François Hollande : un plan de « moral » urgent !

Terrassé par la « tempête politique et morale » qu’ont provoquée les aveux de l’ancien ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, le Gouvernement socialiste veut moraliser la vie politique et restaurer in fine la confiance des Français qui, comme la côte de popularité de chef de l’Etat, est en berne. Selon une enquête Opinionway-LCI-Le Figaro, 77% des citoyens de l’Hexagone pensent que les politiciens sont corrompus jusqu’à la moelle. Le « choc moral » promis par François Hollande est donc urgent !

Sera-t-il suffisant pour rétablir le pacte de confiance – « souillé » par les multiples scandales politico-financiers et les conflits d’intérêts – entre les citoyens et leurs élus ? Non. Car la confiance est comme un feu de cheminée. Son embrasement demande mille prouesses et mille caresses. Mais un coup de vent peut le faire disparaître. Ne reste alors plus qu’un tas de cendres. Les éléphants roses au pouvoir devront s’enfoncer dans la forêt pour couper du bois s’ils veulent un jour faire rejaillir l’étincelle de la confiance dans l’œil de la France.

François Hollande doit-il renoncer au « choc moral » de la vie politique ? Non. Car une démocratie telle que la nôtre ne peut pas se passer de normes éthiques (plus que morales) encadrant les acteurs publics (les ministres, les élus, les directeurs d’entreprises publiques, les hauts fonctionnaires, bref toutes les personnes qui exercent des responsabilités publiques) et assorties de sanctions en cas de manquement. Le non-cumul des mandats, les déclarations de patrimoine des ministres,… Tous ces éléments (purement communicationnels pour l’heure) sont encourageants.

Mais, ils doivent prendre la forme de mesures réellement coercitives. Car, on l’a vu avec Jérôme Cahuzac, les hommes politiques, loin d’être des Saints, sont parfois des fraudeurs doublés de mythomanes. Aussi, Jean-François Copé n’a pas tort lorsqu’il explique que les déclarations de patrimoine qui se multiplient chez les socialistes et leurs alliés écolos, mais aussi du côté de l’UMP, font partie d’une vaste opération de communication pour exorciser le scandale Cahuzac.

« Je n’y crois pas ! », lance de son côté le député européen Daniel Cohn-Bendit, poursuivant au micro de RTL : « Si quelqu’un a quelque chose à cacher, l’opération transparence, il n’en a rien à cirer ! Je ne crois pas que d’étaler la fiche d’impôt sur la place publique ça fasse avancer quoi que ce soit ». Celui est devenu « Dany le vert » s’est dit favorable à ce que les ministres et les parlementaires déclarent leur patrimoine et leurs avoirs auprès d’une institution publique, si et seulement si celle-ci peut les vérifier.

Photo : Jérôme Cahuzac et François Hollande, à l’Elysée, le 4 juillet 2012. | AFP/MARION BERARD