Hamlet à la Comédie-Française. Bien mais pas top

Monter Hamlet dans une salle d’armes un peu miteuse des années 70 avec ses rouflaquettes, jukebox, et costumes kitsch, etc., était-ce une bonne idée ?… Pas si sûr.

Le metteur en scène, Dan Jemmett, a-t-il voulu faire un concours du costume le plus laid ? Prouver, une fois n’est pas coutume, le caractère intemporel de l’auteur (!) ? Certes c’est très drôle, quelques provocations ici et là, un tube d’Elvis, deux trois libertés avec le texte qui demeure tout de même intacte (Dieu merci !), mais était-ce bien nécessaire ?

Clairement la première partie, un peu bouffonne, ne nous paraît pas être à la hauteur. Oui d’accord Shakespeare c’est passer du rire au larmes, etc. On sait merci. Mais là c’est un peu léger tout de même : le fameux to be or not to be est gravé sur le carrelage blanc d’une pissotière. L’aphorisme métaphysique le plus célèbre du théâtre est relégué au rang de graffiti de toilettes. Quitte à être original…

Mais c’était sans compter la deuxième partie du spectacle ! Après la scène des fossoyeurs, on aime à penser que le metteur en scène a enfin pris la mesure de la gravité de la pièce. Et de nous offrir les monologues de Podalydès, dans le rôle titre, tout à fait convaincants. Il faut voir cet acteur, droit, simple et vif. A la différence des acteurs moyens, il n’a pas besoin d’en faire des caisses comme on dit familièrement. Il est au proscenium (l’avant scène), et le texte vient naturellement sans coquetteries ni artifices, juste la rigueur et le rythme qu’imposent le texte (traduit par Yves Bonnefoy).

En 2009, Dan Jemmett faisait entrer Eduardo De Filippo au répertoire de la Comédie-Française avec La grande magie. Spectacle baroque et désopilant (excellent Hervé Pierre !!), sans doute que ce spectacle fit date. Tel ne sera pas le cas de son Hamlet.

Néanmoins nous vous invitons sans retenue a goûter la poésie du texte et a apprécier la fulgurante prestation de Denis Podalydès, qui ne déçoit jamais. Et enfin pour cette deuxième partie donc, plus grave et plus profonde.

 

Jusqu’au 12 janvier, salle Richelieu. 3h10 avec entracte. Réservation par internet ou par téléphone. La Comédie-Française offre la possibilité aux scolaires, aux étudiants et jeunes de moins de 28 ans, de se rendre au théâtre pour une somme dérisoire (parfois gratuitement !). Se renseigner directement sur le site internet, rubrique Tarifs.


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