Politique : Sarkozy et Hollande touchent le fond

Ces deux-là sont devenus inséparables : ils se sont affrontés en 2012, ils rêvent de se disputer l’élection présidentielle en 2017 mais ne parviennent toujours pas à convaincre les français. A un an et demi seulement de l’échéance, ni François Hollande, ni Nicolas Sarkozy, ne parviennent à lancer une dynamique électorale. « Inquiétant », à l’aube des élections régionales.

Le niveau de «confiance» du chef de l’Etat, plombé par l’absence de résultats visibles, n’est que de 22%, soit son plus bas niveau de lannée. Le sondage Elabe que publient Les Echos et Radio classique, qui prend la suite de l’ancien baromètre CSA (dont il récupère l’historique), sonne à cet égard comme une sévère mise en garde. Une chute de 5 points qui montre qu’ « aucun élément ne semble venir inverser son impopularité chronique. L’impression, c’est que sa courbe ne réagit plus à grand-chose», observe Bernard Sananès, le président d’Elabe, qui juge le niveau de François Hollande « extrêmement préoccupant ». Son prédécesseur à l’Elysée jouit, lui, d’une « image » positive auprès d’à peine 26% des Français. En dépit de ses premières propositions, sur l’immigration et sur le droit du travail. «Ses prises de parole ont moins dimpact et ne permettent plus de modifier son image. Il ne profite même pas de limpopularité du chef de lEtat », analyse Bernard Sananès.

L’enseignement : les français ne veulent pas d’un match retour

Rien ne dit que l’un des deux ne réussira pas à l’emporter en 2017. Mais ils auraient tort de minimiser l’ampleur du rejet qu’ils suscitent : 44 % des Français n’ont «pas confiance du tout » dans le chef de l’Etat et 43 % ont du patron des Républicains une image «très négative». A l’inverse, ils ne sont que 3 % à avoir «tout à fait confiance» en François Hollande et 5 % à avoir une image «très positive» de Nicolas Sarkozy.

Le jeu de miroirs ne s’arrête pas là. Le chef de l’Etat a l’approbation de 76% des sympathisants socialistes quand son prédécesseur est à 79% parmi ceux de son parti. Le premier est rejeté par la gauche de la gauche (il ne dépasse pas 31% de confiance au Front de gauche) ; le second, par les centristes (36% de bonnes opinions à l’UDI et 12% au Modem).

Leur image est particulièrement dégradée dans le camp opposé. François Hollande est à 7 % seulement parmi les sympathisants de droite, et 4 % parmi ceux des Républicains. Contre 6 % et 5 % pour Nicolas Sarkozy chez les sympathisants de gauche et chez ceux du PS.

La route est parsemée d’embûches pour le premier, qui doit encore obtenir pour des résultats visibles et durables et faire en sorte qu’ils lui soient crédités, ainsi que pour le second, qui doit remporter la primaire à droite. Marine Le Pen est-elle en embuscade ? Et bien la présidente du Front national ne recueille que 27 % de bonnes opinions dans ce baromètre, bien qu’il faille relativiser en précisant que, si sa personne constitue également une source de rejet de la part des français, l’opposition idéologique qu’elle mène semble, elle, plus ancrée dans l’esprit des électeurs.


« »

© 2024 Planete Campus. Tous droits réservés