Immigration : que prévoit l’accord du Conseil européen ?

Souvent, les grands rendez-vous sont décevants… Beaucoup de discussions pour peu de décisions.

Les chefs d’Etats et de gouvernements européens qui se sont réunis à Bruxelles n’ont pas fait exception.

Ils ont cependant concédé le triplement du budget de l’opération Triton (de 2,9 à 9millions d’euros par mois).

Le Royaume-Uni, l’Allemagne et la France ont fait part de leur intention de contribuer davantage aux opérations de Frontex. L’Hexagone mettra à disposition un navire patrouilleur, un remorqueur en haute mer et le nombre de Français participant aux opérations sera doublé. L’opération Triton bénéficie déjà de deux bateaux et d’un avion français. Le mandat de l’opération n’est pas modifié (surveillance, non pas sauvetage en mer). Cependant, avec plus de moyens, nous pouvons espérer que davantage de migrants seront sauvés…

Ils ont rejeté deux propositions du président la Commission, Jean-Claude Juncker.

Le Luxembourgeois n’a pas réussi à convaincre les dirigeants européens d’accueillir 10 000 réfugiés. L’accueil des migrants se fera selon la volonté des Etats, sans l’instauration de quotas… François Hollande a annoncé que la France ouvrait ses portes à 500 migrants.

Les chefs d’Etat et de gouvernement se sont tout de même mis d’accord sur un projet pilote de réinstallation d’immigrants.

Autre propositions de la Commission, la destruction des embarcations utilisées par les réseaux criminels. Les dirigeants préfèrent demander l’autorisation du Conseil des Nations Unies afin de ne pas enfreindre le droit international.

Il n’y a pas eu non plus de réforme de Dublin II (le pays d’accueil doit gérer la demande d’asile des migrants).

Le président de la Commission regrette le manque d’ambition des dirigeants lors de ce sommet. Les Etats membres n’ont pas fait preuve de solidarité.

Il défend une politique commune d’immigration et d’asile, tout comme Martin Schutz, le président du Parlement européen. Martin Schutz a exhorté les Etats d’augmenter les financements pour les sauvetages en mer sous peine de bloquer le prochain budget européen.

Il a déclaré à la suite de ce sommet : « La tenue du sommet ne pouvait être la réponse en soi. Nous attendons maintenant le plan pour l’immigration que la Commission annonce pour la mi-mai ».