Migrants à Calais : l’appel des 800

L’annonce est arrivée le mardi 20 octobre, des cinéastes, des écrivains, des philosophes, des chercheurs, des intellectuels… se sont mobilisés pour alerter l’opinion publique sur le sort réservé aux migrants de la jungle de Calais, dont le nombre à doublé en quelques semaines. Alors tous ensemble, ils ont lancé l’appel de Calais.

Voici ce que dit l’appel de Calais :

« Depuis des semaines, de nombreuses associations sur le terrain cherchent à alerter l’opinion publique des épouvantables conditions de vie réservées aux migrants et aux réfugiés de la jungle de Calais.

Cinq à six mille femmes, hommes et enfants, épuisés par un terrible voyage, laissés à eux-mêmes dans des bidonvilles, avec un maigre repas par jour, un accès quasi impossible à une douche ou à des toilettes,une épidémie de gale dévastatrice, des blessures douloureuses, des abcès dentaires non soignés. Et les viols des femmes. Les enfants laissés à eux-mêmes dans les détritus. Les violences policières presque routinières. Les ratonnades organisées par des militants d’extrême droite.

Jusqu’à quand allons-nous nous taire ?

Au prétexte que des conditions de vie moins inhumaines pourraient produire « un appel d’air » pour d’autres migrants, le gouvernement de notre pays a décidé de se défausser sur les associations et les bonnes volontés. Celles-ci sont admirables mais ne peuvent pas tout. Ce désengagement de la puissance publique est une honte dans un pays qui même en période de crise, reste la sixième puissance économique mondiale.

La spirale du pire est amorcée.

Les discours réactionnaires ou fascisants ne cessent depuis des années de diviser les gens, d’opposer des catégories toujours plus fragmentées, pour mieux propager leur idéologie haineuse. Aujourd’hui leur propagande avance l’argument qu’il n’y aurait plus de place pour les exilés d’où qu’ils viennent, soi-disant au nom de la défense des plus pauvres des Français.

Cette mise en concurrence des indigences est ignoble.

Elle nous habitue à l’idée qu’il y aurait des misères défendables et d’autres non.

Elle sape les fondements des valeurs constitutives de la France.

Elle nie notre humanité commune.

Elle nous prépare au pire.

Aujourd’hui nous avons décidé de prendre la parole tous ensemble pour dire non à la situation réservée à ceux qui sont actuellement les plus démunis de droits en France : les exilés de Calais.

Au nom de nos valeurs communes d’asile et d’universalisme.

Et parce que nous serons plus forts demain pour nous battre ensemble contre les autres formes d’injustices et de misère.

Nous demandons solennellement au gouvernement un large plan d’urgence pour sortir la jungle de Calais de l’indignité dans laquelle elle se trouve. »

Parmi les 800 premiers signataires on retrouve des grands noms du paysage culturel et intellectuel français, comme Laure Adler (journaliste – écrivaine), Mathieu Amalric (acteur), Sophia Aram (humoriste), Pénélope Bagieu (auteur de BD), Bérénice Bejo (actrice), Jérôme Bel (chorégraphe), Anette Becker (historienne), Benjamin Biolay (musicien – acteur), Rebecca Zlotowski (cinéaste), Karin Viard (actrice), Gaspard Ulliel (acteur), Omar Sy (acteur), Clémence Poésy (actrice), Denis Podalydès (comédien), Thomas Piketty (économiste), Ernest Pignon Ernest (plasticien) François Ozon (réalisateur), Gaspar Noë (cinéaste), Toni Negri (philosophe), Edgar Morin (sociologue), Yolande Moreau (actrice), Jeanne Moreau (actrice), Mathilde Monnier (chorégraphe), Agnès Jaoui (actrice – cinéaste), Nancy Houston (écrivaine), Jérémy Elkaim (acteur), Romain Duris (acteur), Valérie Donzelli (actrice – cinéaste), Arnaud Desplechin (cinéaste) et Michel Brouet (mathématicien).

L’appel de Calais se présente sous la forme d’une pétition que tout le monde peut signer sur Change.org

 


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