Etudier à Montréal : Alexandre nous parle de son expérience

Partir à l’étranger pour voir si l’herbe est plus verte ailleurs, c’est ce que font de plus en plus de jeunes français. Que ce soit en Europe de l’est, en Asie, en Amérique du sud ou du nord, beaucoup de jeunes s’expatrient le temps de leurs études ou d’un premier job afin de tâter les différentes possibilités qui s’offrent à eux, ici, mais surtout, ailleurs ! C’est aussi le besoin qu’a ressenti Alexandre L’Hour, 23 ans. Son baccalauréat en poche, Alexandre décide de s’octroyer une année de césure le temps de se recentrer, et de savoir ce qu’il souhaite réellement faire de sa vie. Après une année riche en voyages et en rencontres, notamment, à travers le Canada, les Etats-Unis ou encore le Mexique, c’est tout naturellement qu’Alexandre décide de poser ses valises à Montréal, et même, d’y étudier. 

Planète campus a décidé de l’interroger sur son parcours, ses expériences, ses études, ainsi que son intégration en tant que Français au Québec. 

Rencontre. 

Quel est ton parcours ? 

Juste après avoir obtenu mon baccalauréat en France, j’ai décidé de prendre une année sabbatique durant laquelle j’ai voyagé. J’ai, notamment, pu découvrir le Québec, et j’ai tout suite adoré Montréal. J’ai, donc, décidé de reprendre mes études en sciences politiques et en communication. Et, actuellement, je suis en dernière année de licence. 

Pourquoi avoir choisi le Canada plutôt qu’un autre pays, comme les États-Unis par exemple ? 

Je souhaitais apprendre l’anglais, entre autres. Mais c’est surtout que, ma sœur y habitait déjà depuis quelques années, et le fait que le Québec soit en partie francophone qui m’ont poussé à choisir Montréal. Je me suis vite rendu compte qu’il fallait être parfaitement bilingue. (Rires). Pourquoi pas les États-Unis ? Tout simplement parce qu’il est extrêmement difficile d’obtenir un VISA et une autorisation de séjour aux États-Unis. Par ailleurs, le coût des études est très onéreux. Une année d’études aux États-Unis est trois fois plus chère qu’au Québec [environ 15 000 $ contre 5000 $]Une autre motivation m’a, également, poussé à rester à Montréal. Il faut savoir que l’année où je suis arrivé à Montréal, soit il y a quatre ans, un accord avait été passé entre la France et le Québec concernant les frais universitaires. Cela permettait, notamment, à ce que les Français étudiant au Québec puissent payer leurs études aux mêmes tarifs que les Québécois. Malheureusement, cet accord n’est plus en vigueur mais il est rétroactif pour les étudiants français arrivés durant son application, comme moi. Cela signifie que étant arrivé la dernière année durant laquelle cet accord courait encore, je continue à payer les mêmes frais universitaires qu’un Québécois. Je paye mon année entre 6000 et 8000 $, soit environ 5000 €. Or, pour les nouveaux arrivants, ils devront compter environ 15 000 $ l’année…

Justement, concernant le bilinguisme, est-ce que le français prime, réellement, sur l’anglais ? 

C’est vrai que le français est la langue qui prime au Québec, mais ça tend à être de moins en moins le cas à Montréal. Récemment, une étude démontrait que 49% de la population à Montréal est anglophone. Néanmoins, il faut savoir que les Québécois sont très attachés à la langue française. Il existe même des politiques afin de franciser les populations arrivantes.  Les Québécois sont extrêmement attachés à la francophonie !  

En quelle langue se déroulent tes cours ? Sont-ils dispensés uniquement en français ou dans les deux langues ? 

Tous mes cours sont en français. Mais beaucoup de cours se basent sur des textes en anglais. Dans mon parcours, nous étudions, énormément, de littérature scientifique en anglais, parce que plus dense et plus pertinente. 

Comment ton intégration s’est-elle passée au sein de ton université, mais aussi, plus largement, au sein de la société montréalaise ? Existent-ils des organismes permettant de faciliter l’intégration des étrangers ? 

Il y a énormément d’organismes et associations qui permettent d’intégrer les étrangers au Québec. A Montréal, il y a l’Union française qui apporte un soutien aux Français venant tout juste d’arriver. Personnellement, je n’ai pas désiré avoir recours à leur aide. J’ai vraiment voulu me plonger dans la culture, et la société montréalaises. Dans ce genre d’association, il y a beaucoup de Français, et du coup, ça peut pousser un peu à l’entre-soi… A l’université, il y a aussi la Maison internationale des jeunes qui accueille tous les étudiants étrangers. Leur accompagnement est énormément bénéfique. 

Comment sont perçus les Français au Québec ? 

De par mon expérience, les Canadiens sont très accueillants et sympathiques. J’ai vraiment été bien reçu ! Mais… je pense qu’ils saturent. (Rires). Il y a déjà environ 200 000 Français au Canada, dont beaucoup au Québec. Et, j’ai le sentiment qu’ils vivent très…entre eux. Par exemple, on a un quartier à Montréal qui s’appelle « le Plateau », où sont concentrés beaucoup de Français. Et, tu peux vraiment avoir l’impression d’être…à Paris ! Je pense que ça peut être perçu comme une invasion !(Rires). 

Tu termines ta licence en décembre prochain. Quels sont tes projets à court et moyen termes ? Comptes-tu revenir en France ? 

Je suis justement en pleine période de réflexion. (Rires). Alors soit, l’an prochain, je poursuis mes études en maîtrise à l’Ecole nationale d’administration publique, à Montréal. Soit, je m’insère dans le marché du travail pour quelques années afin d’acquérir de l’expérience avant de reprendre une maîtrise à temps partiel. Je ne suis pas encore décidé, mais ce qui est sûr, c’est que je vois mon futur à court et moyen terme au Québec et pas en France. (Rires). J’ai d’ailleurs commencé mes démarches pour la résidence permanente. 

Justement ! Qu’en est-il de l’insertion dans le monde du travail ? Est-ce qu’il te parait plus ou moins facile de décrocher un premier emploi après l’obtention de son diplôme au Québec ? Est-ce que l’enseignement supérieur répond aux attentes du monde professionnel ?

Même si je n’ai jamais étudié à l’université française, je peux comparer mon vécu avec celui de mes amis restés en France… Au Québec, on nous pousse vraiment à réaliser des stages, vivre au plus proche de la réalité du terrain, etc. A Montréal, on a un service d’insertion pour les diplômés qui nous propose des ateliers relatifs à l’élaboration du CV en anglais, à la présentation aux entretiens, etc. Tout ça dans le but de décrocher l’emploi que l’on souhaite. Je peux dire que oui, le monde universitaire travaille étroitement avec le monde du travail, afin que l’on puisse s’y insérer le plus rapidement possible !

Propos recueillis par Latifa El Houari.

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