Exposition Yves Saint Laurent : au coeur du mythe

La première rétrospective présentant l’oeuvre du grand couturier Yves Saint Laurent, décédé fin 2008, a ouvert ses portes le 11 mars au Petit Palais. Un parcours intimiste riche sur la vie de cet artiste, homme et génie, qui fit tant pour les femmes et la mode.

Des croquis, des dessins, des témoignages écrits et 307 modèles de haute couture et de prêt-à-porter sont exposés au Petit Palais pendant plus de 6 mois. Cette rétrospective revient sur les débuts du couturier chez Christian Dior, son mentor, puis son parcours dans les hautes sphères de la mode, jusqu’à sa retraite en 2002. Elle s’ouvre sur la première collection de Saint Laurent, en 1958. Elle s’appelle « Trapèze » et incarnera à elle seule une véritable révolution. On découvre le génie qui habilla les femmes de costumes et de pantalons pour mieux les révéler, leur donner confiance, les faire vivre aux yeux du monde. Grâce à lui, le smoking, le tailleur pantalon et la saharienne ne sont plus seulement réservés aux hommes. Yves Saint Laurent donna, le premier, le pouvoir aux femmes, en révolutionnant leur garde-robe, en les libérant des carcans sexistes qui les enfermaient dans un rôle prédéfini. L’exposition retrace son parcours, sa vie personnelle, la construction et l’évolution de son style unique, résolument moderne et libérateur en s’appuyant sur de nombreuses photographies, films et interviews.

Le créateur bouscule les codes, chahute les normes et rompt avec les traditions. Choquant, indépendant, parfois vilipendé par la presse, il reste fidèle à son style en rupture qui en inspirera tant. L’exposition revient notamment sur la célèbre collection de 1971, « 40 », qui fit scandale à l’époque. La collection, inspirée des années de guerre et d’Occupation que les Français préfèrent alors oublier, choque par le type de femmes qu’elle présente. En plein mouvement hippie et féministe, le créateur signe le retour du glamour et de la sophistication. Alors que la presse se déchaîne contre Saint Laurent, le style rétro est immédiatement adopté par les femmes. La même année, il pose nu pour le lancement de son parfum « Homme ». A nouveau, Yves Saint Laurent a rendez-vous avec le succès.

Cette rétrospective aborde également les années sombres, le côté mélancolique du couturier, la consommation de drogues. L’échec de sa collection en 1960, la guerre d’Algérie, la révélation de son homosexualité le feront sombrer dans la dépression. C’est aux côtés de Pierre Bergé, avec qui il passera le restant de ses jours, qu’Yves Saint Laurent trouve le courage de repartir, et de créer sa propre ligne. Le « prince de la couture » ne cessera de travailler pour ce métier qui le passionne : « J’ai toujours placé au-dessus de tout le respect de ce métier, qui n’est pas tout à fait un art mais qui a besoin d’un artiste pour exister ».

C’est en 2002, 40 ans après le début de sa carrière, qu’Yves Saint-Laurent décide de se retirer des podiums, lors d’un dernier défilé à Beaubourg. Le monde de la mode et ses égéries, parmi lesquelles Catherine Deneuve et Laëtitia Casta, rendront un hommage vibrant et reconnaissant à son génie créatif.

« Yves Saint Laurent », une exposition à découvrir jusqu’au 29 août, au Petit Palais, avenue Winston-Churchill, Paris 8e. Métro Clémenceau. Ouvert du mardi au dimanche, de 10 heures à 18 heures. Tarifs : de 5,50 € à 11 €.

www.petitpalais.paris.fr.

A découvrir aussi, le nouvel album d’Alain Chamfort, dédié au créateur : « Une vie Saint Laurent », qui retrace le parcours du couturier, de la naissance en Algérie en 1936 au retrait de la haute couture en 2002, à travers quinze chansons.