Angoulême : quatre auteures refusent le prix de Chevalier des Arts et Lettres

Nouveau rebondissement dans les polémiques autour du Festival International de la Bande dessinée d’Angoulême. Après les discussions autour du sexisme de la profession, le syndicat des auteurs de Bande Dessinée a diffusé des chiffres sur les conditions de travail des auteurs afin d’alerter l’opinion publique. En effet, ces chiffres sont inquiétants pour l’avenir de la profession et du secteur en général puisqu’il repose sur eux : près de la moitié des auteurs gagneraient moins que le SMIC, près de 36% vivraient en dessous du seuil de la pauvreté. Et les chiffres sont encore pire pour les auteures.

Quelques jours après l’annonce du Grand Prix, la Ministre de la culture Fleur Pellerin annonçait la nomination au titre de Chevalier des Arts et Lettres de plusieurs auteurs de bande Dessinée. Problème : aucun d’eux n’en avait été averti et ils l’ont appris dans le communiqué de presse de l’Elysée.

Furieuse, Tanxxx est la première à réagir et ne mâche pas ses mots. Outrée par cette tentative de détourner l’attention des revendications des auteuts et surtout des auteures, elle refuse catégoriquement la distinction. D’autant plus que le Ministère a fait l’annonce en utilisant son nom réel, ne respectant pas sa volonté de n’être connue que sous son pseudonnyme.

« J’ai trop de respect pour l’engagement, trop d’amour pour la culture qui me tient debout, et j’ai trop les pieds dans la merde pour être éblouie par du fer-blanc. »

Julie Maroh lui emboîte le pas sur son blog. Elle refuse également le titre, estimant qu’il n’est pas correct de la part du ministère qu’elles ne le reçoivent qu’en raison de la polémique sur le sexisme du milieu. Et par le fait que les revendications soient oubliées. « Les auteurs et les autrices de bande dessinée ne veulent pas de médaille en chocolat de la part du gouvernement, nous voulons du dialogue et des mesures concrètes.»
Deux autres auteures nommées par Fleur Pellerin se sont jointes au mouvement. Aurélie Neyret estime que la récompense que les réseaux sociaux ont renommée « médaille en chocolat » est « illégitime et politique » et n’est qu’une « poudre aux yeux ». Chloé Crucaudet s’est elle fendue d’un post sur Facebook où elle déclare : « Pour clore cette histoire qui m’a fait rire un court instant (le temps de me dire que ça va faire bien plaisir à mon pépé, qu’on va bien rigoler si je peux inviter plein de pique-assiettes-copains à boire des coupettes au ministère), au final… Je ne veux plus en entendre parler, et je souhaite être retirée de cette liste. »


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