Politique : Valls doit se justifier chez Ruquier

La décision de Manuel Valls de venir comme invité sur le plateau de l’émission de Laurent Ruquier On N’est Pas couchés a fait couler de l’encre ; certains saluent cet effort de s’adresser au plus grand nombre de français possible, d’autres l’accusent de faire de la « politique du spectacle ». dans tous les cas, son passage dans l’émission aura été mouvementé. Valls défendait son choix en mettant sa volonté « d’expliquer à tout le monde, à tous les publics ». Mais il n’a pas fait qu’expliquer, il a aussi dû se justifier.

Ainsi, le Premier Ministre a vu certaine de ses décisions parfois vivement critiquées par les chroniqueurs et les autres invités. La chroniqueuse Léa Salamé a ainsi rappelé devant un Valls sui défendait bec et ongles l’état d’urgence, qu’une seule des 3000 perquisitions effectuées a débouché sur une mise en examen pour terrorisme. Elle a également fait remarquer le peu d’évolution dans les chiffres du chômage, ce à quoi Valls à répondu de façon quelque peu agacée : « Arrêtons de parler de la France comme si c’était l’Albanie il y a 30 ans ! (…) Avec une croissance d’avantage soutenue, avec les entreprises qui ont plus de moyens pour embaucher qui n’ont pas peur d’embaucher, en faisant en sorte que le marché du travail soit plus souple, je pense que nous aurons des résultats. » Il confirme ainsi la volonté du gouvernement de continuer dans sa lancée de libéralisation du droit du travail.

Ses positions sur la déchéance de nationalité ont également été attaquées, notamment par l’écrivain Jean d’Ormesson également invité sur le plateau. Pour lui, cette mesure relève de « l’enfumage » et il accuse le Parti Socialiste ainsi que Valls et Hollande de droitisation : « Toute la France s’est droitisée, ce qu’il y a de plus frappant c’est que le Parti socialiste s’est droitisé, que Hollande s’est droitisé, et que vous, je ne veux pas vous insulter, mais vous vous êtes droitisé. » Accusation d’autant plus acide que Jean D’Ormesson est lui-même de tendance conservatrice.

Valls s’est également exprimé sur la possibilité d’une primaire à gauche, à laquelle il s’oppose par peur de diviser la gauche, ce qui risquerait selon lui de provoquer une montée du Front National.

Enfin, c’est le troisième invité, l’humoriste Jérémy Ferrari qui a pris la parole en dernier. Loin de son humour grinçant habituel, il s’est montré très vif dans sa critique de la politique actuelle du gouvernement : « Vous, vous êtes en guerre. Nous, on n’est pas en guerre. Nous on se fait tirer dessus quand on va voir des concerts. »

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