Viols en Inde: Le gouvernement joue les hypocrites

Un tribunal indien a censuré le documentaire India’s Daughter de la Britannique Leslee Udwin. Il retrace l’histoire vraie d’une étudiante victime d’un viol collectif en 2012 à New Delhi. L’Indienne avait perdu la vie suite à ses blessures 13 jours plus tard. Ce drame avait choqué l’Inde.

Le documentaire devait être diffusé dans 7 pays le 8 mars, journée internationale des droits de la femme afin de dénoncer dure réalité d’être une femme en Inde.

Pourtant, il a été censuré. Le ministre de l’intérieur, Rajnah Singh a expliqué que les propos d’un des 4 condamnés (Mukesh Singh) étaient trop offensants envers les femmes pour être diffusés. Le violeur indiquait que la jeune femme n’aurait pas dû se trouver à cet endroit à cette heure-là et encore moins résister.

Les autorités de la prison où est incarcéré le coupable ont accusé la réalisatrice Leslee Udwin ne pas avoir respecté l’accord pour l’interview, ce que cette dernière a démenti.

Tout en ne faisant aucun commentaire sur la censure, le Premier ministre, Narendra Modi, a appelé à lutter contre toute forme de discrimination envers les femmes en ce dimanche 8 mars.

Madhu Trehan, créatrice d’India Today news magazine, se rappelle également le discours tenu par le Premier ministre le jour de l’Indépendance. Il invitait les parents à mettre un terme à la discrimination envers les filles.

Le paradoxe est bien réel : le Premier ministre dénonce les problèmes de société mais son ministre de l’Intérieur fait interdire un film en accord avec son discours ? Le gouvernement ne se limite-il qu’aux paroles ? Pourquoi faire taire un documentaire qui montre un mal qui ronge ce pays ?

En signe de protestation, la chaîne d’information indienne NDTV a diffusé un écran noir avec une flamme à l’heure où le documentaire avait été programmé. Le geste de la chaîne a été salué en Inde.

Des dizaines de milliers d’Indiens se sont tournés vers Internet pour regarder le documentaire.


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