Sanctions du CSA : menace sur la liberté d’expression ou régulation bénéfique pour l’ordre public ?

Jeudi 12 février, le CSA a critiqué les médias sur la couverture en direct des événements de janvier (36 mises en demeure et mises en gardes). Il considérait notamment que certaines informations divulguées portaient « atteinte à l’ordre public ou pouvaient exacerber  » les tensions au sein de la population”.

Le monde des médias n’a pas tardé à réagir. Mercredi, quatorze radios et télévisions (TF1, France 2, France 3, France 24, BFM-TV, i-Télé, LCI, Euronews, France Inter, France Info, RTL, Europe 1, RMC et RFI) ont répliqué dans une lettre ouverte adressée à l’instance de régulation. Ils mettent en avant le droit à l’information et celui d’informer en tant réel. Ils accusent le CSA de vouloir les contrôler. Ils se plaignent de ne disposer que du choix entre la censure et la sanction. Cette décision crée un précédent, et les « sanctions » risquent d’être plus fréquentes… mettant à mal la liberté des médias…

Sur le plateau d’i-Télé de lundi, Fleur Pellerin avait indiqué sa volonté de créer un cadre plus claire pour les journalistes en temps de crise. Selon la ministre de la culture, le CSA respecte le cadre de la loi en sanctionnant les diverses chaînes de télévision et de radio.

La liberté des médias et le droit à l’information font partie des droits fondamentaux. La société doit pouvoir disposer de différentes sources d’informations hors du contrôle de l’État. La presse libre et indépendante doit relever les problèmes au sein de la société, se soulever contre l’injustice et les abus. Mais pourquoi ? Pour éveiller notre conscience ? Pour connaître le monde qui nous entoure ? Pour modifier notre comportement et pour progresser vers une société plus juste ? ou pour être au courant de tout dès la première seconde ?

Ainsi, nous nous posons quelques questions : a-t-on vraiment besoin de tout savoir en direct ? Les médias ne devraient-ils pas se concentrer sur le fond, la réflexion et la significations des événements plutôt que sur l’instantanéité de leur divulgation ?