Banque : Montebourg dénonce les salaires des patrons

2,14 millions d’euros par an pour Jean-Paul Chifflet, patron du Crédit Agricole, soit un salaire en hausse de 38,8% par rapport à l’année précédente. Ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Arnaud Montebourg s’est emparé de l’affaire et a déclaré jeudi qu’il allait demander aux responsables des banques françaises de s’expliquer sur la hausse de leurs rémunérations.

Une discussion s’impose

A la demande de Matignon, le nouveau ministre de l’Économie a décidé de convoquer les dirigeants à « un petit rendez-vous de discussion » pour s’expliquer sur l’envolée « indécente » de leurs salaires. « Il va falloir que l’on discute de tout cela avec la place bancaire », a-t-il assuré, jeudi, au Sénat. « On ne peut pas avoir un système bancaire défaillant et des rémunérations qui s’envolent dans des proportions disproportionnées à nos yeux. » 

Un système bancaire « défaillant »

« On ne peut pas avoir un système bancaire défaillant et des rémunérations et des profits qui s’envolent dans des proportions qui sont à nos yeux disproportionnées », a-t-il expliqué. En effet, à l’heure où les français ont un pouvoir d’achat qui baisse, les salaires des patrons s’envolent : 44 millions d’euros pour Jean-Laurent Bonnafé, patron de la BNP, en hausse de 8,1% ou encore 2,7 millions pour Frédéric Oudéa, patron de la Société Générale, soit 8,5% supplémentaires.

Montebourg, coincé ?

Le problème est que les banques sont des entreprises privées. Le salaire des patrons est généralement approuvé par le Conseil de surveillance de l’établissement et par l’assemblée générale des actionnaires. Cette rémunération repose sur un salaire fixe et une part variable en fonction des résultats. Arnaud Montebourg n’a donc que très peu de recours pour faire changer les choses.