Matignon : Valls veut mener un gouvernement « de combat »

Face à l’échec cinglant du Parti Socialiste aux municipales, le président de la République, François Hollande s’est exprimé hier à la télévision pour lancer « une nouvelle étape » de son quinquennat. En effet, on apprenait hier en début de soirée la démission du premier ministre, Jean-Marc Ayrault dont le départ de Matignon était souhaité par une grande majorité. Et c’est sans surprise que le chef de l’Etat a nommé le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, pour lui succéder.

Le nouveau premier ministre de 51 ans prendra donc la tête d’un « gouvernement de combat » avec « une équipe resserrée »  a assurée hier François Hollande lors de son allocution télévisée d’une dizaine de minutes. Le président a déclaré avoir compris le message envoyé lors de ces élections municipales en se disant « personnellement concerné » et a profité de cette couverture médiatique pour annoncer un « pacte de solidarité » qui complète le pacte de responsabilité. Concrètement, le chef d l’Etat a déclaré une « baisse rapide des cotisations des salariés » ainsi qu’une « diminution des impôts des Français » d’ici 2017.

La nomination de Manuel Valls n’a étonné personne. En effet, il était cité favori dans la plupart des sondages, jouissant d’une côte de popularité étonnamment bonne à gauche comme à droite au sein du gouvernement qui peine dans les sondages. Les français, selon un sondage BVA/Le Parisien, seraient 31% à vouloir que le ministre de l’intérieur devienne premier ministre. Voilà qui est fait. 

Le désir de changement traduit par cette claque électorale de la gauche aux municipales, implique un remaniement en profondeur. Manuel Valls, nouveau premier ministre français, veut appliquer une politique ferme, une politique similaire à celle qu’il tient déjà notamment en affrontant Christiane Taubira face à la réforme pénale qu’il juge trop « laxiste » ou encore en tenant un discours particulièrement ferme sur les Roms. L’ex ministre de l’intérieur incarne une gauche décomplexée face à la délinquance et très impliquée dans la sécurité.

Ce remaniement n’est cependant pas apprécié de tous les membres du gouvernement. Jean-Luc Mélenchon, co-président du Parti de gauche, s’est indigné déclarant que « François Hollande a nommé le plus grand commun diviseur possible de la gauche (…) A un désastre électoral, le chef de l’Etat répond par un suicide politique ». Le président de l’UMP, Jean-François Copé, a annoncé qu’à ses yeux « ce n ‘est pas en changeant les hommes et en gardant la même politique qu’on règle les problèmes. » Il demande « une rupture avec le modèle socialiste ». Et la présidente du FN, Marine Le Pen a, quand à elle, expliqué que le remplacement de Jean-Marc Ayrault par Manuel Valls ne changera rien car « c’est un changement de politique que les français attendent et pas tant un mercato gouvernemental ».