Thanatopracteur : il rend les morts à croquer !

Vous êtes fan de la série d’Alan Ball « Six Feet Under » ? Vous rêvez de prendre la place de David Fisher  (incarné par Michael C. Hall) pour rendre les morts « à croquer » ? Vous avez raison. Car le secteur du funéraire est bien vivant. Et la thanatopraxie un métier d’avenir.

Avec une hausse continue des emplois, – plus de 18 000 salariés répartis dans 37 000 entreprises  – les pompes funèbres recrutent ! Ainsi, l’INSEE prévoit un accroissement exponentiel des décès jusqu’en 2030. Et cela en raison de la disparition des enfants issus du « Baby-boom ».

En quoi consiste exactement la mystérieuse profession d’embaumeur ?

On le nomme communément croque-mort et plus doctement thanatopracteur.

Ses activités courent des pratiques sanitaires aux soins purement esthétiques. L’embaumeur exerce une profession « taboue » tantôt repoussante tantôt fascinante mais qui reste mal-connue du public. Pourtant, elle concerne toute le monde… un jour ou l’autre.

L’embaumeur est celui qui réalise l’ensemble des soins de conservation et de présentation ainsi que l’habillement du défunt. Et cela dans le plus strict respect du corps et de la déontologie de la profession. Et non, le croque-mort ne joue pas à la poupée lorsqu’il habille et maquille un cadavre ! Son expertise est réelle et strictement encadrée. Il peut ainsi effectuer une restauration esthétique ou un remodelage post-traumatique si la famille endeuillée le souhaite.

Mais la visée principale de la thanatopraxie reste le retardement de la déliquescence biochimique – autrement dit, la décomposition des tissus morts – et la conservation du corps jusqu’aux funérailles. Le thanatopracteur joue un rôle psychologique essentiel dans le deuil des familles : en redonnant au défunt une apparence naturelle, il contribue à atténuer la tristesse de ses proches durant la période des obsèques.

Dans quelle(s) entreprise(s) exerce-t-il ?

L’embaumeur travaille le plus souvent dans un centre funéraire : celui d’un hôpital ou d’une clinique, d’une entreprise de pompes funèbres, d’une commune, etc. Il peut aussi intervenir directement au domicile du défunt. Ses déplacements sont donc fréquents.

Le secteur du funéraire vous intéresse ? Vous souhaitez devenir embaumeur ? Lisez bien la suite…

Comment devenir thanatopracteur ?

On ne s’improvise pas croque-mort. Une formation théorique (150 heures de cours) et pratique (plus de 100 réalisés sous la surveillance d’un tuteur) est nécessaire. Néanmoins, il existe un profil…

Pour se lancer dans la thanatopraxie, il est conseillé d’être diplômé d’un Bac scientifique ou médico-social, d’avoir un bon équilibre psychologique ainsi qu’une bonne condition physique et de posséder le permis de conduire B.

Les premières qualités de l’embaumeur sont la minutie, le tact et la maîtrise de soi.

Pour exercer cette profession, il faut décrocher le diplôme national de thanatopracteur. Accessible à l’issue d’une formation d’un an alternant cours théoriques et ateliers pratiques. Durant sa formation, le croque-mort en herbe s’initie aux domaines suivants :

  • l’anatomie,
  • la médecine légale,
  • l’histologie,
  • la théorie de la thanatopraxie,
  • l’hygiène et la microbiologie,
  • la toxicologie, la règlementation funéraire,
  • les sciences humaines de la mort,
  • les notions de gestion.

Il assimile bien d’autres connaissances telles que les cultures, les rites funéraires et la psychologie du deuil, les techniques de communication, les techniques des produits de conservation et de restauration, les techniques de manipulation gestuelle et l’ergonomie, etc.

Les centres préparant au diplôme de thanatopracteur sont relativement rares en France : les facultés de médecine (Angers, Lyon, etc.), l’Institut français de thanatologie (dans le Val d’Oise), l’Ecole française des soins et sciences mortuaires (dans l’Ain), l’Ecole de formation funéraire Alyscamps (Paris), etc.

Combien touche un jeune croque-mort ?

Son salaire brut varie entre 1 500 et 4 000 euros bruts mensuels suivant son employeur et son expérience (2012). Mais, avec un peu de bouteille, le thanatopracteur peut choisir de monter sa propre entreprise. Pour ce faire, il doit disposer d’une habilitation préfectorale.

Vous voulez en savoir plus sur le métier de thanatopracteur, rendez-vous sur le site web des métiers funéraires ici et consultez le portrait de Karine, « La jeune femme et la mort », publié en 2003 dans La Dépêche.

 


« »

© 2024 Planete Campus. Tous droits réservés