International : Valls crée un incident diplomatique avec le Gabon

Le passage de Valls dans l’émission de Laurent Ruquier On Est Pas Couchés fait encore parler d’elle, mais cette fois à l’international. Le Premier Ministre s’était défendu vendredi soir contre les attaques de plusieurs chroniqueurs et invités de l’émission et des propos assez vifs ont parfois été échangés. L’humoriste Jérémy Ferrari notamment s’est montré très critique envers l’invité et la politique de son gouvernement.

Entre autres choses, il a critiqué la présence du président gabonais Ali Bongo à la marche en hommage à Charlie Hebdo le 11 janvier 2015. Ce à quoi le ministre a rétorqué : « Vous retenez Ali Bongo, moi je retiens le président de l’Autorité palestinienne et le Premier ministre israélien, mais surtout un autre Africain, élu lui, Ibrahim Boubacar Keïta. » « Ah parce qu’il n’est pas élu Ali Bongo finalement ? » a insisté Jérémy Ferrai « Non ; Pas comme on l’entend. »

Il est vrai que la dernière élection présidentielle gabonaise a été très contestée par l’opposition. Le Parti Démocratique d’Ali Bongo a été réélu dès le premier tour avec 41% des voix, prenant ainsi la succession de son père, Omar Bongo. L’élection a été suivie de heurts, d’autres candidats auraient été blessés. La France, qui soutient le régime d’Ali Bongo a également été sévèrement critiquée. En effet, le Gabon est une ancienne colonie, et la France possède encore beaucoup d’intérêts dans ce pays, une forte implantation du groupe pétrolier Total notamment.

Or le président Bongo prépare actuellement sa réélection. Au moment où l’opposition essaie tant bien que mal de s’unir contre lui autour de la figure de Jean Ping, la sortie de Valls était particulièrement malvenue pour le président gabonnais. Le Ministre de l’Intérieur a exprimé publiquement sa surprise devant cette prise de position « alors que les deux pays entretiennent d’excellentes relations ». L’ambassadeur du Gabon en France a été rappelé par son pays « pour consultation ».

Quant à l’opposition, elle est au contraire ravie des propos du Premier Ministre français qui mettent en cause la légitimité de l’élection de Bongo. Pour l’ancien vice-président Didjob Divungi Di Ndinge, « Si Manuel Valls a fait un lapsus, il s’agit d’un lapsus éloquent ». Et pour Richard Moulomba Moumbo, « Il confirme ce que nous savions déjà. Ali Bongo doit tirer les conclusions de son imposture ».

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