Aldebert interrogé par Brigadier Campus

Campus Mag lui a enfin mis le grappin dessus ! Il s’agit d’un artiste français de renom, qui sévit depuis plus de 10 ans dans les régions françaises – sans oublier la Navarre. Il cause les plus grands torts aux braves gens en déchaînant sa bonne humeur partout où il passe. Il fallait que quelqu’un s’en charge, c’est chose faite : Campus l’a séquestré un après-midi d’automne pour qu’il avoue ses fautes, confesse ses pêchés, et nous dévoile le secret de la joyeuse espièglerie qui l’anime et le soustrait aux affres du temps qui passe…

Date : Mercredi 20 octobre 2010.

Localisation de la garde à vue : Siège parisien de la Warner Music Group (groupe d’édition de disques qui a produit les 3 derniers albums d’Aldebert).

Suspect : Guillaume Aldebert, dit Aldebert.

Son âge : Le secret professionnel et le souci de discrétion nous interdisent de dévoiler son âge. Sachez seulement qu’il est né en 1973.

Occupation dans la vie : Il fredonne de joyeuses petites mélodies sur des scènes nationales et internationales. Et accessoirement il sort des albums, pour que les gens puissent (aussi) l’écouter de chez eux.

Son dernier crime : La sortie le 11 octobre de son dernier album, le septième en dix années de carrière, judicieusement nommé « J’ai dix ans ». Un disque à mettre dans toutes les mains, mais qui risque de propager des ondes d’allégresse incontrôlées dans la population civile.

Brigadier Campus : Le 11 octobre 2010, vous venez de sortir un nouvel album, intitulé “J’ai dix ans”. Comment vous en défendez-vous ?

Guillaume Aldebert : Ce n’est pas vraiment de ma faute, je le jure.

J’ai voulu faire un album anniversaire, comme une sorte de best-of, pour fêter mes dix ans de carrière. J’ai commencé à écrire des chansons en 1999 puis j’ai tourné dans les premiers caf’conc’ [cafés-concerts] en 2000. L’idée n’était pas de faire un « bilan » car cela évoque une fin et un regard en arrière, alors que je voulais me projeter dans l’avenir.

Mon équipe et moi avons alors pris des anciens titres, et nous les avons remodelés avec d’autres arrangements ; puis nous avons enregistré de nouvelles chansons. Ça a donné lieu à cet album « patchwork » avec des chapitres qui correspondent à des envies différentes.

BC : Cet album serait davantage un tremplin pour les 10 prochaines années ?

GA : Je fais un métier particulier dans lequel on ne peut pas se projeter à long terme. Je vois à peu près ce que je ferai dans un an parce que j’ai déjà quelques projets entamés, mais d’ici deux, trois ans, je n’en sais rien.

C’est dur de garder la tête hors de l’eau quand on fait ce métier. De plus, c’est la crise du disque et tout a changé : la façon de consommer la musique, les gens achètent moins de disques… Et les artistes sont de plus en plus nombreux : aujourd’hui, il y a presque plus de musiciens que de public !

BC : Comment a évolué votre carrière ? Êtes-vous passé par plusieurs styles ? GA : Je m’en rends compte par le public que ça fédère. J’ai commencé dans un petit café en donnant des concerts pour quatorze personnes… La première salle, au bout de deux ans, fut le Sentier des Halles à Paris, avec 32 entrées payantes. Et aujourd’hui, on fête cet anniversaire au Zénith !

BC : Vous jouez désormais devant plusieurs milliers de personnes ; pourtant, vous n’êtes pas très connu du grand public…

GA : C’est un peu particulier car médiatiquement je ne suis pas très visible. Je suis ce que l’on appelle un « artiste de scène ». J’ai une activité de concert très conséquente, au rythme d’une centaine de concerts par an ; c’est le cas de beaucoup de groupes français, comme Thomas Fersen, Clarika ou les Têtes Raides par exemple. Nous tournons beaucoup, mais pourtant nous ne passons jamais à la radio et finalement les gens nous connaissent assez peu.

BC : Quelles surprises réservez-vous à ceux qui viendront vous voir en concert le 20 novembre au Zénith de Paris ?

GA : La tournée « J’ai dix ans » est particulière car nous avons fait appel au metteur en scène du Cirque Plume qui s’appelle Bernard Kudlak. Le Cirque Plume est un cirque moderne qui est très poétique, onirique. C’est un univers qui est très proche du mien car je fais souvent référence à l’enfance et au rêve ; à l’humour aussi, qui est un outil qui compte beaucoup dans mon écriture.

Nous avons donc travaillé ensemble sur ce concert qui est finalement devenu un spectacle avec des circassiens, des acrobates, des comédiens… Il y aura plusieurs autres invités, que je laisse au public la surprise de découvrir !

BC : Dans votre album « J’ai dix ans », vous abordez plusieurs styles de musique différents, de la traditionnelle chanson française au jazz manouche, en passant par le dub, l’électro et même le rap. Cette pluralité reflète-elle votre goût pour l’éclectisme, ou la volonté de fédérer un plus large public ?

GA : Le fait que ça soit un album « anniversaire » a été l’occasion de proposer des choses très différentes, et surtout de s’amuser. Les basse-bat[binôme bassiste et batteur] travaillent ensemble depuis longtemps, et écoutent beaucoup de musiques électro et de la funk. Je leur ai confié deux titres, qu’ils ont complètement bouleversés et dont ils ont proposé des versions originales. Ça change complètement la lecture des chansons, que je vois plutôt comme un « bonus » dans l’album.

BC : Avez-vous déjà des idées pour le prochain disque, ou bien d’autres projets en construction ?

GA : J’ai commencé deux albums en même temps : Enfantillages 2, qui sortira dans deux ou trois ans, et un disque plus « adulte » qui sortira l’année prochaine. Certaines chansons prendront appui sur des sujets sérieux, comme le titre « mon homonyme » que je vais partager avec Simon Mimoun -le chanteur de Debout sur le Zinc- et qui traite de l’homophobie.

BC : Un conseil pour les jeunes musiciens qui veulent se lancer professionnellement dans la musique ?

GA : Toutes les voies sont bonnes, mais un seul mot d’ordre : il faut y aller !

Malheureusement, en dépit des preuves accablantes qui plaidaient à charge contre lui, Campus Mag s’est vu dans l’obligation de relâcher Guillaume Aldebert, sous la pression de sa mère et convaincu par son sourire innocent… Qu’importe ! Réjouissez-vous, ce sera l’occasion d’aller le voir en concert le 20 novembre au Zénith de Paris !

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