ai écrit ce roman en deux mois. Je passe presque autant de temps en écriture qu&#8217;en relecture.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>PC &#8211; Comment l&#8217;idée vous est venue ?</strong><br />
MP &#8211; J&#8217;ai jeté un oeil à l&#8217;une des choses qui me sont les plus chères : ma terrasse. A nouveau, c&#8217;est très classique, mais je parle à mes fleurs. Certaines ont des noms romantiques, musicaux, elles sont espiègles et taquines. Encore un coup de cette fameuse réincarnation, sans doute&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>PC &#8211; Quelle est votre méthode de travail ?</strong><br />
MP &#8211; Je ne suis &laquo;&nbsp;du matin&nbsp;&raquo; pour rien, en général, et ne suis efficace qu&#8217;en début d&#8217;après-midi. Pourtant, et là est l&#8217;exception, un besoin compulsif me prend dès lors que j&#8217;ouvre un oeil. Je saisis mon ordinateur quand le rêve que je viens de faire me hante encore et débranche en début d&#8217;après-midi, pour déjeuner. Pendant la pause, je prends quelques notes au stylo, puis je ne quitte plus mon Mac. Je pense que lors d&#8217;un tremblement de terre, je serais la seule inconsciente à ne pas s&#8217;abriter et à peaufiner sa mise en page coûte que coûte&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>PC &#8211; Que pensez-vous de l&#8217;auto-fiction, genre à la mode ?</strong><br />
MP &#8211; Pour moi, l&#8217;auto-fiction n&#8217;est pas un genre à la mode, mais un terme de plus à la mode. Par définition, on sait tous qu&#8217;une autobiographie est romancée, et qu&#8217;un roman est inexorablement inspiré de la propre vie de l&#8217;auteur. L&#8217;auto-fiction existe depuis toujours.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>PC &#8211; Votre style est pointu, très précis, avec beaucoup de jeux sur les mots, les sons&#8230; Pas mal de formules qui pourraient être des slogans publicitaires. Le travaillez-vous dans ce sens, ou est-ce juste naturel pour vous ?</strong><br />
MP &#8211; Mon style est musical, et ce n&#8217;est pas une exclusivité. La lecture doit être mélodieuse, c&#8217;est une évidence. Cela dit, j&#8217;ai une maman qui était une pianiste douée et je regrette de n&#8217;avoir appris l&#8217;usage d&#8217;aucun instrument. Ces mélodies me sont naturelles et essentielles, il faut que ça chante. Le titre est aussi de la partie : Céanothe, c&#8217;est la note&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>PC &#8211; Blanche est exploitée par son patron, contrairement à ses collègues masculins à qui on passe beaucoup de choses. La condition féminine au travail est-elle un sujet qui vous tient à coeur ?</strong><br />
MP &#8211; La condition féminine au travail est un sujet qui m&#8217;a valu bien des soucis, quand j&#8217;étais employée&#8230; Les écarts de salaires sont totalement intolérables et, bien sûr, injustifiés. Il faut vraiment qu&#8217;on m&#8217;explique avec des mots simples pourquoi c&#8217;est ainsi ! J&#8217;ai des exemples de corps de métier qui font passer au double le salaire de l&#8217;homme, à labeur égal !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>PC &#8211; L&#8217;action se passe en banlieue, le personnage est une femme seule. Avez-vous choisi ces éléments parce qu&#8217;ils sont symptomatiques de beaucoup de cas concrets aujourd&#8217;hui ? Ou pas du tout ?</strong><br />
MP &#8211; Blanche est seule. Oui, il y a les cas concrets. Et aussi tous les cas d&#8217;hommes et de femmes en couple&#8230; plus seuls que jamais.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>PC &#8211; Qu&#8217;avez-vous mis de vous de ce roman ?</strong><br />
MP &#8211; Comme dans tous mes écrits, j&#8217;ai mis tout de moi. Est-ce étonnant?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>PC &#8211; Vous remerciez plusieurs personnes. Comment ce roman a-t-il été accueilli par votre mère, par Patrick Poivre d&#8217;Arvor, et par Philippe Leroy-Beaulieu (qui signe d&#8217;ailleurs un poème en guise de préface) ?</strong><br />
MP &#8211; Ma mère, depuis le décès de son époux, ne tient plus qu&#8217;à l&#8217;aide de fils d&#8217;or. Je me fais forte de les redorer tous les jours. Un livre publié est une corde à laquelle je l&#8217;invite à s&#8217;accrocher. Patrick Poivre d&#8217;Arvor est à la source mon trajet d&#8217;écrivain. Le concours avait duré cinq semaines et c&#8217;est ma nouvelle &laquo;&nbsp;Feu vert&nbsp;&raquo; qui avait été sélectionnée avec une autre par la rédaction, la première semaine. Sans l&#8217;enthousiasme de Patrick et de son équipe, je n&#8217;aurais pas été finaliste. Ce prix est un lien d&#8217;amitié entre nous. Je suis très respectueuse de l&#8217;homme et de son parcours. Il est présent à chaque tournant littéraire de ma vie. Il m&#8217;envoie un petit mot discret, chaleureux&#8230; et je rebondis ! Philippe Leroy-Beaulieu est un ami très cher. Sa plume s&#8217;imposait, comme vous me parliez de musique. Il écrit des poèmes qui se chantent, j&#8217;avais besoin d&#8217;une chanson pour &laquo;&nbsp;ouvrir&nbsp;&raquo; l&#8217;ouvrage. Philippe a suivi pas à pas toutes les étapes de l&#8217;ouvrage. Et je rebondissais, encore et encore, sous ses encouragements. Au-delà de la star qu&#8217;il est en Italie, son pays d&#8217;exil, c&#8217;est un homme profondément bon. Il est des rencontres si évidentes qu&#8217;on ne trouve pas les mots. Pardon&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>PC &#8211; Vous avez un blog, un profil Facebook, un compte Twitter&#8230; Pensez-vous que les réseaux sociaux soient incontournables aujourd&#8217;hui pour un auteur ?</strong><br />
MP &#8211; Les réseaux m&#8217;ont ouvert des portes incroyables ! Sans Facebook, je n&#8217;aurais pas eu vent du concours Volpilière ! Nombre d&#8217;achats en ligne ont été générés par Facebook. J&#8217;ai aussi un ami, Jérôme Cheval qui, par ce biais, m&#8217;a mise en contact avec la Fnac pour réaliser une dédicace, ce qui est surréaliste pour une auteure débutante ! Je suis encore peu habile avec Twitter, mais je n&#8217;oublie jamais d&#8217;y mettre mon actualité à jour, car je sais que c&#8217;est un réseau social très utilisé. Pour être tout à fait honnête&#8230; j&#8217;ai appris le fonctionnement précis de Twitter sur votre blog, mais je balbutie encore&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>PC &#8211; Pensez-vous que le Kindle ait de l&#8217;avenir ? Pensez-vous que les livres électroniques, à long terme, entraîneront la disparition de l&#8217;objet livre ?</strong><br />
MP &#8211; Le Kindle, je n&#8217;y crois pas une seule seconde. Lire un livre de papier fait éprouver des sensations uniques. On le promène, il habite notre sac à main, orne nos tables de nuit, avec cette odeur qu&#8217;on lui sait. Pour être très attentive à mes cinq sens, je sais qu&#8217;il ne me séduira pas. A vrai dire, ce sujet m&#8217;irrite. Et pourtant, je suis pour ce que l&#8217;on nomme &laquo;&nbsp;le progrès&nbsp;&raquo; et applaudis des deux mains les démonstrations spectaculaires ! (Je fais partie de la grande famille de dépressifs suite au film <em>Avatar</em>&#8230;) Mais le Kindle ne passera pas par moi ! Quant à imaginer une disparition du livre-papier, je ne serai pas si pessimiste : le livre est le livre, et on ne détruit pas, sur un effet de mode, un objet si sacré. Le livre au bûcher, c&#8217;est un fantasme ou quoi ? Je ne dois pas être de mon siècle&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>PC &#8211; Quelle est votre actualité ?</strong><br />
MP &#8211; C&#8217;est encore secret, comme la couverture n&#8217;est pas encore finalisée, mais un second roman, diamétralement différent du premier, va prendre vie, dans quelques jours&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>PC &#8211; Que peut-on vous souhaiter pour l&#8217;avenir ?</strong><br />
MP &#8211; J&#8217;aimerais, si j&#8217;en ai le choix, qu&#8217;on me souhaite plus de légèreté ! Je donnerais beaucoup pour apprendre à prendre de la distance. On ne se refait pas, c&#8217;est ce que l&#8217;on dit. Pourtant, je suis aussi devenue photographe. Pour le moins étonnant, non ? Alors je me plais à penser que tout est possible. Cet hélicoptère a tout déclenché. Je crois qu&#8217;il faut être attentif aux moindres signes, les capter, en faire la bonne traduction.</p>
<p style="text-align: justify;">Propos recueillis par Florence Porcel</p>
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		<title>IDTGV au service de la culture et surtout du rire</title>
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		<pubDate>Tue, 23 Mar 2010 14:10:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alexandre Dubois</dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Interviews]]></category>

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		<description><![CDATA[Vous ne connaissez pas IDTGV ? Il s'agit d'une filiale de la SNCF, créée en 2004, qui s'est donnée comme ambition d'enrichir le temps de voyage et ce, en invitant la culture à bord des trains via la musique ou encore le théâtre. Une offre résolument attractive et originale que je ne pouvais pas ignorer... surtout que cette année - ce mois-ci même - IDTGV et Juste pour rire s'associent et présentent "Les Rails de l'Humour", un concours national de talents comiques. Ludovic Bonnet, directeur marketing et communication chez IDTGV, a accepté de nous en dire plus sur cette opération, une première !]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Vous ne connaissez pas IDTGV ? Il s&#8217;agit d&#8217;une filiale de la SNCF, créée en 2004, qui s&#8217;est donnée comme ambition d&#8217;enrichir le temps de voyage et ce, en invitant la culture à bord des trains via la musique ou encore le théâtre. Une offre résolument attractive et originale que je ne pouvais pas ignorer&#8230; surtout que cette année &#8211; ce mois-ci même &#8211; IDTGV et Juste pour rire s&#8217;associent et présentent &laquo;&nbsp;Les Rails de l&#8217;Humour&nbsp;&raquo;, un concours national de talents comiques. Ludovic Bonnet, directeur marketing et communication chez IDTGV, a accepté de nous en dire plus sur cette opération, une première !</strong></p>
<p><strong>Comment est née cette idée de faire de IDTGV une scène artistique ?</strong></p>
<p><strong>Ludovic Bonnet :</strong> Puisque IDTGV est un bon plan, on s&#8217;est dit qu&#8217;on allait en faire une scène mobile. On a donc lancé l&#8217;idée des voyageurs acteurs car on s&#8217;est rendu compte que nos passagers étaient plutôt des trentenaires, urbains et internautes, et que certains avaient des talents. Nous avions alors une scène à leur mettre à disposition pour qu&#8217;ils se produisent, en échange de l&#8217;offre du voyage. C&#8217;est donnant &#8211; donnant. Il y a un an et demi, 20 personnes tournaient pour nous à bord des IDTGV, aujourd&#8217;hui, il y en a une centaine.</p>
<p><strong>Vous avez commencé avec la musique et vous vous dirigez aujourd&#8217;hui vers la comédie. Pourquoi ?</strong></p>
<p><strong>L. B. : </strong>Au fil du temps s&#8217;est posée la problématique du matériel pour lers chanteurs et musiciens. Nous ne pouvons proposer que des concerts en acoustique à bord. Le plus facile finalement, c&#8217;était la comédie et même l&#8217;humour plutôt, car il est difficile de jouer Hamlet dans un train (rire). On s&#8217;est dit que comme nous allions jusqu&#8217;en province avec nos trains, on allait amener des équipes de découvreurs de talents jusque là afin qu&#8217;ils puissent découvrir de nouveaux talents du rire partout en France. C&#8217;est à ce moment que le partenariat avec Juste pour rire est né.</p>
<p><strong>Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur ce concours &laquo;&nbsp;Les Rails de l&#8217;Humour&nbsp;&raquo; ?</strong></p>
<p><strong>L.B. : </strong>C&#8217;est un concours national, en partenariat avec Juste pour rire, qui a pour but de découvrir le talent comique de demain. Un site est dédié à ce concours où chacun des candidats peut déposer sa vidéo pour participer aux sélections. Bien sûr, un système de modération a été mis en place, car certaines personnes croient que l&#8217;humour passe par des blagues racistes où je ne sais quoi d&#8217;autre. Ces vidéos ne seront bien sûr pas autorisées. Chaque candidat peut s&#8217;inscrire depuis le 1er mars et ce sont les internautes qui votent pour élire leur favori. La grande finale se déroulera au Café de la Gare (vous noterez le jeu de mots) le 17 mai 2010 et le gagnant du concours pourra alors participer à un Gala de jeunes talents Juste pour rire à l&#8217;Olympia.</p>
<p><span style="font-size: 13.1944px"><strong>Quand un artiste se produit à bord, est-ce annoncé quelque part ? Peut-on réserver son billet en fonction de la présence d&#8217;un artiste ?</strong></span></p>
<p><strong>L. B. :</strong> Non car en général les réservations se font plusieurs mois à l&#8217;avance et ce que nous voulons éviter, ce sont les trains de fans. C&#8217;est aussi un échange avec les artistes car cela leur permet de toucher un nouveau public et surtout, il y a ce côté sécuritaire. Donc la présence d&#8217;un artiste n&#8217;est pas annoncée, par contre les voyageurs reçoivent dans leur boite mail, 72h à l&#8217;avance, leur carnet de voyage. C&#8217;est un peu la cerise sur leur gateau (rire). Mais du coup, il y a le risque que certaines personnes n&#8217;aiment pas l&#8217;artiste, mais comme celui-ci se produit dans la voiture bar, il n&#8217;y a aucune raison pour que cela importune les voyageurs.</p>
<p><strong>Une animation est-elle prévue à chaque voyage ?</strong></p>
<p><strong>L.B. :</strong> Non, aujourd&#8217;hui, il y a à peu près 30% des trains, soit un sur trois, avec une animation. Il faut savoir que c&#8217;est un vrai travail supplémentaire. Nous travaillons par exemple avec des associations ou des marques aussi, à qui nous donnons la parole à bord, mais toujours d&#8217;un point de vue non commercial. Ils doivent expliquer ce qu&#8217;ils font d&#8217;une manière ludique et éducative. Cela les oblige donc à être créatifs, ce qui est très important pour nous.</p>
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