UE : les quotas sur l’immigration divisent

Mercredi 13 mai, la Commission européenne a présenté des mesures pour répondre aux enjeux migratoires. Le texte regroupe des actions humanitaires et répressives, notamment avec une surveillance aux frontières accrue. La création d’un corps européen de garde devrait être examinée en 2016.

La proposition d’instaurer des quotas sur l’immigration a été très vivement critiquée. Les demandeurs d’asile devant bénéficier d’une protection internationale seraient répartis entre les pays de l’Union européenne. Le PIB, la population et le taux de chômage interviendraient dans le calcul des quotas. Cela reviendrait à une augmentation des demandes d’asile en France de 14%, en Allemagne de 18% et en Italie de 11%. Les Etats resteraient libres de décider d’accorder ou non le statut de réfugié.

Depuis les accords de Dublin, les pays d’arrivée des migrants doivent traiter les demandes d’asile. L’Italie et la Grèce sont donc submergées. En cas d’arrivée massive de migrants, la Commission propose que le Bureau européen d’appui pour l’asile, Frontex et Europol participent aux traitements de ces demandes. En 2014, 72% des demandes d’asile au sein de l’UE ont été déposées dans seulement 5 pays dont le Royaume-Uni, l’Allemagne et la France. Bruxelles lance un appel à la solidarité des autres Etats membres.

La Commission européenne réfléchit également à l’instauration d’un quota pour la réinstallation des réfugiés. L’ONU souhaiterait que l’Union européenne accueille 20 000 personnes en un an. Plus modeste, l’UE aimerait atteindre ce chiffre en deux ans.

Manuel Valls a désapprouvé cette mesure, même s’il est favorable pour une répartition « plus équitable ». Cette position est légèrement étrange puisque le système des quotas visent justement à être « plus équitable ». La France a vu son nombre de demandes d’Asile baissé au cours de ces dernières années. Principale cause ce manque de prestige, elle est l’un des pays de l’Union européenne refusant le plus d’accorder le statut de réfugié. Nous demandons où est passé le pays des droits de l’homme.

Le Royaume-Uni, la Pologne et la Hongrie se sont également exprimés contre les quotas.

Parmi les autres déclarations, la Commission européenne a exprimé sa volonté de mieux prendre en charge les demandeurs d’asile nécessitant une protection. Cependant, elle estime que cela doit être jumelé avec un durcissement des mesures envers ceux qui n’en ont pas besoin.

Elle souhaiterait également envoyer des délégations européennes pour traiter des questions migratoires en Egypte, Pakistan, Turquie, Maghreb, Soudan

Nous avons beaucoup accusé l’Union européenne d’être insensible au sort des migrants. Pourtant, lorsqu’elle propose des mesures pour améliorer la situation, elle est confrontée à un barrage de la part des Etats membres. Si les quotas ne sont pas la solution idéale, il faut avouer qu’ils permettraient de répartir plus équitablement le traitement des demandes d’asile. Une plus forte coopération entre les Etats œuvrerait dans le même sens.

Que pensez-vous de l’instauration de quotas ?