Téléréalité : Aurélie Filippetti veut contrôler les émissions

Trois semaines se sont écoulées depuis la mort brutale d’un candidat de Koh-Lanta, l’émission-phare de TF1 qui, produite par Adventure Line Productions (ALP), mêle tactique, aventure et survie. Et la ministre de la Culture et de la Communication, Aurélie Filippeti, a pris la décision, mercredi 10 avril, de contrôler ces émission de real-TV. Instrumentalisation politicienne d’un fait-divers ? Ou réelle prise de conscience de l’obscénité de la téléréalité qui ne recule devant rien pour faire grimper les audiences ?

Aujourd’hui, mercredi 10 avril, la ministre socialiste de la Culture et de la Communication, Aurélie Filippetti, a déclaré qu’il fallait « réguler » la téléréalité. Une réponse au destin funeste de Gérald Babin, candidat de Koh-Lanta 2013 décédé des suites d’une crise cardiaque durant l’une des épreuves de ce jeu d’aventure cathodique, et au suicide du médecin de l’émission, Dr. Thierry Costa, « souillé » par les « accusations et suppositions injustes proférées » par les journalistes d’Arrêt sur Images et Closer contre lui. « Il faut réguler ces émissions pour qu’elles assurent bien la préservation de la dignité de la personne humaine, de ceux qui jouent et des téléspectateurs qui les regardent », a-t-elle expliqué sur le plateau de France 2.

Si les drames qui ont endeuillé par deux fois Koh-Lanta constituent sans nul doute un électrochoc pour les politiques, ils ne sont pas les premiers (ni les derniers) éléments révélateurs des dérives de la téléréalité. Bien avant ces décès, l’émission, diffusée depuis une dizaine d’année sur TF1, se complaisait dans la monstration d’aventuriers lambda aux corps décharnés, atrophiés par la faim, dévorés par les insectes, brûlés par le soleil et isolés de leur famille (les retrouvailles en live ou via des missives et des appels téléphoniques donnant l’occasion à la production de filmer des scènes larmoyantes, hoquetantes et dégoulinantes de pathos) pour prôner des valeurs tels que le dépassement de soi.

Françoise Laborde, membre du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a évoqué la possibilité de repousser après 22 heures la diffusion de certaines émissions de téléréalité. Pour Mme Filippetti, qui « salue l’action du CSA », une telle proposition « va dans le bon sens ». Ainsi, dans les prochaines semaines, une concertation du CSA avec les chaînes de télévision se tiendra pour élaborer une charte de « bonnes pratiques » dans la téléréalité… Qui risque hélas d’être plus indicative que prescriptive.

Photo : Aurélie Filippetti. © AFP PHOTO BERTRAND LANGLOIS