Municipales 2014 : Le vote, dernier rempart contre le FN

L’information principale qui ressort de ce premier tour des élections municipales 2014 est le score historique affiché par le parti d’extrême droite du Front National. D’aprés les estimations d’Ipsos-Steria pour Le Monde, France Télévisions et RadioFrance, le parti de Marine Le Pen enregistre en effet des résultats impressionnants. Leur leader s’est félicité d’un « cru exceptionnel pour le FN » et d’une « fin de la bipolarisation politique ». 

En effet, malgré un aux d’abstention record, les électeur du parti d’extrême droite se sont eux par contre mobilisés. La participation était partout supérieure à la moyenne nationale : 63 % à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), 64 % à Béziers (Hérault), 68,4 % à Fréjus (Var).  Le FN arrive même a obtenir des victoires des le premier tour. L’objectif de faire élire au moins 1 000 conseillers affiché par Marine Le Pen sera donc facilement atteint.

Les résultats du premier tour des élections montrent donc une forte poussée du parti lepéniste dans de nombreuses villes moyennes mais aussi dans des grandes villes, comme par exemple Perpignan. Le FN est en tête dans dix-sept communes de plus de 10 000 habitants et sept autres villes de moindre importance. Il sera présent dans 229 triangulaires ce qui est un véritable record. Jusqu’ici, le maximum de triangulaire était de 116 en 1995.

Le Front National aborde le second tour en position de force. Il peut faire pression sur l’UMP dans les villes où ils se trouvent en triangulaire, surtout si sa liste devance celle de droite. La règle annoncée par Marine Le Pen pour le second tour est de se maintenir systématiquement mais elle n’exclut pas des échanges de bons procédés. « La règle est que nous nous maintenions partout où nous en avons la possibilité. Le bureau exécutif se réunira lundi pour examiner les situations locales et décider d’exceptionnels accords de second tour », a déclaré le leader du parti lors d’une allocution au siège du FN.

Le seul problème que rencontre actuellement le Front National est le manque de cadres. Le parti d’extrême droite n’a, en effet, pas les équipes nécessaires pour gérer de nombreuses villes et certaines des 497 listes présentées ne sont pas bouclées. De plus, il sera difficile de trouver des réserves de vote. Le FN craint d’avoir atteint le maximum de voix au premier tour. La seule solution du Front reste de convaincre les abstentionnistes d’aller voter pour leur cause.

Parallèlement, les appels « au front républicain » de la part de la gauche se multiplient. Ces demandes pourraient bien faire perdre le Front National dans certaines villes où le PS est en troisième position. Car en vue du taux d’abstention record de ce premier tour des élections municipales 2014, les partis politiques concurrents du FN insistent sur l’importance capitale d’aller voter pour faire barrière à la progression spectaculaire du parti d’extrême droite.