Littérature et Guerre

Littérature et Guerre0

MarionPublié le 20 janvier 2010 - Lu 701 fois

Dans La République (env. 428/347 av. JC), Platon parle de cité idéale permettant d’atteindre un idéal de justice, d’harmonie et d’ordre. Or, il évoque également la nécessaire existence de la classe des guerriers, comme si le caractère belliqueux de la cité grecque était inévitable. Dans nos sociétés contemporaines, la notion de guerre semble aujourd’hui s’opposer à celle de civilisation, comme on pourrait opposer la mort et la vie ou la barbarie et l’humanité (le barbare était selon les Grecs celui dont on ne comprenait pas la langue et qui semblait dépourvu de toute culture).

Jonathan Littell dans Les Bienveillantes (2006) expose l’histoire d’un SS cultivé et raffiné qui ne massacre que par idéologie, par sens du devoir, célébrant un mal qu’il considère comme nécessaire et évoquant l’extermination juive comme une condition pour la survie et le triomphe de la culture nazie. La polémique autour de ce livre a été justifiée : J. Littell a cherché à montrer les raisons culturelles et idéologiques de la barbarie.

La civilisation peut donc apparaître comme vecteur de la monstruosité de l’être humain. Machiavel en écrivant Le Prince (publié en 1532) a présenté une société où l’Homme est égoïste et où le prince doit considérer la guerre comme une nécessité pour son pouvoir et son action de gouverner. Il peut utiliser la cruauté de manière ponctuelle même si du point de vue moral, elle est considérée comme un mal.

Il est également possible de penser la civilisation comme culte de la barbarie lorsqu’on évoque le développement de la technique. La bestialité de l’Homme peut être révélée par la technicisation de la guerre et la volonté d’exterminer tout ce qu’il considère comme différent de lui. Publié en 1931, Voyage au bout de la nuit évoque le combat au front de Louis-Ferdinand Céline lors de la Première Guerre mondiale. Les causes idéologiques ayant menées à cette guerre s’effacent pour laisser place à la folie destructice commune des combattants.

Enfin, Gargantua (1534) de François Rabelais développe une condamnation des guerres injustes qui n’ont plus à avoir lieu : ce sont les guerres de conquêtes et les guerres civiles. Selon lui, les guerres justes sont uniquement les guerres de légitime défense, donnant ainsi naissance à une ébauche du droit de guerre. La justice peut alors trouver une place au sein de la guerre, comme une sorte d’exigence d’humanité et d’émergence d’une pensée pacifique.

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